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    Après le lagon, nous revoici au Jardin des Colibris pour une série sur le Pic de la Guadeloupe (Melanerpes herminieri), photographié avec talent par Pascal dans le petit bois derrière la piscine, pendant que j'étais occupée à observer Bernard le Bernard-l'Hermite qui rodait près de notre logement.

    Le Pic de la Guadeloupe, appelé Tapeur ou Totobois en Créole, est l'oiseau à ne pas rater lors d'un séjour en Guadeloupe. En effet c'est le seul oiseau strictement endémique de l'île, on ne le trouve nulle part ailleurs. Il est assez commun partout en Guadeloupe, mais plus à Basse-Terre qu'à Grande-Terre.

    C'est un pic de taille similaire à notre Pic épeiche (donc plutôt moyen), de couleur sombre, presque noire, avec des reflets rouge foncé sur le dessous. Toujours dans les arbres, il est assez discret. On le repère généralement au bruit lorsqu'il tape sur les troncs d'arbre. Il se nourrit d'insectes, de fruits et de petits animaux (grenouilles etc.).

    Le Pic de la Guadeloupe est nicheur depuis quelques années au Jardin des Colibris. Nous l'avons aussi observé au Jardin Botanique de Deshaies et au Parc Aquacole de Pointe Noire (où je vous emmènerai bientôt).

    Pour en savoir plus sur l'espèce c'est ici : http://www.oiseaux.net/oiseaux/pic.de.la.guadeloupe.html.

     

    Le Pic de la Guadeloupe

     

    Le Pic de la Guadeloupe

     

    Le Pic de la Guadeloupe

     

    Le Pic de la Guadeloupe

     

    Le Pic de la Guadeloupe

     

    Je profite de cet article pour relayer l'appel au don de l'association LADeL, Les Amis de Lazare, qui fait un super travail de promotion, de conseil et de sauvegarde pour ces oiseaux mal aimés et mal connus. Lazare, l'ambassadeur de l'association, et les corvidés recueillis au sanctuaire ont besoin d'aide pour rénover leurs volières, vétustes et attaquées par les rats depuis que des chasseurs ont éliminés la Renarde qui régulait la population locale de rongeurs. Vous pouvez aussi acheter le calendrier 2018 de Lazare, les bénéfices sont pour l'association.


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    Par un froid matin de novembre, la mangeoire, remise en service depuis le début du mois, connaissait une affluence exceptionnelle : en plus des habitués (Mésanges bleues, charbonnières et nonnettes, Verdiers, Pinsons des arbres, Tourterelles turques, Merles noir, Moineaux domestiques, Sittelles torchepot), voici que nous avons la visite du Pic épeiche, d'un Chardonneret élégant, d'une troupe de 8 Pies bavardes et d'un Grosbec casse-noyaux. 

    En début d'après-midi cependant ce n'est pas une bête à plume qui est passé jeter un œil aux pommes et restes de graine sous la mangeoire. Un jeune Hérisson a tranquillement traversé la pelouse, cherchant quelques friandises et profitant des derniers rayons du soleil avant sans doute d'aller se chercher un abri pour passer l'hiver.

    Le petit hérisson

     

    Le petit hérisson

     

    Le petit hérisson

     

    Le petit hérisson

     

    Le petit hérisson

     

    Une bien jolie rencontre pour un dimanche après-midi, plus coopératif que les pies qui s'envolent au moindre regard depuis la fenêtre de la cuisine.

     


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    Voici la deuxième partie de notre sortie en bateau dans le lagon de Guadeloupe avec Alex de Passion Bleue Caraïbe. Après avoir pataugé au bord des îlets avec appareil photo et/ou palmes et tuba, la demi-journée se termine à l'Île aux Oiseaux (on n'y accoste pas, le bateau se gare à distance pour ne pas déranger les volatiles). Entièrement recouverte de palétuviers, elle sert de dortoir à de nombreux oiseaux marins. Il y a des Pélicans bruns (Pelecanus occidentalis) que je vous ai déjà présentés ici : Visite du lagon 1er épisode et ici : Les Grands Gosiers, des Frégates superbes, que nous avions déjà observés plusieurs fois en vol mais jamais posées, et toute une collection de hérons blancs plus ou moins grands.

