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    L'été, c'est la période de naissance des bébés Phoques veaux-marins de la Baie de Somme, mais c'est aussi la pleine saison touristique sur la côte Picarde, qui accueille chaque année de plus en plus de visiteurs. Le risque est important pour les bébés phoques d'être séparé prématurément de leur mère suite à des dérangements, c'est pourquoi si vous visiter cette magnifique baie il est impératif de ne pas approcher les phoques à moins de 300 m de distance et de respecter leur repos lorsqu'ils se prélassent sur les bancs de sable à marée basse.

    Le Phoque veau-marin, autrefois abondamment chassé, avait presque disparu des côtes françaises depuis la fin du XIXème siècle. Depuis l'interdiction de sa chasse en 1972 en France, la population de Phoques veaux-marins en Baie de Somme se reconstitue tout doucement, avec les premières reproductions notées en 1992.

    Depuis 1986, l'association Picardie Nature oeuvre à la protection de ce mammifère emblématique, en surveillant les populations de phoques, en sensibilisant le public et en recueillant dans son centre de sauvegarde spécialisé les bébés phoques séparés de leur mère. Une fois qu'ils sont assez grands et autonomes, les jeunes phoques sont relâchés dans la baie.

    Vous pouvez aidez l'association Picardie Nature en parrainant un jeune phoque du centre de sauvegarde : https://ssl.picardie-nature.org/dons/?p=phoques_csfs ou en participant (jusqu'à demain 14 juillet 2016) à la campagne de financement participatif pour aider à la surveillance estivale des phoques : http://fr.ulule.com/surveillance-estivale/. Actuellement, 7 bébés phoques sont présents au centre de sauvegarde, ils se prénomment Darwin, Linné, Fabre, Belon, Cuvier, Harris et Owen.

    Je n'ai pas de photo de phoque à vous montrer pour illustrer cet article, mais la Baie de Somme regorge d'autres merveilles dont voici un aperçu (photos prises lors d'un séjour en août 2013). 

    Tout d'abord je vous conseille une petite balade à la pointe du Hourdel au sud de la baie. Des bénévoles de Picardie Nature s'y trouvent souvent, avec des longues vues, ils pourront vous aider à repérer les phoques sur les bancs de sable.

    A marée basse on pourra y observer facilement quelques espèces d'oiseaux qui n'ont pas l'air d'être dérangé plus que ça par les visiteurs, comme les Aigrettes garzettes (Egretta garzetta) 

    Aigrette garzette - Le Hourdel

     

    Aigrette garzette - Le Hourdel

     

    Aigrette garzette - Le Hourdel

     

    Deuxième espèce rencontrée au Hourdel, le Goéland cendré (Larus canus), un de nos plus petits goélands, de la taille d'une Mouette rieuse. On le différencie facilement des Goélands argenté et leucophée par sa taille mais aussi par son bec plus fin dépourvu de tâche rouge et son air gentil :

    Goéland cendré - Le Hourdel

     

    Goéland cendré - Le Hourdel

     

    Goéland cendré - Pointe du Hourdel

     

    Deuxième étape dans la région, Quend-Plage. On y va pour la baignade (qui a dit que l'eau était froide en Picardie ?), pour les châteaux de sable, le soleil (si, si, parfois il fait même très chaud). Mais si vous levez les yeux au dessus des vagues, vous verrez peut-être quelques oiseaux en déplacement local ou même en migration. En effet de nombreux oiseaux migrateurs suivent les côtes lors de leur voyages saisonniers.

    Ci-dessous quelques Sternes caugek (Thalasseus sandvicensis) qui survolent la mer à la recherche de proies (les sternes se nourrissent essentiellement de poissons) :

    Sterne caugek - Quend Plage

     

    Sterne caugek - Quend Plage

     

    Sterne caugek - Quend Plage

     

    Et un vol d'Huîtrier pie (Haematopus ostralegus) en direction du Sud. Il me faudra attendre un voyage en Islande pour en voir de près.

    Huitrier pie - Quend Plage

     

    Au sud de la Baie de Somme, en direction de Mers-les-Bains, on s'arrêtera à Ault pour admirer les premières falaises de craie que l'on rencontre à partir de là jusqu'à l'estuaire de la Seine en Normandie. Sur les rochers, des Goélands argentés (Larus argentatus) adultes et juvéniles prennent le soleil devant la mer turquoise.

