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    C'est déjà la fin du voyage. Nous avons bien essayé de négocier une heure ou 2 de plus avec le responsable du lodge Eco Amazonia mais il est intraitable : un seul bateau part pour Puerto Maldonado et c'est à 7h. Dommage car notre avion pour Lima ne décolle qu'à 14h ... 

    Heureusement que les Cassiques nous réveillent dès le lever du soleil, on pourra en profiter pour faire quelques observations intéressantes avant de partir. 

    Les photos ci-dessous montrent un Cassique roussâtre (Psarocolius angustifrons) en plein aménagement de son nid, qui est loin d'être fini. La construction des nids des Cassiques demande beaucoup d'adresse et de travail : il faut 3 à 5 semaines pour achever l'ouvrage, réalisé par la femelle seule. En effet, chez les différentes espèces de Cassique, c'est la femelle qui construit le nid, couve les œufs et nourrit les petits. Le mâle, généralement polygame, défend la colonie, mais passe aussi beaucoup de temps à chanter et à parader.

    Cassique roussâtre

     

    Cassique roussâtre

     

    Cassique roussâtre

     

    L'Amazonie péruvienne, c'est aussi un refuge pour plusieurs espèces de passereaux migrateurs qui se reproduisent plus au sud pendant l'été Austral. Voici une petite troupe de Sporophiles à col double (Sporophila caerulescens), granivores de la taille de nos Serins, que l'on peut observer au Pérou de mai à novembre. Les coloris du mâle font penser à notre Moineau domestique. On le reconnaît à son bec jaune et à son double collier blanc et noir. La femelle est gris-brun clair, sans motif particulier, et de ce fait difficile voir impossible à différencier d'autres espèces de Sporophiles présentes au Pérou. 

     Sporophile à col double - Madre de Dios

     

    Sporophile à col double

     

    Sporophile à col double

     

    Sporophile à col double

     

    Avant de prendre notre bateau, un dernière photo : un Tangara à bec d'argent (Ramphocelus carbo), espèce déjà observée le jour précédent à l'île aux Singes. C'est un oiseau commun et répandu dans toute l'Amazonie.

    Tangara à bec d'argent

     

    Puis c'est le moment du départ. Les deux heures de navigation jusqu'à Puerto Maldonado nous permettent de profiter jusqu'à la fin du Rio Madre de Dios et de savourer l'immensité du fleuve et de la forêt. 

    Au loin, sur un banc de sable, nous apercevons 2 Spatules rosées (Platalea ajaja) et un Héron cocoi (Ardea cocoi). Dommage le bateau ne s'approchera pas.

    Madre de Dios

     

    Cachée dans la végétation du rivage, une Buse à gros bec (Rupornis magnirostris) observe les alentours en quête de proie pour son petit déjeuner.

    Buse à gros bec

     

    Ici le fleuve est la seule voie de communication, hommes et marchandises l'empruntent sur diverses embarcations.

    Madre de Dios

     

    Perché au dessus de l'eau, un Tyran licteur (Philohydor lictor) attend patiemment qu'un insecte apparaissent dans son champ de vision.

    Tiran licteur

     

    Les rives du fleuve défilent sous nos yeux, la végétation toujours luxuriante change suivant les secteurs, se colorant de toutes les nuances de vert, mais aussi de vermillon. 

    Madre de Dios

     

    Madre de Dios

     

    Puis c'est l'arrivée à Puerto Maldonado. Le tout nouveau pont suspendu, inauguré en 2011, est une pièce maîtresse de la route interocéanique qui relie désormais l'Océan Pacifique à l'Océan Atlantique en passant par le Pérou, le Chili, la Bolivie et le Brésil. Cette route est un facteur de développement pour ces régions auparavant difficiles d'accès, un atout économique notamment pour la Bolivie qui a perdu son accès à la mer à la fin du XIXème siècle suite à une guerre contre le Chili. Cependant c'est aussi un risque pour l'environnement, l'activité des narcotrafiquants et des mines d'or illégales étant facilitée par la proximité de cet axe.

    Puerto Maldonado

     

    C'est la tête pleine d'images de ce pays magnifique que nous rejoignons les salles climatisées de l'aéroport de Puerto Maldonado, avec un seul regret, celui de ne pas être resté plus longtemps à chaque endroit.

