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    Située en bordure de la petite ville de Lokeren en Flandre Orientale, la réserve naturelle de Molsbroek couvre 80 hectares d'espaces naturels protégés, essentiellement des zones humides. On trouve malheureusement peu d'informations en français sur le Web, nous sommes ici en Belgique néerlandophone. Voici donc l'essentiel à retenir pour ceux qui envisage une visite. L'accès de la réserve est gratuit et possible à toute heure. Les chiens sont autorisés. On peut y arriver facilement depuis la route nationale RN47 ou depuis la Waasmunsterbaan (où l'on trouve le centre des visiteurs, ouvert l'après-midi, presque tous les jours en été, seulement le dimanche en hiver). Un chemin asphalté, accessible aux piétons, vélos, poussettes, fauteuils roulants, etc. fait le tour de la réserve, en s'enfonçant dans les bois puis en contournant les marécages. Le sentier étant en surplomb il permet d'observer la vie à l'intérieur de la réserve. Quelques longues-vues sont fixées sur le parcours, des bancs permettent de se reposer, et des panneaux explicatifs en néerlandais présentent les principales espèces observables. Ci-dessous le plan de la réserve, provenant du site http://www.vzwdurme.be/.

    Plan de la réserve naturelle de Molsbroek

     

    En arrivant de la RN47, après avoir traversé la rivière Durme, on longe de vastes roselières où les passereaux des marais chantent à tue-tête sans se montrer. Des Gorgebleues à miroir, Rousserolles et Fauvettes diverses sont communes ici mais difficiles à détecter dans la végétation.

    La réserve naturelle de Molsbroek

     

    La réserve naturelle de Molsbroek

     

    Les Lapins de garenne (Oryctolagus cuniculus) par contre se montrent assez facilement. En juin les lapereaux sont déjà débrouillards mais restent moins farouches que les adultes.
     

    Lapereau - Molsbroek

     

    Le sentier s'enfonce ensuite dans une zone boisée, mais toujours à dominante humide (attention aux moustiques). Sur l'eau, des Foulques macroules avec leurs poussins, des Canards colverts ... dans les arbres des Mésanges charbonnières, un Pic épeiche, des Geais des chênes ... et dans les prairies attenantes, des Pies bavardes, Choucas des tours, Faisans de Colchide et toujours des Lapins de garenne.

    La réserve naturelle de Molsbroek

     

    Derrière les iris d'eau, une femelle de Canard chipeau (Mareca strepera) se nourrit. Ses congénères se trouvent plus loin, dans le marécage. La femelle du Canard chipeau ressemble beaucoup à celle du Canard colvert, elle s'en différencie par le miroir blanc à l'aile (bleu-vert chez la femelle colvert) et la bordure jaune-orange du bec qui est régulière chez la femelle de chipeau alors que chez la cane colvert le noir du dessus du bec descend en tâches irrégulières sur les côtés.

    Canard chipeau - Molsbroek

     

    La réserve naturelle de Molsbroek

     

    En sortant de la zone boisée on découvre peu à peu le grand marécage, paradis des plantes aquatiques, nénuphars jaune, et lentilles d'eau dans les parties ombragées. Mais c'est surtout la clameur de la colonie de Mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) qui nous fait entrer dans un autre monde. Début juin, la saison de reproduction bat son plein. Certains adultes sont encore en train de couver, tandis que des poussins déjà grands harcèlent leur parent.

    Mouette rieuse - Molsbroek

     

    La réserve naturelle de Molsbroek

     

    Malgré le brouhaha ambiant, les autres espèces vaquent tranquillement à leurs occupations : des Grands Cormorans se reposent sur un perchoir, les Foulques macroules (Fulica atra) entretiennent leur plumage ou s'occupent de leurs poussins, un couple de Fuligules morillons (Aythya fuligula) nage paisiblement parmi les lentilles d'eau. On peut aussi apercevoir des Grèbes huppés, quelques Sternes pierregarin sur des plateformes garnies de galets et installées là à leur intention ...

    Foulque macroule - Molsbroek

     

    Fuligule morillon - Molsbroek

     

    Fuligule morillon - Molsbroek

     

    La réserve naturelle de Molsbroek

     

    Au détour du chemin, deux jeunes Choucas des tours (Coloeus monedula) tout juste sortis du nid attendent sagement leur parents dans les herbes hautes.

    Choucas des tours - Molsbroek

     

    A certains endroits, les Canards chipeaux sont presque aussi nombreux que les Mouettes rieuses ... En juin les canards sont en période de mue, leur plumage est moins coloré qu'en hiver (même si le chipeau n'est jamais très coloré). A cette saison le plumage du mâle se rapproche de celui de la femelle, on l'en distingue par le croupion noir. Le bec du mâle, gris foncé en plumage nuptial, est bicolore comme celui de la femelle en plumage d'éclipse.

