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    Après un bon petit déjeuner à la ferme-auberge Vellir où nous avons passé la nuit, nous repartons pour le glacier de Solheimajökull.

    La ferme Vellir est située en pleine nature à 20 km environ à l’ouest de Vik (nous sommes donc revenues sur nos pas). Très beaux paysages, gaufres maison avec chantilly au petit déjeuner, mais dîner cher et peu copieux que je ne recommande pas (il est certainement plus avantageux de manger à la station-service de Vik qui sert des plats chauds (burger, frites, poissons …)).

    La piste pour Solheimajökull n’est finalement pas si terrible que ça, et le résultat vaut le détour :

    11 août 2014 : le Sud, autour de Vik.

    Front du glacier. Le sentier est fermé à partir de là car la glace est instable. 

     

    11 août 2014 : le Sud, autour de Vik.

    Un petit lagon glaciaire s’est formé en avant du glacier.

     

    11 août 2014 : le Sud, autour de Vik.

    Détail du front glaciaire.

     

    11 août 2014 : le Sud, autour de Vik.

    Le lagon s’écoule ensuite dans une rivière jusqu’à la mer.

     

    11 août 2014 : le Sud, autour de Vik.

    Vue du glacier depuis la piste en repartant.

     

    Comme il fait beau et que c’est sur notre chemin nous décidons de retourner aux falaises de Dyrholaey voir les macareux :

    11 août 2014 : le Sud, autour de Vik.

     

    Du haut de la falaise, superbe vue sur les aiguilles de lave de Reynisdrangar, selon la légende il s’agit de trolls pétrifiés :

    11 août 2014 : le Sud, autour de Vik.

     

    Une fois sur place, le soleil jouant à cache-cache avec les nuages, il est difficile de photographier des oiseaux en vol ; nous décidons donc d’aller voir de l’autre côté de la lagune si le temps est plus clément. Bonne idée car le soleil ne nous quittera plus de la journée. De la plage de Reynisdrangar, on a une vue magnifique sur les falaises de Dyrholaey et leurs arches.

    11 août 2014 : le Sud, autour de Vik.

     

    En arrivant sur la plage on peut également contempler les colonnes de basaltes qui orne la falaise :

    11 août 2014 : le Sud, autour de Vik.

     

    Et le soleil me permet de photographier quelques oiseaux en vol. L’opération est facilitée par notre position en bas de la falaise (celle-ci aussi grouille de Macareux, et de Fulmars).

    11 août 2014 : le Sud, autour de Vik.

    Pour commencer un macareux.

     

    11 août 2014 : le Sud, autour de Vik.

    Puis un fulmar.

     

    Après cette matinée bien remplie, nous allons nous renseigner à l’office du tourisme de Vik pour voir ce qui mérite le détour sur le chemin jusqu’à l’auberge de jeunesse de Hvoll où nous devons passer la nuit. Nous nous décidons pour le site de Hjörleifshöði, une sorte d’île plantée sur une mer de gravillons noirs. En effet passé Vik, le paysage jusque-là plutôt verdoyant devient vraiment désertique : nous traversons le Myrdalssandur, 700 km² de matériaux volcaniques acheminés ici par les crues.

    11 août 2014 : le Sud, autour de Vik.

    Le Myrdalssandur, avec au fond la calotte glaciaire du Myrdalsjökull, sous laquelle se tapit le volcan Kalta.

     

    Le Hjörleifshöði contraste avec ce décor par son relief et sa couleur verte. Le nom du site provient de Hjörleifur, l’un des premiers colons de l’Islande. Un sentier mène au sommet, où se trouvent les ruines d’une ferme et quelques tombes. Comme nous nous apprêtons à redescendre, après avoir admiré le désert sur 360°, un couple d’Islandais me demande de les prendre en photos, et l’homme m’apprend que l’une des tombes est celle de son grand père.

    11 août 2014 : le Sud, autour de Vik.

    Le Hjörleifshöði vu du parking. Rando très agréable sous le soleil et la chaleur (on a dépassé les 20°C ce jour-là !), et peu de monde.

     

    Il faut ensuite reprendre la route à travers le désert. Le noir laisse bientôt la place au vert pâle du désert de mousses, seule végétation à pouvoir survivre sur des blocs de lave.