    S'il fallait établir un classement des sites que j'ai préféré, j'y mettrais certainement Arequipa, le Canyon de Colca, Chinchero, le Machu Pichu et bien sûr l'Amazonie péruvienne, qui mériterait bien plus que 2 nuits sur place.

    L'aventure continue sur Oiseaux.net avec la rédaction de fiches d'oiseaux péruviens observés au cours de notre voyage ... 

    A bientôt pour d'autres découvertes.


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    Plusieurs compagnies maritimes proposent des croisières sur le Golfe du Morbihan, avec ou sans escale sur l’Île aux Moines et sur l’Île d'Arz, les 2 principales îles du Golfe. En cette fin avril 2016, notre choix s'est portée sur la Compagnie du Golfe, au départ de Vannes. Très bon choix, avec une escale sur chaque île et un guide à bord qui nous donnait des explications passionnantes tout au long des traversées.

    Croisière sur le Golfe du Morbihan

     

    Les voiliers traditionnels sont de sortie. Ces bateaux de pêche aux voiles teintes en rouge, que l'on appelle les sinagots, sont parfaitement adapté à la navigation sur le Golfe, mais ne sont pas fait pour s'aventurer en haute mer. Avant de quitter la rivière de Vannes pour entrer dans le Golfe, nous sommes passé devant leur port d’attache, Port-Anna, sur la commune de Séné.

    Après vérification, le bateau ci-dessous, photographié en passant au large de Locmariaquer, n'est pas un sinagot, mais un coquiller de la Rade de Brest, l'Indomptable, construite en 1947, entièrement restauré pour la plaisance, et actuellement basé au port de Saint-Goustan à Auray.

    Croisière sur le Golfe du Morbihan

     

    Les nombreux rochers et îlots inhabités servent de refuge aux oiseaux marins. Ici un petit groupe de Sternes pierregarin  (Sterna hirundo) se repose.

    Croisière sur le Golfe du Morbihan

     

    Notre embarcation nous emmène jusqu'au goulet qui donne sur l'Océan Atlantique. Au fond à droite on distingue la presqu'île de Quiberon. Au premier plan, Port Navalo et son phare, à l'extrémité de la presqu'île de Rhuys.
     

    Croisière sur le Golfe du Morbihan

     

    Le Golfe du Morbihan est également connu pour ses mégalithes. Nous passons tout près de la petite île d'Er Lannic, célèbre pour sa double enceinte de menhirs, dont l'une est de nos jours complètement immergée. Elle fut construite par les hommes du néolithique, à une époque où le niveau de la mer était plus bas qu'aujourd'hui, probablement vers 3500 avant J.-C..
     

    Croisière sur le Golfe du Morbihan

     

    Notre première escale est l'Île aux Moines, la plus peuplée des îles du Golfe. Après un déjeuner rapide dans un restaurant du port, nous partons pour une ballade sur le sentier en bord de mer. La météo en cette fin avril 2016 est très fraîche, même les Aigrettes garzettes (Egretta garzetta) semblent frigorifiées. 

    Croisière sur le Golfe du Morbihan

     

    Nous décidons de revenir au port par la route à l'intérieur de l'île, afin de nous abriter du vent. Cet itinéraire permet aussi de belles découvertes, comme cette Grive musicienne (Turdus philomelos) en train de déguster un bigorneau (on aperçoit la coquille derrière les pattes de la grive). Où l'on voit que les oiseaux savent s'adapter à la nourriture locale ...

    Croisière sur le Golfe du Morbihan

     

    Un peu plus loin, on peut visiter un autre site mégalithique, le cromlech de  Kergonan, dont il reste 34 menhirs. Derrière, une longère typique de l'architecture locale.

    Croisière sur le Golfe du Morbihan

     

    En flânant dans les ruelles près de la mairie, nous tombons sur cet arbre magnifique, un pin centenaire. Un panneau indique qu'un programme immobilier d'une dizaine de maisons est prévu sur ce terrain, l'arbre sera-t-il préservé ? Rien n'est moins sûr, surtout qu'il s'agit d'un Pin de Monterey, une essence originaire de la côte ouest des Etats-Unis, abondamment plantée sur l'île au moment où celle-ci devint une destination touristique, dès la fin du 19ème siècle.
     

    Croisière sur le Golfe du Morbihan

     

    De retour sur le port, en attendant le bateau, je photographie les Sternes pierregarin (Sterna hirundo). Ces oiseaux élégants, aussi appelés "hirondelle de mer", se nourrissent de poissons pêchés à vue : c'est toujours impressionnant de voir une sterne faire du sur-place quelques mètres au dessus de l'eau et brutalement plonger en piqué pour attraper un petit poisson.
     

