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    A quelques kilomètres du célèbre château de Pierrefonds, dans l'Oise, au coeur de la forêt de Compiègne, se niche un charmant petit village nommé Saint-Jean-au-Bois. Nous sommes toujours à moins de 100 km de notre maison dans l'Aisne, à 6 km de Pierrefonds, 10 km de Compiègne, 42 km de Soissons et seulement 88 km de Paris.

    Nous y sommes allés un après-midi de début juillet, un des seuls jours où il a plu durant ces derniers mois. Du coup, avec le manque de lumière, les photos rendent moins bien qu'en réalité, j'espère qu'elles vous donneront quand même envie d'allez découvrir ce village.
     

    Saint-Jean-au-Bois

     

    Saint-Jean-au-Bois doit probablement son existence à l'établissement d'un monastère dès le Moyen Âge. Une partie des habitants travaillaient pour le compte des religieuses, à la ferme de l'abbaye dont il reste une porte classée monument historique. Les autres vivaient des ressources de la forêt (exploitation du bois etc.). A la Révolution, le village fut renommé La Solitude. Depuis cette période, les habitants de Saint-Jean-au-Bois sont désignés sous le nom de Solitaires.

    Saint-Jean-au-Bois

     

    Les maisons basses joliement fleuries font le charme du village, qui est fort bien entretenu. Café et restaurant, situés en dehors de l'enceinte de l'abbaye, permettent au visiteur de se restaurer avant d'entamer une balade dans la forêt.

    Saint-Jean-au-Bois

     

    Saint-Jean-au-Bois

     

    Saint-Jean-au-Bois

     

    Saint-Jean-au-Bois

     

    Saint-Jean-au-Bois

     

    Saint-Jean-au-Bois

     

    Au Moyen Âge, une muraille entourait entièrement l'abbaye. Une porte flanquée de deux tours subsiste encore de nos jours. Le pont de pierres qui y mène fut construit vers 1750 à l'emplacement de l'ancien pont levis.

    Saint-Jean-au-Bois

     

    Saint-Jean-au-Bois

     

    L'abbaye qui fit vivre le village durant plusieurs siècle fut fondée en 1152 par Adélaïde de Savoie, épouse du roi Louis VI le gros. Les abbesses bénédictines firent construire l'église gothique à l'architecture sobre et élancée que l'on peut toujours admirer aujourd'hui. En 1634, les bénédictines furent remplacé par les chanoines de Saint-Augustin, car la forêt n'était plus assez sûre pour les religieuses. Quelques années avant la Révolution, les moines ayant quitté les lieux, l'abbatiale devint église paroissiale, ce qui la sauva probablement de la destruction.

    Saint-Jean-au-Bois

     

    Saint-Jean-au-Bois

     

    A tous ceux qui passent dans ce coin de l'Oise, je recommande de coupler la visite de Saint-Jean-au-Bois avec celle de Pierrefonds (que je ne vous montre pas cette fois car je n'ai pas de bonnes photos), vous ne serez pas déçu. Le début de l'été avec la floraison des roses est certainement la meilleure période, quoique l'automne doit aussi être très bien, Saint-Jean-au-Bois étant au cœur de la forêt.


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    Le site de la Butte Chalmont, où se dresse les Fantômes de Landowski, est aussi, de part son classement à l'inventaire des Monuments Historiques, qui en interdit l'exploitation agricole, un refuge pour la biodiversité dans nos paysages de grandes cultures. Les pelouses qui montent jusqu'au monument sont le paradis des lapins de garenne. Da chaque côté des marches, des pins, et sur les côtés, des haies où l'on trouve ronces, genêts, rosiers sauvages, bryones, herbes folles etc. Ce milieu est très favorable à des oiseaux tel que le Bruant jaune, le Tarier pâtre, la Linotte mélodieuse... On y rencontre aussi des oiseaux communs plus généralistes comme le Pinson des arbres et les Mésanges bleues ou charbonnières.

    Je vais vous présenter ici un oiseau moins connu et plus difficile à identifier : l'Hypolaïs polyglotte (Hippolais polyglotta). Un matin de mai alors que j'étais allée faire des photos des Fantômes, un couple de ces passereaux jaunes ressemblant à des fauvettes aux couleurs de pouillot s'activait dans les buissons. N'ayant pas apporté mon téléobjectif, j'y suis retournée le lendemain, et comme je l'avais pensé ils étaient encore là. A mon avis le nid était caché dans les buissons épineux (ce qui est habituel chez cette espèce).
     

