• Paris

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    J'avais prévu de me rendre à la Réserve naturelle régionale du Grand-Voyeux le samedi 31 octobre 2020. La météo prévoyait beau temps, un Ibis falcinelle était signalé depuis quelques semaines dans cette réserve du nord de la Seine-et-Marne, et la rencontre avec le Phalarope à bec large aux Buttes-Chaumont m'avait donnée une idée : puisque les voyages à l'étranger nous sont quasiment interdits pour le moment, pourquoi pas rechercher près de chez nous les espèces d'oiseaux que je n'ai pas encore observées ni photographiées ? Cet Ibis falcinelle, à mi-chemin entre Paris et notre refuge LPO de Grand-Rozoy était une première opportunité pour concrétiser ce projet.

    Les annonces du Président de la République, mercredi 28 octobre, annonçant un reconfinement pour le jeudi 29 à minuit, ont un peu bouleversé mes plans. Tant pis, je décide jeudi matin de me rendre à la réserve du Grand-Voyeux, malgré la météo très maussade, puisque la sortie de samedi ne sera pas possible.

    La réserve du Grand-Voyeux se trouve dans une boucle de la Marne, sur la commune de Congis-sur-Thérouanne, à l'emplacement d'une ancienne sablière dont l'intérêt ornithologique avait déjà été remarqué par l'exploitant de la carrière.

    Un sentier de découverte, ponctué d'observatoires donnant sur les plans d'eau, a été aménagé au cœur de la réserve. Pour y accéder il est nécessaire de s'inscrire, par mail ou téléphone (voir sur le site de la réserve). 

    Je vous propose quelques photos d'ambiance, les oiseaux étaient assez loin et le temps très gris voire pluvieux par moment.

    La naturelle régionale du Grand-Voyeux

     

    La naturelle régionale du Grand-Voyeux

     

    La naturelle régionale du Grand-Voyeux

     

    La naturelle régionale du Grand-Voyeux

     

    Les Cygnes tuberculés (Cygnus olor), parents et ados, étaient les seuls oiseaux près des observatoires. Par contre, au loin, sur les plans d'eau, la diversité et la quantité étaient au rendez-vous : nombreux canards en hivernage (Fuligules milouin et morillon, Sarcelles d'hiver, Canards chipeau et colvert), Foulques macroules, Hérons cendrés, Grandes Aigrettes et Aigrettes garzette (intéressant car l'espèce est peu fréquente si loin du littoral), Grands Cormorans, Bernache du Canada, sans oublier les passereaux dans la végétation au bord des sentiers : Mésange bleues, Grimpereau des jardins, Geais des chênes, Pouillot véloce, Troglodyte mignon etc.

    La naturelle régionale du Grand-Voyeux

     

    Quant à la star de la réserve, un Ibis falcinelle (Plegadis falcinellus) observé ici chaque automne depuis quelques années, il est à rechercher en prenant le sentier en accès libre qui débute sur le Chemin de l'Epine blanche. On traverse un bois de bouleaux avant d'arriver au bord d'une zone humide et d'atteindre un observatoire qui donne sur une langue de terre séparant deux étangs. Il faut ouvrir l'œil pour apercevoir l'Ibis mais une fois qu'on l'a repéré il n'est pas très difficile à suivre. Pendant tout le temps que j'ai passé dans cet observatoire, il recherchait frénétiquement de la nourriture, soit à terre soit dans l'eau.

    La réserve naturelle régionale du Grand-Voyeux

     

    La naturelle régionale du Grand-Voyeux

     

    L'Ibis falcinelle est très rare dans le nord de la France. C'est une espèce qui niche principalement dans le sud-est de l'Europe. Depuis quelques années elle est en expansion vers l'ouest et a atteint le sud de la France. De plus en plus fréquente en Camargue, elle a tenté de nicher cette année au Parc Ornithologique du Pont de Gau, profitant du calme pendant le confinement printanier. L'Ibis falcinelle a le plumage sombre, avec de beaux reflets verts quand la lumière est favorable. Pour ceux qui se posent la question, les canards visibles à côté de l'Ibis sont des Sarcelles d'hiver.

    La naturelle régionale du Grand-Voyeux

     

    La naturelle régionale du Grand-Voyeux

     

    Sur ces plans d'eau, il y avait aussi une belle diversité d'espèces, il y avait même des Canards souchet !  Ci-dessous un Canard chipeau (Mareca strepera).

    La naturelle régionale du Grand-Voyeux

     

    Au retour, on traverse à nouveau le petit bois de bouleaux. C'est assurément une sortie que je referais lorsque nous ne serons plus assigné à résidence, et plutôt par beau temps. Peut-être l'Ibis sera-t-il toujours là ?