    Voici d'abord les Frégates superbes (Fregata magnificens) : le mâle est entièrement noir, et possède une sorte de poche gonflable rouge vif à la gorge. Cette poche est appelée sac gulaire. Chez la Frégate il est utilisé lors de la parade nuptiale. Nous n'avons pas eu le droit à ce spectacle mais c'était tout de même fabuleux de les voir d'aussi près.

    Frégate superbe - Île aux oiseaux

     

    Frégate superbe - Île aux oiseaux

     

    La femelle Frégate superbe est noire comme le mâle mais sa gorge est blanche. Au dortoir ces grands voiliers des mer cohabitent pacifiquement avec les Hérons - ici un Héron garde-bœufs.

    Frégate superbe - Île aux oiseaux

    Les juvéniles quant à eux sont gris foncé avec la tête blanche. On retrouve ces colorations différentes du mâle, de la femelle et du juvénile chez d'autres espèces de Frégate comme la Frégate du Pacifique. La Frégate superbe est cependant la plus grande de toute (2,4 m d'envergure). La toilette et l'entretien des plumes comme chez tous les oiseaux est une activité vitale. Cependant, contrairement à celui de nombreux oiseaux marin, le plumage de la Frégate n'est pas imperméable. C'est pour cela qu'elle est incapable de nager et qu'elle ne plonge pas, se contentant d'attraper des proies à la surface et derrière les bateaux de pêches.

    Frégate superbe - Île aux oiseaux

     

    Frégate superbe - Île aux oiseaux

     

    Passons maintenant aux Hérons. Ce soir là nous avons eu la chance d'observer 4 espèces de Hérons blancs (enfin sur place on en a vu 3, la 4ème était cachée sur les cartes mémoires). Tout d'abord la plus majestueuse de toute, la Grande Aigrette (Ardea alba), espèce d'aire de répartition mondiale, que l'on observe de plus en plus couramment en métropole. Déjà perchée sur les palétuviers, celle-ci était fort occupée à sa toilette. En plumage inter-nuptial, la Grande Aigrette a le bec jaune et les pattes noires.

    Grande aigrette - Île aux oiseaux

     

    L'espèce que l'on trouve en plus grand nombre sur l'Île aux oiseaux, c'est le Héron garde-bœufs (Bubulcus ibis), presque deux fois plus petit que la Grand Aigrette. Comme cette dernière, le Héron garde-bœufs s'observe sur tous les continents, même s'il apprécie peu les régions froides, son régime alimentaire étant composé majoritairement d'insectes (alors que la Grande Aigrette consomme des poissons mais aussi des amphibiens, petits mammifères etc.). En plumage inter-nuptial, le bec du Héron garde-bœufs est orange et les pattes sont sombres.

    Héron garde-boeuf - Île aux oiseaux

     

    L'Aigrette neigeuse (Egretta thula) est légèrement plus grande que le Héron garde-bœufs, à peu près de la taille de notre Aigrette garzette. C'est une espèce répandue uniquement sur le continent américain. On la reconnait à son bec et ses pattes noires contrastant avec les lores et les pieds jaunes vifs. Ici, elles sont beaucoup moins nombreuses que les Hérons garde-bœufs.

    Aigrette neigeuse - Île aux oiseaux

     

    Enfin, voici la surprise découverte au retour du voyage : une Aigrette bleue (Egretta caerulea) juvénile. L'Aigrette bleue, qui est aussi une espèce américaine, a un plumage assez particulier : les juvéniles sont entièrement blancs alors que les adultes sont gris-bleu assez sombre avec la tête et le cou tirant sur le violet. On différencie les jeunes Aigrettes bleues des autres Hérons blancs grâce aux plumes grisâtres qui apparaissent sur les ailes, et à la couleur du bec qui est gris avec la pointe noire. C'est une Aigrette de taille moyenne, un peu plus grande que l'Aigrette neigeuse. Les pattes sont verdâtres à tout âge. 

    AIgrette bleue - Île aux oiseaux

     

    Pour en savoir plus, je vous invite à consulter les fiches de ces espèces ici :

     

    Face à l'Île aux oiseaux, se trouve une autre merveille du lagon, l'Îlet blanc. Cet îlet est très jeune, puisqu'il est apparu sous l'action du cyclone Hugo en 1989. A la fin printemps et en été, il est interdit de l'approcher et encore moins d'y débarquer, car une colonie de Sternes vient s'y reproduire (les sternes font leur nid au sol). Le reste de l'année c'est le royaume des Bernard-l’Hermite, qui acceptent de partager leur petit paradis avec les touristes. Ici contrairement à celui croisé au Jardin des colibris (voir Jo, Bernard et les autres ...), ce sont de petits formats.

