• Villes d'Europe

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    Avant de retourner dans les îles (les Seychelles et bientôt une nouvelle destination, si vous êtes impatient de savoir laquelle il y a des indices sur la page Facebook du Pigeon migrateur), je vous propose une escapade à Amsterdam. On n'y va pas forcément pour les oiseaux, mais comme toutes les villes Amsterdam nous réserve son petit lot de surprises. Les photos ont été prises lors d'un week-end de février 2014.

    Grâce aux canaux qui parcourent la ville et à la proximité de la mer, les oiseaux d'eau sont nombreux. Un petit tour en bateau vous permettra de mieux comprendre la géographie de la capitale des Pays-Bas et de faire de jolies observations tout en améliorant vos connaissances sur l'histoire de la ville. Plusieurs compagnies de bateaux proposent des circuits commentés, depuis les embarcadères situés devant la gare centrale.

    Les principales espèces que nous avons observées sur les canaux et dans le port sont le Grèbe huppé (Podiceps cristatus), le Goéland argenté (Larus argentatus), le Goéland marin (Larus marinus) et la Foulque macroule (Fulica atra)

    Grèbe huppé - Amsterdam

     Grèbe huppé en plumage internuptial. Début février certains individus commencent à revêtir le plumage nuptial mais ce n'est pas encore le cas de celui-ci.

     

    Goéland argenté - Amsterdam

    Goélands argentés posés sur un toit : on reconnaît un adulte et un immature, probablement né l'été précédent (chez les grands goélands tels que le Goéland argenté, le plumage adulte n'est acquis qu'au bout de 4 ans).

     

    Goéland marin - Amsterdam

    Goéland marin adulte, que l'on ne peut observer qu'en bord de mer. Ici, dans le port d'Amsterdam. 

     

    Foulque macroule - Amsterdam

     Foulque macroule. Elles sont partout, sur le moindre petit canal.

     

    Au Pays-Bas, lorsqu'on ne se déplace pas en bateau c'est que l'on est à vélo. C'est quelque chose qui frappe tout de suite dans ces villes du Nord de l'Europe, au climat beaucoup moins ensoleillé que le nôtre : la place du vélo y est prépondérante et l'espace est aménagé en conséquence. Les habitants ne sont pas les seuls à en profiter, nous avons pu observer une troupe d’Étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) qui avait pris ses quartiers dans un parking à vélo près de l'arrivée des bateaux. L'occasion de réaliser quelques clichés amusants.

    Etourneau sansonnet - Amsterdam

     

    Etourneau sansonnet - Amsterdam

     

    À Amsterdam, même les Étourneaux font du vélo

     

    Amsterdam se visite bien sûr pour ses musées, en particulier le Rijksmuseum (art classique néerlandais essentiellement), que nous avons visité et beaucoup apprécié, et le musée Van Gogh, dont la file d'attente trop importante a fini par nous décourager.

    Tout près de ces musées, se trouve un des plus grand parc de la ville, le Vondelpark, aménagé à l'anglaise. Ici on rencontre de nombreuses espèces d'oiseaux (passereaux comme le Merle noir ou le Rougegorge familier, Mouettes rieuses, Gallinules poule d'eau, etc.). Je vais m'attarder sur quelques unes d'entres elles.

    Nous avons observé trois espèce de Corvidés : le Geai des Chênes, le Choucas des tours et la Pie Bavarde (Pica pica), dont voici un spécimen, qui ramassait de la terre humide, probablement pour tapisser l'intérieur de son nid. Celui-ci est une énorme structure de branchage avec un toit et 2 entrées, à l'intérieur duquel se trouve une coupe de boue tapissée de brindilles et de mousse (source : http://www.oiseaux.net/oiseaux/pie.bavarde.html).

    Pie bavarde - Amsterdam

     

    Alors qu'ils ont quasiment disparu de Paris, à Amsterdam comme à Varsovie (voir Varsovie, paradis des Moineaux friquets) les Choucas des tours (Coloeus monedula) sont très nombreux. Début février ils commencent déjà à rechercher des cavités pour construire leur nid. 

    Choucas des tours - Amsterdam

     

    Choucas des tours - Amsterdam

     

    Choucas des tours - Amsterdam

     

    Choucas des tours - Amsterdam

     

    Cependant depuis quelques années, la concurrence est rude : comme dans beaucoup de grandes villes européennes (Paris, Barcelone, Bruxelles, Athènes, Istanbul etc.), la Perruche à collier (Psittacula krameri) s'est acclimatée à Amsterdam. Et ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour les Choucas car comme eux elle niche dans les cavités des troncs d'arbre. Cependant ce n'est pas la Perruche à collier qui a chassé le Choucas des tours de Paris, celui-ci avait déjà pratiquement quitté notre capitale lorsque les premières perruches ont niché dans les parcs parisiens (en 2008 à Montsouris).

    cPerruche à collier - Amsterdam

     

    Perruche à collier - Amsterdam

     

    Une autre espèce exotique que l'on rencontre souvent à Amsterdam, c'est l'Ouette d'Egypte (Alopochen aegyptiaca), que ce soit dans les parcs ou sur les canaux. Ce gros oiseau intermédiaire entre l'oie et le canard est facile à reconnaître : son plumage multicolore ne ressemble à aucun autre, et, même de loin, elle donne l'impression d'avoir forcé sur le maquillage. Espèce originaire d'Afrique, elle n'est pas arrivée naturellement en Europe. La population néerlandaise est issue d'individus échappés de captivité et est à l'heure actuelle une des plus importantes d'Europe. C'est pour étudier la dynamique de cette population et la dispersion des individus que les Pays-Bas ont mis en place un programme de baguage lisible de loin (grosses bagues blanches ou colorées, complétées par une bague métallique plus petite).

