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    Les Flamants roses (Phoenicopterus roseus) ont un régime alimentaire très particulier : ils se nourrissent d'invertébrés (majoritairement des crustacés) vivant dans la vase des eaux saumâtres. Les graines, plantes aquatiques et débris végétaux présents dans l'eau sont également consommés. Les 6 espèces de flamants, qui constituent la famille des Phoenicoptéridés, possèdent un bec à la forme unique chez les oiseaux, qui leur permet de filtrer l'eau et la vase pour capturer les minuscules proies qui constituent leur menu. La technique est au point mais prend beaucoup de temps : les flamants passent la majeure partie de la journée à se nourrir.

    Les Flamants roses passent à table

     

    Les pigments des minuscules crevettes ingérées en grande quantité par les flamants leur donnent cette magnifique robe de couleur rose,  qu'ils n'hésitent pas à salir pour accéder à la nourriture.

    Les Flamants roses passent à table

     

    Les Flamants roses passent à table

     

    Pour filtrer l'eau, le bec du flamant, dont l'intérieur est garni de sorte de peignes, est tenu à l'envers, la pointe vers l'arrière.  Le flamant aspire l'eau et la vase, puis la rejette ne gardant que les crustacés retenus par les peignes. Le principe se rapproche des fanons des Baleines.

    Les Flamants roses à table

     

    Les Flamants roses à table

     

    Les Flamants roses à table

     

    Les Flamants roses à table

     

    Les Flamants roses à table

     

    Les Flamants roses à table

     

    Toutes les photos de cet article ont été prises au Parc Ornithologique du Pont de Gau, à la mi-janvier de cette année. 


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    Aller faire un tour à Brest (au bout du monde, ou plutôt au terminus du TGV atlantique) en plein mois de février pour fuir la grisaille, quelle idée saugrenue me direz-vous ? En plus, Brest, c'est moche, la ville a entièrement été détruite en 1944 par les bombardements alliés et reconstruite dans les années 1950.

    Je vais essayer ici de vous faire changer d'avis. Brest, c'est d'abord un port, construit sur la rade du même nom à l'embouchure de la Penfeld, un fleuve côtier ne mesurant que 16 km. Le château médiéval de Brest, qui a survécu aux destructions de la 2nde guerre mondiale, domine l'embouchure de la Penfeld. Propriété de la Marine Nationale, il abrite aujourd'hui les collections du musée national de la Marine. 

    Brest - le Château

     

    Le pont de Recouvrance permet de traverser la Penfeld. C'est un pont levant, inauguré en 1954 et rénové en 2011. En amont du pont, depuis 2016, un téléphérique urbain  assure théoriquement le même service que le pont pour les piétons, mais suite à de nombreux problèmes techniques il est malheureusement devenu le sujet de blagues préféré des Brestois.

    Brest - le pont de Recouvrance

     

    Sur la rive opposée de la Penfeld, c'est le quartier de Recouvrance, historiquement peuplé de marins et d'ouvriers. Malgré les destructions et reconstructions, Recouvrance a gardé quelques bâtiments du passé et un aspect plus proche du vieux Brest que la rive droite de la Penfeld. Faisant face au château situé sur l'autre rive, la Tour Tanguy, une tour médiévale datant du XIVème siècle, marque l'entrée du quartier.

    Brest - la Tour Tanguy

     

    Brest - la Tour Tanguy

     

    En février les ajoncs sont déjà en fleurs. Ci-dessous le château et le port, vus du Jardin des Explorateurs. De ce côté de Brest, la côte est entièrement occupée par des bâtiments militaires, le promeneur ne peut pas accéder directement à la mer.

    Brest - le Château et le port

     

    Au détour des rues en pente, on tombe sur de veilles bâtisses comme la maison de la Fontaine, datant de la fin du XVIIe ou du début du XVIII siècle. 

    Brest - Recouvrance

     

    L'Église Saint-Sauveur de Recouvrance est aujourd'hui l'église la plus ancienne de Brest. Ci-dessous, elle apparaît entre les immeubles depuis le jardin des Explorateurs. Ne vous étonnez pas d'y voir un palmier, il ne gèle pratiquement jamais à Brest.

