• Pérou

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    C'est déjà la fin du voyage. Nous avons bien essayé de négocier une heure ou 2 de plus avec le responsable du lodge Eco Amazonia mais il est intraitable : un seul bateau part pour Puerto Maldonado et c'est à 7h. Dommage car notre avion pour Lima ne décolle qu'à 14h ... 

    Heureusement que les Cassiques nous réveillent dès le lever du soleil, on pourra en profiter pour faire quelques observations intéressantes avant de partir. 

    Les photos ci-dessous montrent un Cassique roussâtre (Psarocolius angustifrons) en plein aménagement de son nid, qui est loin d'être fini. La construction des nids des Cassiques demande beaucoup d'adresse et de travail : il faut 3 à 5 semaines pour achever l'ouvrage, réalisé par la femelle seule. En effet, chez les différentes espèces de Cassique, c'est la femelle qui construit le nid, couve les œufs et nourrit les petits. Le mâle, généralement polygame, défend la colonie, mais passe aussi beaucoup de temps à chanter et à parader.

    Cassique roussâtre

     

    Cassique roussâtre

     

    Cassique roussâtre

     

    L'Amazonie péruvienne, c'est aussi un refuge pour plusieurs espèces de passereaux migrateurs qui se reproduisent plus au sud pendant l'été Austral. Voici une petite troupe de Sporophiles à col double (Sporophila caerulescens), granivores de la taille de nos Serins, que l'on peut observer au Pérou de mai à novembre. Les coloris du mâle font penser à notre Moineau domestique. On le reconnaît à son bec jaune et à son double collier blanc et noir. La femelle est gris-brun clair, sans motif particulier, et de ce fait difficile voir impossible à différencier d'autres espèces de Sporophiles présentes au Pérou. 

     Sporophile à col double - Madre de Dios

     

    Sporophile à col double

     

    Sporophile à col double

     

    Sporophile à col double

     

    Avant de prendre notre bateau, un dernière photo : un Tangara à bec d'argent (Ramphocelus carbo), espèce déjà observée le jour précédent à l'île aux Singes. C'est un oiseau commun et répandu dans toute l'Amazonie.

    Tangara à bec d'argent

     

    Puis c'est le moment du départ. Les deux heures de navigation jusqu'à Puerto Maldonado nous permettent de profiter jusqu'à la fin du Rio Madre de Dios et de savourer l'immensité du fleuve et de la forêt. 

    Au loin, sur un banc de sable, nous apercevons 2 Spatules rosées (Platalea ajaja) et un Héron cocoi (Ardea cocoi). Dommage le bateau ne s'approchera pas.

    Madre de Dios

     

    Cachée dans la végétation du rivage, une Buse à gros bec (Rupornis magnirostris) observe les alentours en quête de proie pour son petit déjeuner.

    Buse à gros bec

     

    Ici le fleuve est la seule voie de communication, hommes et marchandises l'empruntent sur diverses embarcations.

    Madre de Dios

     

    Perché au dessus de l'eau, un Tyran licteur (Philohydor lictor) attend patiemment qu'un insecte apparaissent dans son champ de vision.

    Tiran licteur

     

    Les rives du fleuve défilent sous nos yeux, la végétation toujours luxuriante change suivant les secteurs, se colorant de toutes les nuances de vert, mais aussi de vermillon. 

    Madre de Dios

     

    Madre de Dios

     

    Puis c'est l'arrivée à Puerto Maldonado. Le tout nouveau pont suspendu, inauguré en 2011, est une pièce maîtresse de la route interocéanique qui relie désormais l'Océan Pacifique à l'Océan Atlantique en passant par le Pérou, le Chili, la Bolivie et le Brésil. Cette route est un facteur de développement pour ces régions auparavant difficiles d'accès, un atout économique notamment pour la Bolivie qui a perdu son accès à la mer à la fin du XIXème siècle suite à une guerre contre le Chili. Cependant c'est aussi un risque pour l'environnement, l'activité des narcotrafiquants et des mines d'or illégales étant facilitée par la proximité de cet axe.