    Si vous souhaitez en savoir plus sur l'évolution de l'espèce en Europe, j'ai trouvé ce document sur le site de l'ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) : L’ouette d’Égypte : une espèce exotique en plein essor en France. Après on peut être d'accord ou pas avec la nécessité de "réguler" une espèce dite "invasive" qui n'est chez nous que par la faute de l'homme.

    Ouette d'Egypte - Amsterdam

     

    Ouette d'Egypte

     

    Ouette d'Egypte - Amsterdam

     

    Ouette d'Egypte - Amsterdam

     

    Pour terminer la visite du Vondelpark voici un oiseau d'eau plus local, un Héron cendré (Ardea cinerea), juvénile pour celui-ci. Comme à Paris, cette espèce est devenue très peu farouche dans les parcs urbains néerlandais.

    Héron cendré - Amsterdam

     

    Avant de prendre le Thalys pour rentrer à Paris, je vous propose quelques vues d'Amsterdam, une ville bien agréable pour se promener. 

    Amsterdam

     

    Amsterdam

     

    Amsterdam

    Je vous souhaite de bien profiter de ce début de printemps, et vous dis à bientôt pour d'autres découvertes.  

     


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    Petit retour à Varsovie et plus spécialement au parc Łazienki dont je vous ai déjà parlé dans un précédent article (Varsovie, paradis des moineaux friquets). Lors de ma première visite, le 9 novembre 2016, il tombait de la neige fondue, les oiseaux étaient peu visibles, mis à part les corvidés et quelques mésanges aux mangeoires.

    Par contre, dès mon arrivée au parc, j'ai pu faire la connaissance des Écureuils roux (Sciurus vulgaris) qui sont ici très nombreux. Malgré la lumière assez mauvaise et le froid j'ai passé un bon moment à les photographier. Peu farouches, ils sont habitués à la présence humaine, profitent de la nourriture apportée par les promeneurs, et se servent dans les mangeoires des oiseaux ... Un vrai bonheur de les observer.
     

    Les écureuils du parc Łazienki

     

    Les écureuils du parc Łazienki

     

    Les écureuils du parc Łazienki

     

    Les écureuils du parc Łazienki

     

    Les écureuils du parc Łazienki

     

    Les écureuils du parc Łazienki

     

    Les écureuils du parc Łazienki

     

    Les écureuils du parc Łazienki

     

    Les écureuils du parc Łazienki

     

    Les écureuils du parc Łazienki

     

    Les écureuils du parc Łazienki

     

    Les écureuils du parc Łazienki

     

    Le lendemain, 2ème visite au parc Łazienki, cette fois avec le soleil. Beaucoup plus d'oiseaux (Sittelles torchepot, Pic vert ... que vous avez pu voir dans le précédent article) et bien sûr les écureuils, transformés par le soleil en véritables petits monstres en peluche : dès que je me baissais pour les prendre en photo, ils accourraient vers moi, grimpaient sur mes jambes voire sur mes épaules (et pourtant je n'avais pas apporté de nourriture). Difficile dans ces conditions d'utiliser un zoom 100 x 400 !

    Varsovie - Parc Łazienki

     

    Les Écureuils roux ne sont pas les seuls rongeurs à vivre dans ce parc : ci-dessous une Siciste des bouleaux (Sicista betulina), petit rongeur de la taille d'une souris, reconnaissable à sa longue queue et à la rayure noire qui orne son dos. La Siciste des bouleaux vit dans les steppes d'Europe de l'Est (Pologne, Russie etc.) et hiberne à partir d'octobre. Une chance d'en apercevoir une début novembre !

    Siciste des bouleaux

     

    Pour finir, une petite carte postale de la capitale polonaise sous la neige, le 1er décembre. Photo prise par mon mari, Pascal, qui est retourné début décembre à Varsovie.

    Noël à Varsovie

    Je vous souhaite à tous de joyeuses fêtes de fin d'année et j'espère que vous avez passé un bon Noël, entouré de ceux que vous aimez.

     


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    L'ornithologie urbaine est une de mes passions. On soupçonne rarement la richesse ornithologique de nos villes, et pourtant on peut y observer de nombreuses espèces, avec un avantage certains : les oiseaux des villes sont bien moins farouches qu'à la campagne ou en forêt. Les villes sont l'endroit idéal pour s'entraîner à la photo animalière.

    Un autre aspect intéressant consiste à comparer les espèces observées suivant les villes. On se rend ainsi compte, même sans quitter l'Europe, que chaque ville a ses particularités.

    Vous aurez donc deviné que lors de mon récent séjour à Varsovie, j'ai plus traîné dans les parcs que dans les musées. Pourtant début novembre à Varsovie, il ne fait pas chaud !

    Le premier parc que j'ai visité se trouve à deux pas du centre historique, il s'agit du Parc Saski, un parc à l'anglaise datant du début du XVIIIe siècle, d'une surface de 15,5 hectares.

     Parc Saski - Varsovie

     

    Dès mon arrivée, je suis accueillie par quelques Moineaux domestiques (Passer domesticus). A l'intérieur du parc il y en a peu, sauf au bord du petit lac artificiel, au poste de distribution de pain. Par contre j'en verrai beaucoup dans le centre historique, en particulier près du château Royal où ils disputent aux Pigeons bisets domestiques (Columba livia) chaque miette laissée par les touristes, et sur le Rynek Starego Miasta (place du marché de la Vieille Ville).