    Croisière sur le Golfe du Morbihan

     

    Puis c'est le départ pour l’Île d'Arz, une traversée d'une trentaine de minutes. En quittant l’Île aux Moines, on passe près d'un îlot rocheux où se repose quelques Grands Cormorans (Phalacrocorax carbo).

    Croisière sur le Golfe du Morbihan

     

    Je n'ai pas de photo de l'Ile d'Arz à vous montrer pour cette fois, car nous avions tellement froid que nous nous sommes réfugiés dans une crêperie pour nous réchauffer ... 

    Sur le chemin du retour vers Vannes, nous laissons à bâbord un Goéland marin (Larus marinus) immature posé sur une balise rouge. L'identification des goélands juvéniles est loin d'être aisée. Pour le Goéland marin, on peut noter la grande taille (cette espèce est plus grande que la plupart des autres goélands européens) et le bec épais et fort, tant chez l'adulte que chez le juvénile. Par ailleurs, chez le Goéland marin juvénile, le motif des plumes du dessus est plus clair et plus complexe que chez les autres grands goélands européens, et la tête devient claire dès le 1er hiver. Le bec de l'individu ci-dessous commençant à s'éclaircir, il doit s'agir d'un immature de 2ème hiver.

    Croisière sur le Golfe du Morbihan

     

    Un peu plus loin, un autre goéland, adulte cette fois. En France on rencontre essentiellement 4 espèces de grands goélands, assez  faciles à identifier lorsqu'il s'agit d'individus adultes :

    • Le Goéland argenté (Larus argentatus) a le dos gris clair et les pattes couleur chair. On le rencontre en bord de mer (côtes atlantique) mais aussi dans les décharges, les champs, et il niche parfois en ville (par exemple à Paris).
    • Le Goéland leucophée (Larus michahellis) a le dos gris clair comme le Goéland argenté mais ses pattes sont jaune vif. Commun sur les côtes méditerranéennes, il remonte de plus en plus vers le nord et les côtes atlantiques.
    • Le Goéland marin (Larus marinus), dont on a parlé ci-dessus, a le dos sombre et les pattes couleur chair. Il est plus grand que les autres espèces de goéland. On le rencontre presque exclusivement en bord de mer.
    • Le Goéland brun (Larus fuscus) a le dos sombre comme le Goéland marin, mais ses pattes sont jaune vif comme celle du Goéland leucophée. On le rencontre en bord de mer mais aussi dans les terres, surtout en hiver. Vous aurez tous deviné que l'individu ci-dessous appartient à cette dernière espèce.

    Croisière sur le Golfe du Morbihan

     

    Ici se termine cette croisière sur le Golfe du Morbihan, que je vous conseille de faire si vous séjournez dans la région. Quelle que soit la compagnie choisie, pensez à réserver votre traversée, surtout l'été.

    A bientôt pour d'autres découvertes.

     


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    Située au nord-ouest du Parc National des Ecrins, la vallée du Valgaudemar est un de mes coins préférés dans les Hautes-Alpes. Nous avons fait 2 fois la ballade jusqu'aux Lacs de Pétarel, tout en montée à l'aller (1180 m de dénivelé, environ 5h30 pour l'aller-retour). Le départ se fait du hameau des Andrieux, situé environ 2 km avant la Chapelle en Valgaudemar, quand on suit la vallée en voiture. Pour la carte et les autres détails techniques on peut consulter le site du Parcs des Ecrins ici : http://rando.ecrins-parcnational.fr/fr/les-lacs-de-petarel-par-les-andrieux.

    Les photos de cet article ont été prises en fin juillet 2014. Cette année nous y sommes allés plus tard, et avons raté la floraison des rhododendrons ...

    On monte d'abord pendant un bon bout de temps dans la forêt de sapins. Les oiseaux se font entendre mais restent cachés dans les frondaisons. De temps à autre, au détour d'un virage, on croise d'énormes fourmilières constituées de débris végétaux, ici essentiellement des aiguilles de conifères. Certaines font plus de 3 mètres cubes et plus d'un mètre de haut. Difficile d'imaginer le nombre de fourmis qui vivent à l'intérieur !