    Puerto Maldonado

     

    C'est la tête pleine d'images de ce pays magnifique que nous rejoignons les salles climatisées de l'aéroport de Puerto Maldonado, avec un seul regret, celui de ne pas être resté plus longtemps à chaque endroit.

    S'il fallait établir un classement des sites que j'ai préféré, j'y mettrais certainement Arequipa, le Canyon de Colca, Chinchero, le Machu Pichu et bien sûr l'Amazonie péruvienne, qui mériterait bien plus que 2 nuits sur place.

    L'aventure continue sur Oiseaux.net avec la rédaction de fiches d'oiseaux péruviens observés au cours de notre voyage ... 

    A bientôt pour d'autres découvertes.


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    Avant-dernier jour de notre voyage au Pérou en août 2015. Le réveil est programmé à 5h pour une longue ballade jusqu'à la "Cocha Perdida", un marécage perdu dans la forêt. Certains tronçons se font à pied, le reste en pirogue. Au cours de cette sortie nous découvirons une partie de la faune et de la flore de la région, sans garantie sur les espèces observées car les animaux sauvages ne se commandent pas. Le guide nous explique que certains jours les touristes ont la chance de voir un jaguar, un tapir ou un anaconda. Ce ne sera pas notre cas, mais l'énorme tarentule noire et velue que le guide fait sortir de son terrier avec un bâton c'est déjà pas mal.

    Côté avifaune, beaucoup d'espèces observées, et un beau stock de photos à trier au retour. Voici les plus réussies.

    Sur un arbre au milieu d'une mare, on retrouve une petite colonie de Cassique cul-jaune (Cacicus cela), cependant bien moins importante que celle du lodge.
     

    Cassique cul-jaune - Cocha perdida

     

    Arrivé à la Cocha Perdida, nos embarcations glissent silencieusement sur les eaux sombres du marécages. On n'arrive pas à distinguer les piranhas et autres poissons qui les peuplent, mais d'autres sont plus malins que nous.

    Le Héron strié  (Butorides striata) par exemple a mis au point une méthode de pêche très efficace. Il capture de petits insectes, pas pour les consommer, mais pour s'en servir comme appâts !

    Héron strié - Cocha perdida

     

    Héron strié - Cocha perdida

     

    Héron strié - Cocha perdida

     

    Héron strié - Cocha perdida

     

    Pendant ce temps les caïmans ne perdent pas une miette du spectacle. Seuls leurs yeux dépassent de l'eau.

    Caïman - Cocha perdida

     

    La suite de la ballade nous offre de belles rencontres avec des espèces d'oiseaux très variées. Ce Tyran sociable (Myiozetetes similis) est observé tout seul sur sa branche.
     

    Tyran sociable - Cocha perdida

     

    Le Milan Bleuâtre (Ictinia plumbea) est un petit rapace (de la taille d'un épervier), qui se nourrit surtout d'insectes et parfois d'escargots :
     

    Milan bleuâtre - Cocha perdida

     

    Les perruches et perroquets font partie des oiseaux les plus connus des zones tropicales. Ce jour là nous croisons une troupe de Conures de Weddel (Aratinga weddellii), une perruche de taille moyenne, de couleur verte (plutôt classique pour une perruche). Elle se différencie d'autres espèces proches par sa tête grise et ses yeux entourés d'une zone de peau blanche.
     

    Conure de Weddell - Cocha perdida

     

    Plus loin, au sommet d'un arbre, nous apercevons un Kamichi cornu (Anhima cornuta). Cet oiseau étrange est un lointain parents des canards et des oies. De taille similaire à nos Oies cendrées, il vit paisiblement dans les forêts humides où il se nourrit essentiellement de végétaux, en broutant à la manière des oies. Quand il est inquiété il se réfugie au sommet des arbres.

    Kamichi cornu - Cocha perdida

     

    Un Troglodyte à miroir (Donacobius atricapilla) chante perché sur un arbrisseau. Nous avons déjà rencontré cette espèce le jour précédent avec les Hoazins huppés. Voir l'article 19 août 2015 : La lagune Caïman.

