• Paris

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    Le Parc départemental du Sausset est le 2ème plus grand espace vert de Seine-Saint-Denis. Facilement accessible par le RER B (station Villepinte), j'ai eu l'occasion d'y passer une matinée en mai dernier, en attendant ma fille qui passait un concours au Parc des Expositions. Le parc comprend différents types de milieu : bois, prairies, pelouses, massifs et zones humides. Pour ma part j'ai surtout exploré la partie sud du parc, vers l'étang de Savigny et le marais, dans l'espoir peut-être d'apercevoir un Blongios nain (Ixobrychus minutus), espèce peu commune de Héron qui niche depuis plusieurs années ici. Ce ne sera pas pour cette fois, mais j'ai tout de même fait de belles observations.

    Sur les pelouses fleuries de pâquerettes, de nombreuses Pies bavardes (Pica pica) sautillent et se chamaillent, tandis qu'une Gallinule poule-d'eau (Gallinula chloropus) montre à ses poussins comment trouver de la nourriture, sous l’œil indifférent des Bernaches du Canada - que l'on verra plus loin sur l'eau. La taille disproportionnée des pattes et surtout des doigts des bébés poules d'eau est toujours quelque chose d'amusant à observer.

    Pie bavarde - Parc du Sausset

     

    Galinulle poule d'eau - Parc du Sausset

     

    Gallinule poule-d'eau - Parc du Sausset

     

    Galinule poule-d'eau - Parc du Sausset

     

    On reste dans la famille des rallidés avec les Foulques macroules (Fulica atra), que l'on peut approcher ici de très près sans les perturber (l'avantage des oiseaux urbains). Pour eux aussi c'est la pleine saison de la reproduction, en faisant le tour du lac j'en ai trouvé au moins 3 familles.

    Foulque macroule - Parc du Sausset

     

    Foulque macroule - Parc du Sausset

     

    Foulque macroule - Parc du Sausset

     

    Foulque macroule - Parc du Sausset

     

    Foulque macroule - Parc du Sausset

     

    Dans les arbustes, de jeunes Mésanges bleues (Cyanistes caeruleus) font leurs premiers apprentissages en dehors du nid. Déjà aussi grande que les adultes, on les reconnaît à leur plumage plus terne (pas de calotte bleue vif ni de joues blanches) et à leur "sourire jaune" caractéristique des oisillons encore nourris par leurs parents.

    Mésange bleue - Parc du Sausset

     

    Avec le soleil et les beaux reflets, les Bernaches du Canada (Branta canadensis) sont ici très photogéniques. Vous comprendrez qu'après cela je n'ai pas éprouvé le besoin de m'attarder sur cette espèce lors de notre voyage aux Etats-Unis.

    Bernache du Canada - Parc du Sausset

     

    Bernache du Canada - Parc du Sausset

     

    Bernache du Canada - Parc du Sausset

     

    Pour photographier les Bernaches, la chance et la patience ne sont pas vraiment nécessaires, elles sont nombreuses, grosses et peu farouches. C'est une autre histoire pour le petit Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis), beaucoup plus timide et prompt à plonger à tout moment pour réapparaître plusieurs mètres plus loin.

    Grèbe castagneux - Parc du Sausset

     

    A l'extrémité du lac, une zone plus sauvage avec des roseaux abrite des passereaux de la famille des fauvettes, pas évidents à identifier quand on n'a pas l'habitude, surtout qu'ils ont tendance à ne pas tenir en place. Heureusement au printemps ils chantent, et pour de nombreuses espèces cette activité se fait sur des perchoirs bien en vue. Au sommet d'un saule, voici une Hypolaïs polyglotte (Hippolais polyglotta).

    Hypolais polyglotte - Parc du Sausset

     

    Hypolais polyglotte - Parc du Sausset

     

    Dans les roseaux, une Rousserole effarvate (Acrocephalus scirpaceus), espèce que je retrouve un peu plus loin dans le marais, avec de meilleures conditions d'observation. Belle découverte car c'est la première fois que j'identifie et photographie cette espèce pourtant commune.

    Rousserole effarvatte - Parc du Sausset

     

    Rousserole effarvatte - Parc du Sausset

     

    Rousserole effarvatte - Parc du Sausset

     

    Dans le marais, faute de Blongios nain, je détecte ce Héron cendré (Ardea cinerea) immobile, à l'affût et bien camouflé dans la végétation.