    Goéland argenté - Ault

     

    Goéland argenté - Ault

     

    Goéland argenté - Ault

     

    Goéland argenté - Ault

     

    Encore un peu plus au Sud, toujours sur la commune d'Ault, se trouve le Bois de Cise, une sorte de faille dans la falaise, qui descend jusqu'à la mer. De chaque côté, de magnifiques villas datant pour la plupart de la Belle époque se nichent sous les arbres. Le Bois de Cise est aussi un site exceptionnel d'observation de la migration des oiseaux, particulièrement au printemps. En cet fin août j'ai pu y photographier un vol de Courlis cendrés (Numenius arquata) :

    Courlis cendré - Bois de Cise

     

    Pour finir ce petit tour en Baie de Somme, je vous conseille de visiter les Jardins et l'Abbaye de Valloires, à quelques kilomètres de la mer sur la commune d'Argoules. Pour les amoureux du patrimoine, ne manquez pas l'église de l'abbaye avec son orgue et sa grille de fer forgé, et les boiseries de la sacristie. Les jardins quant à eux présentent sur 8 hectares plus de 5000 variétés de plantes, dans un cadre enchanteur.

    Jardins de Valloires

     

    Abbaye de Valloires

     

    Abbaye de Valloires

     

    Abbaye de Valloires

     

    En guise de conclusion, je vous offre un coucher de soleil sur la Baie, vu depuis Le Crotoy

    Merveilles de la Baie de Somme

     

    Dans un prochain article, je vous présenterai quelques oiseaux observés au Parc du Marquenterre ... 


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    Aguas Calientes, 4h du matin. Nous voici à l'aube de cette journée tant attendue au Machu Picchu. Avec la peur d'être déçu tant on a vu de photos de ce site, mais ce ne sera pas le cas. Pour moi cela reste un incontournable. Si vous n'allez qu'une fois au Pérou, allez au Machu Picchu (enfin ce n'est que mon avis).

    Il fait encore nuit lorsque nous rejoignons la file d'attente pour la navette qui monte jusqu'au site, vers 5h (celle-ci se trouve au bas de la rue principale, pas très loin de la voie ferrée). C'est donc dans le noir que nous parcourons les lacets de la carretera Hiram Bingham, du nom de celui qui redécouvrit la cité perdue, en 1911.

    A l'entrée du Machu Picchu, nouvelle file d'attente : afin de protéger le site, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, un contrôle strict des accès et des quotas de visiteurs par jour ont été mis en place. Surtout n'oubliez pas votre passeport et vos billets (ces derniers doivent être achetés à l'avance soit depuis la France soit à Cuzco).

    Une fois ces formalités faites, nous grimpons sur les hauteurs des terrasses agricoles pour admirer le lever du Soleil. Au fur et à mesure que l'astre du jour s’élève dans le ciel, les montagnes et les différentes constructions s'illuminent. C'est juste magnifique, à la hauteur de nos espérances.

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Nous avons la matinée devant nous pour explorer à notre guise la citadelle (en arrivant à 6h les touristes sont encore peu nombreux, et les gardiens assez cool. En fin de matinée, avec l'affluence, ils deviennent très stricts et nerveux).

    Comme nous l'avons déjà vu à Raqchi et à Chinchero, les ruines Inca offre un habitat idéal au petit faucon local, la Crécerelle d'Amérique (Falco sparverius), que nous observons au détour des différentes constructions :

    Crécerelle d'Amérique - Machu Picchu

     

    Crécerelle d'Amérique - Machu Picchu

     

    Crécerelle d'Amérique - Machu Picchu

     

    Le dieu Soleil des Incas nous fait l'honneur de sa présence durant toute la journée. Le ciel bleu qui va avec cette météo radieuse met bien en valeur la pierre de granit qui a servi à construire les différents bâtiments. Le Machu Picchu ne se trouve qu'à 2834 m d'altitude, la végétation a bien changé par rapport aux étendues d'herbes sèches de la puna. On sent déjà les influences de la forêt amazonienne. Les montagnes recouvertes de végétations tropicales forment un écrin de verdure pour les ruines, ce qui rajoute à la magie du site. Nous avons de la chance, la cité perdue est parfois plongée dans le brouillard une bonne partie de la journée (pas mal aussi pour le mystère et la magie, mais moins bien pour la vue). 

