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    La plage du Sillon à Saint-Malo, une des plus belle de France, est le prolongement idéal d'une visite de la cité corsaire. Face au Fort National construit par Vauban, cette plage de sable fin longe la digue qui relie la ville close à la terre ferme. Un vendredi ensoleillé, début octobre 2014. Quelques baigneurs profitent encore de l'été qui semble hésiter à s'en aller. La plage est moins fréquentée à cette saison, une belle occasion pour une promenade ornithologique sur le sable.

    Fort National - Saint-Malo

    Le Fort National de Vauban, qui ne se visite qu'à marée basse.

     

    Ici les hommes ont dû apprendre à vivre avec les colères de la mer : au début du XIXème siècle, alors que la digue n'était encore qu'une flèche de sable surmontée d'une chaussée, un ingénieur a l'idée de planter des brises-lames en bois de chêne sur toute la longueur de la plage. Ces poteaux d'une belle hauteur, s'enfoncent à une profondeur équivalente dans le sable. Par beau temps, ils servent aussi de perchoir aux oiseaux.

    Les premières espèces rencontrées sont les Goélands et les Mouettes, espèces qui ne brillent pas par leur discrétion. La présence de promeneurs est pour eux une garantie d'améliorer l'ordinaire, les Laridés se nourrissant d'à peu près n'importe quoi. Les principales espèces observées ce jour là sont le Goéland brun (Larus fuscus), le Goéland argenté (Larus argentatus) et la Mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus).

    Brise-lame et Goéland - Saint Malo

    Goéland juvénile perché sur un brise-lame.

     

    Goéland brun - Saint-Malo

    Goéland brun adulte, reconnaissable à son dos gris foncé et ses pattes jaunes.

     

    Goéland brun - Saint-Malo

    En dehors de la saison de reproduction le Goéland brun adulte a la tête striée de gris,
    alors que l'été elle est entièrement blanche.

     

    Mouette rieuse - Saint-Malo

    Une mouette rieuse, elle aussi déjà en plumage inter-nuptial.

     

    Moins exubérant que Mouettes et Goélands , le Pipit maritime (Anthus petrosus) demande de la patience pour se laisser observer. Ce petit passereau au plumage mimétique passe facilement inaperçu lorsqu'il recherche sa nourriture parmi les algues. Comme son nom l'indique, le Pipit maritime vit exclusivement sur le littoral. Il s'est spécialisé dans la capture de petits invertébrés. Les populations bretonnes sont majoritairement sédentaires, alors que les Pipit maritimes scandinaves migrent jusqu'en Afrique du Nord pour passer l'hiver.

    Pipit maritime - Saint-Malo

     

    Pipit maritime - Saint-Malo

     

    Pipit maritime - Saint-Malo

     

    Pipit Maritime - Saint-Malo

     

    Pipit maritime - Saint-Malo

     

    Parfois, c'est au retour, en triant les photos sur l'ordinateur, que l'on a la surprise d'y découvrir une espèce que l'on ne pensait pas avoir observée. Cela m'était arrivé en Islande avec la Mouette tridactyle, voir ici : 17 août 2014 : Escapade à Viðey. A Saint-Malo, ce sont deux Mouettes mélanocéphales (Ichthyaetus melanocephalus) qui m'ont fait ce cadeau, d'autant plus apprécié que c'était la première fois que je photographiais l'espèce. Coïncidence, à chaque fois ce sont des mouettes ... 

    La Mouette mélanocéphale est une espèce méditerranéenne, qui nous vient au départ de la Mer Noire. Elle est actuellement en expansion vers l'ouest, et il n'est pas rare d'en rencontrer en Bretagne.

    En plumage hivernal, la Mouette mélanocéphale se distingue de la Mouette rieuse par l'absence de plumes noires à l'extrémité de ses ailes. On le voir bien sur la photo ci-dessous (en bas à gauche, une Mouette rieuse fait la sieste).