    Les Hypolaïs de la Butte Chalmont

     

    Les Hypolaïs de la Butte Chalmont

     

    Les Hypolaïs de la Butte Chalmont

     

    Les Hypolaïs nous arrivent d'Afrique vers le mois d'avril, et restent dans nos régions jusqu'en septembre. On les reconnaît à leur partie inférieure jaune qui les distingue des autres espèces de fauvettes. De couleur assez similaire aux Pouillots, elles sont plus grandes que ces derniers, plus élancées, et leur bec est plus long (elles bougent aussi un petit peu moins vite).

    Les Hypolaïs de la Butte Chalmont

     

    Les Hypolaïs de la Butte Chalmont

     

    Les Hypolaïs de la Butte Chalmont

    Dans la majeure partie du territoire français, on ne rencontre que l'Hypolaïs polyglotte (c'est également le cas en Espagne et en Italie), cependant dans le nord-est de la France, il faut être vigilant car il existe encore quelques populations d'une espèce très proche, l'Hypolaïs ictérine, bien que cette dernière soit en régression par rapport à la polyglotte. Les deux espèces se différencient par leur chant (ce n'est pas mon fort) et par quelques détails fort bien décrit dans la fiche oiseaux.net de l'Hypolaïs polyglotte. Ici vu la distance assez importante entre l'oiseau et l'objectif, c'est surtout la longueur de la projection primaire (longueur des ailes par rapport à la queue) qui m'a permit de trancher .

    Les Hypolaïs de la Butte Chalmont

     

    Les Hypolaïs de la Butte Chalmont

     

    Les Hypolaïs de la Butte Chalmont

     

    Les Hypolaïs de la Butte Chalmont

     

    Les Hypolaïs de la Butte Chalmont

     

    C'était une belle matinée en compagnie de ces oiseaux gais et turbulents que sont les Hypolaïs, dans un très beau site. Il faudrait que je sorte plus souvent le téléobjectif dans nos campagnes !


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    Le monument des Fantômes de Landowski, aussi connu sous le nom de Monument national de la seconde bataille de la Marne, se dresse sur la commune d’Oulchy-le-Château, dans le sud du département de l’Aisne, au bord du chemin communal reliant le village de Beugneux au hameau de Wallée. C'est en voisins que nous lui rendons régulièrement visite puisqu'il n'est qu'à 3 km de chez nous.

    Les Fantômes de Landowski

     

    Dès 1919, l’Etat français commande au sculpteur Paul Landowski un projet de monument qui devra commémorer la victoire de 1918 et surtout le prix payé par les centaines de milliers de soldats qui ont donnés leur vie dans ce combat. Le modèle en plâtre, dénommé dans un premier temps « Les Morts » est primé en 1924 mais le site d’implantation n’est pas encore choisi.

    Ce n’est qu’en 1928 que le financement est bouclé, et que la construction du monument des « Fantômes » peut commencer, sur le site de la Butte Chalmont dans l’Aisne (commune d’Oulchy-le-Château). C’est probablement le maréchal Foch qui a suggéré ce site, belvédère permettant d’observer sur des dizaines de kilomètres le champ de bataille de la 2de bataille de la Marne, qui s’est déroulée en juillet 1918 et a permis de mettre fin au conflit.

    Les Fantômes de Landowski

     

    Les 8 figures de granit rose de Bretagne, de 8 m de hauteur, sont ainsi décrites par Paul Landowski : « J’ai tout simplement aligné côte à côte, comme ils l’étaient dans leur vie de soldat, comme ils le sont maintenant dans les fosses où ils dorment, les morts. Ils se redressent. Autour de ces grands spectres, la terre s’entrouvre. Ils réapparaissent debout, un peu incertains, les yeux clos. C’est tout ».

    On reconnaît dans le groupe sculpté un soldat de chaque corps d’armée : le sapeur, le mitrailleur, le grenadier, le colonial, le fantassin, l’aviateur, la jeune recrue. Au-dessus d’eux surgit un jeune homme nu, symbole de l’espoir terrassé.

    Le monument est classé au titre des monuments historique dès 1934, avant même son inauguration en 1935 par le Président de la République Albert Lebrun.