    De temps à autre, des trouées dans la végétation nous permettent d'admirer le paysage au delà de la forêt. Lieu idéal pour une pause bien méritée dans cette longue ascension.

    Les Lacs de Pétarel - Valgaudemar

     

    Les Lacs de Pétarel - Valgaudemar

     

    Les randonneurs croisés sur le sentier nous avaient indiqué avoir observé des chamois, une fois sorti de la forêt. Mais nous ne pensions pas avoir cette chance là, comme d'habitude pas très matinaux nous montions alors que d'autres descendaient déjà. Alors ce fut une belle surprise d'apercevoir cette maman chamois suivie de son jeune, pendant que l'on pique-niquait au bord d'un des lacs de Pétarel.

    Les Lacs de Pétarel - Chamois

     

    Là haut, les paysages sont grandioses et se passent de commentaires. Le premier des 2 lacs de Pétarel est le plus grand et à mon avis le plus beau. Cette fois là on n'est même pas allé plus loin ... En redescendant, on laisse sur notre droite un mini lac qui lui n'a pas de nom.  

    Les Lacs de Pétarel - Valgaudemar

     

    Les Lacs de Pétarel - Valgaudemar

     

    Les Lacs de Pétarel - Valgaudemar

     

    Les Lacs de Pétarel - Valgaudemar

     

    La descente est bien plus facile que la montée (quoique mes genoux sur la fin n'étaient pas tout à fait de cet avis), il faut seulement être attentif aux glissades si le terrain est humide, en particulier aux niveaux des passages dans les pierriers sur la partie haute du parcours. La descente c'est aussi le moment propice pour photographier les rhododendrons ferrugineux qui recouvrent les pentes de leurs magnifiques fleurs roses (voir ici pour comprendre comment cet arbrisseau colonise les alpages au delà de la limite des arbres : http://www.ecrins-parcnational.fr/patrimoine/le-rhododendron-ferrugineux).

    Les Lacs de Pétarel - Rhododendrons

     

    Les Lacs de Pétarel - Rhododendrons

     

    Plus loin, alors que l'on commence à rentrer dans la forêt, c'est la plus belle surprise de la journée. Nous tombons nez à nez avec des chamois qui utilisent le sentier de randonnée pour descendre prendre leur goûter dans la forêt. Très peu farouches, on peut les observer à quelques mètres de distance, c'est tout juste s'il ne faut pas reculer pour qu'ils rentrent dans le cadre de l'appareil photo. Il faut préciser que dans le parc des Ecrins la chasse est totalement interdite ceci explique peut être que la distance de fuite des chamois diminue. Phénomène qu'on observe aussi dans les parcs nationaux aux Etats-Unis. Ne voulant pas les déranger, et trop contents de pouvoir les regarder de si près, nous attendons tranquillement qu'ils libèrent le terrain avant de continuer la descente.

    Les Lacs de Pétarel - Chamois

     

    Les Lacs de Pétarel - Chamois

     

    Les Lacs de Pétarel - Chamois

     

    Les Lacs de Pétarel - Chamois

     

    Les Lacs de Pétarel - Chamois

     

    Les Lacs de Pétarel - Chamois

     

    Les Lacs de Pétarel - Chamois

     

    Sur ces belles images, je vous souhaite un bon week-end et vous dis à bientôt pour d'autres découvertes. 


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    Avant-dernier jour de notre voyage au Pérou en août 2015. Le réveil est programmé à 5h pour une longue ballade jusqu'à la "Cocha Perdida", un marécage perdu dans la forêt. Certains tronçons se font à pied, le reste en pirogue. Au cours de cette sortie nous découvirons une partie de la faune et de la flore de la région, sans garantie sur les espèces observées car les animaux sauvages ne se commandent pas. Le guide nous explique que certains jours les touristes ont la chance de voir un jaguar, un tapir ou un anaconda. Ce ne sera pas notre cas, mais l'énorme tarentule noire et velue que le guide fait sortir de son terrier avec un bâton c'est déjà pas mal.

    Côté avifaune, beaucoup d'espèces observées, et un beau stock de photos à trier au retour. Voici les plus réussies.

    Sur un arbre au milieu d'une mare, on retrouve une petite colonie de Cassique cul-jaune (Cacicus cela), cependant bien moins importante que celle du lodge.
     

    Cassique cul-jaune - Cocha perdida

     

    Arrivé à la Cocha Perdida, nos embarcations glissent silencieusement sur les eaux sombres du marécages. On n'arrive pas à distinguer les piranhas et autres poissons qui les peuplent, mais d'autres sont plus malins que nous.

