• Paris

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    Le Rat brun ou Surmulot (Rattus norvegicus) vit depuis bien longtemps dans les égouts de Paris et il n'est pas inhabituel pour les noctambules d'en rencontrer quelques uns dans les rues.

    Rats de ville à Notre-Dame de Paris

     

    Rats de ville à Notre-Dame de Paris

     

    Mais depuis quelques mois les promeneurs observent un phénomène jusque-là exceptionnel : les rats sont de plus en plus visibles en journée et ont colonisé parcs et squares, pillant les poubelles, creusant des terriers dans les massifs et les pelouses.

    Pourquoi ce changement ? Plusieurs explications sont avancées : premièrement, dans certains quartiers, des travaux en sous-sol perturberaient les rats qui remonteraient en surface à la recherche d'habitats plus calmes, mais ce n'est probablement pas la cause principale. C'est plutôt l'augmentation des déchets alimentaires facilement accessibles qui rend les jardins attractifs. Certains évoquent la récente mode des pique-niques en bord de Seine et dans les parcs ; on peut aussi parler des poubelles "vigie pirate" constituées de simple sac plastique suspendu, des parcs ouverts toutes la nuit ... des usagers qui jettent leur déchet n'importe où, et certainement d'une gestion plus laxiste du ramassage des ordures dans la capitale depuis quelques années.

    Rats de ville à Notre-Dame de Paris

     

    Rats de ville à Notre-Dame de Paris

     

    Rats de ville à Notre-Dame de Paris

     

    La mairie de Paris, alertée par certains habitants, par des agents municipaux et par des élus, tente un plan d'éradication par piégeage et fermeture d'espaces verts ... dépensant des sommes astronomiques pour des résultats semblent-ils médiocres. Affecter ces sommes au nettoyage des parcs et des rues seraient probablement plus judicieux ... en effet seule la diminution de la nourriture disponible entraîne une moindre reproduction des rats (comme des pigeons d'ailleurs). Surtout que les rats dans Paris nous rendent un service inestimable : on sait peu que sans eux les égouts de la capitale ne pourraient fonctionner correctement ! 

    Quant aux promeneurs et aux touristes croisés dans les parcs fréquentés par les rats, je n'ai remarqué que 3 types de réactions : curiosité, amusement et indifférence. On est bien loin de la psychose qui semble ne toucher que les services de la mairie. 

    Le respect de quelques règles élémentaires pourraient pourtant permettre la cohabitation pacifique des citadins avec la faune des villes : ne pas nourrir les animaux, ramasser ses déchets, les mettre dans les poubelles ou mieux les ramener chez soi ou à l'hôtel si on est en vacances, surtout quand les poubelles sont déjà pleines.

    Pour poursuivre sur le sujet, je vous conseille la lecture de cet article : Rats, pigeons, lapins... Ces animaux dont les villes ne veulent plus.

    Toutes les photos du présent article ont été prises dans les massifs qui bordent le Parvis de Notre-Dame, en fin d'après-midi, à quelques mètres des touristes, un jour de septembre de cette année ... 
     

    Rats de ville à Notre-Dame de Paris

     

    Rats de ville à Notre-Dame de Paris

     

    Rats de ville à Notre-Dame de Paris

     

    A part les rats, les pigeons et quelques moineaux présents sur les lieux, j'ai pu observer le même jour quelques Étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) qui eux aussi profitent des restes de nourriture laissés par les promeneurs.

    Etourneau sansonnet - Notre-Dame de Paris

     

    Etourneau sansonnet - Notre-Dame de Paris

     

    Etourneau sansonnet - Notre-Dame de Paris

     

    N'oubliez pas, lors de vos promenades, que ce soit en ville ou dans la nature, ramassez vos déchets, et ne nourrissez pas les animaux sauvages.


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    Île Saint-Louis, un de mes coins préférés quand je suis à Paris, fin août de cette année. C'est la rentrée, les Cygnes tuberculés me semblent bien plus nombreux qu'au printemps, presque une dizaine. Je décide d'aller faire une petite série de photos mais je ne suis pas très satisfaite du résultat, les cygnes sont entassés les uns derrière les autres ... trop près, trop gros. C'est à ce moment là que mon œil est attiré par un petit oiseau qui parcourt frénétiquement la berge. Non ce n'est pas une Bergeronnette des ruisseaux, habituée des lieux, mais un Chevalier guignette (Actitis hypoleucos), petit limicole de la taille d'une bergeronnette justement.