    Ilet blanc

     

    Bernard l'Hermitte - Îlet blanc

     

    Bernard l’Hermite - Îlet blanc

     

    De retour sur le bateau, Alex nous propose de profiter du coucher de soleil en dégustant son ti-punch maison. L'occasion de partager nos impressions avec nos compagnons d'un après-midi.

    Coucher de soleil à l'Île aux oiseaux

     

    Coucher de soleil à l'Île aux oiseaux

     

    Coucher de soleil à l'Île aux oiseaux

     

    Nous avons passé quelques heures inoubliables sur ce bateau, même si le soleil était un peu timide ce jour là. Pour visiter le Grand-Cul-de-Sac-Marin lors d'un séjour en Guadeloupe, n'hésitez pas à choisir Passion Bleue Caraïbe


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    L'automne voit arriver dans nos jardins de nombreux oiseaux que l'on ne voit pas habituellement : Grives mauvis, Mésanges noire, Grosbec casse-noyaux ... pour ne citer que quelques uns.

    Le Roitelet triple-bandeau (Regulus ignicapilla) en fait partie. En Picardie, il est est nicheur surtout dans les forêts de l'Oise et de l'Aisne (Compiègne, Retz, Saint-Gobain et Saint-Michel), contrairement à son cousin le Roitelet huppé que l'on trouve aussi nicheur dans les parcs et jardin, de préférence lorsqu'ils sont plantés de résineux.  

    Les observations de Roitelet triple-bandeau en dehors des forêts concernent essentiellement des individus en migration. Dans notre refuge (grand parc arboré) on l'observe surtout à l'automne et au printemps, pratiquement chaque année.

    Les 3 premières photos ci-dessous ont été prises dans notre vénérable pommier, un après-midi d'octobre 2013. J'ai noté seulement 2 observations automnales de l'espèce chez nous : le 6 octobre 2013 et le 15 septembre 2017. Sur ces photos, on voit bien le sourcil blanc qui différencie le Roitelet triple-bandeau du Roitelet huppé.

    Roitelet triple-bandeau

     

    Roitelet triple-bandeau

     

    Roitelet triple-bandeau

     

    Les observations au printemps sont plus fréquentes : mars-avril 2014, mars 2015, 2016 et 2017. Les photos ci-dessous ont été prises le 26 mars dernier dans notre bouleau pleureur, qui heureusement n'avait pas encore de feuille. Beaucoup de photos sont parties à la poubelle, car les roitelets ont la bougeotte et les conditions de lumière en fin d'après-midi étaient difficiles. La huppe dressée aux nuances orangées font penser qu'il s'agit d'un mâle.

    Roitelet triple-bandeau

     

    Roitelet triple-bandeau

     

    Roitelet triple-bandeau

     

    Roitelet triple-bandeau

     

    Je vous souhaite un bon dimanche malgré la météo, plein de belles observations. N'oubliez pas de remplir vos mangeoires (conseils ici : Il fait froid, remplissez les mangeoires !), en plus d'aider les oiseaux à passer la mauvaise saison vous aurez peut-être l'occasion d'y voir des espèces inhabituelles (chez nous ce matin un Grosbec casse-noyaux, et à l'instant un Épervier - bon lui ne mange pas les graines mais plutôt les convives).


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    Coincé entre Basse-Terre et Grande-Terre, la baie du Grand-Cul-de-Sac-Marin est le plus grand lagon des Petites Antilles. Bordé côté mer par une barrière de corail et coté terre par des mangroves et des marécages, c'est un véritable paradis pour la faune marine et pour les oiseaux. Plusieurs possibilités s'offre au visiteur pour le découvrir : excursion en bateau à moteur, balade en kayak ... Conseillés par nos hôtesses du Jardin des Colibris, nous avons choisi l'excursion proposée par Alex de Passion Bleu Caraïbe, à la demi-journée. Très bon choix que je recommande !