    Brest - Recouvrance

     

    Les eaux bleues turquoises de la Rade et ses rives escarpées n'ont rien à envier aux calanques de Marseille et de Cassis (c'est une Bretonne qui écrit, on n'est pas obligé d'être objectif non plus).

    Brest - la Rade

     

    Brest - la Rade

     

    Brest - la Rade

     

    Le Phare du Portzic, construit en 1848,  surveille l'entrée de la Rade au niveau du goulet de Brest, un bras de mer de seulement 1,5 km de large, qui relie la Rade à l'Océan Atlantique.

    Brest - Phare

     

    Nous voici maintenant dans le quartier de l'Université, où l'on a la surprise de trouver plusieurs des rues dont les maisons sont peintes de couleurs vives ou pastels. Contrairement à l'Irlande, dans ce quartier de Brest cette tradition est très récente puisqu'elle date de 1991. Au début, quelques habitants de la rue Félix-le-Dantec ont fait preuve d'originalité en repeignant leur maison, et depuis la pratique s'est répandue dans les rues adjacentes. Information trouvée ici : La rue Félix-Le Dantec, un éloge à la couleur (Ouest France)

    Brest - Maisons colorées

     

    Brest - Maisons colorées

     

    Brest - Maisons colorées

     

    Brest - Maisons colorées

    Si vous passez par Brest, ne manquez pas non plus la visite d'Océanopolis, aquarium et musée qui présente dans ses 3 pavillons (Tropical, Polaire et Bretagne) les merveilles de la vie sous-marine, le tout avec une approche scientifique (Brest est une ville à la pointe de la recherche dans ce domaine).

    Peut-être vous êtes vous demandé, et à Brest, il n'y a pas d'oiseaux ? Bien sûr que si, même si je n'étais pas là pour ça. Les cris des mouettes et des goélands forment dans bien des quartiers un fond sonore qui ne s'arrête qu'à la tombée de la nuit. A noter en bord de mer, une Bergeronnette de Yarell au dos bien noir (sous-espèce britannique de la Bergeronnette grise). Et sur une pelouse, un Goéland argenté qui piétinait le sol pour en faire sortir les vers de terre.


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    Au Parc Ornithologique du Pont de Gau, il n'y a pas que des Flamants roses. On peut aussi y observer très facilement plusieurs espèces de Hérons, qui trouvent ici des espaces spécialement aménagés pour faciliter leur nidification.

    Comme pour les flamants, le mois de janvier est le début de la période de reproduction pour les hérons. Les Aigrettes garzettes (Egretta garzetta) ont revêtu leur plumage nuptial qu'elles utilisent pour impressionner leur futur(e) partenaire mais aussi les voisins trop entreprenants. Chacun son nid après tout, même si on niche en colonie les uns sur les autres !

    Aigrette garzette - Pont de Gau

     

    Aigrette garzette - Pont de Gau

     

    Plus discret, un Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax) se repose sur les buissons à l'entrée des sentiers. C'est la première fois que j'observe ce héron plutôt nocturne en France. Aux Etats-Unis par contre j'ai eu l'occasion de l'observer même en ville : à Denver (Colorado) il niche en colonie mixte au City Park, en compagnie d'Aigrettes neigeuses et de Cormorans à aigrette, alors qu'à New York on peut le croiser au bord des plans d'eau de Central Park.
     

    Bihoreau gris - Pont de Gau

     

    Les Hérons cendrés (Ardea cinerea) sont eux aussi en train de préparer le nid douillet de leur future progéniture. C'est Monsieur qui part à la recherche de branchages adéquats, et les apporte à Madame qui réalise l'agencement du nid. Une visite du parc au printemps doit aussi être fort sympathique, les nids étant assez proches des sentiers pour pouvoir observer les jeunes hérons.

    Héron cendré - Pont de Gau

     

    Héron cendre - Pont de Gau

     

    Héron cendré - Pont de Gau

     

    On rencontre aussi des Hérons garde-boeufs (Bubulcus ibis), petit héron blanc très commun dans la région, souvent observé près des troupeaux de chevaux et de taureaux camarguais. 