    Varsovie, moineau domestique

     

    Les corvidés sont très présents à cette période de l'année dans les parcs de Varsovie. C'est bien sûr le cas au parc Saski. Les premiers que l'on rencontre, ce sont les Corbeaux freux (Corvus frugilegus), qui sont ici peu farouches et très communs. Une belle occasion d'observer ces oiseaux de près, à la recherche de nourriture parmi les feuilles mortes. Le Corbeau freux est également commun à Berlin. C'était aussi le cas à Paris jusqu'aux années 1950, mais il a depuis complètement déserté notre capitale. Pour les ornithologues, cette désertion serait due à l'extension de la banlieue urbanisée et à la faible disponibilité d'espaces verts pour se nourrir dans Paris, comparativement à d'autres grandes métropoles.

    Corbeau freux - Parc Saski 

     

    Varsovie, corbeau freux

     

    La deuxième espèce de corvidés rencontrée est le Choucas des tours (Coloeus monedula), certainement les plus nombreux de tous les corvidés dans les parcs de la capitale polonaise. Cette espèce a aussi presque disparu de Paris, probablement pour les mêmes raisons que le Corbeau freux. J'ai par contre eu l'occasion de l'observer à Istanbul (voir ici : Istanbul, ses monuments, ses oiseaux, ses chats ...) ainsi qu'à Amsterdam.

    Varsovie, paradis des moineaux friquets

     

    Choucas des tours - Parc Saski

     

    Troisième espèce de corvidé assez commune à Varsovie, la Corneille mantelée (Corvus cornix), qui remplace notre Corneille noire dans l'est de l'Europe. Très commune à Moscou, à Berlin et à Istanbul, on la trouve aussi à Rome. Son plumage bicolore la rend très photogénique.

    Corneille mantelée - Parc Saski

     

    Mais ce sont surtout les passereaux qui auront illuminés ma matinée dans le Parc Saski. C'est grâce à un Roitelet (dont je n'ai pas réussi à identifier l'espèce) que j'ai pu observer mon premier Moineau friquet (Passer montanus), une double première pour moi puisque je n'avais jamais observé l'espèce auparavant. Ces moineaux, un peu plus petit que le Moineau domestique, s'en différencient par leur calotte entièrement brune et une tache noire sur la joue. Contrairement au Moineau domestique, chez le Moineau friquet mâle et femelle sont identiques. J'en verrai à plusieurs endroits dans le parc Saski, en particulier dans un secteur où nichoirs et mangeoires ont été installés, et au bord du plan d'eau.

    Moineau friquet - Parc Saski

     

    Moineau friquet - Varsovie

     

    Varsovie, paradis des moineaux friquets

     

    Moineau friquet - Varsovie

     

    Moineau friquet - Parc Saski

     

    Moineau friquet - Parc Saski

     

    La recherche des Moineaux friquets m'a aussi permis de photographier un Grimpereau des bois (Certhia familiaris). Cette espèce est assez courante dans les parcs urbains d'Europe de l'Est, alors qu'en France elle est cantonnée dans certaines forêts et remplacée dans nos jardins par le Grimpereau des jardins. A moins qu'ils ne chantent (et que vous ayez une meilleure oreille que moi), la différence entre les deux espèces n'est pas évidente. Un certain nombre de critères sont détaillés sur cette page (trouvée sur le site de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique) : http://cb.naturalsciences.be/ornitho_especes/Grimpereaux.htm. Pour être utilisés, ces critères nécessitent d'avoir une photo de bonne qualité ou d'avoir l'oiseau en main.

    Grimpereau des bois - Parc Saski

     

    L'autre jolie surprise du parc Saski niveau passereau, c'est une petite troupe de Grives litornes (Turdus pilaris) occupées à déguster des baies. Pas plus farouches que des Merles noirs urbains, j'ai cru comprendre qu'elles vivent ici à l'année : l'espèce est illustrée sur un panneau explicatif montrant les principaux oiseaux du parc (bien qu'en Polonais ce panneau était assez clair).

    Moineau friquet - Varsovie

     

    Grive litorne - Parc Saski

     

    Grive litorne - Parc Saski

     

    Grive litorne - Parc Saski

     

    Pour finir sur le Parc Saski, voici la liste des autres espèces rencontrées :

    • Dans le même secteur que les grives, un Rougegorge familier (Erithacus rubecula) et quelques Merles noirs (Turdus merula).
    • Dans les buissons et aux mangeoires, des Mésanges charbonnières (Parus major) et des Mésanges bleues (Cyanistes caeruleus).
    • Côté corvidés, il y a aussi des Pies bavardes et des Geais des chênes (Garrulus glandarius), mais contrairement aux 3 espèces présentées plus haut, on les observe à l'unité.
    • Sur le plan d'eau : Canards colverts et Mouettes rieuses. Sur les rives, nombreux Pigeons bisets domestiques, Choucas des tours et moineaux des 2 espèces.
       

    La vieille ville de Varsovie, entièrement détruite pendant la deuxième guerre mondiale, a été reconstruite à l'identique, et je dois dire que le résultat est plutôt convaincant. Niveau oiseaux on y trouve surtout des Moineaux domestiques et des Pigeons bisets domestiques.