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    18 août 2015 : L'énigme du Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Les archéologues et les historiens se posent encore la question du rôle de la cité de Machu Picchu dans l'empire Inca. Ce qui est à peu près sûr, c'est qu'elle a été occupée seulement pendant une période de temps assez courte, pendant le siècle qui précède l'arrivée des Espagnols. Ceux-ci n'auront pas connaissance de l’existence du Machu Picchu, qui dût être abandonné suite à la chute de l'empire Inca. A quoi pouvait servir une cité si prestigieuse au milieu de la jungle, dans un lieu mal desservi même du temps des Incas ? Résidence de l'Inca et de sa famille (le Machu Picchu aurait été construit du temps de l'empereur Pachacutec) ? Sanctuaire religieux ? Les deux à la fois ? Les hypothèses les plus farfelues ont aussi circulé : le climat de la région est idéal pour la culture de la coca, la cité du Machu Picchu, difficile d'accès, était-elle un repère de narcotrafiquants ?

    Au cours de notre visite, nous avons émis une autre hypothèse : le Machu Picchu serait un nichoir à hirondelles géant ! En effet nous observons quantité de ces sympathiques oiseaux, occupés à nourrir leur jeunes cachés dans les anfractuosités des ruines. Il s'agit de l'Hirondelle bleu et blanc (Notiochelidon cyanoleuca), une espèce répandue dans une grande partie de l'Amérique du Sud.
     

    Hirondelle bleue et blanche - Machu Picchu

     

    Hirondelle bleue et blanche - Machu Picchu

     

    Hirondelle bleue et blanche - Machu Picchu

     

    Dans la partie centrale du site se trouvent des constructions plus sophistiquées, qui se servent des rochers de la montagne comme soubassement sur lesquels sont posés des mur de pierres parfaitement agencées. On y admire en particulier des fontaines encore en fonctionnement, et le magnifique temple du Soleil. Ici l'oeuvre de la nature et celle de l'homme fusionnent pour former un tout.

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Imperturbable, quelques lamas se promènent en liberté dans les ruines (c'est possible qu'ils servent aussi de tondeuses à gazon).

    Lama - Machu Picchu

     

    Les arbres présents sur le site nous donnent un aperçu de la végétation de la région, nous remarquons en particulier les plantes épiphytes qui poussent sur les arbres, ici des broméliacées. 

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Les touristes devenant de plus en plus nombreux, en fin de matinée nous décidons de rentrer à Aguas Calientes, non pas en bus comme à l'aller, mais à pied en empruntant le chemin piéton. Celui-ci est plus direct que la route empruntées par les navettes, qu'il croise à maintes reprises. Le terrain étant très pentu, il comporte de nombreuses portions d'escalier.

    C'est un moyen d'explorer un peu la jungle qui entoure le Machu Picchu, pour ceux qui ne restent qu'une journée (c'était notre cas). Nous y avons observé quelques nouvelles espèces d'oiseaux et une végétation tropicale très riche.

    Ci-dessous, on peut voir un Tangara à ventre jaune (Thlypopsis ruficeps), un joli passereau qui se déplace avec agilité dans les arbustes bordant le sentier. Bien que ses couleurs soient vives, elles lui offrent un bon camouflage. Avec un peu de patience on aurait eu une meilleure photo, mais nous n'avions pas trop le temps de traîner, notre train de retour pour Cuzco étant prévu dans l'après-midi.

    Tangara à ventre jaune - Machu Picchu

     

    Nous avons eu plus de chance avec les Parulines ardoisées (Myioborus miniatus), occupées à ramasser des matériaux pour leur nid sur le talus au bord de la route.

    Paruline ardoisée - Machu Picchu

     

    Paruline ardoisée - Machu Picchu

     

    Paruline ardoisée - Machu Picchu

     

    Nous apercevons aussi différents colibris, mais trop furtivement pour pouvoir les identifier. Les plantes par contre se laissent facilement photographier.