    Héron garde-boeufs - Pont de Gau

     

    Héron garde-boeufs - Pont de Gau

     

    A la fin du circuit, en arrivant près des bâtiments d'accueil, nous observons à nouveau les Aigrettes garzettes et Hérons garde-bœufs qui paradent et se chamaillent. A l'arrière du groupe se tient un oiseau blanc à l'allure un peu étrange pour un héron : il s'agit d'un Ibis sacré (Threskiornis aethiopicus), espèce originaire d'Afrique mais acclimatée dans plusieurs régions de France (sud Bretagne, Camargue). Des individus échappés de zoo se sont facilement adaptés dans notre pays et sont souvent considérés comme "invasifs", même si l'Ibis sacré est aussi un grand prédateur d'une autre espèce invasive des milieux humides, l'écrevisse de Louisiane. Par contre nous n'avons pas eu la chance d'observer le cousin autochtone de l'Ibis sacré, l'Ibis falcinelle, dont la présence en Camargue s'est fortement développée ces dernières années. Ce sera pour une autre fois.

    Ibis sacré - Pont de Gau

     

    Héron garde-boeufs - Pont de Gau

     

    Parmi les grands échassiers également observés durant ces 3 jours en Camargue, on peut noter les Cigognes blanches, dont quelques individus hivernent au Pont de Gau, et la Grande Aigrette, vue du côté du domaine de Méjanes et de l'étang de Vacarès, le lendemain, lors d'une mémorable balade sous la pluie. Et oui la Camargue n'a pas échappé cette année à la grisaille et l'humidité, même si nous avons eu de la chance avec le soleil le jour où nous étions au Parc Ornithologique. 


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    La parade nuptiale des Flamants roses (Phoenicopterus roseus) dure de décembre à mars, c'est une des périodes les plus spectaculaires pour les observer. La parade est collective et basée sur la danse. Un couple de flamants s'unit seulement pour une saison, le temps de la ponte et de l'élevage des jeunes, contrairement à d'autres espèces qui s'unissent pour la vie, comme les Cygnes ou les Pigeons. C'est pour cela que la parade nuptiale revêt une telle importance chez le flamant : chaque année il faut trouver le partenaire idéal pour assurer le succès de la reproduction. La couleur du plumage et la complexité des mouvements de danse semblent jouer un rôle important dans la constitution des couples. La parade est aussi l'occasion pour nous d'admirer les magnifiques couleurs vives des ailes des flamants.

    Maintenant, place au spectacle (je vous laisse imaginer l'ambiance sonore, qui n'a rien à voir avec un ballet de l'Opéra) :

    La parade des Flamants

     

    La parade des Flamants

     

    La parade des Flamants

     

    La parade des Flamants

     

    La parade des Flamants

     

    La parade des Flamants

     

    La parade des Flamants

     

    La parade des Flamants

     

    La parade des Flamants

     

    La parade des Flamants

     

    Lorsque viendra le temps de la construction du nid (une coupe de terre construite sur un îlot vaseux) et la ponte de leur unique œuf, les couples partiront vers des lieux plus retirés où ils élèveront leur progéniture, toujours en groupe mais à l'abri des regards.

    Toutes les photos de cet article ont été prise au Parc Ornithologique du Pont de Gau, à la mi janvier.


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    Il y a quelques jours nous avons eu de la neige à Paris, et elle a tenu (à moins de vivre dans une grotte ça n'a pas dû vous échapper). Neige dit jolies photos en perspective, avec des oiseaux rendus moins farouches par le froid et la difficulté à trouver de la nourriture. Jeudi matin je me suis donc dirigée vers le Jardin des Plantes et me suis cassée les dents sur les grilles : fermé jusqu'à nouvel ordre pour cause d'intempéries ! Idem aux Arènes de Lutèce, où je croise un agent de la mairie de Paris qui me dit qu'ils ne peuvent pas prendre de risque. Les quais de la Seine sont eux fermés pour cause de crue. Après avoir observé un moment les Corneilles et les Étourneaux qui traînent autour de la fac de Jussieu, je décide d'abandonner ... Et c'est en fin d'après-midi en revenant de chez le dentiste que j'ai fait quelques photos, avec le téléphone ! La première à la Pyramide du Louvre, les suivantes dans le square près de Notre-Dame, où un petit garçon partageait son goûter avec les Canards colverts (Anas platyrhynchos).