     Varsovie

     

     Varsovie

     

    Varsovie

     

    En contrebas de la vieille ville coule la Vistule, principal fleuve de Pologne. Pour accéder aux berges, il faut trouver les souterrains permettant de traverser l'autoroute urbaine qui longe le fleuve. L'autre rive est cependant plus sauvage, mais je n'ai pas eu le temps d'y aller.

    En descendant vers le fleuve, dans une petite friche bordant un parking, je rencontre des espèces déjà vues au parc Saski : des Corbeaux freux recherchent leur nourriture dans l'herbe, une petite troupe de Moineaux friquets volettent dans les buissons et une Pie bavarde (Pica pica) pose sur fond de ciel bleu.

    Pie bavarde - Varsovie

     

    Sur le fleuve, à première vue il n'y a "que" des Canards colverts, des Grands cormorans (Phalacrocorax carbo) et des Mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) :

    Mouette rieuse - Varsovie

     

    Cependant après quelques minutes d'observation, un oiseau m'intrigue par son comportement. Assurément un bon plongeur, mais est-ce un grèbe, un canard ou un plongeon ? Comme il se rapproche j'arrive à l'immortaliser dans mon objectif : il s'agit d'un Harle bièvre (Mergus merganser) de type femelle, reconnaissable à sa tête brun-roux et son dos gris (le mâle chez cette espèce a la tête et le dos noir). Le Harle bièvre est une espèce de canard plongeur spécialisé dans la capture de poissons. En France, on l'observe surtout l'hiver pendant les vagues de froid.

    Harle bièvre - Varsovie

     

    Harle bièvre - Varsovie

     

    A cette saison, le soleil se couche tôt, surtout que la Pologne est bien plus à l'est que la France mais a la même heure officielle que nous. Pour terminer la journée, quelques photos prises en remontant vers la vieille ville. 

    Varsovie

     

    Varsovie, paradis des moineaux friquets

     

    Le lendemain, je décide d'aller visiter le Parc Łazienki, le plus grand de la ville (76 hectares). Un peu excentré, il se trouve dans le quartier des ambassades. C'est un parc de style baroque, agrémenté de pavillons, plans d'eau, orangeries, qui furent rajoutés au fil des siècles par les différents propriétaires, dont plusieurs rois de Pologne. 

    Avant d'arriver au parc Łazienki, on traverse le Parc Ujazdowski, plus petit mais qui permet aussi de belles rencontres à plumes. C'est là que j'ai photographié ce Grosbec casse-noyaux (Coccothraustes coccothraustes), à contre-jour et un peu haut dans les branches, mais on ne va pas faire les difficiles. Ce n'est pas une espèce que l'on rencontre tous les jours en ville !

     

    Grosbec casse-noyaux - Parc Ujazdowski

     

    Le parc Łazienki possède de vastes zones arborées parsemées de buissons. C'est le paradis de nombreuses espèces d'oiseaux, comme la Mésange charbonnière, la Mésange bleue, le Grimpereau des bois, le Merle noir ou le Pic vert (Picus viridis). Ci-dessous, une femelle Pic vert.

    Pic vert - Parc Łazienki

     

    Sur les pelouses, on rencontre surtout des canards et des corvidés. Les tapis de feuilles d'automnes et la lumière rasante du soleil de novembre me permettent de réaliser de jolis portraits de Canards colverts (Anas platyrhynchos).

    Canard colvert - Parc Łazienki

     

    Canard colvert - Parc Łazienki

     

    Dans le parc on observe aussi de nombreux Canards mandarin(Aix galericulata). Cette espèce de petit canard originaire de Chine est couramment introduite dans les parcs comme oiseau d'ornement. C'est vrai qu'ils sont très jolis, autant le mâle dans son plumage multicolore que la femelle plus discrète.

    Canard mandarin - Parc Łazienki

     

    Canard mandarin - Parc Łazienki

     

    Autre oiseau d'ornement qui traîne sur les pelouse et se promène tranquillement parmi les corbeaux freux et les pigeons : le Paon bleu (Pavo cristatus), espèce originaire de l'Inde, domestiquée depuis l'Antiquité.

    Paon bleu - Parc Łazienki

     

    Le parc Łazienki héberge les mêmes espèces de corvidés que les parcs moins étendus : Corneille mantelée, Choucas des tours et Corbeaux freux (photo ci-dessous) :

    Corbeau freux - Parc Łazienki

     

    Comme souvent en hiver, c'est près des mangeoires que l'on rencontre des espèces moins faciles à observer à d'autres saisons. Ici tout le monde fréquente les mangeoires, y compris les écureuils roux dont je parlerai dans un prochain article. Dans les mangeoires, il y a les 2 espèces de mésanges déjà citées, mais aussi des Sittelles torchepot (Sitta europaea) - photos ci-dessous - alors que sous la mangeoire on trouvera des espèces aussi diverses que les Canards colverts, les Pigeons bisets domestiques, les Choucas des tours et les Corbeaux freux.

    Sittelle torchepot - Parc Łazienki

     

    Sittelle torchepot - Parc Łazienki

     

    Sittelle torchepot - Parc Łazienki

    Comme je l'ai dit plus haut, le parc est agrémenté de plusieurs plans d'eau et canaux. On peut y observer les Canards colverts et Canards mandarins, mais aussi de nombreuses Mouettes rieuses et quelques Foulques macroules (Fulica atra).

    Ici se termine cette petite balade dans les parcs de Varsovie. J'espère que ça vous aura plût autant qu'à moi.


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    Zurich, fin août 2016. Pas forcément une destination ornithologique de premier plan, cependant la capitale de la Suisse alémanique nous réserve quelques surprises.