    Donacobe à miroir - Cocha perdida

     

    La photo de Jacamar roux (Galbalcyrhynchus purusianus) ci-dessous est un peu spéciale, puisque c'est la première photo de l'espèce publiée sur le site Oiseaux.net. Il n'est pas particulièrement rare dans son aire de répartition (une zone au centre de l'Amazonie, à cheval sur le Brésil, le Pérou et la Bolivie), mais il fallait tomber dessus. Les Jacamars sont apparentés aux Pics et aux Toucans. De taille moyenne, on les reconnait à leur pattes très courtes et à leur long bec. Ils se nourrissent surtout d'insectes. Plus d'infos en suivant le lien http://www.oiseaux.net/oiseaux/jacamar.roux.html.

    Jacamar roux - Cocha perdida

     

    Le retour au lodge pour le déjeuner se fait en pirogue à moteur le long des rives du Madre de Dios. Ce petit trajet sur le fleuve nous permet d'observer des tortues dont la tête est couvertes de papillons. Ceux-ci butinent les larmes des tortues pour subvenir à leur besoin en sel ...

    Tortue et papillons - Madre de Dios

     

    Plus loin, une Aigrette neigeuse (Egretta thula) survole le fleuve. Ce héron blanc, de taille similaire à notre Aigrette garzette, se rencontre du nord au sud du continent américain.

    Aigrette neigeuse - Madre de Dios

     

    Après le déjeuner, la chaleur écrasante nous fait hésiter à participer à la 2ème sortie de la journée ... En attendant l'heure du rendez-vous, on peut faire connaissance avec d'autres habitants du lodge, comme ce Tangara des palmiers (Thraupis palmarum) qui se promène sur les poutres ... Espèce déjà rencontrée à Machu Picchu Pueblo, voir ici : 18 août 2015 : L'énigme du Machu Picchu.

    Tangara des palmiers - Madre de Dios

     

    Voici maintenant les 2 mascottes du lodge, inséparables, un Ara bleu (Ara ararauna) et un Ara rouge (Ara macao). En revenant de la 2ème ballade, on croisera une petite troupe d'Aras rouges sauvages ... mais nos deux amis sont plus faciles à prendre en photo.


    Ara bleu et Ara rouge

     

    Ara bleu - Madre de Dios

     

    Ara rouge - Madre de Dios

     

    Une dernière espèce avant de repartir en ballade, l'Organiste à bec épais (Euphonia laniirostris). De récentes recherches génétiques semblent montrer que les Organistes (genre Euphonia) sont apparenté à nos pinsons, verdiers etc. alors qu'avant ils étaient classés dans une famille de passereaux du Nouveau Monde, les Thraupidae (dont font partie les Tangaras). Ils sont en tout cas bien jolis à photographier.

    Organiste à bec épais - Madre de Dios

     

    On se décide finalement pour la sortie de l'après-midi, à l'île aux Singes. Située au milieu du Madre de Dios, cette île abrite plusieurs espèces de singes. La plupart sont des animaux qui se trouvaient illégalement en captivité et qui réapprennent ici la vie en forêt. Pas sûr que les bananes et les bouteilles d'eau offertes par notre guide les aident dans leur apprentissage, mais au moins ici ils sont libres et heureux. Je ne m'y connais pas trop en singe, aussi je vous laisse regarder les photos :

    Singe - Madre de Dios

     

    Singe - Madre de Dios

     

    Singe - Madre de Dios

     

    Singe - Madre de Dios

     

    Il n'y a pas que des singes sur l'île, la preuve ce Tangara à bec d'argent (Ramphocelus carbo) - et oui encore un Tangara :

    Tangara à bec d'argent - Madre de Dios


    A notre arrivée sur l'île, des Urubus noirs traînaient sur la plage (les mêmes qu'à Lima, voir ici : 6 août 2015 : Les Vautours de Lima). Lorsque nous quittons nos amis les singes, ce sont de petits limicoles que l'on aperçoit sur le sable. Ci-dessous un Gravelot d'Azara (Charadrius collaris), un Gravelot que l'on rencontre surtout en Amérique du Sud :

    Gravelot d'Azara - Madre de Dios

     

    Et pour finir la journée un Chevalier à pattes jaunes (Tringa flavipes), un migrateur au long cours qui niche au Canada et en Alaska :

    Chevalier à pattes jaunes - Madre de Dios

     

    La nuit venue, pour la deuxième fois, on s'endort avec les bruits de la forêt dans les oreilles ... Une expérience inoubliable !