    Mouette mélanocéphale - Saint-Malo

     

    Mouette mélanocéphale - Saint-Malo

     

    Au pied de la Ville close, le sable laisse la place à des rochers recouverts d'algues, un paradis pour les Tournepierres à collier (Arenaria interpres), qui arborent comme le Pipit maritime un plumage parfaitement mimétique. 

    Tournepierre à collier - Saint-Malo

    Ce Tournepierre à collier solitaire a laissé ses nombreux congénères attendre la marée basse sur les rochers en compagnie des Cormorans huppés.

     

    Un petit tour en haut des remparts me permet de photographier un Goéland argenté sur fond de ciel bleu, et de repérer des Aigrettes garzettes (Egretta garzetta) en contrebas, en plus des Tournepierres à collier et des Cormorans huppés (Phalacrocorax aristotelis). Me revoilà donc sur la plage pour tenter de photographier tout ce petit monde. La mer descend, les aigrettes en profitent pour explorer les mares entre les rochers, alors que les cormorans huppés juvéniles n'ont pas l'air décidé à quitter leur perchoir.

    Goéland argenté - Saint-Malo

     

    Aigrette garzette - Saint-Malo

     

    Aigrette garzette -Saint-Malo

     

    Aigrette garzette - Saint-Malo

     

    Cormoran huppé - Saint-Malo

     

    Cormoran huppé - Saint-Malo

     

    Le soleil descend en cette fin d'après-midi. Alors que le Fort national devient accessible au promeneur, les Sternes caugek (Thalasseus sandvicensis) se font remarquer par leur cris stridents.

    Sterne caugek - Saint-Malo

     

    Un dernier portrait de Goéland argenté, le lendemain matin avant la tempête et le retour à Paris. Un bref séjour dans une ville qui invite au voyage, avec Jacques Cartier, un des premiers européens à atteindre le Canada, et les corsaires Dugai-Trouin et Surcouf pour ne citer qu'eux. Et pour moi, Saint-Malo c'est aussi le souvenir inoubliable de mon premier voyage en train, depuis Landerneau dans le Finistère, lors d'une sortie scolaire, il y a de cela ... pas mal d'années.

    Goéland argenté - Saint-Malo

    A bientôt pour d'autres aventures. Prochaines étapes en Bretagne : Santec et Roscoff ...


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    Depuis le début de cette année 2017, je participe à l’événement interblogueurs #CoulissesDuBlog créé par Mia, du blog Trucs de Blogueuse. Il y a un thème par semaine, traitant de différents aspects de notre blog vu de l'intérieur, ce qui suppose d'écrire un article par semaine pour le challenge interblogueurs, en plus bien sûr des articles habituels du blog. Un moyen de se forcer à être régulière et à produire plus d'articles, et aussi il ne faut pas se le cacher d'attirer plus de lecteurs sur le blog. Justement cette semaine le thème de #CoulissesDuBlog est le trafic. Pour lire les autres participations de la semaine c'est ici : http://www.trucsdeblogueuse.com/coulissesdublog5

    Cela fait un mois que le challenge a commencé, un peu tôt pour faire un bilan, mais déjà une tendance intéressante : en 2016 j'avais écrit environ 2 articles par mois (voir l'article Rétrospective 2016), et là sur janvier 2017 il y en a déjà 6 dont 3 dans la thématique de ce blog, principalement l'ornithologie, la nature, la protection de la faune sauvage et aussi les voyages avec toujours une touche de faune locale. Pour le mois de janvier on est resté à Paris, avec Les Cormorans du Pont d'Austerlitz et Les rats volants de Beaubourg, et dans notre refuge en Picardie avec Il fait froid, remplissez les mangeoires !. En février on bougera un peu plus. 

    Est-ce que l'augmentation du nombre d'articles publiés entraîne une augmentation du nombre de visites ? C'est bien possible, mais je n'en sais trop rien : les statistiques d'Eklablog sont assez succinctes, et je suis loin d'être une spécialiste de Google Analytics.