    Canard colvert - Musée du Louvre

     

    Canard colvert - Notre-Dame de Paris

     

    Canard colvert - Notre-Dame de Paris

     

    Canard colvert - Notre-Dame de Paris

     

    Canard colvert - Notre-Dame de Paris

     

    Canard colvert - Notre-Dame de Paris

     

    Bonhomme de neige et mouette rieuse

     

    Le lendemain je retourne faire un petit tour à Notre-Dame, avec l'appareil photo cette fois. Les Colverts et les Mouettes profitent de la crue, un Grand Cormoran juvénile se repose à l'extrémité de l'Île de la Cité, quelques Pigeons ramiers (Columba palumbus) et Corneilles noires (Corvus corone) recherchent de la nourriture dans ce monde devenu subitement hostile, alors que la neige se remet à tomber.

    Pigeon ramier - Notre-Dame de Paris

     

    Corneille noire - Notre-Dame de Paris

     

    Un peu déçu par l'ingéniosité déployée par les responsables d'espaces verts pour nous empêcher de profiter des parcs et jardins de la capitale lors de ce petit épisode neigeux, j'ai décidé de ressortir quelques photos prises autour de Paris pendant une véritable vague de froid, celle de février 2012, qui a duré toute la première quinzaine du mois, et pendant laquelle même à Paris on a frôlé les -20°C. Les vagues de froid sont l'occasion de rencontrer des espèces inhabituelles, en particulier sur les plans d'eau. 

    Première série au lac de Saint-Mandé dans le Bois de Vincennes : un couple de Canards pilets (Anas acuta) y avait élu domicile pendant plus d'un mois.

    Canard pilet - Bois de Vincennes

     

    Canard pilet - Bois de Vincennes

     

    Canard pilet - Bois de Vincennes

     

    Canard pilet - Bois de Vincennes

     

    Toujours au lac de Saint-Mandé, partiellement gelé, on retrouvait les habituels Tadornes casarca (Tadorna ferruginea), probablement issus d'oiseaux échappés de captivité, les Mouettes rieuses et les Foulques macroules (Fulica atra)

    Tadorne casarca - Bois de Vincennes

     

    Tadorne casarca - Bois de Vincennes

     

    Tadorne casarca - Bois de Vincennes

     

    Foulque macroule - Bois de Vincennes

     

    L'un des Hérons cendrés (Ardea cinerea) les moins farouches de Paris, celui du Parc de Bercy (distance de fuite par beau temps : environ 2 m) marchait sur l'eau. Son congénère du Jardin des Plantes venait au pain distribué aux corneilles par une habituée.

    Héron cendré - Parc de Bercy

     

    Toujours début février 2012, des Harles bièvres (Mergus merganser) sont signalées sur la Seine, près du Port à l'Anglais (communes de Vitry-sur-Seine et Alfortville), une rareté pour le 94 ! Ils sont accompagnés de Canards chipeaux (Mareca strepera), l'occasion de photographier mâles et femelles des 2 espèces.

    Les Harles bièvres sont des canards carnivores, dont le bec est particulièrement adapté à la capture des poissons. La femelle a la tête rousse alors que le mâle a la tête noire à reflets vert foncé.

    Harle bièvre - Vitry-sur-Seine

     

    Harle bièvre - Vitry-sur-Seine

     

    Le Canard chipeau possède une silhouette assez proche du Colvert, en moins coloré. Le mâle est gris avec un miroir blanc à l'aile. La femelle ressemble beaucoup à celle du colvert, elle s'en différencie par le miroir blanc à l'aile.

    Canard chipeau - Vitry-sur-Seine

     

    Canard chipeau - Vitry-sur-Seine

     

    Ici se termine ce petit voyage dans le froid. A bientôt pour d'autres aventures, profitez bien de l'hiver (vivement le soleil quand même). 


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