• Istanbul, ses monuments, ses oiseaux, ses chats ...

     

    Aujourd'hui j'inaugure une nouvelle rubrique de ce blog, qui contiendra des mini-reportages sur les grandes villes d'Europe que j'ai visitées, mêlant un volet touristique et un volet ornithologique.

    Je vais commencer par Istanbul, en Turquie, où j'ai passé quelques jours en février dernier avec une de mes filles.

    Nous sommes restées surtout dans le centre historique, ayant à peine 4 jours devant nous. Istanbul c'est d'abord le quartier de Sultanhamet, avec la Basilique Sainte-Sophie (en turc  Ayasofya), la Mosquée Bleue et une vue magnifique sur le Bosphore et la mer de Marmara.

    Istanbul

    Vue depuis la terrasse de l'hôtel. Au loin, c'est l'Asie.

     

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    A l'opposé, la Basilique Sainte-Sophie.

     

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    Et sur les toits mon premier oiseau local : une Tourterelle maillée.

     

    A vrai dire je pensais trouver plutôt des Tourterelles turques à Istanbul, mais je n'en ai rencontré aucune. Les Tourterelles maillées par contre sont omniprésentes, et peu farouches. Les seuls autres colombidés présents sont les Pigeons bisets domestiques (il doit y avoir peu de villes au monde où ils n'y en a pas).

    La Tourterelle turque est également quasiment absente de Paris, alors qu'elle est très commune dans nos campagnes françaises. La seule grande ville où j'en ai vu beaucoup c'est Athènes, en Grèce.

    La Tourterelle maillée est plus petite que la Tourterelle turque, et également plus colorée, comme on peut le voir sur la photo. On peut l'observer sur les toits et les bâtiments, mais aussi sur les pelouses où elle se nourrit.

    Non loin de là se dresse la Mosquée Bleue, une des seules au monde à posséder 6 minarets. Enfin lors de notre visite elle n'en avait que 5, le sixième ayant été endommagé suite à un séisme, il a été décidé de le démonter puis de le reconstruire.

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    Entre Sainte-Sophie et la Mosquée bleue, une grande esplanade avec banc, pelouse etc ...

     

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    Vue de la Mosquée bleue à la tombée de la nuit.

     

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    Dans le style "Carte postale" (non les couleurs n'ont pas été retouchées !).

     

    La nuit dans les ruelles alentours, c'est une autre faune que l'on rencontre. Les chats squattent les poubelles, se déplacent en bande de 3 ou 4 à la recherche d'une âme sœur ... Un point commun avec Athènes, où comme ici il y a également de nombreux chiens errants (à cette heure là ils dorment par contre). La ville d'Istanbul semble avoir la volonté de gérer sa population de chiens, ils sont tous équipés d'une boucle d'oreille avec un numéro. Le matin des gens leur apportent de la nourriture (déchets de boucherie) que leur disputent les corneilles. C'est vrai qu'en tant que visiteurs on ne voit que le bon côté des choses, la réalité est peut-être bien différente.

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    Cette poubelle a beaucoup de succès.

     

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    Ils ne seraient pas un peu lourds ces matous ?

     

    Le lendemain matin nous retrouvons les Tourterelles maillées au petit déjeuner, sous le soleil :

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    Sur les pelouses près de Sainte-Sophie, à côté des marchands de pains ambulant, quelques oiseaux picorent. En compagnie des Tourterelles maillées, des Moineaux domestiques, mais aussi des oiseaux plus exotiques : par exemple le Martin triste (photo ci-dessous), oiseau originaire de l'Inde mais introduit en de nombreux endroits comme les Seychelles, et visiblement à Istanbul. Non loin de là dans les cours du palais de Topkapi, ce sont des Perruches à collier que l'on pourra observer, comme dans de nombreuses villes d'Europe (Paris, Athènes, Barcelone, Bruxelles, Amsterdam pour ne citer que celles que j'ai visitées).

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    Un Martin triste. Cet oiseau est apparenté à nos étourneaux.

     

    Puis nous partons en direction du palais de Topkapi, résidence du Sultan de 1465 à 1853. Ce palais comprend plusieurs vastes cours et des dizaines de bâtiments dont beaucoup sont ouvert à la visite. L'accès à la première cour est libre, il faut ensuite acheter un billet. 