    Héron cendré - Parc du Sausset

     

    Sur le chemin du retour vers la gare du RER, deux espèces bien connues, souvent repérée d'abord grâce à leur cri caractéristique : tout d'abord une Perruche à collier (Psittacula krameri), que l'on rencontre maintenant dans la plupart des parcs et jardins d'Ile-de-France, puis une Tourterelle turque (Streptopelia decaocto), espèce rare dans Paris intra-muros mais plutôt commune dès que l'on passe le périphérique.

    Perruche à collier - Parc du Sausset

     

    Tourterelle turque - Parc du Sausset

    Parmi les autres espèces vues mais non photographiées, des lapins de garenne, des corneilles noires, des sternes pierregarin avec leurs poussins sur une plateforme au milieu du lac, des canards colverts (pas tous d'origine sauvage),  un accenteur mouchet, un étourneau sansonnet juvénile, un grèbe huppé, des grands cormorans, un cygne tuberculé ...

    J'espère vous avoir apporté un peu de soleil en cette journée grise et froide, et vous avoir donné envie de visiter ce parc à la faune sauvage variée et facilement accessible surtout si vous vivez en Ile-de-France.


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    Le jardin des Grands Moulins dans le 13ème arrondissement est devenu en quelques années un des hauts lieux de l'ornithologie parisienne. D'une surface de seulement 1,2 hectare, il est petit par la taille mais grand par sa gestion écologique et sa biodiversité. C'est ainsi que des espèces inhabituelles dans la capitale y sont observées assez fréquemment. On peut citer par exemple la Fauvette grisette ou l'Hypolaïs polyglotte, sans oublier le Torcol fourmilier qui y séjourna en octobre 2014.

    Fin mars de cette année, c'est une Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica) en halte migratoire qui a fait le bonheur des observateurs et photographes, pendant une dizaine de jour. L'espèce est très rarement observée à Paris : jusqu'à l'Atlas des oiseaux nicheurs de Paris (paru en 2010) les seules mentions de l'espèce dataient du 19ème siècle. Il a fallut attendre le 21ème siècle pour la revoir. Pour ma part, c'est la 2ème fois, puisque j'avais déjà eu la chance d'observer celle qui fit un passage éclair sur le Boulevard Richard Lenoir le 1er avril 2015 (et non ce n'était pas un poisson d'avril).

    Voici donc les photos de notre Gorgebleue sur les pelouses des Grands Moulins, prises entre 2 averses, les 27 et 28 mars dernier. Il s'agit d'un mâle, reconnaissable à sa gorge d'un bleu vif qui lui a donné son nom.

    La Gorgebleue à miroir des Grands Moulins

     

    La Gorgebleue à miroir des Grands Moulins

     

    La Gorgebleue à miroir des Grands Moulins

     

    La Gorgebleue à miroir des Grands Moulins

     

    La Gorgebleue à miroir des Grands Moulins

     

    La Gorgebleue à miroir des Grands Moulins

     

    La Gorgebleue à miroir des Grands Moulins

     

    La Gorgebleue à miroir des Grands Moulins

    Depuis l'oiseau a certainement rejoint son site de nidification et trouvé une compagne. Souhaitons-lui de nombreux et vigoureux petits oisillons.


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    L'hiver 2017-2018 a été marqué par une présence exceptionnelle dans notre pays d'oiseaux venus du nord, y compris dans la capitale : Grosbecs casse-noyaux, Tarins des aulnes mais aussi Sizerins flammés (Acanthis flammea). 

    Le Sizerin flammé est très rarement observé à Paris, L'Atlas des oiseaux nicheurs de Paris, paru en 2010, le cite comme occasionnel dans les années 1950, et ne mentionne aucune observation depuis. De même, sur le site http://www.faune-iledefrance.org on ne trouve des observations de l'espèce à Paris (hors Bois de Boulogne et Bois de Vincennes) que durant la saison qui vient de s'achever. On y découvre que le Sizerin flammé a été observé régulièrement cet hiver à plusieurs endroits de la capitale (13ème arrondissement, Trocadéro etc.), mais surtout au Parc Monceau où un individu a été vu dès début novembre 2017. A partir de la mi-février jusqu'à début avril, des groupes de Sizerins flammés y ont été observés pratiquement tous les jours, se nourrissant dans les Paulownias situés près de l'entrée sud du parc. Près d'une cinquantaine d'oiseaux ont été dénombrés le 3 mars 2018.

