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    Le Pélican brun (Pelecanus occidentalis) est une des espèces que je souhaitais absolument observer en Guadeloupe, surtout que lors de notre séjour au Pérou en 2015 nous avions fait l'impasse sur le bord de mer, Paracas et les îles Ballestas et donc raté le Pélican thage, cousin du Pélican brun.

    Ces grands oiseaux, appelés par les Guadeloupéens "Grands Gosiers" ne sont finalement pas très difficiles à trouver et à observer de près. Il suffit de se rendre sur le bord de mer, de préférence dans un port de pêche. Pourtant, les Pélicans ont été en grand danger d'extinction il y a quelques dizaines d'années, avant l'interdiction du DDT. Le Pélican est au sommet de la chaîne alimentaire, et comme chez les rapaces, cet insecticide se concentrait dans leur organisme et fragilisait la coquille de leurs œufs. Heureusement ce produit a été interdit dans de nombreux pays en particulier pour les usages agricoles, ce qui a permit aux Pélicans de retrouver un peu de prospérité. Le Pélican brun niche à nouveau à la Guadeloupe depuis une dizaine d'année.

    La première série de photos, ci-dessous, a été prise au niveau du port de Baille-Argent, commune de Pointe-Noire.


    Pélican brun - Pointe-Noire

     

    Le Pélican brun adulte en période inter-nuptiale a la tête et le cou blanc, le corps étant entièrement gris brun foncé, tant sur le dessus que sur le dessous. Le juvénile quant à lui est tout brun avec le ventre clair.

    Pélican brun - Pointe-Noire

     

    Pélican brun - Pointe-Noire

     

    Pélican brun - Pointe-Noire

     

    Pélican brun - Pointe-Noire

     

    Le Pélican brun a une  technique de pêche très particulière : il vole à plusieurs mètres au dessus de l'eau afin de repérer ses proies, puis il plonge subitement la tête la première d'une hauteur pouvant aller jusqu'à 7 mètres, pour tomber exactement sur le poisson convoité.

    Pélican brun - Pointe-Noire

     

    En période nuptiale, la nuque et le cou de l'adulte se parent d'une belle coloration rousse. Nous avons longuement observé l'individu ci-dessous, dans toutes les phases de pêche et de vol.

    Pélican brun - Pointe-Noire

     

    Pélican brun - Pointe-Noire

     

    Pélican brun - Pointe-Noire

     

    Pélican brun - Pointe-Noire

     

    Pélican brun - Pointe-Noire

     

    Pélican brun - Pointe-Noire

     

    Un juvénile se repose sur les rochers. Les Pélicans bruns ne sont absolument pas farouches sur leur site de repos et de pêche, par contre ils sont très sensibles au dérangement sur leur site de nidification.
     

    Pélican brun - Pointe-Noire

     

    Deuxième petite série de photos, prises sur la plage d'Anse Caraïbe. On voit bien la différence de plumage entre les deux Pélicans, l'un étant en plumage nuptial alors que l'autre non. Ce dernier a bien voulu nous montrer la poche sous son bec.

    Pélican brun - Anse Caraïbe

     

    Pélican brun - Anse Caraïbe

     

    Pélican brun - Anse Caraïbe

     

    Pélican brun - Anse Caraïbe

     

    Pélican brun - Anse Caraïbe

     

    Pélican brun - Anse Caraïbe

     

    Vous pouvez retrouver les Pélicans bruns ici : http://www.oiseaux.net/oiseaux/pelican.brun.html

    Dans le prochain article de la série nous retournerons au Jardin des colibris pour observer les sucriers.


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    Deuxième jour de notre séjour en Guadeloupe en mars dernier. Le temps est couvert et il pleut (oui je sais en mars théoriquement il fait beau et sec en Guadeloupe, mais il faut savoir une chose : dès que nous arrivons en vacances quelque part, les conditions météo se dégradent ! Aussi je vous déconseille de passer vos vacances avec nous si vous voulez avoir beau temps). Nous décidons quand même d'aller explorer la côte au sud de Deshaies, ce n'est pas quelques gouttes qui vont décourager une Bretonne. Les photos ne sont peut-être pas super lumineuses, mais nous avons fait de belles rencontres.

    Au détour d'un virage, nous apercevons un passereau tout gris perché sur un poteau. Il s'agit d'un Tyran gris (Tyrannus dominicensis) appelé Pipirite en créole. Facile à observer car toujours perché bien en vue à l’affût d'insectes à capturer, c'est aussi le premier à chanter le matin, si bien qu'aux Antilles l'expression "au Pipirite chantant" désigne une activité très matinale. 