    Une halte à la station-service et au petit supermarché de la bourgade de Kirkjubæjarklaustur s’impose avant de rejoindre l’auberge de jeunesse de Hvoll, où il ne sera pas possible de dîner.

    L’auberge est confortable, il est possible d’y réserver une chambre pour 2 avec les lits faits. Une grande salle à manger permet de prendre ses repas. Il y a aussi des tables de pique-nique dehors mais il fait finalement bien frais le soir en Islande.

    Petite surprise sur l’étang devant l’auberge (celle-ci se situe en bordure d’un genre de marécage) : deux Plongeons catmarins (Gavia stellata) en plumage nuptial ont décidé d’y passer la soirée (dommage qu’ils soient à contre-jour, j’ai bien essayé de faire le tour de l’étang mais ils sont alors trop loin).

    11 août 2014 : le Sud, autour de Vik.

    De la taille d'un canard, les Plongeons se reconnaissent à leur allure typique sur l’eau et à leur bec pointu et généralement un peu relevé. Très bon plongeurs, ils se nourrissent de poissons.

    11 août 2014 : le Sud, autour de Vik.

    Petit exercice pour se dégourdir les ailes.

    11 août 2014 : le Sud, autour de Vik.

    Vue de dessous.

    Dans une partie plus intime de l’étang, on peut observer une petite troupe de Canards siffleurs (Anas penelope) :

    11 août 2014 : le Sud, autour de Vik.

     

    Dans la végétation autour de l’étang je repère également une Bécassine des marais (Gallinago gallinago), mais impossible à prendre en photo : invisible dans la végétation, elle s’envole lorsqu’on se trouve à quelques mètres pour aller se cacher aussitôt à une distance suffisante pour qu’elle se sente en sécurité.

    Nous avons aussi une belle vue sur l’immense calotte glaciaire du Vatnajökull qui nous a accompagné sur de nombreux kilomètres en cette fin d’après-midi. Ce jour-là il semble flotter sur une mer de nuage.

    11 août 2014 : le Sud, autour de Vik.

    Le Vatnajökull va nous accompagner durant toute la journée du lendemain.

    Je vous dis à bientôt pour la suite du voyage : Skaftafell et Jökulsárlón


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    Pour cette journée, l’objectif est d’atteindre la côte sud du côté de Vik. En chemin nous ferons quelques haltes suivant notre inspiration.

    En quittant la ferme de Steinsholt où nous avons passé la nuit, j’aperçois sur une clôture un passereau au bec fin : il s’agit d’un Pipit farlouse (Anthus pratensis). A noter que l’identification des passereaux en Islande est assez facile, le nombre d’espèces possible étant réduit.

    Pipit farlouse Islande

    En France on peut rencontrer au moins 4 espèces de Pipit, en Islande seul le farlouse est observé.

     

    Durant la matinée nous traversons la campagne verdoyante direction le sud-est. Le relief le long de la route n° 1 pour cette portion du parcours est assez plat, surtout en direction de la mer dont on se rapproche petit à petit. Puis apparaissent devant nous les contreforts du célèbre Eyjafjöll. Des falaises abruptes tombent sur la plaine, et de nombreuses cascades en descendent.

    Nous nous arrêtons pour admirer la cascade de Seljalandsfoss. La visite est amusante car un sentier passe derrière la cascade (imperméable conseillé).

    Sur les falaises, nichent des Fulmars boréaux (Fulmarus glacialis), bien que l’on soit à près de 10 km de la mer. Étonnant lorsque l’on sait que le Fulmar boréal est un oiseau exclusivement marin qui ne vient à terre que pour se reproduire. 

    10 août 2014 : les Macareux de Dyrholaey

    Les fulmars au nid sont assez bruyants, leur cris rappellent le caquètement des poules lorsqu’elles sont énervées.

     

    10 août 2014 : les Macareux de Dyrholaey

    Un peu plus petit qu’un Goéland argenté et assez semblable en coloris, le Fulmar se reconnait à son œil sombre et surtout aux tubes qui surmontent son bec et lui servent à dessaler l’eau de mer dont il peut alors s’abreuver.