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Une fois arrivé au village d'Aguas Calientes (renommé Machu Picchu Pueblo pour des questions marketing), nous longeons la rivière Urubamba et repérons quelques autres oiseaux, dont ce Colibri grivelé (Taphrospilus hypostictus) qui prélève du nectar dans cet arbuste aux fleurs mauve et blanche que je n'ai pas encore identifié.
     

    Colibri grivelé - Machu Picchu

     

    Colibri grivelé - Machu Picchu

     

    Colibri grivelé - Machu Picchu

     

    Les  Tangara des palmiers (Thraupis palmarum) quant à eux préfèrent se reposer sur les antennes de télévision et les poteaux électriques. Très bruyants, nous les repérons à leur cris.

    Tangara des palmiers - Machu Picchu

     

    Tangara des palmiers - Machu Picchu

     

    Près de la rivière, un  Tangara évêque (Thraupis episcopus) tout bleu consomme des baies dans un arbuste. Comme vous avez pu le remarquer, de nombreuses espèces présentées ici sont des tangaras. Le Congrès ornithologique international reconnaît 110 espèces portant le nom de Tangara en français, toutes appartenant à la vaste famille des Thraupidae, qui regroupe exclusivement des passereaux du Nouveau Monde.

    Tangara évèque - Machu Picchu

     

    Avant de reprendre notre train, nous choisissons pour déjeuner un petit restaurant dans la rue principale. J'ai réussi à retrouver son nom sur Google Earth, il s'agit de l'Ollantay. Le service est un peu lent mais le personnel est très serviable et nous y avons mangé les meilleurs rocoto relleno (sorte de piment farci) de notre séjour.

    A regret nous quittons déjà ce village que j'ai trouvé charmant, avec ses petits airs de Far West, pour reprendre le train qui nous amènera à Poroy à une vingtaine de kilomètres de Cuzco.

    Je finirai cet article par une citation du poète chilien Pablo Neruda :

    « Machu Picchu es un viaje a la serenidad del alma, a la eterna fusión con el cosmos, allí sentimos nuestra fragilidad. Es una de las maravillas más grandes de Suramérica. Un reposar de mariposas en el epicentro del gran círculo de la vida. Otro milagro más. » 

    A bientôt pour la suite du voyage.

     


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    Lors d'un précédent article (Le marais de Suscinio) je vous avais promis une série sur les Échasses blanches, espèce que nous avons beaucoup observée et photographiée lors de nos ballades au marais de Suscinio en avril dernier.

    L'Echasse blanche (Himantopus himantopus) est un oiseau nicheur assez commun au marais de Suscinio, et plutôt facile à observer : perchée sur ses pattes rouges démesurées, son plumage contrasté noir et blanc ressort bien sur l'eau, contrairement aux petits limicoles gris tels que les Chevaliers gambettes ou aboyeurs.

    L’Échasse blanche est arrivée relativement récemment en Bretagne. Au XIXème siècle cette espèce était cantonnée à la Camargue. Petit à petit, le pourtour méditerranéen et la façade atlantique sont conquis, mais ce n'est qu'à partir des années 1960 que l'espèce est notée nicheuse en Bretagne.  Au début des années 2000, on comptait 275 couples nicheurs sur la région, les sites de prédilection de l'espèce étant les marais de la presqu'île de Guérande et ceux des alentours du Golfe du Morbihan (source : Ornithologie en Bretagne de Yvon Guermeur).

    Après ce petit historique, place aux photos. Vous remarquerez que selon les individus, il y a plus ou moins de noir au niveau de la tête. C'est en général les mâles qui ont le plus de noir, mais ce n'est pas une règle absolue. On se demande d'ailleurs pourquoi cet oiseau s'appelle Échasse "blanche", personnellement je le trouve plutôt tricolore !

    Echasse blanche - Suscinio

     

    Echasse blanche - Suscinio

     

    Echasse blanche - Suscinio

     

    Echasse blanche - Suscinio

     

    Echasse blanche - Suscinio

     

    Echasse blanche - Suscinio

     

    Echasse blanche - Suscinio

     

    Echasse blanche - Suscinio

     

    Echasse blanche - Suscinio

     

    Echasse blanche - Suscinio

     

    Je vous dis à bientôt pour une dernière série sur les oiseaux du marais, qui sera consacrée à l'Aigrette garzette. Profitez bien du soleil si vous en avez dans votre région ! 