    Tyran gris - Pointe-Noire

     

    Le petit port de pêche de Baille-Argent sur la commune de Pointe-Noire est très fréquenté par certains oiseaux qui attendent le retour des pêcheurs. Ce Héron garde-boeufs (Bubulcus ibis) semble connaître tous les recoins des installations destinées à la préparation du poisson. 

    Héron garde-boeufs - Pointe-Noire

     

    Héron garde-boeufs - Pointe-Noire

     

    Héron garde-boeufs - Pointe-Noire

     

    Héron garde-boeufs - Pointe-Noire

     

    Dans le bourg de Pointe-Noire, nous retrouvons un Quiscale merle (Quiscalus lugubris) mâle, espèce que nous avons aussi observée au Jardin des colibris. Le Quiscale merle est un oiseau peu farouche, qui s'adapte bien au milieu urbain, cette adaptation étant facilitée par son régime alimentaire très varié (en résumé : il peut manger n'importe quoi).

    Quiscale merle - Pointe-Noire

     

    Quiscale merle - Pointe-Noire

     

    Quiscale merle - Pointe-Noire

     

    Toujours sur le bitume de la rue principale de Pointe-Noire, nous apercevons une tourterelle qui nous semble bien familière : vous avez bien vu, c'est une Tourterelle turque (Streptopelia decaocto). On les retrouvera sur la plage (2ème photo). Mais que fait cette espèce européenne ici en Guadeloupe ? Nous savons qu'elle a colonisé l'Europe par ses propres moyens depuis l'Asie, mais elle n'a atteint les Antilles que depuis quelques dizaines d'années, cette fois introduite plus ou moins accidentellement par l'homme. Dans le cas de la Guadeloupe, c'est un éleveur qui a lâché ses oiseaux au moment de l'évacuation de Basse-Terre lors de l'éruption de la Soufrière en 1976, afin de les sauver d'une mort certaine. Une bonne action mais depuis l'espèce s'est répandue sur l'île, entrant en concurrence avec les Tourterelles locales, ce qui pourrait être problématique pour ces dernières.

    Tourterelle turque - Pointe-Noire

     

    Tourterelle turque - Pointe-Noire

     

    Pour la pause déjeuner nous choisissons la petite plage d'Anse Caraïbe sur la commune de Bouillante. Ici les Tourterelles locales sont plus nombreuses que les Tourterelles turques. Cette espèce se nomme la Tourterelle à queue carrée (Zenaida aurita), répandue dans toutes les Antilles et même sur les côtes du Yucatan au Mexique. De loin elle semble assez terne, mais de près on découvre les jolies teintes pastel de son plumage.

    Tourterelle à queue carrée - Pointe-Noire

     

    Tourterelle à queue carrée - Pointe-Noire

     

    Dans les arbres qui bordent la plage, quelques passereaux jouent à cache-cache avec nos appareils photos. Ci-dessous une Paruline jaune (Setophaga petechia), une des Parulines ou Fauvettes du Nouveau-Monde parmi les plus communes aux Antilles. 

    Paruline jaune - Pointe-Noire

     

    Puis nous retrouvons un Saltator gros-bec (Saltator albicollis), espèce déjà rencontrée au Jardin des colibris, occupé à une de ses activités favorites : la dégustation de fleurs (ce qui fait le désespoir des jardiniers locaux). 

    Saltator gros-bec -  Pointe-Noire

     

    Saltator gros-bec - Pointe-Noire

     

    Après avoir trouvé soleil et palmiers sur la plage de Malendure plus au Sud (très joli site, beaucoup de touristes et du coup moins d'oiseaux) nous remontons sur Pointe-Noire où nous retrouvons pluie et grisaille mais aussi des oiseaux en quantité surtout au dessus de la mer ! En plus des Pélicans que je réserve pour le prochain article, nous découvrons 2 autres espèces au cours de nos différents arrêts en bord de mer, à l'aller ou au retour.

    Tout d'abord voici la Sterne royale (Thalasseus maximus), une sterne de grande taille (51 cm contre 39 cm pour la Sterne pierregarin, la sterne la plus commune en France). On reconnait la Sterne royale à son bec fort de couleur jaune orangé. Fiche infos ici : http://www.oiseaux.net/oiseaux/sterne.royale.html.
     