    La réserve naturelle de Molsbroek

     

    Canard chipeau et Mouette rieuse - Molsbroek

     

    Parmi les canard et les mouettes, on distingue de petites choses duveteuses et tachetées de noir : ce ne sont pas des canetons mais des bébés Mouettes rieuses, déjà aussi bruyants que leur parents. 

    Mouette rieuse - Molsbroek

     

    Mouette rieuse - Molsbroek

     

    Mouette rieuse - Molsbroek

     

    Le sentier longe à nouveau une zone plus ombragée, où s'affaire des familles de Foulques macroules tandis que les canards sont plutôt en mode "sieste". Ci-dessous un Fuligule milouin (Aythya ferina), une espèce que j'aime beaucoup mais que j'ai encore peu photographiée. C'est un canard plongeur surtout actif le matin et le soir.

    Fuligule milouin - Molsbroek

     

    Entre la rivière Durme et la route nationale, le chemin longe un petit étang agrémenté d'un îlot. On y observe pas mal d'espèces, pour ma part j'ai pu y voir : une Gallinule poule d'eau, une Foulque macroule, un Vanneau huppé, un Goéland brun, deux Tadornes de Belon, des Canards colverts, quelques Fuligules morillons, des Mouettes rieuses, des Mésanges à longue queue dans les buissons environnants, et 2 espèces d'oie introduites en Europe : des Ouettes d'Egypte et une bonne vingtaine de Bernaches du Canada.

    Les deux Ouettes d'Egypte (Alopochen aegyptiaca) observées n'étaient présentes qu'en fin d'après-midi. Il s'agissait probablement un couple. L'espèce, très colorée, est maintenant assez commune en Belgique et aux Pays-Bas, où elle se reproduit facilement.

    Ouette d'Egypte - Molsbroek

     

    Parmi les Bernaches, une charmante petite famille, composée des parents et de 4 poussins déjà gros. La Bernache du Canada (Branta canadensis), originaire d'Amérique du Nord comme son nom l'indique, s'est acclimatée très facilement en Europe, et s'y reproduit à l'état sauvage en de nombreux endroits. Le caractère agressif du mâle facilite la survie des jeunes, ce qui explique que l'espèce soit en expansion. 

    Bernache du Canada - Molsbroek

     

    Si vous passez dans la région (entre Bruges et Anvers) et souhaitez faire une pause nature, la réserve naturelle de Molsbroek est tout indiquée. Le site est très calme, quoique probablement plus fréquenté les jours de beau temps et le week-end. On y observera sans difficulté une vingtaine d'espèces d'oiseau (bien plus pour l'ornithologue chevronné et patient), mais pas forcément de près donc n'oubliez pas les jumelles ! En conclusion une belle promenade que je recommande. 


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    Pour terminer cette année 2017, je vous emmène à Bruges, une des plus belles ville de Belgique, que nous avons visitée début novembre. Si proche de la France, la Belgique a cependant quelque chose de dépaysant, nous en profitons tant que nous habitons si près.

    En chemin, passé les embouteillages de Lille, nous nous arrêtons déjeuner à Courtrai (Kortrijk en flamand), une ville qui mérite bien plus qu'une brève étape. Lors de notre trop court passage, nous avons pu admirer la Grand Place, l'Hôtel de ville, le Beffroi, l'église Saint-Martin (ci-dessous), écouter le magnifique carillon du Beffroi, et en quittant la ville avoir un bref aperçu des tours médiévales, vestige de l'enceinte de la ville.

    Courtrai

     

    Puis nous voici arrivés à Bruges, chef lieu de la province de Flandre Occidentale. Entourée de remparts et de douves, la veille ville, magnifiquement restaurée, a su garder son caractère médiéval. Une grande partie de la ville est piétonne. En arrivant on se dirige naturellement vers les rues les plus touristiques, donnant sur les principaux monuments et places, puis on se perd volontiers dans les ruelles adjacentes.

     

    Bruges

    Le Beffroi de Bruges

     

    Bruges

     

    Bruges

     

    Bruges

     La cathédrale Saint-Sauveur

     

    Une des caractéristiques les plus agréables de la ville est la présence de nombreux canaux, qui ne sont pas forcément des plus faciles à suivre lorsqu'on est piéton : la plupart des bâtiments qui les bordent sont privés.

    Bruges

     

    De nombreux cygnes plus ou moins apprivoisés vivent sur les canaux, accompagnés de canards colverts, de foulques macroules et de mouettes rieuses. A part ces palmipèdes, les oiseaux les plus visibles à Bruges sont les Choucas des tours. Ce petit corvidé est également très commun à Amsterdam.