     

    Les fulmars ne sont pas les seuls sur la falaise :

    10 août 2014 : les Macareux de Dyrholaey

     

    Nous poursuivons ensuite notre route entre l’Eyjafjajökull et la mer. Peu avant Skogar (une autre célèbre cascade) mon œil est attiré par un Huitrier pie (Haematopus ostralegus) qui se nourrit dans un champ. Dire que j’ai passé 5 jour l’été dernier (2013) en Baie de Somme sans en voir un seul de près … Ici ils sont assez peu farouches et de plus dans des paysages sublimes :

    10 août 2014 : les Macareux de Dyrholaey

    Le point noir, en bas à gauche dans la pâture, c’est un huitrier pie.

     

    10 août 2014 : les Macareux de Dyrholaey

    Sur cette photo, on voit (un peu) mieux les détails de l’oiseau. Vivant surtout sur le littoral où il se nourrit de coquillages, il s’est adapté à d’autres milieux tels que les prairies, où il consomme vers de terre et insectes.

     

    Après un détour pour admirer la cascade de Skogafoss, nous longeons maintenant une nouvelle calotte glaciaire, le Myrdalsjökull. Sur la droite, une route mène à la langue glaciaire du Solheimajökull. Des véhicules de tourisme l’empruntent, elle ne porte pas de numéro commençant par « F », mais l’état de la piste et les énormes nids de poule nous font hésiter. Quelques photos plus tard on décide de renoncer et d’aller directement aux falaises de Dyrholaey.

    10 août 2014 : les Macareux de Dyrholaey

    Un aperçu du paysage du côté de Solheimajökull… Renseignements pris, notre hébergement n’étant pas très loin, on reviendra le lendemain matin …

     

    Les falaises de Dyrholaey sont un des principaux sites d’Islande connu pour l’observation des Macareux moines (Fratercula arctica). Forcément c’est lorsque nous en approchons qu’il commence sérieusement à pleuvoir. D’un autre côté, 2 jours sans pluie en Islande c’est déjà pas mal. En arrivant sur le parking du site, on décide de manger nos sandwiches, on ne sait jamais la pluie pourrait s’arrêter … Un ornithologue se risque en dehors de sa voiture avec un téléobjectif … Le pauvre revient 5 minutes plus tard et quitte le site, dégouté. Rassurez-vous on n’a pas suivi son exemple. Les macareux non plus, ils sont sur la falaise à quelques mètres d’un sentier aménagé. Beaucoup font des allers-retours avec la mer où ils vont pêcher. Les photos ci-dessous sont prises avec un téléobjectif, mais les macareux sont tellement proches que même avec un smartphone on doit pouvoir obtenir un résultat correct.

    10 août 2014 : les Macareux de Dyrholaey

    Scène de ménage ?

     

    10 août 2014 : les Macareux de Dyrholaey

    Ou pas ?

     

    10 août 2014 : les Macareux de Dyrholaey

    Une partie du groupe (la falaise en est couverte)

     

    10 août 2014 : les Macareux de Dyrholaey

    Retour de pêche.

     

    10 août 2014 : les Macareux de Dyrholaey

    Vite une deuxième photo avant qu’il se précipite dans son terrier pour nourrir son unique poussin.

     

    La plage en contrebas nous donne un aperçu de la rude Islande : des galets noirs en pierre volcanique, le vent, la pluie, le froid, les vagues, au fond les arches de Dyrholaey sous la falaise, aussi noires que la plage, les cris des sternes qui malgré le temps agité volent sur place au dessus de l’eau avant de plonger à pic sur une proie et la ramener à leur nid dans l’herbe au-dessus des falaises, les fulmars qui finalement préfèrent dormir sur leur nid plutôt que d’aller affronter les éléments …

    10 août 2014 : les Macareux de Dyrholaey

    Petite sieste en attendant que les éléments se calment. On remarque la couleur des pierres (l’Islande est intégralement constituée de roches volcaniques)

     

    Avant de rejoindre notre voiture (avec une pensée pour ceux qui visitent le pays en vélo ou en auto-stop) je prends quelques autres portraits des macareux. Pas de photos en vol aujourd’hui la lumière est trop mauvaise.