    Les Fantômes de Landowski

     

    Les Fantômes de Landowski

     

    Dans son discours d’inauguration, le Président Lebrun insista déjà sur l’ensemble que formait le monument et le paysage : « Que ce monument dû au ciseau puissant et à l’imagination compréhensive d’un grand artiste, le maître Landowski, fixe à jamais ce moment de notre histoire où s’opéra le redressement du pays ! Que, sur le bord de ce chemin champêtre qui va de Beugneux à Wallée, la France, armée de son seul bouclier, monte une garde apaisée et calme, tandis que là-haut, sur le sommet de la colline d’où la vue n’embrase plus en un large horizon que des champs fertiles et des hameaux tranquilles, les fantômes de nos enfants se dressent hors de leur tombeau, alignés comme pour une suprême revue, et qu’ils cherchent intensément de leurs yeux qui ne voient plus les promesses de l’avenir de bonheur pour lequel ils se sont immolés ! »

    Les Fantômes de Landowski

     

    Dès la conception du monument, Paul Landowski avait souligné, comme on peut le lire dans cet extrait de son journal, que les paysages environnants, qui portent la mémoire des soldats tombés au front, faisaient partie intégrante du monument : « J’ai trouvé la définitive présentation des Fantômes […] défoncer la colline, l’ouvrir comme une tranchée dont jailliraient les morts dressés […] des Fantômes à la route, des paliers, autant que les années de guerre. Et au bord de la route, marchant dans la plaine, une grande figure de La France en marche. Le paysage et la sculpture intimement mêlées, la vraie architecture du monument étant le paysage. »

    Les Fantômes de Landowski

     

    De même le Général de Gaulle, qui choisit ce lieu pour commémorer le 50e anniversaire de la victoire de 1918, y prononça les mots suivants : « Le panorama que l’on découvre du sommet de la Butte Chalmont est un panorama sacralisé par le sang et la sueur des milliers de combattants qui sont tombés sur la rive nord de l’Ourcq. Cet effort suprême des Alliés a fait perdre aux Allemands le verrou sud de Soissons et a rendu impossible pour eux de garder une tête de pont au sud de la Vesle. »
     

    Les Fantômes de Landowski

     

    Les Fantômes de Landowski

     

    Les Fantômes de Landowski

     

    Si vous passez dans l'Aisne, ne manquez pas de rendre visite à nos fantômes, le site est émouvant en toute saison. Et comme il n'est pas question de se rendre au Brésil en ce moment, à défaut du Christ du Corcovado qui domine Rio de Janeiro, vous aurez le loisir d'admirer une oeuvre majeure de Paul Landowski sans quitter notre territoire.

    Je termine cet article (fortement inspiré de celui que j'ai écrit pour Sites & Monuments en 2019) en remerciant tous ceux qui sont passé sur ce blog depuis 6 ans. En effet, aujourd'hui est un jour un peu spécial puisque le Pigeon Migrateur a atteint les 100 000 visiteurs !


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    La Cave aux Coquillages est un site unique en son genre, situé à Fleury-la-Rivière dans la Marne, à 50 km de chez nous dans l'Aisne, à 11 km d’Épernay et à 30 km de Reims. Ici les caves font partie du quotidien, nous sommes au cœur de l'appellation Champagne, cependant celle que je vous propose de visiter aujourd'hui ne contient pas que des bouteilles du plus célèbre des vins effervescents.

    L'histoire du site commence il y a 45 millions d'années. La Champagne est alors occupée par une mer peu profonde, sous un climat tropical. De nombreux invertébrés y vivent, dont les plus spectaculaires sont des escargots géants, mesurant plus de 40 cm de long, nommés Campaniles giganteum. Ce sont probablement les gastéropodes les plus gros ayant jamais existé. A Fleury-la-Rivière, les spécimens sont extrêmement nombreux et remarquablement bien conservés.

    La visite guidée commence par quelques explications sur les différentes périodes géologiques, et la faune correspondante, puis on parcourt des galeries présentant les Campaniles giganteum dans leur couche géologique d'origine.

    La cave aux coquillages

     

    La cave aux coquillages

     

    La cave aux coquillages

     

    La cave aux coquillages

     

    La cave aux coquillages a été créée par un passionné de paléontologie, qui est par ailleurs aussi producteur de Champagne (maison Legrand-Latour). La seconde partie du parcours nous emmène dans les galeries où est conservé le vin. On y rencontre aussi quelques gastéropodes.

    La cave aux coquillages

     

    La cave aux coquillages

     

    La cave aux coquillages

     

    La Cave aux coquillages attire également les scientifiques, qui viennent y faire des recherches sur la faune de cette période que l'on appelle le Lutétien. Une faune extrêmement riche, renfermant bien plus d'espèces de coquillages que ce que l'ont peut trouver sur nos plages actuellement. En temps normal, en plus de la visite guidée, on peut aussi s'inscrire à des ateliers de fouille ou d'étude du sable extrait de la carrière - le nombre de micro-coquillages, de mini-oursins et autres fossiles que l'on peut y trouver est tout simplement incroyable. Actuellement, en raison de la situation sanitaire, seule la visite guidée est possible, en réservant impérativement à l'avance par téléphone.