    Bruges

    Au fond, le clocher de l'église Notre-Dame

     

    Les Béguinages sont une spécialité flamande, dont les plus importants sont classés au Patrimoine Mondial de l'Unesco. Ce sont des sortes de couvents, fondés au Moyen Age, et destinés aux femmes souhaitant se rapprocher de Dieu tout en gardant une activité. Les Béguinages sont de véritables petites villes dans la ville.

    Bruges

    Le Béguinage de Bruges

     

    Bruges

    Le Lac d'Amour

     

    Bruges

    Le pont à l'extrémité du lac

     

    A la tombée de la nuit, les monuments s'éclairent, la ville prend un air féerique. Le Beffroi haut de 83 m est visible au détour de chaque rue. 

    Bruges

     

    Sans savoir que c'est une des vues de Bruges les plus photographiées, on s'arrête naturellement au bord du canal pour quelques clichés.

    Bruges

     

    le lendemain matin nous nous décidons pour une balade touristique en barque à moteur. Cela semble un peu cher et les gens ont l'air d'être entassés dans les barques, mais c'est finalement la meilleure façon de découvrir Bruges. De plus notre guide nous a donné énormément d'informations intéressantes sur les bâtiments et l'histoire de la ville. 

    Bruges

     

    Bruges

     

    Bruges

     

    Bruges

     

    Bruges

     

    Bruges

     

    Bruges

     

    Les maisons-dieu sont une autre caractéristique de Bruges, dont nous a parlé le conducteur de la barque, et que nous avons ensuite retrouvées au hasard des ruelles alors que nous recherchions des boutiques de chocolat. Les maisons-dieu étaient de petits logements destinés aux personnes dans le besoin. Il n'y avait pas de loyer mais l'occupant devait s'engager à prier chaque jour pour les personnes qui avaient financés la construction de la maison. La plupart des maisons-dieu sont encore habitées de nos jours, surtout par des personnes âgées.

    Bruges

     

    Bruges

     

    J'ai choisi de vous présenter Bruges en cette période de Fêtes de fin d'année, car je lui trouve en toute saison un petit air de village de Noël. Et puis nous avions eu du soleil lors de ces 2 jours, ça fait du bien par ce temps gris de revoir des coins de ciel bleu même si ce n'est qu'en photo.

    Ici se termine la visite de Bruges, et aussi l'année 2017. Je vous souhaite à tous de belles fêtes de fin d'année et vous dit à l'année prochaine.


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    Pour vous rafraîchir un peu après ces jours de canicule, je vous emmène faire un petit tour du côté de la Belgique. C'était à la mi-août de cet année, il faisait une météo de début d'automne mais cela ne nous a pas empêché de profiter des sites visités.

    A l'aller nous faisons une courte pause à l'aire d'autoroute de Woinic dans les Ardennes. Woinic, un sanglier géant oeuvre du sculpteur Éric Sléziak, est régulièrement critiqué dans la presse, mais pour une sculpture d'autoroute nous l'avons trouvé pas mal du tout. Je n'ai pas fait de photo mais il a sa page Wikipedia : Woinic.

    Notre première étape en Wallonie est la ville de Bouillon, située tout près de la frontière française. La ville est surplombée par une forteresse médiévale, dressée sur un éperon rocheux dominant une boucle de la Semois (un affluent de la Meuse, où les courageux pourront faire du kayak). Le château fort de Bouillon, un des plus bel exemple d'architecture médiévale de Belgique, construit aux environ du Xe siècle, fut la propriété de Godefroy de Bouillon, qui le revendit au Prince-évêque de Liège pour financer son départ à la première croisade. La forteresse se visite, et l'on peut en même temps acheter un billet pour le petit musée de la ville. La pierre de schiste et les toits d'ardoise donnent un petit air de Bretagne à ce coin d'Ardenne Belge.

    Bouillon

     Le vieux pont sur la Semois, vu du haut de la forteresse de Bouillon.

     

    En fin d'après-midi nous rejoignons notre deuxième étape, la petite ville de la Roche en Ardenne, à environ une heure de route au nord-ouest de Bouillon. La Roche en Ardenne est blottie dans la forêt, au pied de son château médiéval. Elle est traversée par l'Ourthe, un autre affluent de la Meuse. Cette coquette petite cité fut presque entièrement détruite lors de la 2ème guerre mondiale (offensive des Ardennes, 1944) mais ses habitants l'ont courageusement reconstruite. Dans les rues, quelques chars américains ont été conservés en souvenir de la libération de la ville.

