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    C'est fin novembre, après avoir admiré les photos de cet oiseau mythique sur le blog Ailes et Vies de Nathalie et Jean-Claude, que j'ai eu l'idée de repartir à la recherche du Tichodrome échelette (Tichodroma muraria) en Île-de-France. L'oiseau-papillon, comme on l'appelle parfois, est un passereau de la taille d'un moineau, très difficile à observer en été car il vit sur les parois rocheuses en haute montagne (entre 1000 et 3000 m d'altitude). La chance des ornithologues non adeptes de l'escalade, c'est qu'il descend souvent en plaine pour passer l'hiver, parfois assez loin de ses montagnes natales (Alpes et Pyrénées). C'est ainsi que presque chaque année un individu est repéré en Île-de-France, le plus souvent sur des châteaux, églises ou autres édifices en pierre qui lui rappellent ses falaises d'origine. Un Tichodrome fit par exemple un passage remarqué sur le Panthéon en 2004, un autre séjourna deux hivers de suite sur le château de Dourdan dans l'Essonne, autour de 2011.

    Donc fin novembre, je jette un œil sur le site www.faune-iledefrance.org, et je m'aperçois avec joie qu'un Tichodrome est observé régulièrement depuis une quinzaine de jours à la Roche Guyon dans le Val d'Oise.

    Première expédition, le 27 novembre. Quelques ornithologues et photographes sont déjà là. Belles observations aux jumelles, sur les façades du château, mais l'oiseau reste loin et les photos sont assez décevantes ... 

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Le 4 décembre, la météo prévoie beau temps, je décide donc d'une nouvelle expédition (La Roche Guyon est certes dans le 95 mais inaccessible en transport en commun, avec la circulation c'est presque 2 heures en voiture).

    A mon arrivée, le découvreur de l'oiseau, qui passe régulièrement voir son protégé, m'indique qu'il ne l'a pas vu de la matinée. Le château étant fermé au public pour l'hiver, il est maintenant plus difficile de voir l'oiseau, sauf s'il décide de venir explorer les façades visibles de l'extérieur, ou qu'il fait une halte sur l'église - où il est souvent observé l'après-midi. C'est vers 13 h que notre petit montagnard se montre sur le château, plus près que la dernière fois. L'oiseau parcourt les murs à la recherche d'insectes et d'araignées cachées dans les anfractuosités ... puis il disparaît à nouveau.

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Une heure plus tard, après un café bien mérité, voilà qu'on retrouve le Tichodrome, cette fois sur l'église, à quelques dizaines de mètres du château. Comme à son habitude, il préfère chasser les insectes côté ombre (ce qui ne facilite pas les photos). Restera-t-il tout l'hiver à la Roche Guyon ? Nul ne le sait, mais il a déjà acquit la célébrité, il a même eu le droit à un article dans le journal Le Parisien : La Roche-Guyon : un oiseau rare s’est installé au château.

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Cette expédition ornithologique bien sympathique m'a aussi permis de découvrir un fort joli village et une très belle région. Aux confins de l'Ile de France et de la Normandie, la Roche Guyon est bâtie au bord d'une boucle de la Seine, au pied des falaises de craie qui bordent toute la vallée. La commune fait partie du Parc Naturel Régional du Vexin Français

    Le château de la Roche Guyon vaut à lui seul la visite. Fermé au public pour la période hivernale, il faudra y retourner au beau jour. Les ruines d'un donjon et d'une ancienne forteresse dominent le site. Au pied de la falaise se trouve le château proprement dit, maintes fois remanié depuis les premières constructions semi-troglodytes du moyen-âge jusqu'au château que l'on voit de nos jours, datant principalement du XVIIIe siècle. Le château appartient à la famille de La Rochefoucauld depuis plusieurs siècles, mais il est depuis les années 1990 géré par le département du Val d'Oise en collaboration avec la commune de la Roche Guyon et le Parc Naturel Régional du Vexin Français. Ceci permet son ouverture au public une grande partie de l'année, l'organisation d'expositions et la sauvegarde de ce magnifique monument historique.