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    Dernière journée dans la vallée sacrée, que l'on n'a peut être pas autant appréciée qu'on aurait dû, l'esprit occupé par la suite du voyage : rien de moins que le Machu Picchu suivi d'un petit saut en Amazonie (avec un peu d’appréhension quand même, même si toute la logistique est prévue).

    Nous quittons Cuzco pour Pisac dans la matinée. En chemin, nous faisons quelques pauses photos. La première sur les hauteurs de Cuzco pour admirer le site de Sacsayhuamán dont je vous ai déjà parlé dans un précédent article : 14 août 2015 : Cuzco, capitale des Incas. Vu d'en haut, on distingue parfaitement les remparts en zig-zag qui caractérisent la forteresse, alors qu'au fond on devine les collines où poussent, dans un désordre indescriptible, les faubourgs de Cuzco :

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    Le deuxième arrêt a lieu peu avant Pisac, il nous offre une magnifique vue sur la vallée sacrée des Incas, où coule paisiblement la rivière Urubamba. Plusieurs centaines de kilomètres plus loin, après être passé au pied du Machu Picchu et avoir plongé dans la forêt amazonienne, les eaux de l'Urubamba rejoindront le Marañón puis l'Amazone.
     

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    Au fond, dominant la vallée, on aperçoit un sommet enneigé, il doit s'agir du Sawasiray, 5818 m d'altitude. 

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    Pisac est un site Inca très complet, un des plus riches après le Machu-Picchu. La forteresse fut vraisemblablement fondée au 15ème siècle pour défendre la sud de la vallée sacrée. Cependant, en l'absence de traces écrites, bien des mystères persistent sur l'usage des différentes constructions de Pisac.

    Ce qui frappe en premier le visiteur ce sont les terrasses parfaitement conservées qui épousent le flanc des montagnes. Ces terrasses sont encore cultivées de nos jours. La fin de la saison sèche n'est malheureusement pas le meilleur moment pour observer les cultures.

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    En parcourant les ruines, au hasard des sentiers et des escaliers, on rencontre à nouveau des fleurs de l'Inca, mais cette fois sans les Percefleurs à gorge noire (voir ici : 10 août 2015 : Alpagas, percefleur et flamants) :

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    Après la visite du site archéologique, nous faisons un petit tour au marché de Pisac (le village moderne, construit par les Espagnols, se trouve au pied des ruines, dans la vallée). J'ai trouvé ce marché très touristique, bien moins authentique que celui de Chinchero. 

    Notre chauffeur, qui nous a accompagné pendant ces quelques jours dans la vallée sacrée, nous propose de déjeuner dans un restaurant touristique à Urubamba (petite ville à mi-chemin entre Pisac et Ollantaytambo, au bord de la rivière éponyme). Nous avons le droit à un délicieux buffet de spécialités péruviennes. Pour le remercier nous offrons le repas à notre chauffeur.

    Ollantaytambo, probablement construite pour défendre le nord de la vallée sacrée, est une forteresse très escarpée (prenez votre souffle avant d'attaquer la visite). Intéressant, mais comme à Pisac le matin, vraiment beaucoup de monde. Il faut dire qu'on a complètement rejoint "le" circuit classique : tout le monde fait Pisac le matin, Ollantaytambo l'après-midi, et le soir c'est le train pour le Machu Picchu ...

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

      

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

     

    En face de la forteresse, de l'autre côté du village, on remarque d'étranges constructions sur la montagne. Il s'agit de silos construits par les Incas pour conserver les récoltes. L'intérêt de les mettre dans des lieux aussi inaccessibles était peut-être d'éviter les pillages, mais surtout permettait une conservation idéale grâce à l'air froid et sec des zones d'altitude.