    Je vous dis à bientôt pour le dernier épisode du voyage. 


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    Retour au Pérou pour la dernière étape de ce voyage en famille, la découverte de l'Amazonie. Le vol de Cuzco à Puerto Maldonado ne dure qu'un heure (contre plus d'une vingtaine par la route, et encore la desserte de l'Amazonie péruvienne s'améliore d'année en année). A la descente de l'avion, c'est le choc, il fait très très chaud, et l'humidité de l'air n'arrange pas les choses. Bref si vous envisager l'expérience, prévoyez des vêtements légers et de préférences couvrants (à cause des moustiques), ainsi qu'un chapeau, pour vous protéger du soleil et surtout des bestioles qui tombent des arbres.

    Nous quittons rapidement la ville pour rejoindre l'Eco Amazonia Lodge, à 2 heures de navigation en pirogue à moteur, le long du fleuve Madre de Dios. Ici les fleuves ce n'est pas de la rigolade, 600 à 700 m de large (pour comparaison la Loire à Nantes ne fait que 200 m de large) et encore nous somme loin de l'Amazone, que le Madre de Dios rejoindra via le Rio Madeira près de Manaus au Brésil. 

    Après nous être installé dans nos bungalows (sur pilotis) nous pouvons faire connaissance avec la faune du lodge. Tout d'abord une de leur mascotte, un Agami à ailes blanches (Psophia leucoptera), qui a dû être domestiqué car ce gros oiseau plutôt terrestre vit en général loin des installations humaines.

    19 août 2015 : La mare Caïman

     

    Tant qu'il fait jour, le lodge est animé pas les cris des  Cassiques cul-jaune (Cacicus cela) qui nichent dans les arbres parmi les bungalows. Ce sont les "tisserins" locaux, leurs nids en forme de bourse sont impressionnants et souvent groupés en colonie de plusieurs dizaines d'éléments.

    19 août 2015 : La mare Caïman

     

    19 août 2015 : La mare Caïman

     

    19 août 2015 : La mare Caïman

     

    19 août 2015 : La mare Caïman

     

    Moins nombreux mais plus grand, leurs cousins les Cassiques roussâtres (Psarocolius angustifrons) construisent le même genre de nid. Leurs colonies sont plus petites (2 à 20 nids) mais ils peuvent former des colonies mixtes avec les Cassiques cul-jaune comme c'est le cas ici.

    19 août 2015 : La mare Caïman

     

    19 août 2015 : La mare Caïman

     

    19 août 2015 : La mare Caïman

    On peut aussi rencontrer des Agoutis (sorte de gros rongeurs) occupés à chercher de la nourriture sur les parterres, surtout le soir : 

    19 août 2015 : La mare Caïman

     

    En fin d'après-midi, nous partons en groupe avec un guide francophone pour une petite excursion à pied dans la forêt, jusqu'à une mare appelée "Lagune caïman". Des plates-formes en bois nous permettent d'observer tranquillement la faune locale. C'est dans ce décor de théâtre que l'on apercevra une Buse à tête blanche (Busarellus nigricollis) dont la présence ici est assez logique puisqu'elle se nourrit de poissons, à la manière d'un Balbuzard pêcheur.

    19 août 2015 : La lagune Caïman

     

    En scrutant la végétation aquatique, on aperçoit facilement de nombreux petits Caïmans qui ont donné leur nom à la lagune :
     

    19 août 2015 : La mare Caïman

     

    Mais le clou du spectacle, ce sont les Hoazins huppés (Opisthocomus hoazin). Ces oiseaux étranges, seuls dans leur famille, n'ont pas encore trouvé leur place dans la classification : parfois considérés comme primitifs car les ailes des juvéniles sont pourvues de griffes qui les aident à se déplacer dans les arbres, ils ont été rapproché tour à tour des coucous, des faisans ou même des pigeons, sans preuve génétique fiable pour l'instant.