    Dans cette première cour, on peut admirer l'église Sainte-Irène, une des plus anciennes de la ville, dont la première version fut construite dès le IVème siècle par l'empereur Constantin 1er. A la conquête turque elle ne fut pas convertie en mosquée, mais en arsenal.  Les bâtisseurs de la Basilique Saint-Sophie s'inspirèrent de son architecture.

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    L'église Sainte-Irène, qui sert maintenant de salle de concert, grâce à son acoustique exceptionnelle.

     

    Sur les pelouses alentours, les plants de tulipes pointent leur nez, au milieu des restes  de neige (la tulipe est l'emblème de la ville d'Istanbul, elle orne également de nombreuses céramiques traditionnelles).

    Les Corneilles mantelées grappillent des restes de boucheries destinés aux chiens. Cet oiseau est le corvidé le plus commun à Istanbul. On y trouve aussi des Choucas des tours, moins nombreux et plus farouches. La Corneille mantelée est très proche de notre Corneille noire, dont elle diffère par son plumage bicolore. On la rencontre dans tout l'Est de l'Europe, où elle remplace sa cousine la Corneille noire : Berlin, Rome, Moscou etc ...

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    Une Corneille mantelée.

     

    Pour accéder à la deuxième cour, on passe une porte flanquée de 2 tours ; voici l'une d'entre elle :

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    A l'extrémité du Palais, après avoir visité des salles exposant les trésors des sultans, on pourra admirer le panorama sur le Bosphore, sur la Corne d'Or (estuaire qui se jette dans le Bosphore et qui sert de port depuis l'époque byzantine) et au-delà sur le quartier de Galata surplombé par la tour du même nom, reconstruite par les Génois en 1348, suite à sa destruction lors de la 4ème croisade.

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    Au fond, le détroit du Bosphore ; à gauche l'Europe, à droite l'Asie.

     

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    Le quartier de Galata. La tour se visite, mais je le déconseille aux personnes qui ont le vertige. 

     

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     Vue sur la Corne d'Or.

     

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    Les Corneilles profitent des nombreuses fontaines du palais pour se laver.

     

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     On peut également admirer des oiseaux sur les céramiques qui ornent certains bâtiments.

     

    Ne ratez pas la visite du Harem, même s'il faut acheter un billet supplémentaire. Un dédale de couloirs et de salles diverses conduit aux salons de réception de la mère du Sultan, qui dirigeait le Harem :

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    On termine la visite par la cour du pavillon double, où l'on peut se reposer sur des bancs et admirer le panorama sut la Corne d'Or.

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    Détail du Pavillon double, ou appartements des princes de la Couronne.

     

    Indifférents à la cohue des visiteurs, qui en milieu de journée deviennent nombreux, des Goélands recherchent des restes sur les pelouses de la première cour. Les pattes jaunes vifs des adultes permettent de déterminer qu'il s'agit de Goélands leucophées (proche de nos Goélands argentés, qui eux ont les pattes rosâtres ; des études scientifiques ont prouvés récemment que ce sont 2 espèces différentes). 

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    Un juvénile dans sa troisième année. Il a presque le plumage des adultes : la tête est déjà toute blanche, le bec presque entièrement jaune, le dos et les ailes commencent à devenir gris argenté uni. Les grands goélands comme le leucophée et l'argenté deviennent adultes à l'âge de 4 ans. Les jeunes goélands sont entièrement bruns mouchetés.

     

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    Un goéland adulte a repéré un reste d'épis de maïs. Ils les disputent souvent aux corneilles mais celles-ci sont bien plus petites et ne font pas le poids. 

     

    Pour nous reposer de ces quelques heures de visite du Palais de Topkapi, nous envisageons de faire un tour en bateau sur le Bosphore, mais à cette saison en semaine il y a peu de possibilité (c'est pourtant une saison bien agréable pour visiter les lieux touristiques, il n'y a pas encore trop de monde et il fait doux, s'il faut faire un peu la queue on ne risque pas l'insolation). Finalement on le fera le dernier jour, avec la compagnie qui distribue des prospectus à l'entrée du palais de Topkapi. On termine la journée par un petit tour du côté de la tour de Galata, de l'autre côté de la Corne d'Or. 