    10 août 2014 : les Macareux de Dyrholaey

    Seuls les adultes sont visibles à cette saison. Au printemps ils se regroupent sur les falaises herbeuses où ils creusent un terrier pour y pondre un unique œuf. Fin aout, soit quelques semaines après notre passage, les adultes repartiront en mer où ils passeront tout l’hiver. Les jeunes abandonnés dans leur terrier en sortiront après une semaine sans manger et sauteront directement de la falaise dans la mer.

     

    10 août 2014 : les Macareux de Dyrholaey

     

    Pour nous réchauffer nous décidons d’aller à Vik faire quelques achats dans le magasin de pulls et autres accessoires en laine de moutons d’Islande, l’un des plus intéressants du pays niveau choix et prix. A savoir, lorsque l’on fait des achats de marchandises que l’on sortira du pays, il est possible de récupérer les taxes en remettant à l’aéroport le formulaire que vous donne le commerçant (remboursement sur carte de crédit environ 2 mois plus tard).

    En chemin une petite route attire notre attention, elle mène au site de Reynisdrangar que nous visiterons le lendemain. Sur un poteau de clôture un Huitrier pie surveille deux congénères qui se nourrissent dans une pâture en compagnie de 2 bécasseaux - probablement des Bécasseaux violets (Calidris maritima) reconnaissables à leur robe sombre et leurs pattes jaunes. 

    10 août 2014 : les Macareux de Dyrholaey

    Le temps gris et pluvieux permet de faire des photos à l’ambiance si particulière …

     

    Je vous dis à bientôt pour la suite du voyage : le Sud, autour de Vik.


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    Depuis jeudi 2 octobre (date à laquelle il a été découvert par une ornithologue parisienne) un Torcol fourmilier (Jynx torquilla ) séjourne au jardin des Grands Moulins dans le 13ème arrondissement de Paris.

    Evénement assez exceptionnel, en effet jusqu'à 2006 (d'après l'Atlas des Oiseaux nicheurs de Paris) les observations de cette espèce dans Paris intra-muros étaient très rare. Depuis la parution de cet ouvrage indispensable, les observations ponctuelles sont plus fréquentes, mais un séjour de plus de 6 jours surtout en octobre est inédit.

    Quelques explications :

    - Tout d'abord c'est quoi un Torcol fourmilier ? Vu de loin ça ressemble en taille et en couleur à un passereau genre moineau ou grive (taille moyenne et couleur grisâtre), qui passe beaucoup de temps au sol à se nourrir et se tient parfois dans les arbustes pour se reposer ou nettoyer son plumage. Cependant ce n'est pas un passereau mais un oiseau de la famille des pics (Pic vert, Pic épeiche ...) avec qui il partage la longue langue visqueuse lui permettant de capturer des fourmis. Comme son nom l'indique ces dernières composent la majeure partie de son menu.

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    Une des photos prises le lundi 6 octobre.

     

    - Que fait un Torcol fourmilier dans Paris en octobre ? Il faut d'abord préciser que le Torcol fourmilier est un oiseau migrateur, qui niche en Europe et hiverne en Afrique. Le départ pour l'Afrique a lieu en septembre. Notre spécimen est un peu en retard (des observateurs expérimentés pensent que c'est un jeune de l'année) ; il s'est probablement arrêté à Paris pour faire des réserves avant le grand voyage mais se trouve bloqué par les conditions météos déplorables que nous connaissons depuis samedi. Même s'il fait le bonheur des observateurs et photographes il faut espérer que la météo s'améliore et que le Torcol nous quitte rapidement, car cet oiseau ne peut survivre chez nous en hiver.

    - C'est où le jardin des Grands Moulins ? Officiellement appelé "Jardins des Grands-Moulins - Abbé-Pierre", c'est un nouvel espace vert créé en 2009 dans le 13ème arrondissement dans le cadre de l'aménagement des quartiers "Paris rive gauche", non loin de la Bibliothèque Nationale François Mitterrand, et surplombé par les Grands Moulins de Paris récemment réaménagés pour l'Université Paris VII. Bien qu'il ne soit pas très grand, il est rapidement devenu un haut lieu de l'ornithologie parisienne et un refuge pour la biodiversité, probablement grâce à son mode de gestion écologique. Pour y aller : Metro ligne 14 station "Bibliothèque" ou bus 89.