    Les Hoazins sont pour les oiseaux l'équivalent des Paresseux chez les mammifères : ils volent et marchent mal, passant le plus clair de leur temps à se nourrir de végétaux et à les digérer ... Si on a la chance d'en voir on est sûr d'en avoir pour un bon moment : 

    19 août 2015 : La mare Caïman

     

    19 août 2015 : La mare Caïman

     

    19 août 2015 : La mare Caïman

     

    19 août 2015 : La lagune Caïman

     

    De temps à autre, on aperçoit de petits oiseaux noir à ventre jaune, qui viennent se poser sur le perchoir des Hoazins. Ce sont des Troglodytes à miroir (Donacobius atricapilla), improprement appelé ainsi en français, car ils ne sont nullement apparenté à nos troglodytes, mais forment une famille de passereaux à eux seuls. Certains auteurs les nomment d'ailleurs Donacobes à miroir.

    19 août 2015 : La lagune Caïman

     

    19 août 2015 : La lagune Caïman

     

    Après cette introduction à la faune locale nous rentrons au lodge pour dîner et profiter d'une petite heure d'électricité (celle-ci est rationnée car produite sur place par des panneaux solaires). Ici pas d'Internet, l'eau de la douche est froide et c'est tant mieux ça permet de se rafraîchir. Le lendemain lever à 5h (dans le noir, il vaut mieux préparer ses affaires avant l’extinction des feux) pour une nouvelle ballade en forêt que je vous raconterai dans un prochain article.


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    Aguas Calientes, 4h du matin. Nous voici à l'aube de cette journée tant attendue au Machu Picchu. Avec la peur d'être déçu tant on a vu de photos de ce site, mais ce ne sera pas le cas. Pour moi cela reste un incontournable. Si vous n'allez qu'une fois au Pérou, allez au Machu Picchu (enfin ce n'est que mon avis).

    Il fait encore nuit lorsque nous rejoignons la file d'attente pour la navette qui monte jusqu'au site, vers 5h (celle-ci se trouve au bas de la rue principale, pas très loin de la voie ferrée). C'est donc dans le noir que nous parcourons les lacets de la carretera Hiram Bingham, du nom de celui qui redécouvrit la cité perdue, en 1911.

    A l'entrée du Machu Picchu, nouvelle file d'attente : afin de protéger le site, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, un contrôle strict des accès et des quotas de visiteurs par jour ont été mis en place. Surtout n'oubliez pas votre passeport et vos billets (ces derniers doivent être achetés à l'avance soit depuis la France soit à Cuzco).

    Une fois ces formalités faites, nous grimpons sur les hauteurs des terrasses agricoles pour admirer le lever du Soleil. Au fur et à mesure que l'astre du jour s’élève dans le ciel, les montagnes et les différentes constructions s'illuminent. C'est juste magnifique, à la hauteur de nos espérances.

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Nous avons la matinée devant nous pour explorer à notre guise la citadelle (en arrivant à 6h les touristes sont encore peu nombreux, et les gardiens assez cool. En fin de matinée, avec l'affluence, ils deviennent très stricts et nerveux).

    Comme nous l'avons déjà vu à Raqchi et à Chinchero, les ruines Inca offre un habitat idéal au petit faucon local, la Crécerelle d'Amérique (Falco sparverius), que nous observons au détour des différentes constructions :

    Crécerelle d'Amérique - Machu Picchu

     

    Crécerelle d'Amérique - Machu Picchu

     

    Crécerelle d'Amérique - Machu Picchu

     

    Le dieu Soleil des Incas nous fait l'honneur de sa présence durant toute la journée. Le ciel bleu qui va avec cette météo radieuse met bien en valeur la pierre de granit qui a servi à construire les différents bâtiments. Le Machu Picchu ne se trouve qu'à 2834 m d'altitude, la végétation a bien changé par rapport aux étendues d'herbes sèches de la puna. On sent déjà les influences de la forêt amazonienne. Les montagnes recouvertes de végétations tropicales forment un écrin de verdure pour les ruines, ce qui rajoute à la magie du site. Nous avons de la chance, la cité perdue est parfois plongée dans le brouillard une bonne partie de la journée (pas mal aussi pour le mystère et la magie, mais moins bien pour la vue). 