    La vieille ville s'étend des 2 côtés de la Limmat, paisible rivière s'écoulant depuis le Lac de Zurich. Les étroites ruelles piétonnes nous offrent fraîcheur et ombre en cette journée ensoleillée.

    Zurich - les martinets de la cathédrale

     

    Sur la rive Ouest de la Limmat se dresse l'église Fraumünster (au centre de la photo). Ses vitraux signés Marc Chagall méritent le détour. A cette endroit se trouvait une très ancienne abbaye datant de Louis le Germanique (petit fils de Charlemagne). Seule l'église a survécut à la Réforme.

     Zurich - les martinets de la cathédrale

     

    De l'autre côté, lui faisant face, les tours jumelles de la cathédrale de  Grossmünster domine le quartier de Niederdorf. Cette église aujourd'hui réservée au culte protestant fut un des principaux centres de la Réforme.

    Zurich - les martinets de la cathédrale

     

    La promenade le long des quais est très agréable. On peut y admirer différentes bâtisses dont l'Hotel de Ville et de charmantes maisons aux volets peints de rayures pastel.

    Zurich - les martinets de la cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    De nombreux Cygnes tuberculés (Cygnus olor) nagent sur les eaux claires et poissonneuses de la Limmat. Les Suisses font très attention à l'environnement, si bien que se baigner dans la rivière ou dans le lac de Zurich même en pleine ville est quelque chose d'habituel.

    Zurich - les martinets de la cathédrale

     

    Sur les quais, des troupes de Moineaux domestiques  (Passer domesticus) recherchent leur nourriture. Ce sont surtout des jeunes de l'année reconnaissables à leur "sourire jaune".
     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Les canetons eux ne ne sont pas encore autonomes. Maman Canard colvert  (Anas platyrhynchos) surveille les alentours pendant que les petits font leur toilette.
     

    Zurich - les martinets de la cathédrale

     

    En prolongement de la Limmat, s'étend le Lac de Zurich, petite mer intérieure de 42 km de long, qui s'est formée après la dernière glaciation. C'est le lieu de détente préféré des Zurichois.

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Sur le lac on trouve à peu près les mêmes espèces d'oiseaux d'eau que sur la Limmat : des Cygnes tuberculés adultes et immatures, des Canards colverts et des Foulques macroules (Fulica atra). De la même famille que les poules d'eau mais plus grandes, les foulques sont exclusivement végétariennes et se nourrissent surtout de plantes aquatiques.
     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

      

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Peu avant le coucher du Soleil, retour dans la veille ville pour trouver un endroit où manger. En passant près de la cathédrale, je reconnais des cris caractéristiques ... que je pensais ne pouvoir entendre qu'en montagne.
     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Ce n'est que la 3ème fois que j'observe cet espèce, et encore : le premier individu observé fut retrouvé sur une photo floue prise à Rémuzat dans la Drôme en 2014, lors d'une sortie "Vautour fauve". La deuxième observation, c'était cet été à la fin d'une ballade dans le Dévoluy, au vallon des Aiguilles, près du Col de Festre dans les Hautes-Alpes. Observation seulement visuelles et sonores car ces oiseaux sont vraiment très rapides. 

    Jusqu'à ce court séjour en Suisse, je pensais que les Martinets à ventre blanc (Tachymarptis melba) ne nichaient qu'en montagne, contrairement à leurs cousins les Martinets noirs qui animent le ciel de nos villes tous les étés. A Zurich, ils ont élus domicile dans les tours de la Cathédrale. On les observe encore fin août car leurs jeunes mettent plus de temps à se développer que ceux du Martinet noir, probablement à cause de la grande taille de l'espèce.

    Après quelques recherches, j'ai découvert que le Martinet à ventre blanc est assez commun dans les villes suisses en particulier dans la moitié nord du pays, en dehors de l'arc Alpin. Dans la partie Sud, plus montagneuses, l'espèce niche essentiellement dans son habitat naturel, les falaises. Plus d'information sur le Martinet à ventre blanc en Suisse ici : http://www.vogelwarte.ch/fr/oiseaux/les-oiseaux-de-suisse/martinet-a-ventre-blanc.html.

    Ce que l'on sait peu c'est que l'espèce niche aussi en ville en France, en particulier à Lyon. Voir l'étude fort intéressante que j'ai dénichée ici : 
    http://files.biolovision.net/www.faune-rhone.org/userfiles/Documents/Effraierevue/Effraie40/Martinet-ventre-blanc-Rhone.pdf.

    Trêves de bavardage, voici donc les photos des Martinets de Grossmünster :
     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Le lendemain, nous partons en train pour Saint Gall, charmante petite ville connue pour ses maisons ornées d'oriels sculptés, et surtout pour son abbaye classée au Patrimoine Mondial de l'Unesco. Fondée au VIIème siècle par le moine Irlandais Saint Gall, elle comporte, outre son abbatiale reconstruite au XVIIIème siècle dans le style baroque, une des plus importantes bibliothèque monastique et médiévale d'Europe. La bibliothèque actuelle date de la même époque que l'abbatiale. Construite dans le style baroque, ses boiseries servent d'écrins à des centaines de manuscrits datant pour les plus anciens des tout débuts de l'abbaye. Afin de préserver le parquet d'époque, les visiteurs sont invités à chausser des patins. C'est vraiment l'endroit qu'il ne faut pas manquer à Saint Gall, une merveille !