    L'important n'est pas de toute façon d'avoir beaucoup de visiteurs, mais d’apporter quelque chose à ceux qui viennent et donc de cibler les lecteurs qui peuvent être intéressés par mes articles (peut-être vous ?), afin de partager avec eux sur des passions communes. D’où l'idée de créer une page Facebook pour le Pigeon migrateur. Vous pouvez la retrouver ici : https://www.facebook.com/LePigeonmigrateur/. Et voici un petit aperçu :

    Le Pigeon migrateur est sur Facebook

    Que pourrez-vous trouvez sur cette page ? Tout d'abord des liens vers les articles du blog, mais aussi des photos inédites, des infos sur les thèmes du blog, des liens vers d'autres sites et d'autres blogs qui me paraissent intéressants à partager avec vous.

    Si vous avez un peu suivi l'événement #CoulissesDuBlog, vous aurez remarqué que je me suis débrouillée pour faire 2 articles en un, en effet le thème de la semaine dernière était Facebook ! C'est ce qui m'a donné l'idée de créer la page.

    Vous pouvez lire les autres participations sur ce thème ici : http://www.trucsdeblogueuse.com/coulissesdublog4.

    Et pour participer à cet événement, voici les conditions : http://www.trucsdeblogueuse.com/evenement-coulisses-du-blog-2017.

    A très bientôt sur le Pigeon migrateur et sur sa nouvelle page Facebook.


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    Face au Centre Pompidou, familièrement appelé "Beaubourg", sur un des côtés de la place Georges-Pompidou, se trouve un bâtiment de faible hauteur, l'atelier Brancusi, reconstitution de l'atelier de l'artiste Constantin Brancusi. Ce lieu se visite gratuitement tous les après-midi sauf le mardi, pour plus d'informations suivre le lien : https://www.centrepompidou.fr/fr/Collections/L-atelier-Brancusi. Une visite que je n'ai pas encore faite, mais si je vous en parle c'est aussi parce que ce bâtiment est le rendez-vous des pigeons du quartier. Ces derniers sont soit perché sur le toit, soit affairé à picorer tout ce que les passants laissent tomber au sol devant le bâtiment. Malgré les piques anti-pigeons disposés sur le bâtiment ils ont l'air de réussir à y nicher. Les pigeons sont tellement nombreux ici que l'on y entend un roucoulement continu et diffus, une douce musique qui change du bruit de la circulation.

    Les rats volants de Paris

    Pigeons picorant au sol ... 

    Les rats volants de Paris

    ou se reposant sur la toiture de l'Atelier Brancusi.
     

    Les rats volants de Paris

     Celui-ci est équipé pour affronter l'hiver qui est rude cette année.

     

    Les Pigeons de ville sont issus des différentes races de pigeons domestiques retournés à la vie sauvage au cours du XXème siècle. Le Pigeon biset (Columba livia) qui vit à l'état sauvage dans les falaises, a été domestiqué très tôt, probablement dès la Préhistoire. Sa domestication est attestée en Mésopotamie il y a environ 5000 ans, chez les Égyptiens au temps des pharaons et chez les Romains ... Le pigeon domestique était élevé pour sa viande mais servait aussi à transporter des messages en particulier en temps de guerre. Plus récemment, les colombophiles se sont intéressés à l'aspect ornemental de ces oiseaux en sélectionnant différents caractères décoratifs du plumage, et à leurs performances en vol en organisant des courses de pigeons voyageurs.