    La réserve naturelle régionale du Grand-Voyeux

     

    En attendant, je vais continuer à partager ici des balades dans la nature, direction les Alpes du Sud pour les prochains articles.


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    Le 17 octobre dernier un Phalarope à bec large (Phalaropus fulicariusest signalé au Parc des Buttes-Chaumont en plein 19e arrondissement. Il y restera plus d'une semaine, jusqu'au samedi 24 octobre. Comme je devais me rendre à Paris cette semaine là, j'en ai profité, malgré la météo assez maussade. Il semble, d'après la base de données faune Ile-de-France, que ce soit la première fois que l'espèce est signalée à Paris.

    Mais tout d'abord, qu'est-ce qu'un Phalarope ? Le Phalarope est un petit limicole dont il existe seulement 3 espèces au niveau mondial : le Phalarope à bec large dont on parle ici, le Phalarope à bec étroit, que l'on peut aussi observer en Europe, et le Phalarope de Wilson, une espèce américaine. Pour se faire une idée de la taille, les Phalaropes sont à peu près du même gabarit que le Chevalier guignette (un limicole que l'on observe régulièrement à Paris en halte migratoire), ou que la Grive musicienne pour comparer avec un oiseau commun de nos jardins. L'individu présent aux Buttes-Chaumont était un juvénile, né cet été, en plumage de transition vers l'adulte internuptial. L'adulte en plumage nuptial a un plumage bien plus chatoyant, dessous roux et dessus noir avec des liserés chamois à la bordure des plumes. 

    Ci-dessous, une première série de photos faite le mardi 20 octobre après-midi, sous la pluie, avec des conditions de lumière pas du tout optimales. Le Phalarope est un oiseau hyperactif ce qui ne facilite pas les prises de vue dans ces conditions : en effet il tourne sans arrêt sur lui même tout en picorant à la surface de l'eau.

    Le Phalarope des Buttes-Chaumont

     

    Le Phalarope des Buttes-Chaumont

     

    Le Phalarope des Buttes-Chaumont

     

    Deuxième question que même les passants non ornithologues se posaient en le voyant : mais que fait cet oiseau à Paris et pourquoi est-ce si exceptionnel ? Il faut savoir que le Phalarope à bec large niche dans la toundra arctique (principalement Sibérie, Alaska et Canada), ce n'est donc pas facile de l'observer en période nuptiale. Les zones les plus accessibles de son aire de reproduction sont l'Islande (où je n'en ai pas vu) et le Svalbard. Une fois les jeunes élevés, les Phalaropes à bec large migrent au large des côtes tropicales et passent l'hiver en mer (pour les individus européens, au large de l'Afrique). La migration s'effectue par voie maritime, il est donc très rare d'en voir à l'intérieur des terres, à moins qu'ils n'aient été poussés par une tempête. C'est sûrement ce qui est arrivé à notre petit parisien d'adoption, qui est resté une semaine sur place pour se refaire une santé. Je suis retournée le voir le mercredi 21 octobre en fin de matinée, il était toujours là, s'envolant parfois pour se reposer à un autre endroit du lac.

    Le Phalarope des Buttes-Chaumont

     

    Le Phalarope des Buttes-Chaumont

     

    Peu farouche (c'était peut-être la première fois qu'il voyait des humains), il affectionnait particulièrement un coin recouvert de feuilles mortes, où il devait trouver pas mal d'invertébrés pour se nourrir. Ce qui donne des photos un peu inhabituelle pour l'espèce !

    Impossible de parler des Phalaropes sans évoquer leur mœurs particulières : chez ces oiseaux, les femelles sont plus grandes et plus colorées que les mâles. Ces dames se battent entre elles pour conquérir les mâles, et une fois les œufs pondus, c'est monsieur qui s'occupent de la couvaison et de l'élevage des jeunes. Pendant ce temps les femelles peuvent trouver un nouveau partenaire et réaliser une deuxième ponte, ou plus simplement reprendre des forces après cette période nuptiale agitée, avant de quitter la toundra pour leurs quartiers d'hiver.

    Le Phalarope des Buttes-Chaumont

     

    Le Phalarope des Buttes-Chaumont

     

    Le Phalarope des Buttes-Chaumont

     

    Vers midi, le pauvre petit Phalarope a subit quelques attaques en règle de Perruches à collier (Psittacula krameri). Ces dernières sont devenues en quelques années des membres permanents de l'avifaune des parcs parisiens. J'en profite pour faire quelques photos.