    Le Héron strié  (Butorides striata) par exemple a mis au point une méthode de pêche très efficace. Il capture de petits insectes, pas pour les consommer, mais pour s'en servir comme appâts !

    Héron strié - Cocha perdida

     

    Héron strié - Cocha perdida

     

    Héron strié - Cocha perdida

     

    Héron strié - Cocha perdida

     

    Pendant ce temps les caïmans ne perdent pas une miette du spectacle. Seuls leurs yeux dépassent de l'eau.

    Caïman - Cocha perdida

     

    La suite de la ballade nous offre de belles rencontres avec des espèces d'oiseaux très variées. Ce Tyran sociable (Myiozetetes similis) est observé tout seul sur sa branche.
     

    Tyran sociable - Cocha perdida

     

    Le Milan Bleuâtre (Ictinia plumbea) est un petit rapace (de la taille d'un épervier), qui se nourrit surtout d'insectes et parfois d'escargots :
     

    Milan bleuâtre - Cocha perdida

     

    Les perruches et perroquets font partie des oiseaux les plus connus des zones tropicales. Ce jour là nous croisons une troupe de Conures de Weddel (Aratinga weddellii), une perruche de taille moyenne, de couleur verte (plutôt classique pour une perruche). Elle se différencie d'autres espèces proches par sa tête grise et ses yeux entourés d'une zone de peau blanche.
     

    Conure de Weddell - Cocha perdida

     

    Plus loin, au sommet d'un arbre, nous apercevons un Kamichi cornu (Anhima cornuta). Cet oiseau étrange est un lointain parents des canards et des oies. De taille similaire à nos Oies cendrées, il vit paisiblement dans les forêts humides où il se nourrit essentiellement de végétaux, en broutant à la manière des oies. Quand il est inquiété il se réfugie au sommet des arbres.

    Kamichi cornu - Cocha perdida

     

    Un Troglodyte à miroir (Donacobius atricapilla) chante perché sur un arbrisseau. Nous avons déjà rencontré cette espèce le jour précédent avec les Hoazins huppés. Voir l'article 19 août 2015 : La lagune Caïman.

    Donacobe à miroir - Cocha perdida

     

    La photo de Jacamar roux (Galbalcyrhynchus purusianus) ci-dessous est un peu spéciale, puisque c'est la première photo de l'espèce publiée sur le site Oiseaux.net. Il n'est pas particulièrement rare dans son aire de répartition (une zone au centre de l'Amazonie, à cheval sur le Brésil, le Pérou et la Bolivie), mais il fallait tomber dessus. Les Jacamars sont apparentés aux Pics et aux Toucans. De taille moyenne, on les reconnait à leur pattes très courtes et à leur long bec. Ils se nourrissent surtout d'insectes. Plus d'infos en suivant le lien http://www.oiseaux.net/oiseaux/jacamar.roux.html.

    Jacamar roux - Cocha perdida

     

    Le retour au lodge pour le déjeuner se fait en pirogue à moteur le long des rives du Madre de Dios. Ce petit trajet sur le fleuve nous permet d'observer des tortues dont la tête est couvertes de papillons. Ceux-ci butinent les larmes des tortues pour subvenir à leur besoin en sel ...

    Tortue et papillons - Madre de Dios

     

    Plus loin, une Aigrette neigeuse (Egretta thula) survole le fleuve. Ce héron blanc, de taille similaire à notre Aigrette garzette, se rencontre du nord au sud du continent américain.

    Aigrette neigeuse - Madre de Dios

     

    Après le déjeuner, la chaleur écrasante nous fait hésiter à participer à la 2ème sortie de la journée ... En attendant l'heure du rendez-vous, on peut faire connaissance avec d'autres habitants du lodge, comme ce Tangara des palmiers (Thraupis palmarum) qui se promène sur les poutres ... Espèce déjà rencontrée à Machu Picchu Pueblo, voir ici : 18 août 2015 : L'énigme du Machu Picchu.

    Tangara des palmiers - Madre de Dios

     

    Voici maintenant les 2 mascottes du lodge, inséparables, un Ara bleu (Ara ararauna) et un Ara rouge (Ara macao). En revenant de la 2ème ballade, on croisera une petite troupe d'Aras rouges sauvages ... mais nos deux amis sont plus faciles à prendre en photo.