    La cave aux coquillages

     

    La cave aux coquillages

     

    La Cave aux Coquillages se situe au centre du village de Fleury-la-Rivière, dans une propriété viticole qui fait aussi chambres d'hôtes. La visite se termine par une dégustation du champagne de la propriété.

    La cave aux coquillages

     

    La cave aux coquillages

     

    La cave aux coquillages

     

    En regagnant notre véhicule, je photographie quelques bâtisses typiques de la région. Le village est construit à flan de coteaux, il offre de beau panorama sur les vignes et la vallée de la Marne. 

    La cave aux coquillages

     

    La cave aux coquillages

     

    On pourra profiter de la visite pour aller jusqu'au village de Hautvillers, situé à quelques kilomètres de là. Hautvillers a gagné en notoriété depuis l'inscription des Coteaux, Maisons et Caves de Champagne au patrimoine mondial de l’UNESCO. Hautvillers est considéré comme étant le berceau du champagne. C'est ici, dans l'abbaye bénédictine Saint-Pierre, fondée en 650 par Saint Nivart (tiens donc, ce nom me dit quelque chose), évêque de Reims, que vécu Dom Pérignon, qui dit-on inventa le vin de champagne.

    La cave aux coquillages

     

    La cave aux coquillages

     

    Cette région de la Marne, située dans le Parc Naturel Régional de la Montagne de Reims, recèle bien d'autres lieux intéressants à visiter, comme les Faux de Verzy que je vous ai déjà présentés sur ce blog. 


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    En quittant Noyon, ce dimanche de mai post-confinement, un panneau indiquant l'abbaye d'Ourscamp, classée monument historique, nous a amené à faire un petit détour. L'abbaye Notre-Dame d'Ourscamp est située dans le département de l'Oise, à 7 km au sud de Noyon, 25 km au nord-est de Compiègne et 39 km au nord-ouest de Soissons. 

    Cette abbaye cistercienne fondée au XIIe siècle est aujourd'hui occupée par la congrégation des Serviteurs de Jésus et de Marie. Il est possible de visiter le parc, les ruines de l'ancienne église abbatiale et de se recueillir dans l'actuelle chapelle, qui était autrefois une infirmerie. Les visites ont lieu 9h à 12h et de 14h à 18h, tous les jours sauf le lundi.

    En arrivant, on se trouve face aux bâtiments conventuels, remanié dans le style classique au début du XVIIIe siècle. Les Hirondelles de fenêtres nichent ici en nombre, dans la quiétude.

    L'abbaye d'Ourscamp

     

    L'abbaye d'Ourscamp

     

    A l'arrière se trouve les ruines de l'église abbatiale, une pure merveille d'architecture gothique, édifiée au XIIe et XIIIe siècle. A la Révolution, les derniers moines cisterciens quittèrent l'abbaye, celle-ci devint propriété de l'Etat pour être vendue comme bien national (et finir en carrière de pierres comme beaucoup d'autres bâtiments) mais elle ne trouva pas acquéreur et servit d'hôpital militaire pendant quelques années. La légende raconte que rachetée par un ancien surintendant des finances, ce dernier accéléra la transformation de la nef de l'église en ruine romantique... L'abbaye servit ensuite de filature de coton, subit des dommages important pendant la première guerre mondiale, avant de retrouver sa vocation religieuse en 1940 grâce à un mécène.

    Si vous passez dans la région, je vous conseille vraiment la visite de ce lieu paisible et ressourçant, ce fut pour nous une belle découverte guidée par le hasard.

    L'abbaye d'Ourscamp

     

    L'abbaye d'Ourscamp

     

    L'abbaye d'Ourscamp

     

    L'abbaye d'Ourscamp

     

    L'abbaye d'Ourscamp

     

    L'abbaye d'Ourscamp

     

    Pour le retour, vu que nous étions descendue vers le sud par rapport à notre itinéraire initial Noyon-Soissons, nous sommes passé par Vic-sur-Aisne. Nous voici donc arrivé dans notre département de l'Aisne, avec là encore une belle surprise au centre ville, le château de Vic-sur-Aisne, dont je ne connaissais pas l'existence. L’agglomération de Vic-sur-Aisne se trouve sur l'axe routier Soissons-Compiègne, mais en général on ne traverse pas le bourg, car la route nationale longe la rivière et la zone agro-industrielle (où l'on trouve en particulier les établissements Vico et leur célèbre chips...).

    Vic-sur-Aisne

     

    Vic-sur-Aisne

     

    Vic-sur-Aisne

    Dans le prochain épisode de cette série "à moins de 100 km de chez nous", je vous emmènerai dans le département de la Marne pour la visite d'un site assez insolite.


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