    Le Phalarope des Buttes-Chaumont

     

    Le Phalarope des Buttes-Chaumont

     

    Avant de partir, j'aperçois une Bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea) sur la pelouse au bord du lac. Cette espèce est aussi assez commune à Paris (bord de Seine, des canaux et plans d'eau) et moins farouche qu'à la campagne. Je l'ai souvent observée sur les berges de l'Île Saint Louis.

    Le Phalarope des Buttes-Chaumont

     

    Le Phalarope des Buttes-Chaumont

     

    Depuis hier, nous sommes à nouveau privés de la liberté de nous déplacer où bon nous semble et assignés à résidence, profitons-en pour observer les oiseaux dans notre environnement proche et voyager avec eux par la pensée !

    Bon courage à tous et à très vite !


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    En ce premier jour de 2020 je vous emmène visiter l'exposition nocturne Océans en voie d'illuminations au Jardin des Plantes de Paris. La visite est encore possible, tous les soirs jusqu'au 19 janvier 2020.

    Nous y sommes allés début décembre, et avons pu nous promener entre les animaux marins illuminés dans de très bonnes conditions : l'affluence était plutôt faible suite aux grèves de transport. Il faut toujours voir le bon côté des choses !

    Océans en voie d'illumination

     

    Océans en voie d'illumination

     

    Océans en voie d'illumination

     

    Océans en voie d'illumination

     

    Océans en voie d'illumination

     

    Océans en voie d'illumination

     

    Océans en voie d'illumination

     

    Océans en voie d'illumination

     

    Océans en voie d'illumination

     

    Océans en voie d'illumination

     

    Océans en voie d'illumination

     

    Océans en voie d'illumination

     

    Océans en voie d'illumination

     

    Océans en voie d'illumination

     

    Océans en voie d'illumination

     

    Océans en voie d'illumination

     

    Océans en voie d'illumination

     

    Océans en voie d'illumination

     

    Je vous souhaite à tous une très bonne année 2020 ! N'oubliez pas de vous émerveiller devant les beautés du monde qui nous entoure. Merci encore à tous ceux qui visitent ce blog que ce soit régulièrement ou moins souvent.


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    Lundi 15 avril 2019, en début de soirée, la charpente de Notre-Dame de Paris s'embrase en un gigantesque incendie. En moins d'une heure, la totalité de la toiture est emportée par les flammes et la flèche s'effondre dans la nef. C'est en voisin que nous y assistons en direct. La tristesse se mêle à la stupéfaction parmi la foule déjà massée sur les quais de la Seine. L'incendie dure jusque tard dans la nuit.

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Mardi 16 avril, Paris se réveille sous un ciel gris et triste, Notre-Dame est encore debout mais les dégâts sont considérables.  Une chose est sûre, le monument le plus visité d'Europe, symbole de notre histoire millénaire, sera reconstruit.
     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Nouvelle série de photo mercredi 17 avril, le soleil est revenu et nous rappelle que Notre-Dame et ses jardins sont si beaux au printemps.
     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons 

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Hommage aux 400 pompiers qui ont lutté avec courage contre les flammes et travaillent encore à sécuriser l'édifice fragilisé par la chaleur et l'eau !

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

     

    Notre-Dame, nous te reconstruirons

    Depuis des années, je côtoie Notre-Dame, je passe devant en allant travailler, mes enfants jouaient au sable dans le square à ses pieds, j'ai photographié les canards, les cormorans, les mouettes, les rats qui vivent aux alentours, mais je m'aperçois que j'ai toujours remis à plus tard les photos de notre cathédrale. Il a fallu cette catastrophe pour que je pointe mes objectifs vers elle, soulignant ainsi que rien n'est éternel.

     


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    Il y a quelques jours, l'exposition "Espèces en voie d'illumination" du Jardin des Plantes de Paris s'est achevée. Une promenade féérique, un énorme succès auprès du public, qui semble-t-il sera renouvelé fin 2019. Nous y avons fait un tour la semaine dernière, peut-être un peu trop tôt en soirée pour en profiter pleinement (avant 21h il y avait vraiment beaucoup de monde, à retenir pour la prochaine édition). Voici quelques photos prises au cours du parcours, dans le Jardin des Plantes puis dans la Ménagerie.

    Espèces en voie d'illumination

     

    Espèces en voie d'illumination

     

    Espèces en voie d'illumination

     

    Espèces en voie d'illumination

     

    Espèces en voie d'illumination

     

    Espèces en voie d'illumination

     

    Espèces en voie d'illumination

     

    Espèces en voie d'illumination

     

    Espèces en voie d'illumination

     

    Espèces en voie d'illumination

     

    Espèces en voie d'illumination


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