• Alpes du Sud

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    Les Vautours fauves (Gyps fulvus) ont été réintroduit dans les Baronnies provençales (sud-est du département de la Drôme) à partir de 1996. L'opération est un succès puisqu'on dénombre actuellement environ 150 couples de Vautours fauves dans ce secteur, une des populations les plus importantes des Alpes.

    Nous les avons découverts en 2011, en participant à une sortie organisée par l'association Vautours en Baronnies. Depuis nous retournons les observer à chaque fois que nous séjournons dans les Alpes du Sud. Le Rocher du Caire, qui surplombe le village de Rémuzat, est un des meilleurs site pour observer les vautours. Comme je l'ai déjà indiqué dans un précédent article : Mobilisez-vous pour le Vautour fauve !, pour s'y rendre il faut prendre la direction du village de Saint-May et traverser le plateau de Saint-Laurent en suivant les panneaux "Vautour" jusqu'au parking (où est installé un panneau explicatif sur les différentes espèces de Vautour vivant en France : Vautour fauve, Vautour moine, Vautour percnoptère et Gypaète barbu). A partir de là, continuer à pied jusqu'à la falaise. A faire plutôt le matin avant 9h en été, pour ne pas rater le départ des Vautours.

    Lors de notre visite de l'été dernier, nous avons été accueillis à l'entrée du site par un Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros) juvénile. Le site du Rocher du Caire convient très bien aux Vautours, qui nichent sur les corniches des falaises, mais aussi à de nombreux passereaux rupestres comme les Rougequeues noir ou les Martinets (noir ou à ventre blanc) qui nichaient dans les anfractuosités des rochers bien avant de coloniser les bâtiments de nos villes et de nos villages. Ces petits oiseaux n'ont rien à craindre des majestueux Vautours, ceux-ci se nourrissant exclusivement d’animaux déjà morts.

    Rémuzat - Rougequeue noir

     

    Ce matin là, les Vautours fauves ont mis un peu de temps à se lever, mais quand ces oiseaux de près de 2,80 m d'envergure passent à quelques mètres de nous c'est toujours un spectacle inoubliable. La proximité permet de distinguer facilement les adultes au plumage plus uniforme, et les immatures aux ailes traversées par une bande pâle et irrégulière. En contrebas, le village de Rémuzat et ses toits de tuiles.

    Rémuzat - Vautour fauve

     

    Rémuzat - Vautour fauve

     

    Rémuzat - Rougequeue noir

     

    Rémuzat - Vautour fauve

     

    Rémuzat - Rougequeue noir

     

    Rémuzat - Vautour fauve

     

    Rémuzat - Rougequeue noir

     

    Rémuzat - Vautour fauve

     

    Rémuzat - Vautour fauve

     

    Rémuzat - Vautour fauve

     

    Rémuzat - Vautour fauve

     

    La Drôme provençale se trouve à la limite nord de la zone méditerranéenne, une visite au Rocher du Caire peut aussi être l'occasion d'observer des passereaux typiquement méditerranéens, comme cette Fauvette pitchou (Sylvia undata) :

    Rémuzat - Fauvette pitchou

     

    Rémuzat - Fauvette pitchou

     

    Rémuzat - Fauvette pitchou

     

    Le Rocher du Caire, une visite à ne pas manquer si vous passez dans la région. Allez-y avec vos enfants s'ils sont en âge de comprendre les risques d'une promenade en bord de falaise, ils seront enchantés de voir de près de vrais Vautours sauvages.  

     


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    Située au nord-ouest du Parc National des Ecrins, la vallée du Valgaudemar est un de mes coins préférés dans les Hautes-Alpes. Nous avons fait 2 fois la ballade jusqu'aux Lacs de Pétarel, tout en montée à l'aller (1180 m de dénivelé, environ 5h30 pour l'aller-retour). Le départ se fait du hameau des Andrieux, situé environ 2 km avant la Chapelle en Valgaudemar, quand on suit la vallée en voiture. Pour la carte et les autres détails techniques on peut consulter le site du Parcs des Ecrins ici : http://rando.ecrins-parcnational.fr/fr/les-lacs-de-petarel-par-les-andrieux.

    Les photos de cet article ont été prises en fin juillet 2014. Cette année nous y sommes allés plus tard, et avons raté la floraison des rhododendrons ...

    On monte d'abord pendant un bon bout de temps dans la forêt de sapins. Les oiseaux se font entendre mais restent cachés dans les frondaisons. De temps à autre, au détour d'un virage, on croise d'énormes fourmilières constituées de débris végétaux, ici essentiellement des aiguilles de conifères. Certaines font plus de 3 mètres cubes et plus d'un mètre de haut. Difficile d'imaginer le nombre de fourmis qui vivent à l'intérieur !