    Les photos n'étant pas autorisée à l'intérieur de la bibliothèque, voici quelques vues de la ville et des alentours de l'abbaye :

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Au coucher du soleil, à Saint Gall, on entend aussi les Martinets à ventre blanc qui se poursuivent au dessus de l'abbatiale. Un ballet sonore et visuel, vif et joyeux, mon plus beau souvenir ornithologique de Suisse pour cette fois.

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Pour terminer cette petite escapade en Suisse alémanique, petit retour en enfance avec une visite de l'alpage du Grand-Père de Heidi, l'héroïne du roman de Johanna Spyri, sur les hauteurs de Maienfeld :

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

    Je vous dis à bientôt pour d'autres découvertes et vous souhaite un bel automne.


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    Aujourd'hui j'inaugure une nouvelle rubrique de ce blog, qui contiendra des mini-reportages sur les grandes villes d'Europe que j'ai visitées, mêlant un volet touristique et un volet ornithologique.

    Je vais commencer par Istanbul, en Turquie, où j'ai passé quelques jours en février dernier avec une de mes filles.

    Nous sommes restées surtout dans le centre historique, ayant à peine 4 jours devant nous. Istanbul c'est d'abord le quartier de Sultanhamet, avec la Basilique Sainte-Sophie (en turc  Ayasofya), la Mosquée Bleue et une vue magnifique sur le Bosphore et la mer de Marmara.

    Istanbul

    Vue depuis la terrasse de l'hôtel. Au loin, c'est l'Asie.

     

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    A l'opposé, la Basilique Sainte-Sophie.

     

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    Et sur les toits mon premier oiseau local : une Tourterelle maillée.

     

    A vrai dire je pensais trouver plutôt des Tourterelles turques à Istanbul, mais je n'en ai rencontré aucune. Les Tourterelles maillées par contre sont omniprésentes, et peu farouches. Les seuls autres colombidés présents sont les Pigeons bisets domestiques (il doit y avoir peu de villes au monde où ils n'y en a pas).

    La Tourterelle turque est également quasiment absente de Paris, alors qu'elle est très commune dans nos campagnes françaises. La seule grande ville où j'en ai vu beaucoup c'est Athènes, en Grèce.

    La Tourterelle maillée est plus petite que la Tourterelle turque, et également plus colorée, comme on peut le voir sur la photo. On peut l'observer sur les toits et les bâtiments, mais aussi sur les pelouses où elle se nourrit.

    Non loin de là se dresse la Mosquée Bleue, une des seules au monde à posséder 6 minarets. Enfin lors de notre visite elle n'en avait que 5, le sixième ayant été endommagé suite à un séisme, il a été décidé de le démonter puis de le reconstruire.

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    Entre Sainte-Sophie et la Mosquée bleue, une grande esplanade avec banc, pelouse etc ...

     

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    Vue de la Mosquée bleue à la tombée de la nuit.

     

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    Dans le style "Carte postale" (non les couleurs n'ont pas été retouchées !).

     

    La nuit dans les ruelles alentours, c'est une autre faune que l'on rencontre. Les chats squattent les poubelles, se déplacent en bande de 3 ou 4 à la recherche d'une âme sœur ... Un point commun avec Athènes, où comme ici il y a également de nombreux chiens errants (à cette heure là ils dorment par contre). La ville d'Istanbul semble avoir la volonté de gérer sa population de chiens, ils sont tous équipés d'une boucle d'oreille avec un numéro. Le matin des gens leur apportent de la nourriture (déchets de boucherie) que leur disputent les corneilles. C'est vrai qu'en tant que visiteurs on ne voit que le bon côté des choses, la réalité est peut-être bien différente.

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    Cette poubelle a beaucoup de succès.

     

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    Ils ne seraient pas un peu lourds ces matous ?

     

    Le lendemain matin nous retrouvons les Tourterelles maillées au petit déjeuner, sous le soleil :

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    Sur les pelouses près de Sainte-Sophie, à côté des marchands de pains ambulant, quelques oiseaux picorent. En compagnie des Tourterelles maillées, des Moineaux domestiques, mais aussi des oiseaux plus exotiques : par exemple le Martin triste (photo ci-dessous), oiseau originaire de l'Inde mais introduit en de nombreux endroits comme les Seychelles, et visiblement à Istanbul. Non loin de là dans les cours du palais de Topkapi, ce sont des Perruches à collier que l'on pourra observer, comme dans de nombreuses villes d'Europe (Paris, Athènes, Barcelone, Bruxelles, Amsterdam pour ne citer que celles que j'ai visitées).

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    Un Martin triste. Cet oiseau est apparenté à nos étourneaux.

     

    Puis nous partons en direction du palais de Topkapi, résidence du Sultan de 1465 à 1853. Ce palais comprend plusieurs vastes cours et des dizaines de bâtiments dont beaucoup sont ouvert à la visite. L'accès à la première cour est libre, il faut ensuite acheter un billet. 

    Dans cette première cour, on peut admirer l'église Sainte-Irène, une des plus anciennes de la ville, dont la première version fut construite dès le IVème siècle par l'empereur Constantin 1er. A la conquête turque elle ne fut pas convertie en mosquée, mais en arsenal.  Les bâtisseurs de la Basilique Saint-Sophie s'inspirèrent de son architecture.

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    L'église Sainte-Irène, qui sert maintenant de salle de concert, grâce à son acoustique exceptionnelle.

     

    Sur les pelouses alentours, les plants de tulipes pointent leur nez, au milieu des restes  de neige (la tulipe est l'emblème de la ville d'Istanbul, elle orne également de nombreuses céramiques traditionnelles).

