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    Voir des Ours est un rêve pour la plupart des visiteurs des Parcs Nationaux de l'Ouest américain. Rêve qui ne se concrétise pas toujours car la plupart des Ours sont farouches et craignent la rencontre avec les humains. Et c'est tant mieux, parce qu'un Grizzli qui ne craint plus l'homme est un danger pour les visiteurs et le personnel des parcs, mais aussi pour lui même.

    C'est donc sans attente particulière que ce matin là nous prenons la route vers Many Glacier au cœur du Parc National de Glacier. J'avais lu quelque part que souvent des Ours y étaient aperçus, se régalant de baies le long de la route, alors peut-être avec de la chance pourrait-on en voir un ? Alors bien sûr, lorsque nous tombons sur une voiture de rangers garée sur le bord de la route, entourée de touristes avec longue-vues et téléobjectifs, nous nous arrêtons sans hésitation. Les Ours sont là, une maman Grizzli (Ursus arctos) et ses deux oursons, à une bonne centaine de mètres de la route, se délectant de baies. Un spectacle incroyable (les photos le sont un peu moins, distance et contre-jour n'étaient pas en notre faveur), dont nous avons pu profiter en toute sécurité grâce à la présence des rangers et au respect de la distance préconisée (90 m) par tous les spectateurs.

    Les trois Ours

     

    Le Grizzli est considéré comme une sous espèce de l'Ours brun, il appartient à la même espèce que les Ours que l'on trouve dans nos Pyrénées. Aux Etats-Unis, deux espèces d'Ours coexistent : l'Ours noir, plus petit, qui vit dans de nombreuses régions du Canada jusqu'au Mexique en passant par la Louisiane et même la côte Alantique des USA, et le Grizzli, plus rare, que l'on ne trouve qu'en Alaska, dans l'ouest du Canada et le nord-ouest des Etats-Unis. Le Parc National de Glacier est l'endroit où l'on trouve le plus de Grizzli aux Etats-Unis hors Alaska. L'Ourse que nous avons observée était équipée d'un collier muni d'un GPS, dans le cadre d'une étude menée pour comprendre la dynamique de la population de Grizzli dans le parc.

    Les trois Ours

     

    Les oursons si mignons ne doivent pas faire oublier que le Grizzli est un animal puissant et imprévisible : le mâle adulte peut peser jusqu'à 200 kg, et mesurer plus de 3 mètres lorsqu'il se dresse sur ses pattes arrières. Il est armé de griffes puissantes et peut courir à une vitesse de 60 km/h. Autant dire que si on énerve un Ours on a peu de chance de s'en sortir. C'est pourquoi des mesures de sécurité s'imposent à tous les visiteurs des parcs nationaux fréquentés par les Ours, pour qu'on puisse continuer à les observer en les laissant vivre en paix : respecter une distance de 90 m entre les humains et les animaux, transporter et stocker la nourriture et les déchets dans des contenants appropriés, se déplacer en groupe en faisant du bruit surtout lorsque la visibilité est réduite (je sais, ce n'est pas tellement compatible avec l'observation des oiseaux par exemple), ne jamais s'intercaler entre une Ourse et ses petits, ne pas couper la route à un Ours, et se munir d'un répulsif anti-Ours (sorte d'aérosol au poivre) à n'utiliser qu'en cas d'attaque.

    Les trois Ours

     

    Les trois Ours

     

    Les trois Ours

     

    Les trois Ours

     

    La famille Ours a fini par s'en aller plus bas dans la vallée. Tous le monde a rangé jumelles et appareils photos, remercié les rangers et repris sa voiture en direction de Many Glacier, d'où nous ferons une petite randonnée à la découverte d'autres facettes du parc.


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    J'ai emprunté le titre de cet article à la célèbre chanson de Bruce Springsteen "Born in the USA", tout un symbole pour vous présenter l'oiseau national des Etats-Unis depuis 1782, le Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus). Ce rapace majestueux, improprement appelé Aigle à tête blanche, ne fit pas l'unanimité au début de l'histoire de l'Union : le savant Benjamin Franklin critiqua ce choix et lui aurait préféré le Dindon sauvage, qui représentait mieux selon lui les Américains : vaniteux et un peu ridicule (ça aurait cadré avec le président actuel), mais courageux et respectable, alors que le Pygargue était considéré comme un oiseau paresseux et de mauvaise moralité, car il dérobait ses prises au Balbuzard sans se fatiguer à pêcher ...