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    18 août 2015 : L'énigme du Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Les archéologues et les historiens se posent encore la question du rôle de la cité de Machu Picchu dans l'empire Inca. Ce qui est à peu près sûr, c'est qu'elle a été occupée seulement pendant une période de temps assez courte, pendant le siècle qui précède l'arrivée des Espagnols. Ceux-ci n'auront pas connaissance de l’existence du Machu Picchu, qui dût être abandonné suite à la chute de l'empire Inca. A quoi pouvait servir une cité si prestigieuse au milieu de la jungle, dans un lieu mal desservi même du temps des Incas ? Résidence de l'Inca et de sa famille (le Machu Picchu aurait été construit du temps de l'empereur Pachacutec) ? Sanctuaire religieux ? Les deux à la fois ? Les hypothèses les plus farfelues ont aussi circulé : le climat de la région est idéal pour la culture de la coca, la cité du Machu Picchu, difficile d'accès, était-elle un repère de narcotrafiquants ?

    Au cours de notre visite, nous avons émis une autre hypothèse : le Machu Picchu serait un nichoir à hirondelles géant ! En effet nous observons quantité de ces sympathiques oiseaux, occupés à nourrir leur jeunes cachés dans les anfractuosités des ruines. Il s'agit de l'Hirondelle bleu et blanc (Notiochelidon cyanoleuca), une espèce répandue dans une grande partie de l'Amérique du Sud.
     

    Hirondelle bleue et blanche - Machu Picchu

     

    Hirondelle bleue et blanche - Machu Picchu

     

    Hirondelle bleue et blanche - Machu Picchu

     

    Dans la partie centrale du site se trouvent des constructions plus sophistiquées, qui se servent des rochers de la montagne comme soubassement sur lesquels sont posés des mur de pierres parfaitement agencées. On y admire en particulier des fontaines encore en fonctionnement, et le magnifique temple du Soleil. Ici l'oeuvre de la nature et celle de l'homme fusionnent pour former un tout.

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Imperturbable, quelques lamas se promènent en liberté dans les ruines (c'est possible qu'ils servent aussi de tondeuses à gazon).

    Lama - Machu Picchu

     

    Les arbres présents sur le site nous donnent un aperçu de la végétation de la région, nous remarquons en particulier les plantes épiphytes qui poussent sur les arbres, ici des broméliacées. 

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Les touristes devenant de plus en plus nombreux, en fin de matinée nous décidons de rentrer à Aguas Calientes, non pas en bus comme à l'aller, mais à pied en empruntant le chemin piéton. Celui-ci est plus direct que la route empruntées par les navettes, qu'il croise à maintes reprises. Le terrain étant très pentu, il comporte de nombreuses portions d'escalier.

    C'est un moyen d'explorer un peu la jungle qui entoure le Machu Picchu, pour ceux qui ne restent qu'une journée (c'était notre cas). Nous y avons observé quelques nouvelles espèces d'oiseaux et une végétation tropicale très riche.

    Ci-dessous, on peut voir un Tangara à ventre jaune (Thlypopsis ruficeps), un joli passereau qui se déplace avec agilité dans les arbustes bordant le sentier. Bien que ses couleurs soient vives, elles lui offrent un bon camouflage. Avec un peu de patience on aurait eu une meilleure photo, mais nous n'avions pas trop le temps de traîner, notre train de retour pour Cuzco étant prévu dans l'après-midi.

    Tangara à ventre jaune - Machu Picchu

     

    Nous avons eu plus de chance avec les Parulines ardoisées (Myioborus miniatus), occupées à ramasser des matériaux pour leur nid sur le talus au bord de la route.

    Paruline ardoisée - Machu Picchu

     

    Paruline ardoisée - Machu Picchu

     

    Paruline ardoisée - Machu Picchu

     

    Nous apercevons aussi différents colibris, mais trop furtivement pour pouvoir les identifier. Les plantes par contre se laissent facilement photographier.