    17 août 2015 : De Pisac à Ollantaytambo

    Vous avez sans doute remarqué qu'il n'y a pas d'oiseaux dans cet article. Ils n'ont cependant pas été totalement absent de la journée : sur la place d'Armes d'Ollantaytambo se tenait un petit marché assez inhabituel, avec en particulier un vendeur de livres. Parmi les quelques dizaines d'ouvrages proposés, un guide sur les oiseaux du Pérou, que nous n'avons pu trouver en librairie à Cuzco : Birds of Peru, guide très complet en anglais, qui va alourdir nos bagages (il contient la description des 1700 et quelques espèces du Pérou), et alléger notre porte-monnaie (le prix demandé est un peu cher même après négociation, mais il faut bien nourrir le lama pour transporter les livres jusque là !).

    Nous nous rendons ensuite à la gare d'Ollantaytambo pour y attendre le train à destination du Machu Picchu. En effet le site incontournable du Pérou n'est pas desservi par la route. Il n'y a que 2 façons de le rejoindre : en train par une des 2 compagnies privées circulant sur cette ligne : Peru Rail et Inca Rail, ou à pied lors d'un trek de 4 jours le long du chemin de l'Inca.

    J'ai découvert par la suite qu'une 3ème possibilité existait, qui n'est pas proposée par les agences de voyages ni par les guides touristiques, mais que vous trouverez sans difficulté en consultant des blogs de voyageurs : depuis Cuzco, prendre un minibus se rendant à Santa Teresa, puis à Hydroelectrica (centrale hydroélectrique située au pied du Machu Picchu sur la rivière Urubamba). Ensuite continuer à pied en longeant la voie de chemin de fer jusqu'à Agua Calientes (la ville au pied du Machu Picchu). En théorie c'est interdit mais visiblement beaucoup le font. C'est la solution la moins chère, mais plus rustique et moins rapide.

    De notre côté nous avons donc choisi le train, à l'aller à partir d'Ollantaytambo, départ 19h, au retour arrivée à Poroy, une gare plus proche de Cuzco. Il fait déjà nuit lorsque nous quittons Ollantaytambo. Vers 21h nous arrivons à Agua Calientes (maintenant renommé Machu Picchu Pueblo) et après un dîner rapide allons nous coucher car le lendemain il faut se lever à 4h pour arriver au Machu Picchu à l'ouverture.

    A bientôt au Machu Picchu ! 


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    Nous voici de retour au marais de Suscinio, près du Golfe du Morbihan. En cette fin avril, les passereaux ne manquent pas. Il y a tout d'abord des espèces que l'on peut trouver un peu partout, dans nos jardins et dans les parcs de nos villes, comme l'Accenteur mouchet (Prunella modularis), le Serin cini (Serinus serinus), la Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) ou le Rougegorge familier (Erithacus rubecula) - photo ci-dessous. Rien d'étonnant à cela, puisque le marais est bordé côté nord par les maisons d’habitations du hameau de Suscinio. Nos petits amis des jardins sont d'autant plus facile à remarquer qu'on est en pleine période des chants (malgré le printemps un peu frais cette année).

    Rougegorge familier - Marais de Suscinio

     

    Côté sud, les dunes herbeuses séparent le marais de la plage et de l'océan. C'est le royaume des oiseaux des champs, sédentaires ou de passages. On trouve les mêmes espèces dans les zones cultivées de Picardie.

    Pour commencer, l'Alouette des champs (Alauda arvensis) qu'on entend chanter avant de l'apercevoir. Celle-ci a bien voulu coopérer en se posant sur un des poteaux de la clôture qui protège les dunes du piétinement. L'Alouette doit vivre ici à l'année.

    Alouette des Champs - Marais de Suscinio

     

    Le Traquet motteux (Oenanthe oenanthe) au contraire est un migrateur au long cours qui hiverne en Afrique. Ceux d'entre eux nichent au Groenland ou au Canada et effectuent la traversée de l'Atlantique sans escale en une trentaine d'heure. Quant à nos Traquets motteux bretons, possible qu'ils restent nicher dans la région - quelques couples ont été repérés dans le secteur du Golfe du Morbihan pendant l'enquête pour l'Atlas des oiseaux de France métropolitaine (2005-2012). Cependant avril est aussi la période du passage pré-nuptial pour ceux qui nichent dans le nord de l'Europe. Ci dessous un mâle (1ère photo, reconnaissable à son masque noir) puis une femelle (2ème photo) :