    C'est certainement cette paresse qui conduit les couples de Pygargues à tête blanche à construire les nids les plus volumineux de toute l'Amérique du Nord, 4 mètres de haut pour 2,5 mètres de large et un poids de près d'une tonne. Un nid que nous avons pu voir au bord d'une voie rapide au sud du Montana, sans pouvoir le photographier. Le Pygargue est en fin de compte plus rare et plus timide que le Balbuzard pêcheur, c'est seulement ici sur la Going-to-the-Sun road que nous aurons l'opportunité de le photographier, même si son aire de répartition couvre toute l'Amérique du Nord. Aperçu de loin depuis la route, nous avons pris un chemin de terre menant à un parking enherbé, et avons pu l’approcher d'un peu plus près.

    Born in the USA

     

    Born in the USA

     

    Plus loin, cette fois au bord de la route, une troupe de Jaseurs d'Amérique (Bombycilla cedrorum) nous invite à une nouvelle halte. Ces oiseaux bruyants et très amusants nous consolent de ne jamais avoir encore croisé leur cousin le Jaseur boréal qui descend jusqu'à chez nous certains hivers.

    Born in the USA

     

    Born in the USA

     

    Born in the USA

     

    Born in the USA

     

    Born in the USA

     

    Nous faisons une dernière pause au village de Saint Mary pour photographier 2 oiseaux communs. Le premier est un Goéland à bec cerclé (Larus delawarensis), proche de notre Goéland cendré. Ce petit goéland est commun en Amérique du Nord : il niche au Canada et au nord des Etats-Unis, et passe l'hiver plus au sud, jusqu'au Mexique et aux Antilles. On le trouve autant à l'intérieur des terres qu'en bord de mer. Comme beaucoup de mouettes et goéland, son régime alimentaire est très éclectique. De ce fait il s'adapte bien aux milieux occupés par l'homme, où il profite des déchets divers laissés par nos activités.

    Born in the USA

     

    Born in the USA

     

    Le deuxième oiseau est une Pie d'Amérique (Pica hudsonia), très semblable à notre Pie bavarde, dont elle est parfois considérée comme une sous-espèce. On trouve la Pie d'Amérique des îles Aléoutiennes au centre des Etats-Unis. En Californie elle est remplacée par la beaucoup plus rare Pie à bec jaune.

    Born in the USA

     

    Je vous donne rendez-vous prochainement pour la suite de nos découvertes au Parc National de Glacier, un peu plus au nord... Faites attention à vous, courage pour la suite du confinement.


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    Voici donc la famille canard que nous avons pu observer sur le lac Mac Donald dans le Parc National de Glacier au nord-ouest du Montana. Il s'agit de Harles bièvres (Mergus merganser), un palmipède que l'on voit peu par chez nous, sauf au Lac Léman où l'espèce niche, et lors des hivers très froids. Le Harle bièvre est un gros canard qui vit dans les régions septentrionales de l'hémisphère nord. Dans le Montana, il est sédentaire. Ce canard au bec mince et crochu à l'extrémité est spécialisé dans la pêche de petits poissons, ne dépassant pas les 10 cm de long en général. Il apprécie les plans d'eau clairs et les cours d'eau calmes. Lorsqu'ils sont petits, les canetons se nourrissent surtout de larves aquatiques, pour passer aux poissons dès qu'ils sont assez grands. C'est probablement le cas de ceux que nous avons vus, 5 beaux bébés déjà un peu emplumés accompagnés de leur maman. Chez le Harle bièvre, c'est la femelle qui s'occupe seule de la couvaison (dans une cavité d'arbre) et de la surveillance des jeunes, qui restent auprès d'elle souvent jusque tard en automne.

     

    En famille sur le lac Mac Donald

     

    En famille sur le lac Mac Donald

     

    En famille sur le lac Mac Donald

     

    En famille sur le lac Mac Donald

     

    En famille sur le lac Mac Donald

     

    En famille sur le lac Mac Donald

      

    En famille sur le lac Mac Donald

     

    Dans le prochain épisode, je vous présenterai quelques autres oiseaux rencontrés sur le chemin du retour, le long de la Going-to-the-Sun road.