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Une fois arrivé au village d'Aguas Calientes (renommé Machu Picchu Pueblo pour des questions marketing), nous longeons la rivière Urubamba et repérons quelques autres oiseaux, dont ce Colibri grivelé (Taphrospilus hypostictus) qui prélève du nectar dans cet arbuste aux fleurs mauve et blanche que je n'ai pas encore identifié.
     

    Colibri grivelé - Machu Picchu

     

    Colibri grivelé - Machu Picchu

     

    Colibri grivelé - Machu Picchu

     

    Les  Tangara des palmiers (Thraupis palmarum) quant à eux préfèrent se reposer sur les antennes de télévision et les poteaux électriques. Très bruyants, nous les repérons à leur cris.

    Tangara des palmiers - Machu Picchu

     

    Tangara des palmiers - Machu Picchu

     

    Près de la rivière, un  Tangara évêque (Thraupis episcopus) tout bleu consomme des baies dans un arbuste. Comme vous avez pu le remarquer, de nombreuses espèces présentées ici sont des tangaras. Le Congrès ornithologique international reconnaît 110 espèces portant le nom de Tangara en français, toutes appartenant à la vaste famille des Thraupidae, qui regroupe exclusivement des passereaux du Nouveau Monde.

    Tangara évèque - Machu Picchu

     

    Avant de reprendre notre train, nous choisissons pour déjeuner un petit restaurant dans la rue principale. J'ai réussi à retrouver son nom sur Google Earth, il s'agit de l'Ollantay. Le service est un peu lent mais le personnel est très serviable et nous y avons mangé les meilleurs rocoto relleno (sorte de piment farci) de notre séjour.

    A regret nous quittons déjà ce village que j'ai trouvé charmant, avec ses petits airs de Far West, pour reprendre le train qui nous amènera à Poroy à une vingtaine de kilomètres de Cuzco.

    Je finirai cet article par une citation du poète chilien Pablo Neruda :

    « Machu Picchu es un viaje a la serenidad del alma, a la eterna fusión con el cosmos, allí sentimos nuestra fragilidad. Es una de las maravillas más grandes de Suramérica. Un reposar de mariposas en el epicentro del gran círculo de la vida. Otro milagro más. » 

    A bientôt pour la suite du voyage.

     


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    Dernière journée dans la vallée sacrée, que l'on n'a peut être pas autant appréciée qu'on aurait dû, l'esprit occupé par la suite du voyage : rien de moins que le Machu Picchu suivi d'un petit saut en Amazonie (avec un peu d’appréhension quand même, même si toute la logistique est prévue).

    Nous quittons Cuzco pour Pisac dans la matinée. En chemin, nous faisons quelques pauses photos. La première sur les hauteurs de Cuzco pour admirer le site de Sacsayhuamán dont je vous ai déjà parlé dans un précédent article : 14 août 2015 : Cuzco, capitale des Incas. Vu d'en haut, on distingue parfaitement les remparts en zig-zag qui caractérisent la forteresse, alors qu'au fond on devine les collines où poussent, dans un désordre indescriptible, les faubourgs de Cuzco :

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    Le deuxième arrêt a lieu peu avant Pisac, il nous offre une magnifique vue sur la vallée sacrée des Incas, où coule paisiblement la rivière Urubamba. Plusieurs centaines de kilomètres plus loin, après être passé au pied du Machu Picchu et avoir plongé dans la forêt amazonienne, les eaux de l'Urubamba rejoindront le Marañón puis l'Amazone.
     

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    Au fond, dominant la vallée, on aperçoit un sommet enneigé, il doit s'agir du Sawasiray, 5818 m d'altitude. 

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    Pisac est un site Inca très complet, un des plus riches après le Machu-Picchu. La forteresse fut vraisemblablement fondée au 15ème siècle pour défendre la sud de la vallée sacrée. Cependant, en l'absence de traces écrites, bien des mystères persistent sur l'usage des différentes constructions de Pisac.

    Ce qui frappe en premier le visiteur ce sont les terrasses parfaitement conservées qui épousent le flanc des montagnes. Ces terrasses sont encore cultivées de nos jours. La fin de la saison sèche n'est malheureusement pas le meilleur moment pour observer les cultures.