    Sterne royale - Pointe-Noire

     

    Sterne royale - Pointe-Noire

     

    Et pour terminer ce petit tour sur la côte ouest de Basse-Terre, voici les Frégates superbes (Fregata magnificens) qui nous offrent un magnifique balai aérien au dessus de l'eau. On reconnaît surtout des juvéniles à leur tête et poitrine blanche, et quelques adultes : femelle à tête noire et poitrine blanche, mâle tout noir. On les retrouvera dans quelques jours au dortoir dans la mangrove.

    Frégate superbe - Pointe-Noire

     

    Frégate superbe - Pointe-Noire

     

    Frégate superbe - Pointe-Noire

     

    Frégate superbe - Pointe-Noire

     

    Frégate superbe - Pointe-Noire

     

    Beaucoup d'espèces présentées ici n'ont pas encore de fiche sur Oiseaux.net (c'est prévu ... mais cela prend du temps) aussi en attendant si vous souhaitez en savoir plus sur ces oiseaux vous pouvez consulter les 2 sites suivants, réalisés par des ornithologues de Guadeloupe et de Martinique :  amazona-guadeloupe et Les oiseaux de Martinique

    J'espère que vous passez tous un bel été et de bonnes vacances si vous en prenez.


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    Aujourd'hui nous allons faire la connaissance d'autres habitants du Jardin des colibris, à Deshaies en Guadeloupe.

    Tout d'abord, voici le Trembleur brun (Cinclocerthia ruficauda), un passereau de la taille d'un merle, ainsi appelé car il a la curieuse habitude de faire trembler ses ailes qu'il laisse pendre, tandis qu'il redresse la queue.

    C'est lui que Pascal a affectueusement surnommé Jo le trembleur en référence à une tirade culte du film Les Tontons flingueurs (1963), écrit par Michel Audiard : "D'accord, d'accord, je dis pas qu'à la fin de sa vie Jo Le Trembleur il avait pas un peu baissé. Mais n'empêche que pendant les années terribles, sous l'occup', il butait à tout va. Il a quand même décimé toute une division de Panzers."

    Le Trembleur brun nous rendait souvent visite par surprise, pour voler des morceaux de fruits dans la mangeoire des Sucriers à ventre jaune (que je vous présenterai une prochaine fois) ou se saisir d'un petit lézard inattentif.

    Pour en savoir plus sur cette espèce c'est ici : http://www.oiseaux.net/oiseaux/trembleur.brun.html.

    Jo le Trembleur brun

      

    Jo le Trembleur brun

     

    Trembleur brun - Guadeloupe

     

    Le Jardin des colibris se trouve sur les hauteurs de Deshaies, pas vraiment au bord de la plage, pourtant un après-midi nous avons eu la surprise de croiser Bernard, un beau spécimen de Bernard l’Hermite terrestre, dont la coquille mesurait une bonne quinzaine de cm. Une fois adulte, ces crustacés s'adaptent à la vie hors de l'eau, mais cela reste surprenant de les rencontrer dans un jardin pour nous qui n'en avons pas l'habitude.

    Bernard l'hermitte - Jardin des colibris

     

    Bernard l'hermitte - Jardin des colibris

     

    Les lézards Anolis sont omniprésents au Jardin des colibris, de couleur changeante (marron devant, vert derrière ou l'inverse), en mue, avec un fanon gonflable sous la gorge ...  Grands prédateurs de moustiques, pour le bonheur des habitants et des touristes, ils ne sont cependant pas au sommet de la chaîne alimentaire.

    Lézard - Jardin des colibris

     

    Lézard - Jardin des colibris

     

    Lézard - Jardin des colibris

     

    Omnivore comme le Trembleur brun que l'on a vu plus haut, le Quiscale merle (Quiscalus lugubris) ne dédaigne pas d'ajouter des lézards à son menu. Ci-dessous un mâle reconnaissable à sa couleur noire, en pleine dégustation.

    Quiscale merle - Jardin des colibris

     

    Quiscale merle

     

    Apparentés aux Trembleurs (famille des mimidés) les Moqueurs sont également assez facile à observer au Jardin des colibris (surtout dans les arbres près de l'accueil et du parking). Le Moqueur corossol (Margarops fuscatus) est la plus grosse des deux espèces que nous avons vues, son bec est jaunâtre et ses iris très pâles. De près, en comparant avec les illustrations d'un guide tel que Les oiseaux des Antilles, on peut aussi différencier les espèces de Moqueur grâce aux motifs de la poitrine.

    Plus d'infos sur l'espèce ici : http://www.oiseaux.net/oiseaux/moqueur.corossol.html.