    De temps à autre, des trouées dans la végétation nous permettent d'admirer le paysage au delà de la forêt. Lieu idéal pour une pause bien méritée dans cette longue ascension.

    Les Lacs de Pétarel - Valgaudemar

     

    Les Lacs de Pétarel - Valgaudemar

     

    Les randonneurs croisés sur le sentier nous avaient indiqué avoir observé des chamois, une fois sorti de la forêt. Mais nous ne pensions pas avoir cette chance là, comme d'habitude pas très matinaux nous montions alors que d'autres descendaient déjà. Alors ce fut une belle surprise d'apercevoir cette maman chamois suivie de son jeune, pendant que l'on pique-niquait au bord d'un des lacs de Pétarel.

    Les Lacs de Pétarel - Chamois

     

    Là haut, les paysages sont grandioses et se passent de commentaires. Le premier des 2 lacs de Pétarel est le plus grand et à mon avis le plus beau. Cette fois là on n'est même pas allé plus loin ... En redescendant, on laisse sur notre droite un mini lac qui lui n'a pas de nom.  

    Les Lacs de Pétarel - Valgaudemar

     

    Les Lacs de Pétarel - Valgaudemar

     

    Les Lacs de Pétarel - Valgaudemar

     

    Les Lacs de Pétarel - Valgaudemar

     

    La descente est bien plus facile que la montée (quoique mes genoux sur la fin n'étaient pas tout à fait de cet avis), il faut seulement être attentif aux glissades si le terrain est humide, en particulier aux niveaux des passages dans les pierriers sur la partie haute du parcours. La descente c'est aussi le moment propice pour photographier les rhododendrons ferrugineux qui recouvrent les pentes de leurs magnifiques fleurs roses (voir ici pour comprendre comment cet arbrisseau colonise les alpages au delà de la limite des arbres : http://www.ecrins-parcnational.fr/patrimoine/le-rhododendron-ferrugineux).

    Les Lacs de Pétarel - Rhododendrons

     

    Les Lacs de Pétarel - Rhododendrons

     

    Plus loin, alors que l'on commence à rentrer dans la forêt, c'est la plus belle surprise de la journée. Nous tombons nez à nez avec des chamois qui utilisent le sentier de randonnée pour descendre prendre leur goûter dans la forêt. Très peu farouches, on peut les observer à quelques mètres de distance, c'est tout juste s'il ne faut pas reculer pour qu'ils rentrent dans le cadre de l'appareil photo. Il faut préciser que dans le parc des Ecrins la chasse est totalement interdite ceci explique peut être que la distance de fuite des chamois diminue. Phénomène qu'on observe aussi dans les parcs nationaux aux Etats-Unis. Ne voulant pas les déranger, et trop contents de pouvoir les regarder de si près, nous attendons tranquillement qu'ils libèrent le terrain avant de continuer la descente.

    Les Lacs de Pétarel - Chamois

     

    Les Lacs de Pétarel - Chamois

     

    Les Lacs de Pétarel - Chamois

     

    Les Lacs de Pétarel - Chamois

     

    Les Lacs de Pétarel - Chamois

     

    Les Lacs de Pétarel - Chamois

     

    Les Lacs de Pétarel - Chamois

     

    Sur ces belles images, je vous souhaite un bon week-end et vous dis à bientôt pour d'autres découvertes. 


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    Glaise, petit hameau perché dans la montagne, au bout d'une route de 5 km dans les gorges, sur la commune de Veynes dans les Hautes-Alpes. Lors de nos différents séjours là-bas, nous avons pu y observer plusieurs familles de Pies-grièches écorcheur (Lanius collurio), espèce nicheuse régulière dans le hameau.

    Première rencontre en 2011, d'un mâle posé sur une clôture au bord de la route, en bas du hameau. Son plumage caractéristique permet d'identifier facilement l'espèce : masque noir, calotte gris clair, dos brun-roux et dessous clair. 

    Les Pies-grièches de Glaise

     

    C'est finalement une famille au complet qu'on observera plusieurs jours d'affilée dans ce secteur, très souvent posée sur les buissons épineux qui bordent les pâtures (genévriers, aubépines, rosiers sauvages ou domestiques ...). Le climat plutôt sec (on est ici à la limite de la Provence) et les pratiques agricoles du hameau (pâtures et foins pour les moutons) en font un paradis pour les insectes dont les pies-grièches sont friandes. Perchée sur un poteau de clôture ou un buisson, la Pie-grièche observe la prairie alentours, et dès qu'une sauterelle ou un criquet pointe le bout de son antenne, elle quitte son perchoir pour l'attraper. Si la proie est trop grosse elle sera empalée sur une aubépine ou un barbelé, pour constituer un garde-manger. Cette charmante habitude a donné son nom à la Pie-grièche écorcheur.