    Et maintenant les photos - prises lundi 6 octobre et mardi 7 octobre, dans des conditions de lumière déplorables mais le résultat n'est pas trop mal :

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    Lundi 6 octobre vers 14h, j'explore le parc à la recherche de la bête. Au début je ne trouve que des moineaux, aucun ornithologue avec longue-vue ou appareil photo, mais à force de chercher voilà le Torcol, au pied d'un arbre et d'une haie d'arbustes ...

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    En plus il est peu farouche et s'approche tout en se nourrissant de fourmis.

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    On prend la pose pour le photographe.

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    Ici on aperçoit le bout de la langue de notre mini dinosaure.

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    Une langue d'une longueur incroyable, lui permettant d'attraper des fourmis ...

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    Plus de doute, les dinosaures sont toujours parmi nous.

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    Nouvelle série de photos prises le mardi 7 octobre. Cette fois-ci des ornithos étaient présents sur place, cela m'a permis de localiser plus rapidement la bestiole (qui semble s'entendre avec les moineaux).

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    Le Torcol passe un long moment à creuser le sol avec son bec pour déterrer le contenu d'une fourmilière. Peut farouche il se réfugie quelques instant dans les buissons lorsqu'un passant s'approche mais revient aussitôt à sa fourmilière.

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    Pour changer, perché dans un pin un court moment, avant de retourner au sol se nourrir.

     

    En conclusion, une occasion extraordinaire d'observer et de photographier cet oiseau pas si commun et surtout d'ordinaire très discret. Je tiens à remercier la personne qui a partagé sa découverte et les autres observateurs qui ont donné de précieuses informations sur l'oiseau et son comportement.


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    En début de matinée nous récupérons notre voiture de location. Quelques mots sur le réseau routier Islandais me paraissent utiles : il est composé essentiellement de la route n° 1 qui fait le tour de l’île, et qui est asphaltée sur pratiquement toute sa longueur, de quelques routes secondaires dans les zones agricoles et côtières habitées (celles-ci sont numérotées, stabilisées mais pas toujours goudronnées) et de pistes en terre accessibles seulement aux véhicules 4x4 et aux conducteurs expérimentés sur terrain difficile (présence de gués entre autre). Ces dernières sont également numérotées mais précédées de la lettre « F » comme "fjallvegur" : route de montagne en Islandais.

    Le loueur de voiture nous remet une carte précisant les zones autorisées avec notre véhicule de tourisme : une grande partie du centre de l’île nous est inaccessible. Ce n’est pas grave, en 10 jours nous n’aurions de toute façon pas eu le temps de tout faire. Il nous met également en garde contre les principaux dangers des routes Islandaises : les moutons en liberté, les ponts à une seule voie et les sommets de côte sans visibilité. Nous voilà prêtes pour l’aventure.

    Le programme du jour est « le Cercle d’Or », une région proche de Reykjavik, qui concentre quelques-uns des sites les plus intéressants du pays. Comme c’est très touristique et facile d’accès, c’est aussi très fréquenté. Il va falloir attendre un peu pour avoir l’impression d’être seules au monde.

    En quittant Reykjavik, sur le bord de mer, on aperçoit entre autre quelques Goélands marins (Larus marinus), qui ressemblent beaucoup aux Goélands bruns dont on a parlé précédemment, à part les pattes qui sont rose pâle au lieu de jaune, ainsi que des Grands corbeaux (Corvus corax), le seul corvidé d’Islande. A noter que contrairement à la France où il est plutôt rare (des populations subsistent seulement en montagne : Alpes, Pyrénées … et sur les côtes bretonnes), ici le Grand corbeau est assez commun et encore régulièrement chassé car il concurrence les Islandais pour la consommation des œufs et poussins d’oiseaux de mer et de canards. Pas aussi farouche qu’en Europe continentale, il n’est cependant pas aussi familier que ceux de Yellowstone ou de Bryce canyon dans l’Ouest des Etats-Unis.

    Nous laissons rapidement derrière nous le bord de mer et la route n° 1 pour s’enfoncer dans les terres par la route n° 36. Nous croisons rapidement nos premiers moutons, éparpillés dans un paysage de collines sans arbres.