    Cependant, depuis le milieu du XXème siècle, la place du pigeon dans les sociétés humaines a changé : avec l'abandon progressif des pigeonniers de ferme parfois dès le XIXème siècle, de nombreux pigeons sont retournés à l'état sauvage, mais la plupart sont restés dans les villages et les villes, profitant d'une part de l'abondance de nourriture disponible auprès de l'homme, et d'autres part des bâtiments qui leur procurent logement et chauffage. En effet, le Pigeon biset sauvage niche en falaise. Ce type d'habitat n'étant pas courant en ville ni dans les campagnes cultivées, c'est naturellement que les individus domestiques échappés ont adopté nos construction de pierre (ou de parpaing) comme falaise artificielle. La cohabitation s'est longtemps faite pacifiquement, mais de nos jours nous avons du mal à accepter de partager notre espace de vie avec des espèces animales inclassables, ni domestique, ni sauvage. C'est ainsi que le pigeon de ville est devenu un "rat volant", sale et indésirable. Heureusement ce n'est pas l'avis de tout le monde ; pour ma part je pense que Paris sans les pigeons ne seraient plus la même. Ces animaux, si on prend la peine de les observer, sont aussi fascinants que n'importe quelle autre espèce, et s'ils vivent dans nos villes, ce sont bien les humains les seuls responsables !

    Voir le bel article paru récemment dans la presse : http://www.liberation.fr/debats/2016/12/22/rats-pigeons-lapins-ces-animaux-dont-les-villes-ne-veulent-plus_1536906

    Les rats volants de Paris

     Les coloris variés montrent l'origine domestique de ces oiseaux.

     

     Les rats volants de Paris

    Le plumage de ce pigeon se rapproche de celui du pigeon biset sauvage.

     

    Les rats volants de Paris

      Un juvénile, photographié comme les autres pigeons de l'article à la mi-janvier.

     

    Le Pigeon biset sauvage élève jusqu'à 3 couvées par an, entre fin février et octobre. Voir la fiche oiseaux.net ici : http://www.oiseaux.net/oiseaux/pigeon.biset.html. En ville, la reproduction dure toute l'année. Certains couples de pigeons recommencent à couver alors que les jeunes de la couvée précédente ne sont pas encore envolés. Croiser de jeunes pigeons en janvier n'est donc pas exceptionnel. A ce rythme, on peut comprendre que les villes cherchent à limiter le nombre de pigeons. Cependant il n'y a qu'une solution efficace pour cela : limiter l'apport en nourriture. Si les pigeons doivent se déplacer et passer beaucoup de temps à rechercher leur nourriture, ils auront moins d'énergie à consacrer à la ponte et à la couvaison, ainsi le nombre de jeunes élevés par an sera plus faible. C'est pourquoi dans de nombreux endroits il est interdit de nourrir les pigeons, en fin de compte pour leur bien car ils sont mieux tolérés par les humains s'ils ne prolifèrent pas.

    Je vous propose ci-dessous d'autres portraits de pigeons toujours à Beaubourg, avec une petite plongée dans la foule.

    Les rats volants de Paris

     

    Les rats volants de Paris

     

    Les rats volants de Paris

     

    Les rats volants de Paris

     

    Les rats volants de Paris

     

    Les rats volants de Paris

     

    J'espère que cet article vous fera regarder d'un autre œil les rats volants de nos villes, sans qui nos rues et nos places seraient bien tristes. Pour mieux connaître les pigeons de ville, vous pouvez aussi consulter ce site : Des pigeons et des hommes


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    Cet article fait partie de l’événement interblogueurs #CoulissesDuBlog créé par Mia, du blog Trucs de Blogueuse. Cette semaine le thème est l’orthographe.

    J'aurais pu vous parler seulement des fautes d'orthographe, et d'autres petites choses comme les erreurs de typographie, mais j'ai en plus voulu étendre le sujet vers le principal thème de mon blog : l'ornithologie. Vous ne voyez sans doute pas le rapport pour l'instant ...