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    En parcourant les ruines, au hasard des sentiers et des escaliers, on rencontre à nouveau des fleurs de l'Inca, mais cette fois sans les Percefleurs à gorge noire (voir ici : 10 août 2015 : Alpagas, percefleur et flamants) :

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    Après la visite du site archéologique, nous faisons un petit tour au marché de Pisac (le village moderne, construit par les Espagnols, se trouve au pied des ruines, dans la vallée). J'ai trouvé ce marché très touristique, bien moins authentique que celui de Chinchero. 

    Notre chauffeur, qui nous a accompagné pendant ces quelques jours dans la vallée sacrée, nous propose de déjeuner dans un restaurant touristique à Urubamba (petite ville à mi-chemin entre Pisac et Ollantaytambo, au bord de la rivière éponyme). Nous avons le droit à un délicieux buffet de spécialités péruviennes. Pour le remercier nous offrons le repas à notre chauffeur.

    Ollantaytambo, probablement construite pour défendre le nord de la vallée sacrée, est une forteresse très escarpée (prenez votre souffle avant d'attaquer la visite). Intéressant, mais comme à Pisac le matin, vraiment beaucoup de monde. Il faut dire qu'on a complètement rejoint "le" circuit classique : tout le monde fait Pisac le matin, Ollantaytambo l'après-midi, et le soir c'est le train pour le Machu Picchu ...

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

      

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    En face de la forteresse, de l'autre côté du village, on remarque d'étranges constructions sur la montagne. Il s'agit de silos construits par les Incas pour conserver les récoltes. L'intérêt de les mettre dans des lieux aussi inaccessibles était peut-être d'éviter les pillages, mais surtout permettait une conservation idéale grâce à l'air froid et sec des zones d'altitude.

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

    Vous avez sans doute remarqué qu'il n'y a pas d'oiseaux dans cet article. Ils n'ont cependant pas été totalement absent de la journée : sur la place d'Armes d'Ollantaytambo se tenait un petit marché assez inhabituel, avec en particulier un vendeur de livres. Parmi les quelques dizaines d'ouvrages proposés, un guide sur les oiseaux du Pérou, que nous n'avons pu trouver en librairie à Cuzco : Birds of Peru, guide très complet en anglais, qui va alourdir nos bagages (il contient la description des 1700 et quelques espèces du Pérou), et alléger notre porte-monnaie (le prix demandé est un peu cher même après négociation, mais il faut bien nourrir le lama pour transporter les livres jusque là !).

    Nous nous rendons ensuite à la gare d'Ollantaytambo pour y attendre le train à destination du Machu Picchu. En effet le site incontournable du Pérou n'est pas desservi par la route. Il n'y a que 2 façons de le rejoindre : en train par une des 2 compagnies privées circulant sur cette ligne : Peru Rail et Inca Rail, ou à pied lors d'un trek de 4 jours le long du chemin de l'Inca.

    J'ai découvert par la suite qu'une 3ème possibilité existait, qui n'est pas proposée par les agences de voyages ni par les guides touristiques, mais que vous trouverez sans difficulté en consultant des blogs de voyageurs : depuis Cuzco, prendre un minibus se rendant à Santa Teresa, puis à Hydroelectrica (centrale hydroélectrique située au pied du Machu Picchu sur la rivière Urubamba). Ensuite continuer à pied en longeant la voie de chemin de fer jusqu'à Agua Calientes (la ville au pied du Machu Picchu). En théorie c'est interdit mais visiblement beaucoup le font. C'est la solution la moins chère, mais plus rustique et moins rapide.

    De notre côté nous avons donc choisi le train, à l'aller à partir d'Ollantaytambo, départ 19h, au retour arrivée à Poroy, une gare plus proche de Cuzco. Il fait déjà nuit lorsque nous quittons Ollantaytambo. Vers 21h nous arrivons à Agua Calientes (maintenant renommé Machu Picchu Pueblo) et après un dîner rapide allons nous coucher car le lendemain il faut se lever à 4h pour arriver au Machu Picchu à l'ouverture.

    A bientôt au Machu Picchu ! 


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