     

    Le lendemain, nous décidons de faire une journée "Mosquées et Basiliques". Pour commencer, nous grimpons jusqu'à la Mosquée de Soliman le Magnifique à travers les ruelles commerçantes (vêtements, vaisselles etc.) plus destinées à la population locale qu'aux touristes. Intéressant pour se plonger dans l'ambiance de la ville. Arrivées près de notre but, nous nous offrons un grand verre de jus de grenade pressé sur place (2 fois plus grand et 2 fois moins cher qu'à côté de Sainte-Sophie). Délicieux et rafraîchissant.

    La Mosquée, appelée en turc mosquée Süleymaniye, fut construite par l'architecte Sinan à la demande du Sultan Soliman le Magnifique entre  1550 et 1557. Dixième sultan de la dynastie ottomane, Soliman fut un des plus puissants monarque du XVIème siècle. Par ses nombreuses conquêtes militaires l'Empire Ottoman atteignit son apogée sous son règne. Soliman n'était pas qu'un chef militaire, il réorganisa l'empire et le dota d'une législation écrite. Plus d'informations ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Soliman_le_Magnifique

    La mosquée est entourée d'un jardin paisible. L'un des côtés du terrain est occupé par un cimetière où reposent dans des mausolées le sultan et sa première épouse Roxelane (voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Roxelane). Après avoir profité du jardin, nous tentons de visiter l'intérieur de la Mosquée, mais c'est l'heure de la prière du midi. De plus on nous indique qu'il faut avoir la tête couverte pour entrer, on aurait dû acheter des foulards au marché ! Nous préférons repartir vers le centre touristique, après avoir aperçu l'intérieur par la porte réservée aux touristes.

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     Une tourterelle maillée profite du jardin de la mosquée.

     

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     Vue des jardins.

     

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    La Mosquée de Soliman vue d'une des portes de l'enceinte. A droite le mur du cimetière.

     

    Un autre endroit à ne pas manquer, c'est la Citerne-Basilique. Construite par les byzantins, du temps de l'empereur Justinien, pour constituer des réserves d'eau en prévision de la saison estivale, elle était alimentée par des aqueducs,  la ville étant pauvre en sources. Elle fut ensuite oubliée pendant près d'un siècle du temps de l'empire ottoman (sauf par les habitants du quartier qui y puisaient de l'eau et y pêchaient des poissons par des trous situés dans leur cave). Plus de 300 colonnes de marbre se reflètent dans l'eau. A l'extrémité opposée à l'entrée, on peut observer deux colonnes supportées par des têtes de Méduse. Le dénouement du roman Inferno de Dan Brown se déroule ici.

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    Vue sur les colonnades de la Citerne. 

     

    La visite de la Basilique Sainte-Sophie, dont je vous ai déjà montré des photos plus haut, est également incontournable. Sainte-Sophie résume à elle seule l'histoire de la ville. Inaugurée en 537 par l'empereur Justinien, elle succède à 2 autres basiliques et probablement à un temple consacré à Apollon. En 1204, lors du sac de Constantinople, elle est pillée par les croisés de la 4ème croisade, dirigée entre autre par le doge de Venise Enrico Dandolo. En 1453, Constantinople est conquise par les Ottomans et devient une mosquée. Endommagée plusieurs fois par des séismes, elle subit de nombreuses restaurations. En 1934 le président de la république de Turquie, Mustafa Kemal Atatürk, décide de convertir Sainte-Sophie en musée, ce qu'elle est encore de nos jours.

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    L'intérieur de la Basilique est impressionnant, même si certains décors sont abîmés et mériteraient une restauration : 

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    A l'extérieur, un dépôt lapidaire présente des vestiges des basiliques précédentes : 

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    Nous terminons notre marathon de visite par la Mosquée bleue, dont j'ai déjà présenté plusieurs photos de l'extérieur plus haut. Les touristes sont nombreux, et c'est très bien organisé : on vous prête même un foulard et un sac plastique pour vos chaussures. Cependant la foule et les individus plus occupés à prendre des selfies plutôt qu'à admirer l'architecture du lieu brisent un peu l’atmosphère de recueillement voulue par les concepteurs. C'est cependant très beau et vaut le détour :

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    A la sortie on ne se lasse pas d'admirer Sainte-Sophie, sous différents éclairages :
     

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    Sous le ciel couvert de la fin d'après-midi.