    Voici donc la petite famille observée en 2011. Pour commencer un mâle, posé sur un genévrier :

    Les Pies-grièches de Glaise

     

    Puis des juvéniles, déjà volants (on était fin juillet). Le juvénile a les mêmes couleurs que la femelle, que l'on verra plus bas, cependant son plumage est intégralement moucheté, y compris la calotte et le dos :

    Les Pies-grièches de Glaise

     

    Les Pies-grièches de Glaise

     

    Enfin quelques portraits de femelles, posées sur différentes sortes de perchoir. La femelle ressemble au juvénile, avec son ventre écaillé de couleur claire, mais les parties supérieures sont unies : la calotte est gris clair comme celle du mâle, alors que le masque et le dos sont brun clair plus terne que le brun-roux du mâle.

    Les Pies-grièches de Glaise

     

    Les Pies-grièches de Glaise

     

    Les Pies-grièches de Glaise

     

    Le hameau de Glaise héberge chaque été plusieurs familles de Pies-grièches écorcheur. En 2011 nous en observerons au moins deux. Le juvénile ci-dessous a été photographié dans une pâture plus éloignée de la route (de l'autre côté du ruisseau), bordée d'arbres et d'une zone de buissons épineux . Ce perchoir est souvent occupé par une autre espèce qui niche aussi dans ce secteur, le Rougequeue à front blanc. 

    Les Pies-grièches de Glaise

     

    Pour l'été 2012 je n'ai pas de belles photos à vous présenter, mais j'ai noté l'observation de 2 familles de Pie-grièches écorcheur minimum, dont une en haut du hameau, à côté de la ferme nommée "Les Garcins de Glaise".

    Nouvelles observations en 2014, ici un mâle, photographié près du parking situé au milieu du hameau. Ce parking est d'ailleurs joliment aménagé par la commune et les habitants du hameau  (plan des randonnées, fleurs, panneaux explicatifs sur les différentes espèces d'arbres plantés alentours ...).

    Les Pies-grièches de Glaise

    Pour cette année 2014, d'après mes notes et autres photos plus ou moins réussies, au moins deux familles nichaient dans le hameau, une d'entre elle au niveau de la chapelle et des Garcins de Glaise, la deuxième vers le milieu du hameau, ce qui m'a valu une mésaventure avec nos amies les abeilles : j'avais repéré un groupe de Pie-grièches juvéniles dans les prunelliers près des ruches, mais j'ai dû m'approcher de trop près (des ruches, pas des pies-grèches) et me suis fait poursuivre et piquer par un de ces sympathiques insectes. 

    Nous sommes retourné cet été à Glaise et avons revu avec plaisir nos Pies-grièches. Ce qui est bien avec cette espèce c'est qu'ils ont l'habitude de guetter les insectes sans bouger sur des perchoir bien en vue, et qu'une famille de Pie-grièches, ça fait quand même du bruit, surtout quand les jeunes ne sont pas encore complètement autonomes et harcèlent les parents pour avoir de la nourriture. La série ci-dessous a été prise dans la pâture juste au-dessus de la chapelle. Une petite heure hors du temps, immergée dans la vie de ces oiseaux attachants.
     

    Les Pies-grièches de Glaise

     

    Les Pies-grièches de Glaise

     

    Les Pies-grièches de Glaise

     

    Les Pies-grièches de Glaise

     

    Les Pies-grièches de Glaise

     

    Les Pies-grièches de Glaise

     

    Les Pies-grièches de Glaise

     

    Les Pies-grièches de Glaise

     

    Les Pies-grièches de Glaise

    Septembre est arrivé, bientôt ce sera le départ pour l'Afrique tropicale, le premier grand voyage pour les jeunes de l'année. Les Pie-grièches reviendront au beaux jours, vers le mois de mai.

    Espérons que le hameau de Glaise restera pour longtemps un havre de paix pour la Pie-grièche écorcheur, une espèce malheureusement en déclin, suite à la raréfaction des milieux favorables et à l'usage intensifs des insecticides dans les cultures.

    Profitez bien de cette rentrée pour observer les oiseaux migrateurs, l'occasion de voir des espèces inhabituelles près de chez vous et peut-être même dans votre jardin. Et pourquoi pas des Pie-grièches écorcheur ! 

     


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