    Les Corneilles mantelées grappillent des restes de boucheries destinés aux chiens. Cet oiseau est le corvidé le plus commun à Istanbul. On y trouve aussi des Choucas des tours, moins nombreux et plus farouches. La Corneille mantelée est très proche de notre Corneille noire, dont elle diffère par son plumage bicolore. On la rencontre dans tout l'Est de l'Europe, où elle remplace sa cousine la Corneille noire : Berlin, Rome, Moscou etc ...

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    Une Corneille mantelée.

     

    Pour accéder à la deuxième cour, on passe une porte flanquée de 2 tours ; voici l'une d'entre elle :

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    A l'extrémité du Palais, après avoir visité des salles exposant les trésors des sultans, on pourra admirer le panorama sur le Bosphore, sur la Corne d'Or (estuaire qui se jette dans le Bosphore et qui sert de port depuis l'époque byzantine) et au-delà sur le quartier de Galata surplombé par la tour du même nom, reconstruite par les Génois en 1348, suite à sa destruction lors de la 4ème croisade.

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    Au fond, le détroit du Bosphore ; à gauche l'Europe, à droite l'Asie.

     

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    Le quartier de Galata. La tour se visite, mais je le déconseille aux personnes qui ont le vertige. 

     

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     Vue sur la Corne d'Or.

     

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    Les Corneilles profitent des nombreuses fontaines du palais pour se laver.

     

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     On peut également admirer des oiseaux sur les céramiques qui ornent certains bâtiments.

     

    Ne ratez pas la visite du Harem, même s'il faut acheter un billet supplémentaire. Un dédale de couloirs et de salles diverses conduit aux salons de réception de la mère du Sultan, qui dirigeait le Harem :

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    On termine la visite par la cour du pavillon double, où l'on peut se reposer sur des bancs et admirer le panorama sut la Corne d'Or.

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    Détail du Pavillon double, ou appartements des princes de la Couronne.

     

    Indifférents à la cohue des visiteurs, qui en milieu de journée deviennent nombreux, des Goélands recherchent des restes sur les pelouses de la première cour. Les pattes jaunes vifs des adultes permettent de déterminer qu'il s'agit de Goélands leucophées (proche de nos Goélands argentés, qui eux ont les pattes rosâtres ; des études scientifiques ont prouvés récemment que ce sont 2 espèces différentes). 

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    Un juvénile dans sa troisième année. Il a presque le plumage des adultes : la tête est déjà toute blanche, le bec presque entièrement jaune, le dos et les ailes commencent à devenir gris argenté uni. Les grands goélands comme le leucophée et l'argenté deviennent adultes à l'âge de 4 ans. Les jeunes goélands sont entièrement bruns mouchetés.

     

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    Un goéland adulte a repéré un reste d'épis de maïs. Ils les disputent souvent aux corneilles mais celles-ci sont bien plus petites et ne font pas le poids. 

     

    Pour nous reposer de ces quelques heures de visite du Palais de Topkapi, nous envisageons de faire un tour en bateau sur le Bosphore, mais à cette saison en semaine il y a peu de possibilité (c'est pourtant une saison bien agréable pour visiter les lieux touristiques, il n'y a pas encore trop de monde et il fait doux, s'il faut faire un peu la queue on ne risque pas l'insolation). Finalement on le fera le dernier jour, avec la compagnie qui distribue des prospectus à l'entrée du palais de Topkapi. On termine la journée par un petit tour du côté de la tour de Galata, de l'autre côté de la Corne d'Or. 

     

    Le lendemain, nous décidons de faire une journée "Mosquées et Basiliques". Pour commencer, nous grimpons jusqu'à la Mosquée de Soliman le Magnifique à travers les ruelles commerçantes (vêtements, vaisselles etc.) plus destinées à la population locale qu'aux touristes. Intéressant pour se plonger dans l'ambiance de la ville. Arrivées près de notre but, nous nous offrons un grand verre de jus de grenade pressé sur place (2 fois plus grand et 2 fois moins cher qu'à côté de Sainte-Sophie). Délicieux et rafraîchissant.

    La Mosquée, appelée en turc mosquée Süleymaniye, fut construite par l'architecte Sinan à la demande du Sultan Soliman le Magnifique entre  1550 et 1557. Dixième sultan de la dynastie ottomane, Soliman fut un des plus puissants monarque du XVIème siècle. Par ses nombreuses conquêtes militaires l'Empire Ottoman atteignit son apogée sous son règne. Soliman n'était pas qu'un chef militaire, il réorganisa l'empire et le dota d'une législation écrite. Plus d'informations ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Soliman_le_Magnifique

    La mosquée est entourée d'un jardin paisible. L'un des côtés du terrain est occupé par un cimetière où reposent dans des mausolées le sultan et sa première épouse Roxelane (voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Roxelane). Après avoir profité du jardin, nous tentons de visiter l'intérieur de la Mosquée, mais c'est l'heure de la prière du midi. De plus on nous indique qu'il faut avoir la tête couverte pour entrer, on aurait dû acheter des foulards au marché ! Nous préférons repartir vers le centre touristique, après avoir aperçu l'intérieur par la porte réservée aux touristes.

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     Une tourterelle maillée profite du jardin de la mosquée.

     

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     Vue des jardins.

     

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    La Mosquée de Soliman vue d'une des portes de l'enceinte. A droite le mur du cimetière.