    Pour moi, une orthographe correcte est indispensable, d'une part par respect pour le lecteur, et d'autre part parce que l'orthographe permet à tous ceux qui communiquent par écrit dans la même langue de se comprendre facilement. Bien sûr, tout le monde peut faire des fautes de temps en temps mais certains ne font aucun effort pour ne pas en faire en particulier sur les réseaux sociaux. Trop de fautes nuisent à la compréhension du message, et dans ces conditions j'ai tendance à ne pas lire. C'est celui qui émet un message qui doit s'assurer qu'il est intelligible.

    En plus de l'orthographe, il y a 2 choses qui m'agacent particulièrement sur les réseaux sociaux et certains sites Internet : les fautes de typographie (par exemple en français on ne met pas d'espace avant une virgule, par contre on en met une avant le point d'exclamation et avant les deux-points) et l'écriture dite "non sexiste" (comme ce début de phrase trouvée sur le site d'une université parisienne : "Futur.e.s bachelier.e.s ou étudiant.e.s [...] vous êtes amené.e.s à saisir vos vœux") que je trouve totalement grotesque et illisible.

    Comme je l'ai écrit plus haut, l'orthographe est donc un langage commun que nous partageons avec ceux qui nous lisent.

    Pour décrire le vivant et les différentes espèces de plantes et d'animaux, les scientifiques ont aussi adopté un langage commun (et international) : la classification binomiale, formée à partir du Latin. Chaque espèce possède un nom composé de 2 mots, le premier désigne le genre et prend forcément une majuscule, le second désigne l'espèce et commence par une minuscule.

    Par exemple les 2 espèces de Pinson que l'on observe en France, le Pinson des arbres (sédentaire) et le Pinson du Nord (hivernant) sont cousin et appartiennent au même genre (Fringilla) mais pas à la même espèce :

    Noms d'Oiseaux

    Pinson des arbres - Fringilla coelebs

     

    Noms d'Oiseaux

    Pinson du Nord - Fringilla montifringilla

     

    Comment nommer les sous-espèces ?

    Les populations de certaines espèces d'êtres vivants séparées à un moment donné de leur évolution par une barrière géographique peuvent avoir donné naissance à des sous-espèces. Le nom de la sous-espèce est ajouté après le nom de l'espèce, en 3ème position.

    Généralement la première sous-espèce décrite par les scientifiques porte un nom de sous-espèce identique à celui de l'espèce, on dit que c'est la sous-espèce nominale. Par exemple Aegithalos caudatus caudatus désigne la sous-espèce nominale de la Mésange à longue queue. Cette espèce a été décrite par Linné en 1758. C'est ce même Linné, naturaliste Suédois, qui a fondé les bases du système moderne de la nomenclature binominale. En Suède les Mésanges à longue queue ont la tête toute blanche, ce sont celles décrites par Linné :

    Orthographe et Noms d'Oiseaux

    Mésange à longue queue "Nordique" - Aegithalos caudatus caudatus

     

    Parfois ces Mésanges à longue queue dites "nordiques" nous rendent visite en France durant l'hiver (c'est la cas de celle ci-dessus photographiée au Jardin des Tuileries à Paris en janvier 2011), mais la sous-espèce de Mésange à longue queue que l'on rencontre normalement chez nous a elle la tête barrée d'un large bandeau noir, et se nomme Aegithalos caudatus europaeus :

    Noms d'Oiseaux

     Mésange à longue queue "Européenne" - Aegithalos caudatus europeus

     

    Cette nomenclature commune à tous les naturalistes permet d'échanger facilement même s'ils ne viennent pas du même pays et qu'ils ne parlent pas la même langue. Cela permet aussi de s'en sortir avec des guides d'identification en anglais (pour beaucoup de région du monde, aucun guide ornithologique n'est disponible en français), et de trouver facilement des informations sur le Web au sujet d'une espèce. En particulier, je me sers du nom latin de l'espèce pour rechercher des sources documentaires sur les oiseaux du Pérou lorsque je rédige des fiches pour le site oiseaux.net. C'est beaucoup plus efficace que l'utilisation des noms locaux. En effet, en Amérique du Sud, suivant les régions, le nom d'un oiseau en espagnol varie énormément : par exemple la Sarcelle tachetée (Anas flavirostris) se nomme en principe Cerceta barcina en espagnol, mais au Pérou on l'appelle Pato barcino, alors qu'au Chili c'est Pato jergon chico.