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    L'église paroissiale de la Roche-Guyon, située non loin du château, est elle aussi classée aux Monuments Historiques. Sa construction débute au XVe siècle mais elle est rapidement interrompue par la Guerre de Cent Ans. Finalement achevée au XVIe siècle elle mêle le gothique flamboyant avec des éléments Renaissance.

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    La Roche Guyon n'est pas le seul village du Vexin Français qui mérite une halte. En m'y rendant depuis Paris, j'ai par exemple eu l'occasion de traverser le village de Vétheuil, et d'admirer son église Notre-Dame, située en haut d'un grand escalier prolongeant la rue principale du village. Nous sommes ici au pays des impressionnistes, Claude Monet en particulier séjourna plusieurs années à Vétheuil et y peignit de nombreuses toiles.

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Le Tichodrome de La Roche Guyon

     

    Aux portes de Paris, le Vexin Français renferme certainement bien d'autres jolis villages et sites naturels intéressants à explorer, si vous en connaissez n'hésitez pas à les indiquer en commentaire !


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    Dans le jardin du Little River Inn, au nord de la Californie, les rencontres à plumes furent nombreuses. Outre les Colibris d'Anna et les Quiscales de Brewer que je vous ai déjà montrés, voici quelques spécimens d'espèces observées là bas,  déjà connues ou entièrement nouvelles.

    Comme presque partout aux Etats-Unis, le Merle d'Amérique (Merle d'Amérique) est un des premiers à attirer notre attention, perché bien en vue sur les balustrades des terrasses ou affairés à rechercher des limaces et autres invertébrés sur les pelouses.

    American Robin - Little River

     

    On retrouve aussi le Moucherolle noir (Sayornis nigricans), déjà observé plusieurs fois à San Francisco. Profitons-en car plus au Nord nous n'aurons plus l'occasion de le rencontrer. 

    Black Phoebe - Little River Inn

     

    Au fond du jardin, le cri caractéristique et bien européen de la Tourterelle turque me fait lever les yeux jusqu'à la cime des arbres. Il y a bien une tourterelle, que je vous ai déjà montrée dans Invasifs, vous avez dit invasifs ?, mais la vraie surprise se trouve à l'étage en dessous, perchée sur de grands thuyas formant une haie : au début j'ai pensé qu'il s'agissait d'un oiseau que l'on ne voit dans nos contrées que très rarement certains hivers, venu du Grand Nord, j'ai nommé le Jaseur boréal (jamais observé pour ma part), mais non il s'agit de son cousin le Jaseur d'Amérique (Bombycilla cedrorum), plus joliment appelé "Cedar Waxwing" (Jaseur des cèdres) en anglais. Plus méridional que son cousin, le Jaseur d'Amérique est résident à l'année dans la moitié nord des Etats-Unis et le sud du Canada, alors que le Jaseur boréal ne descend dans ces contrées que l'hiver venu. Le plumage du Jaseur d'Amérique a des tons plus chaud que celui du Jaseur boréal, en particulier au niveau de la poitrine et du ventre (brun clair tirant sur le jaune au lieu de gris).

    Cedar Waxwing - Little River Inn

     

    Cedar Waxwing - Little River Inn

     

    Cedar Waxwing - Little River Inn

     

    Le lendemain matin, après avoir profité de la séquence de nourrissage des Blackbirds, je m'attarde sur un bosquet de conifères bien sombres où il me semble avoir décelé du mouvement. Les Mésanges à dos marrons (Poecile rufescens) sont aussi difficiles à photographier qu'elles l'étaient à San Francisco - elles ne tiennent pas en place et s'obstinent à rester dans l'ombre.