    Notre première halte est le site de Þingvellir, où l’on peut admirer une des failles qui séparent les plaques Eurasienne et Nord-Américaine, exceptionnellement située en Islande au-dessus du niveau de la mer. Le paysage forme ici une sorte d’amphithéâtre naturel, qui a constitué dès le début de la colonisation par les Viking, le lieu de réunion annuel de leur parlement (l’Althing). Pour ces raisons historiques, le site est classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

    En nous promenant sur les sentiers du site, nous rencontrons une petite troupe d’Oies cendrées (Anser anser).

    9 août 2014 : le Cercle d'Or

    Celle-ci doit être une juvénile, son bec est encore pâle.

     

    Puis direction le site de Geysir, qui se situe à environ 30 km vers l’est. On peut y trouver le geyser qui a donné son nom ses congénères du monde entier. Cependant son activité est devenue très irrégulière et il est rare de pouvoir l’observer, ce qui n’est pas le cas de son voisin le Strokkur, qui jaillit très régulièrement à intervalle de quelques minutes. La bulle bleue qui se forme avant l’éruption du geyser est très impressionnante. Malheureusement je n’ai pas de photo à vous montrer.

    Le dernier des 3 sites majeurs du Cercle d’or et à mon avis le plus impressionnant est la chute de Gullfoss (la chute d’or en islandais), située à quelques km de Geysir. L’imperméable est recommandé même par beau temps, la puissance de la chute étant telle que l’air est constellé de gouttelettes. S’il y a du soleil (ce qui était notre cas au début de la visite) on peut y apercevoir un arc en ciel.

    9 août 2014 : le Cercle d'Or

    Premier point de vue sur Gullfoss, au premier plan un arc en ciel. 

     

    9 août 2014 : le Cercle d'Or

    L’étage supérieur de la chute.

     

    9 août 2014 : le Cercle d'Or

     La chute tombe ensuite dans un défilé et devient la rivière Hvita.

     

    Du parking de Gullfoss, situé sur le plateau au-dessus des cataractes, on aperçoit au loin le glacier de Langjökull. C’est également de là que part la célèbre piste de Kjölur, qui travers les hautes terres entre le Langjökull et un autre glacier, le Hofsjökull. Nous ne l’emprunterons pas, n’ayant pas loué un véhicule approprié.

    9 août 2014 : le Cercle d'Or

    Les hautes terres et le glacier, vus depuis le parking de Gullfoss.

     

    La suite de la journée est consacrée à la localisation de notre hébergement du soir qui est sensé se trouver près de la bourgade de Selfoss dans le sud mais est plutôt perdu dans la nature en direction de l’est. Après Gullfoss nous bifurquons rapidement sur la route n° 30, première portion de route non goudronnée pour nous. En théorie la vitesse y est limité à 80 km/h mais il est conseillé de s’adapter aux nids de poule, virages et gravillons … Après 5 km on retrouve une route un peu plus civilisée, à partir du pont sur la rivière Hvita. Les paysages de la vallée sont très verdoyant, paradis des chevaux Islandais. Ci-dessous un aperçu en photos de cette jolie région qui accueille de nombreux citadins en week-end :

    9 août 2014 : le Cercle d'Or

    Le tracteur montre l’échelle du paysage. Au premier plan un « arbre ».

     

    9 août 2014 : le Cercle d'Or

    Au loin, un groupe de chevaux Islandais.

     

    9 août 2014 : le Cercle d'Or

    Le vert de l’herbe semble inversement proportionnel à la rigueur du climat. 

     

    Après avoir bifurqué sur la route n° 32 nous finissons par trouver la ferme auberge de Steinsholt où nous passerons la soirée et la nuit. Nous avons la chance d’avoir une chambre avec salle de bain privative. Je recommande fortement cette endroit : accueil sympathique, diner excellent, copieux et peu cher – pour l’Islande bien sûr (nous avons eu le droit à une soupe de viande d’agneau, suivi d’un buffet avec rôti, différentes salades et légumes dont un délicieux gratin de potiron, et en dessert un clafoutis à la rhubarbe). Pour ceux qui le souhaite possibilité de faire de l’équitation.