     

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    Une dernière photo de nuit.

     

    Dernier jour à Istanbul, et petite croisière sur le Bosphore (à cette saison prévoir d'être bien couvert, il peut faire très frais surtout si le ciel est gris).

    Près de l'embarcadère (en contrebas de Sainte-Sophie et de l'entrée du Palais de Topkapi), un Cormoran huppé juvénile : 

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    Rapidement après le départ, nous contournons le Palais de Topkapi et rentrons dans la Corne d'Or d'où l'on peut admirer entre autre le quartier de Galata :

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    Puis nous faisons demi-tour et partons pour le Bosphore, détroit qui sépare la Mer de Marmara de la Mer Noire. Sur une bouée, des Cormorans huppés se reposent. Ici ce sont des adultes, reconnaissables à leur couleur noire et leur huppe. On rencontrera également des Grands Cormorans, qui sont plus massif que leurs cousins huppés. A noter que le Cormoran huppé vit exclusivement en bord de mer (on le rencontre par exemple sur les côtes bretonnes), alors que le Grand Cormoran fréquente aussi l'intérieur des terres (on en voit par exemple en bord de Seine à Paris, surtout l'hiver).

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    Derrière les cormorans, on distinguait déjà les grilles du Palais de Dolmabahçe, résidence des sultans à partir de 1853. Il a remplacé le Palais de Topkapi au confort plus rustique. Voici la façade donnant sur le Bosphore :

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    Tout au long de la balade en bateau, on peut également admirer des mosquées à l'architecture diverse. Celle-ci, dans le style maison de pêcheur, avec une sorte de phare en guise de minaret, a attiré mon attention :

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    Nous atteignons bientôt le but de l'expédition, la forteresse de Roumélie, construite par le Sultan  sultan ottoman Mehmed II entre 1451 et 1452, en vu de conquérir Constantinople, l'idée étant de bloquer l'arrivée de renfort Byzantins via la Mer Noire. Cette forteresse est construite à l'un des endroits les plus étroits du Bosphore, et fait face à la forteresse d'Anatolie, construite sur la rive asiatique.

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    Juste après la forteresse de Roumélie, on arrive au 2ème pont sur le Bosphore, où nous faisons demi-tour :  

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    Sur le trajet du retour, qui nous permet d'admirer la rive asiatique, je suis intriguée par des troupes d'oiseaux volant au ras de l'eau, dans un sens puis dans l'autre. Après quelques recherches à mon retour, il s'avère que ce sont des Puffins yelkouan, oiseaux marins apparentés aux Fulmars dont je vous ai parlé dans mes articles sur l'Islande.  Dans l'indispensable Guide ornitho des Oiseaux d'Europe on peut lire "localement nombreux ; de grande bandes passent régulièrement le Bosphore".

    Istanbul

     

    Ici se termine ce reportage sur Istanbul, ses monuments, ses oiseaux, ses chats ... Une bien belle ville à visiter, 4 jours c'est finalement très peu.

    A bientôt pour d'autres découvertes ...


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 17 Avril 2016 à 13:36

    Sur la dernière photo : "Puffins yelkouan" ; merci !.... Je crois que je n'aurai jamais trouvé (revenant d'Istanbul j'ai quelques clichés de ces oiseaux, pris lors lors de la croisière sur le Bosphore)

     

      • Dimanche 17 Avril 2016 à 15:37

        Belles photos de ces puffins, vous avez dû les voir de plus près que moi ! Bon dimanche.

    2
    Dimanche 1er Mai 2016 à 08:21

    Bonjour,

     

    Ma propre contribution sur les oiseaux vus à Istambul

     

    http://epigrammeoeil.blogspot.fr/2016/04/quelques-oiseaux-istanbul-et-sur-les.html

     

    Bien amicalement

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