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    La région du Parc National de Glacier connut un développement assez tardif dans l'histoire des Etats-Unis. De nos jours, il reste éloigné des grandes métropoles et des principaux axes de communication. Située dans les Montagnes Rocheuses, au confins du Canada, la région de ne fut explorée qu'au début du XIXe siècle par l'expédition de Lewis et Clark. Elle était pourtant habitée par les Amérindiens depuis des milliers d'années. Encore aujourd'hui, le Parc National de Glacier est entourée de réserves indiennes, à l'est vers les Grandes Plaines on trouve la réserve des Blackfeet et au sud-ouest celle des Flathead. Les premiers explorateurs d'origine européenne vantèrent rapidement la beauté de ce massif montagneux (mais visiblement n'y trouvèrent pas grand-chose à exploiter... ou alors le climat était trop rude). Cela leur rappelait les Alpes Suisses, c'est alors que l'idée de développement touristique apparu. Le XIXe siècle était aussi celui de l'essor du Chemin de Fer. Le Great Northern Railway devait relier les villes de Saint-Paul et Minneapolis dans le Minnesota à Seattle sur la côte pacifique. La construction se fit progressivement, la compagnie incita financièrement des fermiers à s'installer dans les Grandes Plaines le long des voies, en leur offrant des semences. Les rails franchirent la ligne de partage des eaux (entre l'Atlantique et le Pacifique) au col de Marias, juste au sud de l'actuel Parc National, en 1891. C'est la compagnie de Chemin de Fer qui fit construire chalets et hôtels dans ce qui devint le Parc National de Glacier, afin d'y attirer les premiers touristes. Il est d'ailleurs toujours possible, l'été, de s'y rendre en train. Le décret créant le Parc National de Glacier fut signé en 1910.

    L'avènement de l'automobile signa une nouvelle étape dans le développement du tourisme à Glacier, avec la construction de la mythique Going-to-the-Sun Road, la seule route qui traverse le cœur du parc, d'ouest en est. Inaugurée en 1932, elle n'est ouverte que de mi-juin à fin septembre, en fonction des conditions météorologiques. Nous l'avons parcourue dans les 2 sens, ce que je conseille fortement car les points de vue sont totalement différents.

    En venant de East Glacier, on longe d'abord le Saint Mary Lake. De nombreux points de vue s'offre au visiteur, le plus beau d'entre tous est probablement le Wild Goose Island Viewpoint. Ce matin là, un Pygargue à tête blanche se reposait au sommet de l'arbre le plus haut de ce célèbre îlot. Un peu loin pour le prendre en photo - c'est le point noir au sommet de l'arbre. Nous reverrons plus tard dans la journée l'emblème des Etats-Unis...

    Going-to-the-Sun Road

     

    Going-to-the-Sun Road

     

    Going-to-the-Sun Road

     

    Puis la route monte en lacet sur de nombreux kilomètres, dans des paysages époustouflants, pour finir par franchir le Continental Divide au niveau du col de Logan.

    Going-to-the-Sun Road

     

    Une fois redescendu dans la vallée occidentale du parcours, on longe pendant un moment la Mac Donald River qui s'écoule tranquillement entre les galets colorées. On fait de nombreux arrêts, pour tenter d’apercevoir un Ours, un Cincle d'Amérique... Mais c'est à nouveau un Chevalier grivelé (Actitis macularius) que l'on finira par prendre en photo. Cette fois-ci il est en plumage internuptial, et se fond à merveille dans les galets. Il fallait avoir l’œil !

    Going-to-the-Sun Road

     

    Going-to-the-Sun Road

     

    La pause café au bord du lac Mac Donald nous permet de croiser un Spermophile de Columbia (Urocitellus columbianus), toujours aussi craquant. Nous y verrons aussi une famille de canards, que je réserve pour le prochain article.

    Going-to-the-Sun Road

     

    Le lac Mac Donald est alimenté par la rivière du même nom. Juste avant de se jeter dans le lac, des rapides et des cascades font le bonheur d'une autre espèce de canard, l'Arlequin plongeur (Histrionicus histrionicus). Après un petit parcours à pied dans la forêt (en faisant attention aux Ours) nous atteignons les berges et avons la chance d'observer ce canard à la technique de pêche si particulière : il plonge dans le courant, les ailes ouvertes, pour y capturer toute sorte d'invertébrés aquatiques. Comme lors de ma première rencontre avec l'espèce en Islande, nous verrons pas de mâle en plumage nuptial, ce sera pour une autre fois (ou pas, ça dépend quand on pourra ressortir).