    D'après l'Atlas des oiseaux nicheurs de Paris, paru en 2010, le Chevalier guignette est le seul limicole observé régulièrement à Paris lors de ses haltes migratoires. Ses apparitions sont loin de provoquer l'effervescence que l'on a connu avec l'Avocette élégante qui avait passé la journée du 19 mars 2015 sur la même île Saint Louis.

    J'avais déjà observé le Chevalier Guignette à l'Île Saint Louis plusieurs fois mais seulement lors de la migration pré-nuptiale autour de la mi-mai. Cet oiseau niche dans l'arctique à la fin du printemps, et commence à rejoindre ses quartiers d'hiver au milieu de l'été dès que les jeunes sont élevés. Plutôt solitaire, on l'observe à l'unité, par paire ou en petit groupe.

    Les photos ci-dessous ont été prises les 29 et 30 août dernier. Il s'agit probablement du même individu d'un jour sur l'autre mais rien n'est sûr. 

    Chevalier guignette - Île Saint Louis

     

    Chevalier guignette - Île Saint Louis

     

    Chevalier guignette - Île Saint Louis

     

    Chevalier guignette - Île Saint Louis

     

    Chevalier guignette - Île Saint Louis

     

    Chevalier guignette - Île Saint Louis

     

    Chevalier guignette - Île Saint Louis

     

    Chevalier guignette - Île Saint Louis

     

    Chevalier guignette - Île Saint Louis

     

    Chevalier guignette - Île Saint Louis

     

    Chevalier guignette en halte migratoire

     

    Après quelques jours passés à se reposer et à déguster les délicieux crustacés des bords de Seine, les Chevaliers guignettes s'en sont allés rejoindre l'Afrique et l'automne est arrivé. Les Cygnes eux sont encore là, il faudra que j'y retourne.


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    La Corneille noire (Corvus corone) bâtit en général son nid de branchage dans les arbres, comme ses cousins le Corbeau freux et la Pie bavarde. Le nid de la corneille est cependant moins imposant et plus difficile à détecter : contrairement au Corbeau freux qui construit un nid très volumineux à la cime des arbres dès le début du mois de mars, alors que les feuilles n'ont pas encore poussé, la corneille choisit une fourche plus bas dans la frondaison et construit légèrement plus tard, vers la fin mars-début avril, alors que les arbres sont souvent déjà en feuille. La Pie bavarde quand à elle construit un nid énorme et pourvu d'un toit lui aussi de branchage, avec deux entrées sur les côtés. 2016 a été une très bonne année pour la détection des nids de corneille à Paris, les feuilles des arbres ayant poussé plus tard qu'à l’accoutumée. 
     

    Nid de Corneille - Jardin des Plantes

    Nid de Corneille noire, Ménagerie du Jardin des Plantes, 6 avril 2016. 
    On aperçoit la queue de la femelle qui couve.

     

    Mais en ville, lorsque l'on vit sur les balcons et qu'on se nourrit dans les poubelles vigie-pirate, il n'est pas toujours facile de trouver des arbres appropriés pour construire un nid ...
     

    Corneilles noires - Place de Narvik

    Sur un balcon Place de Narvik.

     

    Corneille noire - Ile St Louis

    Quai de l'Île Saint Louis
    (attention cependant, les bouteilles de vodka et de bière le lundi matin sur les quais, ce n'est pas les corneilles)

     

    C'est en parcourant Paris et plus exactement une partie du 8ème arrondissement, dans le cadre de mes prospections pour l'Atlas des oiseaux nicheurs du Grand Paris que j'ai découvert un nid de Corneille assez extraordinaire, à l'abri des élagueurs de platanes qui travaillent toute l'année sans tenir compte des périodes de nidification des oiseaux. Ayant aperçu à plusieurs reprises des Pigeons colombins sur l'église Saint Augustin, ce matin de fin mai je scrutais à nouveau l'église avec les jumelles. Cette église urbaine, située au carrefour des Boulevards Haussmann et Malesherbes (pas vraiment un coin de nature sauvage), fut construite entre 1860 et 1871 dans un style éclectique, mélange de bysantin et de roman. Imposante, elle mesure plus de 100 m de long et sa coupole culmine à 80 m. Cette dernière est surmontée d'un clocheton de couleur rouge, au sommet duquel se dresse une croix dorée. Plus d'info sur Wikipedia : Église Saint-Augustin de Paris.