    Traquet motteux - Marais de Suscinio

     

    Traquet motteux - Marais de Suscinio

     

    Autre oiseau typique des milieux ouverts, le Tarier pâtre (Saxicola rubicola). Vous l'avez peut-être déjà aperçu au bord des routes de campagne, bien en vue sur un poteau ou un buisson, occupé à guetter les insectes. Les couleurs vives du mâle (tête noire, demi-collier blanc et poitrine orange) font qu'on ne peut pas le manquer :  

    Tarier pâtre - Marais de Suscinio

     

    La femelle elle est plus terne mais on retrouve les mêmes motifs de plumage que chez le mâle, le noir étant remplacé par du gris-brun. Bretagne oblige, celle-ci guette depuis un buisson d'ajonc :

    Tarier pâtre - Marais de Suscinio

     

    Pour terminer cette série d'oiseaux des campagnes, voici la Fauvette grisette (Sylvia communis), que l'on peut observer pratiquement dans toutes les régions de France, dans les milieux où prédominent les buissons et arbustes : haies, bocages, friches, et même champs de colza. Les individus observés en lisière du marais étaient très occupé à chanter et à construire leur nid dans les buissons au bord de l'eau.

    Fauvette grisette - Marais de Suscinio

     

    Dans le marais, les stars parmi les passereaux sont bien sûr les espèces qu'on ne rencontre que dans les milieux humides. Pour nous, le Phragmite des joncs (Acrocephalus schoenobaenus) a été le plus facile à observer. Fraîchement arrivés du Sud du Sahara où ils passent l'hiver, les Phragmites des joncs sont assez peu farouches. Ils passent leur temps à chanter bien en vue sur les buissons ou même lors de brefs vols nuptiaux. L'intérieur du bec est d'un beau rouge vermillon qui contraste avec le plumage plutôt terne.

    Phragmite des joncs - Marais de Suscinio

     

    Phragmite des joncs - Marais de Suscinio

     

    Phragmite des joncs - Marais de Suscinio

     

    Phragmite des joncs - Marais de Suscinio

     

    Phragmite des joncs - Marais de Suscinio

     

    Voici maintenant une espèce qui nous a donné bien du fil à retordre : la Bouscarle de Cetti (Cettia cetti). Dès notre première visite dans le marais, nous avions bien repéré son chant très sonore et caractéristique, mais impossible de l'apercevoir ... C'est le dernier jour que nous aurons la chance d'en voir une. La Bouscarle de Cetti passe la majorité de son temps cachée dans les buissons, à l'intérieur desquels elle trouve sa nourriture (insectes, vers et mollusques). C'est un petit passereau de couleur terne, un peu bouboule et aux ailes plutôt courte, faisant penser à un Rougegorge au niveau de la silhouette.

    Bouscarle de Ceti - Marais de Suscinio

     

    Bouscarle de Cetti - Marais de Suscinio

     

    Durant nos ballades, nous avons croisé plusieurs fois des ornithologues qui nous ont demandé si nous avions vu la Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica), le passereau mythique des zones humides, qui nous arrive d'Afrique à la fin mars. A chaque fois nous leur avons répondu par la négative ; pourtant on aurait aimé la voir, la seule fois où j'ai pu l'observer c'était le 1er avril 2015 à Paris (voir l'article Une Gorgebleue à miroir Bd Richard Lenoir (Paris 11) ). Finalement, c'est en nous aventurant un peu plus loin vers l'ouest sur le sentier qui borde le marais côté océan que nous auront la chance d'en voir une, de loin et souvent cachée dans la végétation, mais elle est bien là ! Et c'est plaisant de pouvoir l'observer dans son milieu plutôt que sur un platane d'alignement parisien.
     

    Gorgebleue à miroir - Marais de Suscinio

     

    Gorgebleue à miroir - Marais de Suscinio

     

    Gorgebleue à miroir - Marais de Suscinio

     

    Gorgebleue à miroir - Marais de Suscinio

     

    Ainsi se termine cette série sur les passereaux de Suscinio. En attendant de revenir dans le marais, je vous dis à bientôt pour d'autres découvertes.


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