    Ara bleu et Ara rouge

     

    Ara bleu - Madre de Dios

     

    Ara rouge - Madre de Dios

     

    Une dernière espèce avant de repartir en ballade, l'Organiste à bec épais (Euphonia laniirostris). De récentes recherches génétiques semblent montrer que les Organistes (genre Euphonia) sont apparenté à nos pinsons, verdiers etc. alors qu'avant ils étaient classés dans une famille de passereaux du Nouveau Monde, les Thraupidae (dont font partie les Tangaras). Ils sont en tout cas bien jolis à photographier.

    Organiste à bec épais - Madre de Dios

     

    On se décide finalement pour la sortie de l'après-midi, à l'île aux Singes. Située au milieu du Madre de Dios, cette île abrite plusieurs espèces de singes. La plupart sont des animaux qui se trouvaient illégalement en captivité et qui réapprennent ici la vie en forêt. Pas sûr que les bananes et les bouteilles d'eau offertes par notre guide les aident dans leur apprentissage, mais au moins ici ils sont libres et heureux. Je ne m'y connais pas trop en singe, aussi je vous laisse regarder les photos :

    Singe - Madre de Dios

     

    Singe - Madre de Dios

     

    Singe - Madre de Dios

     

    Singe - Madre de Dios

     

    Il n'y a pas que des singes sur l'île, la preuve ce Tangara à bec d'argent (Ramphocelus carbo) - et oui encore un Tangara :

    Tangara à bec d'argent - Madre de Dios


    A notre arrivée sur l'île, des Urubus noirs traînaient sur la plage (les mêmes qu'à Lima, voir ici : 6 août 2015 : Les Vautours de Lima). Lorsque nous quittons nos amis les singes, ce sont de petits limicoles que l'on aperçoit sur le sable. Ci-dessous un Gravelot d'Azara (Charadrius collaris), un Gravelot que l'on rencontre surtout en Amérique du Sud :

    Gravelot d'Azara - Madre de Dios

     

    Et pour finir la journée un Chevalier à pattes jaunes (Tringa flavipes), un migrateur au long cours qui niche au Canada et en Alaska :

    Chevalier à pattes jaunes - Madre de Dios

     

    La nuit venue, pour la deuxième fois, on s'endort avec les bruits de la forêt dans les oreilles ... Une expérience inoubliable !

    Je vous dis à bientôt pour le dernier épisode du voyage. 


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    Zurich, fin août 2016. Pas forcément une destination ornithologique de premier plan, cependant la capitale de la Suisse alémanique nous réserve quelques surprises.

    La vieille ville s'étend des 2 côtés de la Limmat, paisible rivière s'écoulant depuis le Lac de Zurich. Les étroites ruelles piétonnes nous offrent fraîcheur et ombre en cette journée ensoleillée.

    Zurich - les martinets de la cathédrale

     

    Sur la rive Ouest de la Limmat se dresse l'église Fraumünster (au centre de la photo). Ses vitraux signés Marc Chagall méritent le détour. A cette endroit se trouvait une très ancienne abbaye datant de Louis le Germanique (petit fils de Charlemagne). Seule l'église a survécut à la Réforme.

     Zurich - les martinets de la cathédrale

     

    De l'autre côté, lui faisant face, les tours jumelles de la cathédrale de  Grossmünster domine le quartier de Niederdorf. Cette église aujourd'hui réservée au culte protestant fut un des principaux centres de la Réforme.

    Zurich - les martinets de la cathédrale

     

    La promenade le long des quais est très agréable. On peut y admirer différentes bâtisses dont l'Hotel de Ville et de charmantes maisons aux volets peints de rayures pastel.

    Zurich - les martinets de la cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    De nombreux Cygnes tuberculés (Cygnus olor) nagent sur les eaux claires et poissonneuses de la Limmat. Les Suisses font très attention à l'environnement, si bien que se baigner dans la rivière ou dans le lac de Zurich même en pleine ville est quelque chose d'habituel.

    Zurich - les martinets de la cathédrale

     

    Sur les quais, des troupes de Moineaux domestiques  (Passer domesticus) recherchent leur nourriture. Ce sont surtout des jeunes de l'année reconnaissables à leur "sourire jaune".
     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Les canetons eux ne ne sont pas encore autonomes. Maman Canard colvert  (Anas platyrhynchos) surveille les alentours pendant que les petits font leur toilette.
     