    La Roche en Ardenne

     

    Déjà au XIXe siècle le charme de La Roche en Ardenne avait séduit les peintres belges. Henri Van Assche, talentueux peintre de paysages originaire de Bruxelles, est l'auteur du tableau ci-dessous, daté de 1830. Nous avons retrouvé le point de vue choisi par l'artiste, près du pont du Faubourg. Cependant je ne mettrai pas la photo car lors de notre passage, le pont était en travaux. Le château est également moins visible de nos jours de cet endroit là : déjà à l'abandon à l'époque, il a continué à se détériorer pendant plus de 150 ans, et des maisons plus hautes ont été construites entre temps sur la rive.

    La Roche en Ardenne - Henri Van Assche

      

    Le château, repris en main dans les années 1990 par une association locale de sauvegarde du patrimoine, est moins imposant que celui de Bouillon mais mérite tout de même la visite. Il fut construit entre les XIe et XIIe siècle, sur un site occupé depuis la préhistoire, puis remanié lors de l'occupation française sous Louis XIV. Suite à la Guerre de succession d'Espagne, la région passe sous domination autrichienne. C'est à partir de ce moment là que le château sera progressivement abandonné, démantelé, pillé et enfin endommagé par les bombardements de 1944. Entièrement bâti en dalles de schiste local, il épouse parfaitement les roches sur lequel il est construit. L'ardoise était autrefois exploitée dans les Ardennes, tant du côté Belge que Français, mais la petite taille des gisements n'a pas permis d'en continuer l'exploitation jusqu'à nos jours.

    Après la visite du château, on pourra faire une petite halte à l'église Saint Nicolas, à la conception assez originale : pour accéder à la nef, il faut monter un escalier de quelques marches. On remarquera en particulier les orgues, installé en 2012 dans l'église : d'une hauteur de 12 m cet instrument provient d'Erkelens en Allemagne, et date des années 1970. Lors de notre passage dans l'église, on pouvait aussi admirer une exposition de peinture.

     

    La Roche en Ardenne

     

    La Roche en Ardenne

     

    La Roche en Ardenne

     

    La Roche en Ardenne

     

    La dernière étape de notre escapade est la ville de Dinant, construite sur les bord de la Meuse. La meilleure façon de découvrir la ville est à mon avis la croisière sur le fleuve (possibilité de billet combiné citadelle + téléphérique + croisière).

    Les embarcadères se situent face à l'église et à la citadelle, qui domine la cité du haut de son promontoire rocheux. Nous commençons par la croisière et gardons la visite de la citadelle pour le lendemain matin. Les maisons colorées et la Collégiale Notre-Dame de Dinant avec son clocher bulbeux caractéristique égaient le paysage malgré l'absence du soleil. Le bateau nous emmène jusqu'à l'écluse d'Anseremme et le vieux pont Saint Jean sur la rivière Lesse. En chemin nous admirons les jolis bâtiments construits de chaque côté de la Meuse, avant d'atteindre le célèbre rocher Bayard, aiguille rocheuse séparée de la falaise par une route (à emprunter, c'est assez impressionnant). Sur les berges et sur l'île située juste avant l'écluse, des Ouettes d'Egypte et des Bernaches du Canada se prélassent, un Cormoran se repose sur un arbre mort, tandis que 80 m plus haut les automobilistes passent sur le viaduc autoroutier Charlemagne.

    Dinant

     

    Dinant

     

    Dinant

     

    Dinant

     

    Dinant

     

    Roche Bayard - Dinant

     

    Dinant

     

    Dinant

     

    Le lendemain matin, avant de nous rendre à la citadelle de Dinant, nous nous arrêtons au niveau des rochers de Freÿr (attention parking non signalé) pour admirer du haut de la falaise le Château de Freÿr et son jardin à la française, qui forment avec les rochers du même nom un site inscrit au Patrimoine majeur de Wallonie.

    Château de Freyr

     

    Château du Freyr

     

    Nous terminons notre séjour à Dinant par la visite de la citadelle qui domine la ville. Construite en 1815 par les Hollandais, elle a été précédée par un fort bâtit par Vauban, dont il ne reste rien (les français en partant l'on démantelé). Pour y accéder, on peut prendre le téléphérique, ou emprunter l'escalier de 408 marches (la fin est un peu vertigineuse mais offre une vue unique sur la ville). La visite guidée et l'exposition sur Dinant pendant la première guerre mondiale sont très instructives.

    Au retour petite halte à Chimay pour faire des provisions de bière, passage de la frontière à Maquenoise pour arriver directement dans le département de l'Aisne et la jolie région de Thiérache. Peu après Laon nous apercevons quelques cigognes en migration posées dans un champ. Elles feront l'objet d'un prochain article.

    Je vous souhaite à tous une bonne rentrée.


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