     

    Un autre endroit à ne pas manquer, c'est la Citerne-Basilique. Construite par les byzantins, du temps de l'empereur Justinien, pour constituer des réserves d'eau en prévision de la saison estivale, elle était alimentée par des aqueducs,  la ville étant pauvre en sources. Elle fut ensuite oubliée pendant près d'un siècle du temps de l'empire ottoman (sauf par les habitants du quartier qui y puisaient de l'eau et y pêchaient des poissons par des trous situés dans leur cave). Plus de 300 colonnes de marbre se reflètent dans l'eau. A l'extrémité opposée à l'entrée, on peut observer deux colonnes supportées par des têtes de Méduse. Le dénouement du roman Inferno de Dan Brown se déroule ici.

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    Vue sur les colonnades de la Citerne. 

     

    La visite de la Basilique Sainte-Sophie, dont je vous ai déjà montré des photos plus haut, est également incontournable. Sainte-Sophie résume à elle seule l'histoire de la ville. Inaugurée en 537 par l'empereur Justinien, elle succède à 2 autres basiliques et probablement à un temple consacré à Apollon. En 1204, lors du sac de Constantinople, elle est pillée par les croisés de la 4ème croisade, dirigée entre autre par le doge de Venise Enrico Dandolo. En 1453, Constantinople est conquise par les Ottomans et devient une mosquée. Endommagée plusieurs fois par des séismes, elle subit de nombreuses restaurations. En 1934 le président de la république de Turquie, Mustafa Kemal Atatürk, décide de convertir Sainte-Sophie en musée, ce qu'elle est encore de nos jours.

    Istanbul

     

    L'intérieur de la Basilique est impressionnant, même si certains décors sont abîmés et mériteraient une restauration : 

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    A l'extérieur, un dépôt lapidaire présente des vestiges des basiliques précédentes : 

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    Nous terminons notre marathon de visite par la Mosquée bleue, dont j'ai déjà présenté plusieurs photos de l'extérieur plus haut. Les touristes sont nombreux, et c'est très bien organisé : on vous prête même un foulard et un sac plastique pour vos chaussures. Cependant la foule et les individus plus occupés à prendre des selfies plutôt qu'à admirer l'architecture du lieu brisent un peu l’atmosphère de recueillement voulue par les concepteurs. C'est cependant très beau et vaut le détour :

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    A la sortie on ne se lasse pas d'admirer Sainte-Sophie, sous différents éclairages :
     

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    Sous le ciel couvert de la fin d'après-midi.

     

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    Une dernière photo de nuit.

     

    Dernier jour à Istanbul, et petite croisière sur le Bosphore (à cette saison prévoir d'être bien couvert, il peut faire très frais surtout si le ciel est gris).

    Près de l'embarcadère (en contrebas de Sainte-Sophie et de l'entrée du Palais de Topkapi), un Cormoran huppé juvénile : 

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    Rapidement après le départ, nous contournons le Palais de Topkapi et rentrons dans la Corne d'Or d'où l'on peut admirer entre autre le quartier de Galata :

    Istanbul

     

    Puis nous faisons demi-tour et partons pour le Bosphore, détroit qui sépare la Mer de Marmara de la Mer Noire. Sur une bouée, des Cormorans huppés se reposent. Ici ce sont des adultes, reconnaissables à leur couleur noire et leur huppe. On rencontrera également des Grands Cormorans, qui sont plus massif que leurs cousins huppés. A noter que le Cormoran huppé vit exclusivement en bord de mer (on le rencontre par exemple sur les côtes bretonnes), alors que le Grand Cormoran fréquente aussi l'intérieur des terres (on en voit par exemple en bord de Seine à Paris, surtout l'hiver).

    Istanbul

     

    Derrière les cormorans, on distinguait déjà les grilles du Palais de Dolmabahçe, résidence des sultans à partir de 1853. Il a remplacé le Palais de Topkapi au confort plus rustique. Voici la façade donnant sur le Bosphore :

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    Tout au long de la balade en bateau, on peut également admirer des mosquées à l'architecture diverse. Celle-ci, dans le style maison de pêcheur, avec une sorte de phare en guise de minaret, a attiré mon attention :

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    Nous atteignons bientôt le but de l'expédition, la forteresse de Roumélie, construite par le Sultan  sultan ottoman Mehmed II entre 1451 et 1452, en vu de conquérir Constantinople, l'idée étant de bloquer l'arrivée de renfort Byzantins via la Mer Noire. Cette forteresse est construite à l'un des endroits les plus étroits du Bosphore, et fait face à la forteresse d'Anatolie, construite sur la rive asiatique.

    Istanbul

     

    Juste après la forteresse de Roumélie, on arrive au 2ème pont sur le Bosphore, où nous faisons demi-tour :  

    Istanbul

     

    Sur le trajet du retour, qui nous permet d'admirer la rive asiatique, je suis intriguée par des troupes d'oiseaux volant au ras de l'eau, dans un sens puis dans l'autre. Après quelques recherches à mon retour, il s'avère que ce sont des Puffins yelkouan, oiseaux marins apparentés aux Fulmars dont je vous ai parlé dans mes articles sur l'Islande.  Dans l'indispensable Guide ornitho des Oiseaux d'Europe on peut lire "localement nombreux ; de grande bandes passent régulièrement le Bosphore".

    Istanbul

     

    Ici se termine ce reportage sur Istanbul, ses monuments, ses oiseaux, ses chats ... Une bien belle ville à visiter, 4 jours c'est finalement très peu.

    A bientôt pour d'autres découvertes ...


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