    Zurich - les martinets de la cathédrale

     

    En prolongement de la Limmat, s'étend le Lac de Zurich, petite mer intérieure de 42 km de long, qui s'est formée après la dernière glaciation. C'est le lieu de détente préféré des Zurichois.

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Sur le lac on trouve à peu près les mêmes espèces d'oiseaux d'eau que sur la Limmat : des Cygnes tuberculés adultes et immatures, des Canards colverts et des Foulques macroules (Fulica atra). De la même famille que les poules d'eau mais plus grandes, les foulques sont exclusivement végétariennes et se nourrissent surtout de plantes aquatiques.
     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

      

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Peu avant le coucher du Soleil, retour dans la veille ville pour trouver un endroit où manger. En passant près de la cathédrale, je reconnais des cris caractéristiques ... que je pensais ne pouvoir entendre qu'en montagne.
     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Ce n'est que la 3ème fois que j'observe cet espèce, et encore : le premier individu observé fut retrouvé sur une photo floue prise à Rémuzat dans la Drôme en 2014, lors d'une sortie "Vautour fauve". La deuxième observation, c'était cet été à la fin d'une ballade dans le Dévoluy, au vallon des Aiguilles, près du Col de Festre dans les Hautes-Alpes. Observation seulement visuelles et sonores car ces oiseaux sont vraiment très rapides. 

    Jusqu'à ce court séjour en Suisse, je pensais que les Martinets à ventre blanc (Tachymarptis melba) ne nichaient qu'en montagne, contrairement à leurs cousins les Martinets noirs qui animent le ciel de nos villes tous les étés. A Zurich, ils ont élus domicile dans les tours de la Cathédrale. On les observe encore fin août car leurs jeunes mettent plus de temps à se développer que ceux du Martinet noir, probablement à cause de la grande taille de l'espèce.

    Après quelques recherches, j'ai découvert que le Martinet à ventre blanc est assez commun dans les villes suisses en particulier dans la moitié nord du pays, en dehors de l'arc Alpin. Dans la partie Sud, plus montagneuses, l'espèce niche essentiellement dans son habitat naturel, les falaises. Plus d'information sur le Martinet à ventre blanc en Suisse ici : http://www.vogelwarte.ch/fr/oiseaux/les-oiseaux-de-suisse/martinet-a-ventre-blanc.html.

    Ce que l'on sait peu c'est que l'espèce niche aussi en ville en France, en particulier à Lyon. Voir l'étude fort intéressante que j'ai dénichée ici : 
    http://files.biolovision.net/www.faune-rhone.org/userfiles/Documents/Effraierevue/Effraie40/Martinet-ventre-blanc-Rhone.pdf.

    Trêves de bavardage, voici donc les photos des Martinets de Grossmünster :
     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

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    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Le lendemain, nous partons en train pour Saint Gall, charmante petite ville connue pour ses maisons ornées d'oriels sculptés, et surtout pour son abbaye classée au Patrimoine Mondial de l'Unesco. Fondée au VIIème siècle par le moine Irlandais Saint Gall, elle comporte, outre son abbatiale reconstruite au XVIIIème siècle dans le style baroque, une des plus importantes bibliothèque monastique et médiévale d'Europe. La bibliothèque actuelle date de la même époque que l'abbatiale. Construite dans le style baroque, ses boiseries servent d'écrins à des centaines de manuscrits datant pour les plus anciens des tout débuts de l'abbaye. Afin de préserver le parquet d'époque, les visiteurs sont invités à chausser des patins. C'est vraiment l'endroit qu'il ne faut pas manquer à Saint Gall, une merveille !

    Les photos n'étant pas autorisée à l'intérieur de la bibliothèque, voici quelques vues de la ville et des alentours de l'abbaye :

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

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    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Au coucher du soleil, à Saint Gall, on entend aussi les Martinets à ventre blanc qui se poursuivent au dessus de l'abbatiale. Un ballet sonore et visuel, vif et joyeux, mon plus beau souvenir ornithologique de Suisse pour cette fois.

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

    Pour terminer cette petite escapade en Suisse alémanique, petit retour en enfance avec une visite de l'alpage du Grand-Père de Heidi, l'héroïne du roman de Johanna Spyri, sur les hauteurs de Maienfeld :

    Zurich - Les Martinets de la Cathédrale

     

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    Je vous dis à bientôt pour d'autres découvertes et vous souhaite un bel automne.


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