    Going-to-the-Sun Road

     

    Going-to-the-Sun Road

     

    Going-to-the-Sun Road

     

    Going-to-the-Sun Road

     

    Going-to-the-Sun Road

     

    Going-to-the-Sun Road

     

    Going-to-the-Sun Road

     

    On se retrouve bientôt pour la suite, au bord du lac Mac Donald, avec une famille de canards qui eux non plus ne viennent pas au pain. Je vous laisse deviner l'espèce.

    Bon courage à tous pour le deuxième mois de confinement, et merci infiniment à ceux qui travaillent pour nous soigner, nous approvisionner, enseigner à distance à nos enfants et assurer tous les services essentiels. 


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    Le Bruant à Couronne blanche (Zonotrichia leucophrys) est un oiseau commun dans l'ouest de l'Amérique du Nord. L'adulte est facile à identifier, d'autant qu'il chante souvent bien en vue au sommet des buissons : le dessous gris clair et les ailes brun strié sont assez classiques, par contre les motifs de la tête sont caractéristiques : la calotte blanche est traversée de deux larges bandes noires qui se rejoignent au niveau du front. Une bande noire plus fine part de l'arrière de l’œil vers la nuque. Le bec varie du jaune vif au rose suivant la sous-espèce.

    Nous avons rencontré cet oiseau au moins quatre fois durant notre périple en juillet 2018, et avons pu faire la connaissance de 3 sous-espèces sur les 5 que compte l'espèce (les 2 autres passent l'été plus au nord, au Canada).

    La première rencontre eu lieu à Little River, dans le nord de la Californie (du côté de Mendocino). Ici il s'agit de la sous-espèce Z. l. nuttalli dont les principales caractéristiques sont les ailes courtes, le bec fort, de couleur jaune avec l'extrémité noire, et surtout le fait que le plumage adulte n'est pas toujours acquis lors du premier été : c'est ainsi que nous avons pu photographier des individus à la calotte striée de brun, qui chantait à tue-tête au sommet des buissons. L'un d'eux visiblement avait des problèmes de coupe de cheveux, pourtant on n'était pas encore en confinement (clin d’œil à la situation actuelle). Tous les âges étaient représentés : les adultes matures, les ados attardés qui faisaient comme les grands, et les jeunes de l'année, au ventre encore moucheté.

    Le Bruant à couronne blanche

     

    Le Bruant à couronne blanche

     

    Le Bruant à couronne blanche

     

    Le Bruant à couronne blanche

     

    Le Bruant à couronne blanche

     

    Le Bruant à couronne blanche

     

    Le Bruant à couronne blanche

     

    Nous avons probablement rencontrés la sous-espèce Z. l. pugetensis par deux fois dans l'état de Washington. La première fois, dans le Parc National de Mont Rainier, sur le site de Paradise, où un adulte chantait au sommet d'un conifère. Cette sous-espèce est proche de la précédente : même couleur de bec, aile un peu plus longue ...

    Le Bruant à couronne blanche

     

    Le Bruant à couronne blanche

     

    La deuxième rencontre avec Z. l. pugetensis, c'était dans un endroit un peu plus urbanisé, sur le parking d'un hôtel près de l'aéroport de Seattle-Tacoma, on nous devions déposer notre fille qui repartait en France. Près du parking, un terrain vague avec des sortes d'aubépine fournissait des baies qui complétaient utilement les miettes laissées par les clients de l'hôtel et fournissaient les vitamines aux petits comme au grands en tachant de rose les becs jaunes.

    Le Bruant à couronne blanche

     

    Le Bruant à couronne blanche

     

    Le Bruant à couronne blanche

     

    Le Bruant à couronne blanche

     

    Le Bruant à couronne blanche

     

    Enfin, c'est près de notre hôtel à East Glacier, dans le Montana, que nous avons rencontré la dernière sous-espèce,  Z. l. oriantha, qui elle a le bec rose ce qui lui donne un air un peu différent. Tous nous ont enchanté par leur chant et la proximité avec laquelle on pouvait les observer. 

    Le Bruant à couronne blanche

     

    Le Bruant à couronne blanche

     

    Le Bruant à couronne blanche

     

    Le Bruant à couronne blanche

     

    Dans les prochains articles, nous continuerons l'exploration du Parc National de Glacier. Nous avons le temps avant le prochain voyage "pour de vrai", je viens de lire que notre Président évoque la fermeture des frontières de l'espace Schengen jusqu'en septembre...


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