    Le Sizerin flammé est un petit passereau de la famille des Fringillidés (qui regroupe de nombreux passereaux granivores tels que les pinsons, verdiers, linottes, tarins, grosbecs, chardonnerets etc.). Légèrement plus grand qu'une mésange bleue, son plumage brun-gris strié le rend assez difficile à détecter dans les arbres où il aime se nourrir. On le reconnait cependant à son bec jaune et à sa calotte rouge. Les mâles ont la poitrine colorée de rouge carmin.

    Jusqu'à récemment les ornithologues considéraient que l'espèce Sizerin flammé comportaient plusieurs sous-espèces, la sous espèce cabaret étant nicheuse en Europe de l'Ouest (France, Grande-Bretagne etc.) alors que la sous espèce nominale flammea était plutôt nicheuse en Scandinavie, et faisait parfois quelques apparitions l'hiver dans nos contrées. Mais maintenant la plupart considère que ce sont 2 espèces différentes ... et les 2 auraient été vues en groupe mixte au Parc Monceau. Je vous avoue que je n'ai pas réussi à faire le tri dans les photos ci-dessous. Peut-être certains d'entres vous auront une idée sur la question ? Sachant que les photos ayant été prises en fin d'après midi, les teintes sont probablement un peu plus chaudes qu'en plein midi ...

     

    Les Sizerins du parc Monceau

     

    Les Sizerins du parc Monceau

     

    Les Sizerins du parc Monceau

     

    Les Sizerins du parc Monceau

     

    Les Sizerins du parc Monceau

     

    Les Sizerins du parc Monceau

     

    Les Sizerins du parc Monceau

     

    Les Sizerins du parc Monceau

     

    Les Sizerins du parc Monceau

     

    Les Sizerins du parc Monceau

     

    Les Sizerins du parc Monceau

     

    Les Sizerins du parc Monceau

     

    Les Sizerins du parc Monceau

     

    En conclusion, Sizerin cabaret ou Sizerin flammé, observer ces petits passereaux ne tenant pas en place dans un des plus beau parc de Paris a été un moment inoubliable, partagé par la communauté ornithologique parisienne, sur place et sur Internet. J'espère vous en avoir fait profiter un peu.


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    En ce début mars, une troupe de sizerins flammés est signalées au Parc Monceau, un des plus beau parc de Paris. J'y suis donc allée, le mardi 6 mars, pour essayer d'immortaliser ces petits passereaux venus du Nord sur ma carte photo. Mais on ne fait pas toujours ce que l'on veut avec les animaux sauvages, on ne peut pas leur envoyer un texto pour prendre rendez vous.

    Alors pour paraphraser un célèbre proverbe, faute de Sizerins on photographie des Grives ... et on les écoute chanter. Le dégel a visiblement réveillé les envies de fonder une famille chez les oiseaux, les Grives musiciennes (Turdus philomelos) ce jour là étaient particulièrement actives et bruyantes (ce qui m'a enfin permis de fixer leur chant à l'intérieur de mon crâne). La Grive musicienne est la grive la plus commune à Paris, où elle apprécie surtout les grands parcs, de préférence assez calmes. L'Atlas des oiseaux nicheurs de Paris, paru en 2010, dénombrait de 60 à 100 couples nicheurs dans la capitale.

    Grives musiciennes au Parc Monceau

     

    Grives musiciennes au Parc Monceau

     

    Grives musiciennes au Parc Monceau

     

    Grives musiciennes au Parc Monceau

     

    Grives musiciennes au Parc Monceau

     

    Grives musiciennes au Parc Monceau

     

    Grives musiciennes au Parc Monceau

     

    Grives musiciennes au Parc Monceau

     

    Grives musiciennes au Parc Monceau

     

    A l'heure où j'écris ces lignes, les sizerins semblent encore venir régulièrement au Parc Monceau. Je peux déjà vous annoncer qu'hier 14 mars j'ai eu plus de chance puisque j'ai pu les observer pendant une bonne heure. A suivre dans un prochain article.