    Chestnut-backed Chickadee - Little River Inn

     

    Chestnut-backed Chickadee - Little River Inn

     

    Chestnut-backed Chickadee - Little River Inn

     

    Pour le dernier de la série, je ne pensais pas avoir de photo potable à vous présenter (trop sombres ou floues). Finalement ce n'est pas trop mal, voici donc un Pic chevelu (Leuconotopicus villosus). Sa calotte rouge pâle assez étendue permet de préciser que c'est un juvénile (la femelle adulte a la calotte noire, alors que chez le mâle adulte le rouge se limite à l'arrière de la tête). Un pic assez commun dans toute l'Amérique du Nord, de la taille de notre Pic épeiche.

    Hairy woodpecker - Little River Inn

     

    Hairy woodpecker - Little River Inn

     

    Je ne vous ai pas parlé ici d'un oiseau omniprésent dans les massifs et sur les pelouses de l'hôtel, le Bruant à couronne blanche. Un oiseau que nous reverrons plusieurs fois au cours de notre périple, nous aurons même la chance d'en distinguer plusieurs sous-espèces. Il aura le droit à un article à lui tout seul, lorsque j'aurai fini de trier les photos.

    En attendant je vous donne rendez-vous prochainement à l'ombre des Séquoias des forêts de Redwood.


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    Ce matin de juillet, un juvénile de Quiscale de Brewer (Euphagus cyanocephalus) - et oui l'espèce de Blackbird que je vous ai déjà présentée à San Francisco - attendait sagement ses parents sur une palissade.

    Brewer's Blackbird - Little river

     

    Enfin pas si sagement que ça, c'est que j'ai faim moi ! Qu'est ce qu'ils fabriquent encore ces parents, ils en mettent du temps !

    Brewer's Blackbird - Little river

     

    Brewer's Blackbird - Little river

     

    Ah ça y est, voilà mon père, ce n'est pas trop tôt ! J'espère qu'il m'apporte du consistant. Bon de toutes les façons, même si c'est encore une minuscule araignée, il faudra que je m'en contente. Mes parents disent  toujours que si le menu ne me plaît pas je n'ai qu'à apprendre à chasser moi même les insectes ...

    Brewer's Blackbird - Little river

     

    Brewer's Blackbird - Little river

     

    Brewer's Blackbird - Little river

     

    Brewer's Blackbird - Little river

     

    Me voilà rassasié, allons nous promener un peu dans l'herbe ... Bon, finalement j'ai encore faim, dit papa tu ne pourrais pas m'attraper autre chose ?

    Brewer's Blackbird - Little river

    Vous avez eu ici un petit aperçu de la dure vie des parents oiseaux (enfin par rapport aux nôtres leurs jeunes prennent quand même plus tôt leur envol).

    Il nous a semblé aussi constater un petit décalage des saisons entre la France et l'Ouest des Etats-Unis : là bas à la mi-juillet les oisillons sont encore à peine volants, et les étals des marchands de fruits regorgent de cerises ...

    Les photos de cette article ont été prises dans le jardin du Little River Inn près de Mendocino, sur la côte nord de la Californie.


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    Je ne sais pas s'ils avaient fait autant de route que nous, mais ce soir là les Colibris du Little River Inn avaient envie de se reposer. Pas de vol impossible à saisir, juste de gentils oiseaux sagement posés sur les fleurs, qui butinaient le nectar en mode "flemme" sans quitter leur perchoirs. 

    Les Colibris d'Anna

     

    Les Colibris d'Anna

     

    Le Colibri présenté ici est un des colibris les plus commun en Californie (où il est résident à l'année), c'est ce que les Américains appelle un oiseau de "backyard" (arrière-cour) : il s'agit du Colibris d'Anna (Calypte anna). On l'avait déjà rencontré à San Francisco, mais sans pouvoir admirer la magnifique gorge irisée du mâle, dont la couleur rose foncée apparaît sous un bon éclairage.