    Je profite de la fin de l’après-midi pour explorer les alentours de la ferme et trouver quelques spécimens de l’avifaune local. A l’arrière de la maison, une pelouse avec quelques arbres et une pâture pour chevaux constituent l’habitat de passereaux locaux : les Sizerins flammés (Acanthis flammea) facilement observés par la fenêtre de la salle à manger en prenant un café, s’avèrent beaucoup plus difficile à approcher une fois dehors avec l’appareil photo. Impossible d’immortaliser un adulte avec sa flamme rouge sur l’avant de la calotte. Ce sera pour un autre jour. Les juvéniles sont un peu moins farouches (voir photos ci-dessous). Quelques Grives mauvis (Turdus iliacus), des Bergeronnettes grises juvéniles (Motacilla alba) et de plus nombreux Etourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) se nourrissent dans la pâture mais ne sont pas non plus très coopératif pour prendre la pose.

    9 août 2014 : le Cercle d'Or

    Jeune sizerin flammé.

     

    9 août 2014 : le Cercle d'Or

    Sizerin flammé se nourrissant de graines de fleurs sauvages.

     

    Les moutons sont bien moins farouches (et aussi plus gros) :

    9 août 2014 : le Cercle d'Or

    On se pousse un peu pour laisser passer les voitures …

     

    9 août 2014 : le Cercle d'Or

    Les moutons Islandais descendent directement de ceux apportés par les Vikings il y a plus de dix siècles. Mâles et femelles possèdent des cornes, et une laine très douce et très longue qui leur permet de résister au climat. 

     

    Je vous dis à bientôt pour la suite du voyage : les Macareux de Dyrholaey.


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    Cet article est le premier d’une série consacrée au récit de mon voyage ornitho-géologique en Islande, du 8 au 18 août 2014. J’y suis allée accompagnée de ma fille, et en effet on n’a pas choisi cette destination pour la plage et le soleil, mais plutôt pour les paysages volcaniques et la nature. Quoique cette été niveau météo on était aussi bien en Islande que dans la moitié Nord de la France : nous avons eu des journées ensoleillées où le thermomètre a culminé à 22°C, pour un minimum de 6,5°C un matin en fin de séjour …

    Les volcans Islandais sont célèbres à travers le monde, en particulier depuis l’éruption de l'Eyjafjöll en 2010. On connait moins l’Islande comme destination ornithologique, pourtant les chiffres parlent d’aux même : environ 320 000 habitants, plus de 3 millions de Macareux moine (Fratercula arctica) !

    Nous avons donc décollé de Roissy Charles-de-Gaulle le 8 août en début d’après-midi, pour atteindre notre destination l’aéroport de Keflavik environ 3h30 plus tard. Très peu de formalités car l’Islande fait partie de l’espace Schengen, nous partons rapidement en bus pour notre hôtel à Reykjavik (plutôt une guesthouse, les vrais hôtels étant rares et hors de prix en Islande).

    Nous atteignons la capitale de l’Islande (qui regroupe les 2 tiers des habitants du pays) après avoir traversé les champs de lave de la péninsule de Reykjanes. Un premier aperçu des paysages que nous rencontrerons pendant notre périple autour de l’Islande : pas un arbre à l’horizon, la végétation qui tente de coloniser tant bien que mal les sombres roches volcaniques se résume à des sortes de mousses.

    La guesthouse Sunna est simple mais fonctionnelle, située en plein centre de Reykjavik près de l’église Hallgrímskirkja qui surplombe la ville. Nous repérons rapidement la rue principale (Laugavegur), le supermarché (pour les provisions en prévision du lendemain), les magasins de souvenirs regorgeant de Macareux (en peluche, fabriqués en Chine) et un restaurant sympathique et délicieux pour dîner (le Solon Bistro, je recommande en particulier le steak d’agneau).

    Puis direction le lac Tjörnin afin de faire connaissance avec l’avifaune urbaine d’Islande. Le lac est situé tout près du centre historique (là où les premiers Vikings s’installèrent au IXème siècle).

    Les premières espèces rencontrées sont des classiques de l’ornithologie urbaine : une colonie bruyante d’Etourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) a élu domicile sur les corniches d’une façade, deux Pigeons bisets domestiques (Columba livia) se promènent sur les bord du lac. A noter que ce sont les seuls pigeons « de ville » qu’on verra durant tout notre séjour, et que leur densité semble bien faible par rapport à ce qu’on rencontre habituellement dans pratiquement toutes les agglomérations du monde.