     

    Orthographe et Noms d'Oiseaux

    Sarcelle tachetée - http://www.oiseaux.net/oiseaux/sarcelle.tachetee.html

     

    Pour finir cette article, je voudrais vous parler de ma méthode de nommage des photos, qui me permet de les classer facilement et surtout de les retrouver (je ne suis pas très organisée, alors il faut bien avoir des méthodes). Pour cela je me suis inspirée d'un article paru dans la revue d'astronomie Ciel et Espace il y a quelques années. Chaque photo que je souhaite conserver est nommée de la façon suivante : Objet_Lieu_Date_XXXX où l'objet est par exemple le nom de l'espèce d'oiseau photographiée (en français, je ne parle pas couramment la nomenclature binomiale de Linné), le lieu indique l'endroit où a été prise la photo, la date est la date de la prise de vue au format AAAAMMJJ, et les 4 derniers caractères correspondent au 4 derniers chiffres du fichier original, ce qui permet de retrouver ce dernier en cas de besoin.

    Par exemple la photo ci-dessous se nomme  ChevecheAthena_ArcySteRestitue_20120616_1445.jpg :

    Noms d'Oiseaux

     Chevêche d’Athéna, photo prise à Arcy Sainte Restitue (02) le 16 juin 2012

     

    J'espère que ces digressions sur les noms d'oiseaux en partant de l'importance de l'orthographe comme langage commun vous auront intéressé.

    Pour lire les autres participations de la semaine à l'événement #CoulissesDuBlog, allez sur ce lien : http://www.trucsdeblogueuse.com/coulissesdublog3 .

    Vous pouvez également participer à cet événement, voici les conditions : http://www.trucsdeblogueuse.com/evenement-coulisses-du-blog-2017

     


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    Si vous mettez parfois le nez dehors, vous avez dû remarquer que notre pays traverse en ce mois de janvier 2017 une période de grand froid.

    Pour résister à ces températures, nos amis les oiseaux ont besoin de manger plus qu'à l’accoutumée. En effet, contrairement à de nombreux mammifères qui passent cette période délicate en hibernant au fond d'un terrier, les oiseaux restent actifs tous l'hiver. L'entretien du plumage, qui agit à cette saison comme une véritable doudoune, et le maintien de la température corporelle de l'oiseau requièrent beaucoup d’énergie. De plus l'agriculture intensive et la disparition des haies dans les campagnes ont eu pour résultat de diminuer les ressources alimentaires disponibles pour les oiseaux dans les zones rurales.

    Que vous habitiez en ville ou à la campagne, vous pouvez aider les petites boules de plumes qui peuplent nos jardins en leur fournissant de quoi manger, surtout s'il gèle ou que la neige recouvre le sol. En cas de gel, pensez aussi à fournir de l'eau propre régulièrement.

    On peut trouver des mangeoires toutes faites dans le commerce, ou les fabriquer soi-même. Celles avec un toit sont préférables, cela permet de maintenir la nourriture au sec et d'éviter qu'elle se gâte et rende malade les oiseaux. Il faut installer la mangeoire en hauteur de façon à la rendre inaccessible aux chats. Même s'ils ont croquettes et chauffage à la maison, ils seront tentés de profiter de l'aubaine. Les oiseaux doivent aussi avoir la possibilité de quitter rapidement la mangeoire en cas d'attaque d'Épervier. Lui aussi a faim l'hiver mais il n'y a pas de raison qu'il soit le seul à pouvoir terminer son repas et que la mangeoire des passereaux deviennent sa mangeoire privée ! Un buisson ou une haie à quelques mètres de la mangeoire pourra servir d'abri aux convives en cas de danger.