    Les Colibris d'Anna

     

    Les Colibris d'Anna

     

    Les Colibris d'Anna

     

    Les Colibris d'Anna

     

    Les Colibris d'Anna

     

    Les Colibris d'Anna

     

    Les Colibris d'Anna

     

    Les photos parlent d'elles-mêmes, cependant si vous voulez en savoir plus sur ce petit oiseau atteignant à peine les 6 grammes, c'est ici : http://www.oiseaux.net/oiseaux/colibri.d.anna.html.

    La prochaine série de photos, toujours au Little River Inn près de Mendocino, sera consacrée à un autre oiseau que nous avons déjà observé à San Francisco, le Quiscale de Brewer. 


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    L'Urubu à tête rouge (Cathartes aura) fait partie avec les Condors et les autres espèces d'Urubus de la famille des Cathartidés ou Vautours du nouveau monde. Les scientifiques hésitent encore sur la place de cette famille dans la classification des oiseaux : la plupart des auteurs les considèrent actuellement comme des cousins des autres rapaces diurnes (aigles, buses ...) mais certains ont émis l'hypothèse d'une parenté avec les Cigognes ... C'est vrai qu'au niveau de l'allure, il a quelque chose de la cigogne vous ne trouvez pas ?


    L'Urubu à tête rouge

     

    L'Urubu à tête rouge est le seul vautour présent sur tout le territoire des Etats-Unis et dans la partie sud du Canada (au nord il fait trop froid pour les vautours). C'est un des rapaces les plus commun en Amérique du Nord. Lors de notre précédent séjour dans l'Ouest américain en 2010 nous l'avions déjà croisé du côté de Mesa Verde et de Monument Valley, mais nous ne l'avions pas observé dans d'aussi bonnes conditions qu'ici dans le Nord de la Californie. Perchés sur des fils, des poteaux ou des toitures, à l'entrée de petites bourgades côtières, ils n'attendaient que nous pour se montrer sous leur meilleur jour. Pourquoi étaient-ils si nombreux ici, je n'ai pas d'explication ... toujours est-il qu'à l'intérieur des terres on en verra aussi mais beaucoup moins, et seulement en vol.
     

    L'Urubu à tête rouge

     

    L'Urubu à tête rouge

     

    L'Urubu à tête rouge

     

    En anglais, ce vautour est appelé "Turkey vulture" parce qu'il fait penser à un dindon sauvage quand il est posé. C'est vrai qu'entre la taille, la couleur du plumage et la tête rouge dénudée, la ressemblance avec le dindon est peut être plus flagrante qu'avec la cigogne. Cependant je doute que l'Urubu à tête rouge soit au menu de Thanksgiving ...

    L'Urubu à tête rouge

     

    L'Urubu à tête rouge

     

    L'Urubu à tête rouge

     

    L'Urubu à tête rouge

     

    L'Urubu à tête rouge

     

    Lorsqu'on aperçoit un rapace en vol, la question de l'identification se pose toujours. Dans l'Ouest américain, les principaux rapaces que l'on est susceptible de rencontrer sont, outre l'Urubu à tête rouge, le Balbuzard pêcheur, le Pygargue à tête blanche, la Buse à queue rousse ... L'Urubu est assez facile à distinguer des autres car de loin il semble dépourvue de tête, tellement celle-ci est petite par rapport au corps. Assez grand, l'Urubu dépasse en envergure le Balbuzard, mais reste beaucoup plus petit que le Pygargue. Cependant en vol il est difficile d'estimer la taille d'un rapace surtout si l'on n'a pas de point de comparaison.

    L'Urubu à tête rouge

     

    L'Urubu à tête rouge

     

    Toutes les photos de cet article ont été prise entre San Francisco et Eureka en Californie, sauf la dernière, prise à Crater Lake dans l'Oregon.

    Dans les prochains articles, nous ferons connaissance avec les oiseaux du jardin du Little River Inn à Mendocino.


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