    Eglise Saint Augustin

     

    Nid de Corneille - Eglise Saint Augustin

     

    La croix est posée sur une sorte de boule métallique évidée, et devinez quoi, dans la boule il y a un nid ! Si vous regardez bien on voit des branchages à l'intérieur. J'ai d'abord pensé à mes amis les Pigeons colombins, qui nichent à quelques mètres de là dans le contrepoids d'une grue de chantier, mais il ne faut jamais conclure sans preuve lorsque l'on fait de la prospection naturaliste. J'ai donc attendu un peu pour voir si les propriétaires de ce logement panoramique se manifestaient.

    Nid de Corneille - Saint Augustin

     

    Nid de Corneille - Saint Augustin

     

    Et voilà qu'au bout de quelques minutes, une Corneille noire arrive, et rentre à l'intérieur de la boule. En examinant mes photos, et le déplacement des ombres à l'intérieur de la boule, j'ai conclu qu'il y avait des jeunes dans le nid. Nos amis les oiseaux n'ont pas fini de nous étonner !

     

    Nid de Corneille - Saint Augustin

     

    Nid de Corneille - Saint Augustin

     

    Je vous souhaite à tous un bel été plein de découvertes passionnantes. Si vous trouvez vous aussi des nids extraordinaires n'hésitez pas à les signaler en commentaire.

     


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    Le Pigeon colombin (Columba oenas) est le plus petit des pigeons européens. On le reconnait à son œil noir et à son plumage entièrement gris-bleuté rehaussé d'un reflet irisé sur le cou. Il vit essentiellement dans les zones boisées (forêt, bois et parc avec de vieux arbres), où il niche dans les cavités d'arbre. Mais cette espèce forestière discrète a aussi colonisé la ville. On le voit en particulier prospérer depuis des décennies à Paris.

    La nidification du Pigeon colombin est attestée dans la capitale depuis le début du XXème siècle (Jardin du Luxembourg, 1911), cependant au départ il restait cantonné dans les espaces verts, et nichait de façon traditionnelle dans les cavités d'arbres (en particulier les platanes). De nos jours, l'espèce est évidemment toujours présente dans les espaces verts parisiens, tel que le Jardin des Plantes, le Jardin du Luxembourg, les Arènes de Lutèce ou le Parc de Bercy. 

    Pigeon colombin - Arènes de Lutèce

    Pigeon colombin à l'entrée de sa loge, Arènes de Lutèce.

     

    Au Jardin des Plantes, ces dernières années, il a malheureusement été nécessaire d'abattre certains platanes à cavités, devenus malades et dangereux. Afin de conserver l'attractivité du jardin pour les Pigeons colombins, des nichoirs spéciaux ont été disposés à bonne hauteur dans les arbres restant. Ils ont été très rapidement adoptés. 

    Mais les Pigeons colombins n'en sont pas restés là. On peut actuellement les observer régulièrement sur les toits de Paris, circulant sur les cheminées ou posés sur une antenne. Notre petit pigeon forestier semble avoir colonisé les toitures et les conduits de cheminée suite à l'abandon du chauffage au charbon et au bois, ce qui a libéré de nombreuses cavités potentielles. D'après l'Atlas des Oiseaux nicheurs de Paris, l'espèce est en augmentation depuis 1977. Durant la période de l'Atlas (2005-2008) la population nicheuse se situait dans une fourchette de 230 à 380 couples.

    Lorsque l'on est dans la rue, les jumelles sont nécessaires pour identifier les Pigeons colombins qui vaquent à leurs occupations 7 étages plus haut, sur les toits des bâtiments haussmanniens :

    Pigeons colombins sur les toits de Paris

    Près de l'église Saint-Augustin, dans le 8ème arrondissement.
    On distingue un Pigeon colombin devant les conduits de cheminée.

     

    Pigeons colombins sur les toits de Paris

    Dans le même quartier, que je parcours cette année pour l'Atlas des oiseaux nicheurs du Grand Paris, un Pigeon colombin perché sur une antenne.

     

    Pigeons colombins sur les toits de Paris

    Boulevard Haussmann.
    La nature reprend ses droits dans les conduits de cheminée inutilisés.
    Devant, un couple de Pigeons colombins.

     

    Parfois, on peut avoir l'occasion de les observer de plus près. C'est le cas du couple que j'observe régulièrement dans ma cour, depuis 2011. Forcément quand on se trouve au 4ème étage, le 7ème est moins haut ...