    Mangeoire fait maison

    Mangeoire fait maison, fixée sur un poteau. 
    Imaginée et construite par Pascal (je suis nulle en bricolage).
    Les graines sont stockées dans un tiroir et descendent sur le plateau 
    par des bouteilles en plastique que l'on a découpées spécialement.

     

    Mangeoire suspendue

    Mangeoire du commerce, suspendue dans un arbre. 
    Moins accessible aux rongeurs (rats, écureuils) que le modèle précédent.

    Quels aliments proposer ?

    Surtout des graines (tournesol, mélange de graines pour oiseaux, arachides), des boules ou pains de graisse agrémentés de graines ou d'insectes, que l'on trouvera dans le commerce ou que l'on fabriquera soit même. Pensez à enlever les filets autour des boules de graisses, des accidents peuvent se produirent. Les Merles, les Grives et les Étourneaux apprécieront les pommes disposées sur le sol. Le riz cuit (non salé) plaira aux Corvidés et aux Étourneaux (ne donner que la quantité mangée dans la journée pour éviter qu'il ne s’abîme). Fruits sec et noix compléteront le repas de ces derniers. A proscrire pour la bonne santé des oiseaux : le pain et les aliments salés.

    Qui sont les invités ?

    Il y a d'abord les habitués, qui sont là dès l'ouverture du restaurant, au mois de novembre, et que l'on voit tout l'hiver. En général se sont des oiseaux sédentaires, qui nichent sur place au printemps.

    Dans notre refuge, mais aussi dans notre précédent jardin, tous deux situés dans le sud de l'Aisne, nous observons surtout les espèces suivantes :

    • Tous les jours ou presque : Mésanges bleues et charbonnières, Verdier d'Europe, Pinson des arbres, Rougegorge familier, Merle noir, Moineau domestique, Tourterelle turque.

    • Régulièrement : Sittelle torchepot, Mésange nonnette.

    • Plus rarement : Accenteur mouchet, Étourneau sansonnet, Chardonneret élégant, Geai des chênes, Pic épeiche.

    Ci-dessous, quelques photos des convives de notre cantine hivernale :

    Mésange bleue

    Mésange bleue sur un panier pour pain de graisse.
    Le panier peut aussi s'utiliser pour y empiler des boules de graisse débarrassées de leur filet.

     

    Mésange charbonnière

    Mésange charbonnière tenant une graine de tournesol dans sa patte.

     

    Verdiers et Pinsons à la mangeoire

    Les piliers de mangeoires : Verdiers d'Europe et Pinsons des arbres mâle et femelle.
    Souvenir de notre première mangeoire faites maison, posée au sommet du portique des enfants.
    Photo prise en mars 2013 à Couvrelles.

     

    Rougegorge familier dans la neige

    Rougegorge familier dans la neige.
    Bon client de la mangeoire mais toujours vu à l'unité car il a du mal à supporter ses congénères.

     

    Merle noir

     Le Merle noir raffole des pommes, qu'il considère comme une propriété privée
    (mais il ne fait pas le poids contre une bande d’Étourneaux)

     

    Tourterelle turque

    La plupart des mangeoires sont étudiées pour empêcher l'accès aux oiseaux plus gros 
    comme les tourterelles et les pigeons.
    Qu'à cela ne tienne, la Tourterelle turque viendra picorer les restes sous la mangeoire.
    On peut mettre un récipient au sol pour les tourterelles, mais cela a l'inconvénient d'attirer les rats.

    Sittelle torchepot

    Sittelle torchepot et Mésange charbonnière.
    La sittelle vient chercher des graines de tournesol qu'elle cachera dans une fente d'un tronc d'arbre ou une fissure de mur.

     

    Mésange nonnette

    Comme ses cousines bleues et charbonnières, la Mésange nonnette apprécie les graines de tournesol.