    D’énormes Goélands bruns (Larus fuscus) sont perchés sur des lampadaires ou sur les berges, les adultes sont assez faciles à reconnaître : bec et pattes jaunes, dessus des ailes bruns foncés (en comparaison, le Goéland argenté de nos plages a les pattes rosâtres et le dessus gris clair). Pour identifier formellement les jeunes c’est une autre paire de manches …

    8 août 2014 : Arrivée à Reykjavik

    Beau spécimen de Goéland brun qui pose pour la photo.

     

    Sur le lac, il y a bien sûr des canards : tout d’abord les plus nombreux, des Canards colverts (Anas platyrhynchos), que je ne me suis pas attardée à prendre en photo, pour 2 raisons : on en trouve facilement de beaux spécimens sur la Seine à Paris et dans bien d’autres endroits, et de plus le mois d’août n’est pas la meilleure saison pour photographier les canards et en particulier le plumage coloré des mâles. En effet c’est à cette période de l’année qu’a lieu la mue complète de leur plumage, et étant incapable de voler la nature les a doté de couleurs ternes assez semblables à celles des femelles, ce qui leur permet d’échapper plus facilement aux prédateurs. On dit qu’ils sont en plumage d’éclipse. Je vous montrerai quand même des photos des autres espèces de canards rencontrées, surtout ceux que l’on ne voit que rarement en France.

    Revenons donc aux canards du lac Tjörnin : parmi les colverts, des canards sombres et bien plus petits, après vérification il s’agit de Fuligules morillons (Aythya fuligula) – je mets les noms latins entre parenthèse car c’est pratique pour s’y retrouver par exemple si on achète sur place un guide ornithologique en anglais. Voici une femelle : 

    8 août 2014 : Arrivée à Reykjavik

     

    Puis on aperçoit un Eider à duvet (Somateria mollissima) femelle accompagné de son jeune, qui se dirigent vers nous (on doit se trouver à un endroit stratégique de distribution de pain). Que sont devenus les frères et sœurs du petit (les canes pondent en général une douzaine d’œufs ) ? Probablement dans les premiers jours de leur vie ils ont servis de petit déjeuner à quelques goélands. C’est pour cela qu’au bord du lac un panneau stipule qu’il est interdit de distribuer du pain aux oiseaux entre le 15 mai et le 15 août, afin d’éviter d’attirer les goélands qui représentent un grand danger pour les canetons.

    Nos 2 eiders sont peu farouches, on peut les photographier facilement. Cela tombe bien, jusqu’à présent je n’en avait observé qu’une fois, un individu qui s’était égaré au lac de Créteil pendant la vague de froid de février 2012, mais qui s’obstinait à rester au milieu du lac. Donc voici les photos :

    8 août 2014 : Arrivée à Reykjavik

    Madame Eider à duvet

     

    8 août 2014 : Arrivée à Reykjavik

    et son petit.

     

    En faisant le tour du lac (du moins sa partie la plus urbaine) on peut également observer quelques autres espèces :

    Un couple de Cygnes chanteurs (Cygnus cygnus) reste trop éloigné des berges pour faire des photos correctes (en fin de séjour par contre ils viendront « au pain » ce qui me permettra d’en tirer quelques portraits).

    Quelques Mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) juvéniles nagent, des Sternes arctiques (Sterna paradisaea) très bruyantes volent sur place au-dessus de l’eau avant de plonger pour attraper un petit poisson, un petit groupe d’Oies cendrées (Anser anser) broutent sur une pelouse. Parmi les nombreux canards présents on peut également identifier 2 ou 3 Fuligules milouinans (Aythya marila) et un groupe d’une dizaine d’Eiders à duvet qui nagent au milieu du lac. 

    8 août 2014 : Arrivée à Reykjavik

    Une Oie cendrée, ancêtre de nos Oies domestiques.

     

    8 août 2014 : Arrivée à Reykjavik

     Un Fuligule milouinan mâle. Cette espèce ressemble au Fuligule morillon, mais est un peu plus grande. Le dos du mâle est gris clair au lieu de noir, et il ne possède pas de huppe.

     

     Je vous dis à bientôt pour la suite du voyage : le Cercle d’Or.


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