    Pigeons colombins dans ma cour

     

    Pigeons colombins - Paris

     

    C'est aussi le cas lorsque les bâtiments ont moins d'étages. Ici dans un passage donnant sur la rue Royale près de l'église de la Madeleine :
     

    Pigeon colombin - Village royal près de la Madelaine

     

    Vous l'avez compris, les toits des bâtiments haussmanniens sont très prisés par les Pigeons colombins, mais on trouve aussi beaucoup plus original. A plusieurs reprises, j'en ai observé un posé dans le clocheton central de la toiture du Grand Palais (là aussi, jumelles obligatoires vu la hauteur du bâtiment) et un couple paradant au dessus de la toiture de zinc du Petit Palais (une merveille abritant aussi la nidification de l’Étourneau sansonnet et du Moineau domestique).

    Détail de la toiture du Petit Palais

    Détail de la toiture du Petit Palais (ne cherchez pas les pigeons, il n'y en a pas)

    Petite mise à jour du 19 juin 2017 : mercredi dernier, en continuant ma prospection pour l'Atlas des oiseaux nicheurs du Grand Paris, j'ai résolu un mystère qui m'interpellait depuis l'an dernier, concernant le Petit Palais justement. La façade principale du Petit Palais (en vis à vis du Grand Palais) est ornée de colonnes à chapiteau sculpté de fleurs et de feuillage. Derrière ces chapiteaux, l'agencement des différents éléments de la façade a laissé la place à des sortes de niches, où j'avais remarqué plusieurs nids de branchage assez grossiers. Durant le printemps 2016, n'ayant pas réussi à apercevoir les propriétaires, j'avais pensé à des corneilles ou à des pigeons ramiers. Mais la semaine dernière je suis passée au bon moment, 2 nids étaient occupés par des Pigeons colombins !

    Pigeon colombin au Petit Palais

     Pigeon colombin sur son nid, façade du Petit Palais.

    Avec la dernière trouvaille des Pigeons colombins, on quitte les lieux de nidifications statiques de style haussmannien ou exposition universelle 1900 pour un décor industriel, mouvant, et dont la pérennité n'est pas garantie : le contrepoids de grue ! Ces contrepoids de béton sont souvent percés d'un trou, d'une taille adéquate pour que les Pigeons colombins y fassent leur nid. Bien sûr, le risque que le chantier s'arrête avant l'envol des jeunes existe ... Le Faucon crécerelle utilise aussi parfois ce type de contrepoids pour nicher. Alors la prochaine fois que vous passerez devant un chantier, ouvrez l’œil ! Vous comprendrez facilement que vu la hauteur des grues, c'est impossible de faire des photos en gros plan.

    La grue et les pigeons colombins

     

    La grue et les pigeons colombins

     Chantier de l'Ambassade d'Allemagne, rue Franklin D. Roosevelt.
    Les travaux ont débuté en 2015, la grue était déjà fréquentée par les Pigeons colombins en 2016.

     

    La grue et les pigeons colombins

    Autre chantier, près de l'église Saint Augustin.

     

    Désolée pour ceux qui s'attendait à voir des photos de la forme aviaire de la Grue, les grues de chantier sont plus courantes que les Grues cendrées à Paris !


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    Au mois de janvier, je vous avais emmené au Pont d'Austerlitz pour y admirer les Grands Cormorans qui se reposent régulièrement sur les ducs-d'Albe de la Brigade Fluviale. Voici une nouvelle série de prises de vue, réalisées début février de cette année.

    Mesdames et messieurs les cormorans sont heureux de vous présenter leur collection printemps-été : tête parsemée de plumes blanches, crête noire de type "iroquois" et tâche blanche sur la cuisse.

    Chez le Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo), mâle et femelle ont un plumage identique. Depuis quelques semaines, on ne les voit quasiment plus dans Paris, car ils sont occupés à se reproduire sur leur site de nidification (en Île de France, les principales colonies de Grand Cormoran se trouve en Seine-et-Marne, dans l’Essonne et les Yvelines). D'après l'Atlas des Oiseaux Nicheurs d'Île de France, qui vient de paraître, 500 à 550 couples de Grands Cormorans nicheraient dans la région.
     

    Grand Cormoran - Pont d'Austerlitz

     

    Grand Cormoran - Pont d'Austerlitz

     

    Grand Cormoran - Pont d'Austerlitz

     

    Grand Cormoran - Pont d'Austerlitz

     

    Grand Cormoran - Pont d'Austerlitz

     

    Grand Cormoran - Pont d'Austerlitz

     

    Grand Cormoran - Pont d'Austerlitz

     

    Grand Cormoran - Pont d'Austerlitz

     

    Je vous souhaite de Joyeuses Pâques et beaucoup de beaux poussins à nos amis les cormorans. 


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