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    Il y a quelques jours nous avons eu de la neige à Paris, et elle a tenu (à moins de vivre dans une grotte ça n'a pas dû vous échapper). Neige dit jolies photos en perspective, avec des oiseaux rendus moins farouches par le froid et la difficulté à trouver de la nourriture. Jeudi matin je me suis donc dirigée vers le Jardin des Plantes et me suis cassée les dents sur les grilles : fermé jusqu'à nouvel ordre pour cause d'intempéries ! Idem aux Arènes de Lutèce, où je croise un agent de la mairie de Paris qui me dit qu'ils ne peuvent pas prendre de risque. Les quais de la Seine sont eux fermés pour cause de crue. Après avoir observé un moment les Corneilles et les Étourneaux qui traînent autour de la fac de Jussieu, je décide d'abandonner ... Et c'est en fin d'après-midi en revenant de chez le dentiste que j'ai fait quelques photos, avec le téléphone ! La première à la Pyramide du Louvre, les suivantes dans le square près de Notre-Dame, où un petit garçon partageait son goûter avec les Canards colverts (Anas platyrhynchos).

    Canard colvert - Musée du Louvre

     

    Canard colvert - Notre-Dame de Paris

     

    Canard colvert - Notre-Dame de Paris

     

    Canard colvert - Notre-Dame de Paris

     

    Canard colvert - Notre-Dame de Paris

     

    Canard colvert - Notre-Dame de Paris

     

    Bonhomme de neige et mouette rieuse

     

    Le lendemain je retourne faire un petit tour à Notre-Dame, avec l'appareil photo cette fois. Les Colverts et les Mouettes profitent de la crue, un Grand Cormoran juvénile se repose à l'extrémité de l'Île de la Cité, quelques Pigeons ramiers (Columba palumbus) et Corneilles noires (Corvus corone) recherchent de la nourriture dans ce monde devenu subitement hostile, alors que la neige se remet à tomber.

    Pigeon ramier - Notre-Dame de Paris

     

    Corneille noire - Notre-Dame de Paris

     

    Un peu déçu par l'ingéniosité déployée par les responsables d'espaces verts pour nous empêcher de profiter des parcs et jardins de la capitale lors de ce petit épisode neigeux, j'ai décidé de ressortir quelques photos prises autour de Paris pendant une véritable vague de froid, celle de février 2012, qui a duré toute la première quinzaine du mois, et pendant laquelle même à Paris on a frôlé les -20°C. Les vagues de froid sont l'occasion de rencontrer des espèces inhabituelles, en particulier sur les plans d'eau. 

    Première série au lac de Saint-Mandé dans le Bois de Vincennes : un couple de Canards pilets (Anas acuta) y avait élu domicile pendant plus d'un mois.

    Canard pilet - Bois de Vincennes

     

    Canard pilet - Bois de Vincennes

     

    Canard pilet - Bois de Vincennes

     

    Canard pilet - Bois de Vincennes

     

    Toujours au lac de Saint-Mandé, partiellement gelé, on retrouvait les habituels Tadornes casarca (Tadorna ferruginea), probablement issus d'oiseaux échappés de captivité, les Mouettes rieuses et les Foulques macroules (Fulica atra)

    Tadorne casarca - Bois de Vincennes

     

    Tadorne casarca - Bois de Vincennes

     

    Tadorne casarca - Bois de Vincennes

     

    Foulque macroule - Bois de Vincennes

     

    L'un des Hérons cendrés (Ardea cinerea) les moins farouches de Paris, celui du Parc de Bercy (distance de fuite par beau temps : environ 2 m) marchait sur l'eau. Son congénère du Jardin des Plantes venait au pain distribué aux corneilles par une habituée.

    Héron cendré - Parc de Bercy

     

    Toujours début février 2012, des Harles bièvres (Mergus merganser) sont signalées sur la Seine, près du Port à l'Anglais (communes de Vitry-sur-Seine et Alfortville), une rareté pour le 94 ! Ils sont accompagnés de Canards chipeaux (Mareca strepera), l'occasion de photographier mâles et femelles des 2 espèces.

    Les Harles bièvres sont des canards carnivores, dont le bec est particulièrement adapté à la capture des poissons. La femelle a la tête rousse alors que le mâle a la tête noire à reflets vert foncé.

    Harle bièvre - Vitry-sur-Seine

     

    Harle bièvre - Vitry-sur-Seine

     

    Le Canard chipeau possède une silhouette assez proche du Colvert, en moins coloré. Le mâle est gris avec un miroir blanc à l'aile. La femelle ressemble beaucoup à celle du colvert, elle s'en différencie par le miroir blanc à l'aile.

    Canard chipeau - Vitry-sur-Seine

     

    Canard chipeau - Vitry-sur-Seine

     

    Ici se termine ce petit voyage dans le froid. A bientôt pour d'autres aventures, profitez bien de l'hiver (vivement le soleil quand même). 


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