    Nous arrivons en fin de matinée sur le port de Sainte-Rose, départ de l'excursion. La météo n'est pas au beau fixe, mais normalement la sortie n'est pas annulée. Les Pélicans bruns (Pelecanus occidentalis) attendent tranquillement le retour des pêcheurs sur le port. Ils ne sont absolument pas farouches. Quelques Frégates superbes (Fregata magnificens) parcourent le ciel au dessus des quais. Comme nous avons un peu de temps avant l'heure du départ, nous allons déjeuner chez Mamie Geneviève, sur la place principale de Sainte-Rose : cuisine simple et copieuse, bon marché, service rapide et dans la bonne humeur ! Pour accéder à la place à pied depuis le port, on traverse le pittoresque cimetière qui surplombe la mer.

    Pélican brun - Sainte Rose

     

    Pélican brun - Sainte Rose

     

    Pélican brun - Sainte Rose

     

    Puis c'est l'heure de l'embarquement. Nous somme une dizaine à monter à bord avec Alex, qui fournit masque et tuba à ceux qui ne sont pas équipés. Le bateau comprend un compartiment étanche où l'on peut ranger le matériel photo pendant les trajets entre les différents sites. Prévoir maillot de bain, serviette et coupe-vent suivant la météo.

    Alex nous amène en premier dans la mangrove, où il nous explique les caractéristiques de cet écosystème si particulier et la nécessité de le protéger. Nous apprenons des tas de choses passionnantes sur les palétuviers rouges, les concombres de mer, les requins, le rôle protecteur de la mangrove contre les cyclones etc. Alex est une mine d'informations sur le sujet et sait sensibiliser son public sans l'ennuyer ni le culpabiliser.

    Après s'être assuré que nous sommes devenus incollables sur le palétuvier rouge, Alex nous emmène visiter les magnifiques îlets du lagon. Nous commençons par l'Îlet la Biche, un petit coin de paradis où subsiste une cabane de pêcheur. Des groupes de touristes viennent y partager des barbecues les pieds dans l'eau. Quelques mini-mangroves tentent d'y pousser. Tandis que certains recherchent éponges et oursins, nous repérons quelques Tournepierres à collier (Arenaria interpres) posés sur les tables du barbecue et sur les racines des palétuviers.

    Tournepierre à collier - Îlet la Biche

     

    Tournepierre à collier - Îlet la Biche

     

    Tournepierre à collier - Îlet la Biche

     

    Tournepierre à collier - Îlet la Biche

     

    Tournepierre à collier - Îlet la Biche

     

    Tournepierre à collier - Îlet la Biche

     

    Mini mangrove - Ilet la Biche

     

    Le deuxième îlet, c'est l'Îlet Caret. Sur les brochures touristiques, il apparaît encore souvent avec ses palmiers posés sur le sable blanc. Mais lorsque nous y sommes passé, il n'y avait plus que de la végétation rase. Ces îlets sont très fragiles, ils changent fréquemment de forme avec la houle. La fréquentation touristique n'arrange sans doute pas les choses, mais d'un autre côté cela permet de les faire connaître et donc de mieux les protéger. Ici l'eau est plus profonde et c'est un peu périlleux d'atteindre l'îlet avec l'appareil photo. Comme à la Biche, des Tournepierres à collier vaquent à leurs occupations. Une Sterne royale (Thalasseus maximus) prend la pose sur une structure en bois échouée près de l'îlet. Sur le rivage, quelques Bécasseaux sanderling (Calidris alba) font la course avec les vagues ou se cachent dans le sable.

    Tournepierre à collier - Îlet Caret

     

    Sterne royale - Île Caret

     

    Sterne royale - Îlet Caret

     

    Becasseau sanderling - Îlet Caret

     

    Becasseau sanderling - Îlet Caret

     

    Becasseau sanderling - Îlet Caret

     

    Becasseau sanderling - Îlet Caret

     

    Becasseau sanderling - Îlet Caret

     

    Les étapes suivantes sont consacrées à l'observation de la faune sous-marine, à la barrière de corail et à l'épave. Pas très courageux, nous sommes restés la plupart du temps sur le bateau pendant que d'autres passagers plongeaient dans l'aquarium d'Alex.

    Ici se termine la première partie de l'excursion, dans un prochain article nous irons à l'Île aux oiseaux et à l'Îlet Blanc.


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