     

    Accenteur mouchet

    L'accenteur mouchet, avec son bec fin d'insectivore, préfère les petites graines. Faute de mieux, il viendra picorer les débris de tournesol que les autres oiseaux font tomber sous la mangeoire. 

     

    Chardonneret élégant

    Chardonneret élégant visitant notre ancienne mangeoire, mars 2013.
    A l'époque, on laissait les boules de graisses dans leur filet.
    Nous n'avons jamais eu d'accident chez nous, mais par prudence on préfère maintenant les disposer dans un panier après avoir enlevé les filets (voir photo de la mangeoire tout en haut de l'article).  

     

    Etourneau sansonnet

    L'hiver, l'Étourneau sansonnet vit en groupe.
    Chez nous ils ne viennent pas très souvent à la mangeoire, mais s'ils le font, c'est à une quinzaine.
    Alors il vaut mieux ne pas être très loin pour renouveler le stock de graines (et de pommes) après leur passage.

     

    En plus des habitués, nous avons parfois la visite d'oiseaux moins communs qui ne se rapprochent des habitations et des mangeoires qu'en cas de grand froid, ou qui viennent des régions du Nord de l'Europe pour retrouver un peu de chaleur chez nous. Ainsi nous avons pu observer certaines années le Grosbec casse-noyaux, le Tarin des aulnes, la Grive litorne et les Pinsons du Nord. En cet hiver 2016-2017, nous n'avons vu que les Grives litornes pour l'instant ...

    Grosbec casse-noyaux

    Grosbec casse-noyaux,  janvier 2016.

     

    Pinson du Nord

     Pinson du Nord,  janvier 2011.

     

    Tarin des aulnes

     Tarin des aulnes, mars 2013.
    Sur la photo, boules de graisse dans leur filet : il vaut mieux les enlever pour éviter les accidents !

     

    Les invités de la mangeoire

    Tarins des aulnes et Mésange bleue, mars 2016.
    Nous avons depuis remplacé le filet à arachides par des paniers grillagés, voir ci-dessous.
     

    Mésange bleue et distributeur à arachides

    Mésange bleue sur un panier à arachides, janvier 2017.

     

    Et au printemps, faut-il continuer à nourrir les oiseaux ?

    Surtout pas, et cela pour plusieurs raisons : au printemps, c'est la saison de la reproduction, les oiseaux ont des besoins alimentaires différents. Les nourrir avec de la nourriture "hivernale" peut amener des carences chez les oisillons. La plupart des espèces de passereaux nourrissent leur petits avec des insectes, des larves et des vers, riches en protéines nécessaires à la croissance des jeunes. En plus ils débarrasseront votre jardin des parasites : les moineaux consomment de nombreux pucerons, les mésanges toutes sortes de petits insectes, araignées, chenilles, les merles et étourneaux nourrissent leur progéniture avec des vers, des larves et des limaces, les grives se sont spécialisées dans les escargots ... C'est aussi la saison de l'apprentissage pour les juvéniles sortis du nid : ils doivent devenir autonomes et capables de trouver leur nourriture par eux-mêmes. Leur mettre des mangeoires à cette période là en ferait des assistés incapables de se débrouiller tout seul ! Enfin lorsque les températures augmentent, la forte concentration de nourriture et d'oiseaux sur une mangeoire favorise l'apparition d'épidémie.

     

    En résumé, voici les 5 règles à respecter pour un nourrissage réussi :

    1. Ne pas donner de pain ni d'aliments salés

    2. Enlever les filets autour des boules de graisse

    3. Proposer de l'eau en cas de gel

    4. Rendre la mangeoire inaccessible aux chats

    5. Nourrir seulement en hiver

     

    N'hésitez pas à laisser des commentaires si vous avez d'autres conseils à donner, et si vous observez d'autres espèces sur vos mangeoires. 

    Je vous souhaite un bel hiver et de belles observations. 


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