    Moqueur corossol - Jardin des colibris

     

    Le Moqueur grivotte (Allenia fusca) est plus petit, son bec est sombre et plus court, ses iris sont jaunes. Il se nourrit essentiellement de fruits alors que le Moqueur corossol est omnivore. Fiche infos en suivant le lien : http://www.oiseaux.net/oiseaux/moqueur.grivotte.html.
     

    Moqueur grivotte - Jardin des colibris

     

    Moqueur grivotte  - Jardin des colibris

     

    Pour terminer ce petit tour au Jardin des colibris, voici le Saltator gros-bec (Saltator albicollis), un passereau granivore commun mais assez discret (sa couleur vert olive et le fait qu'il passe son temps dans la végétation n'aide pas à le repérer et à le photographier).

    Saltator gros-bec - Jardin des colibris

     

    Saltator gros-bec - Jardin des colibris

     

    Saltator gros-bec

     

    Dans les prochains articles, nous irons faire un tour en bord de mer du côté de Pointe-Noire. L'occasion de revoir certaines espèces vues ici et d'en découvrir de nouvelles.

    Si vous souhaitez être informé de la parution des nouveaux articles du Pigeon migrateur n'hésitez pas à vous inscrire à la Newsletter ou à aimer sa page Facebook. A bientôt en Guadeloupe ou ailleurs.


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    Ici débute une nouvelle série d'articles sur la Guadeloupe et plus particulièrement ses oiseaux. Nous avons découvert cette île pour la première fois en mars dernier, lors d'un séjour à deux au Jardin des colibris, un ensemble de gîtes et de cases en bois nichées dans un jardin luxuriant, à quelques minutes de la mer et du village de Deshaies, sur Basse-Terre.

    Le Jardin des colibris, dont j'ai entendu parler sur Facebook grâce à ma cousine (les réseaux sociaux ont parfois du bon), a obtenu le label refuge LPO suite aux efforts réalisés pour rendre le lieu accueillant pour les oiseaux et la faune locale.

    Ici les colibris sont chez eux. On peut y observer les 3 espèces présentes en Guadeloupe : le Colibri madère, le Colibri falle-vert et le Colibri huppé.

    Le Colibri madère (Eulampis jugularis) est le plus facile à observer : c'est le plus gros des 3 (12 cm, et jusqu'à 12 g sur la balance), le plus calme (caractère très relatif pour un colibri) et certainement le plus commun dans ce secteur de Deshaies. C'est aussi un très bon client pour les mangeoires à colibri remplies d'eau sucrée. Très territorial, chaque individu a son perchoir attitré, duquel il s'élance comme une flèche lorsqu’un congénère franchit la frontière (qu'ils sont seuls à connaître) ou veut se ravitailler à la mangeoire la plus proche.

    Pour plus d'informations sur ce colibri très coloré, je vous invite à consulter sa fiche ici : http://www.oiseaux.net/oiseaux/colibri.madere.html.

    Colibri madère

      

    Colibri madère

     

    Colibri madère

     

    Colibri madère

     

    Colibri madère

     

    Colibri madère

     

    Colibri madère

     

    Colibri madère

     

    Le Colibri falle-vert (Eulampis holosericeus) est un proche cousin du colibri madère, à peut près de la même taille mais beaucoup plus léger :  il atteint difficilement les 8 g. Sa gorge, son dos et sa tête sont vert avec de beaux reflets métalliques. Commun dans toutes les Petites Antilles, nous en avons cependant rencontrés beaucoup moins que des colibris madère. Cela semble lié à des différences de comportement entre les 2 espèces, voir la fiche http://www.oiseaux.net/oiseaux/colibri.falle-vert.html pour plus d'explications.

    Colibri falle-vert

     

    Colibri falle-vert

     

    Le Colibri huppé (Orthorhyncus cristatus) est beaucoup plus petit que les autres : 9 cm pour 4 g. Son bec est droit et assez court ce qui permet de le différencier des autres espèces, en particulier pour les femelles qui n'ont pas de huppe. Les photos ci-dessous ont été faites dans le petit bois derrière la piscine, grâce à la patience de Pascal. Pour en savoir plus : http://www.oiseaux.net/oiseaux/colibri.huppe.html.

    Colibri huppé

     

    Colibri huppé

     

    Colibri huppé

     

    Pour terminer ce premier article, je tiens à remercier Charlotte, Linda et Vanessa, pour leur accueil au Jardin des colibris et leurs conseils de balade en particulier ornithologique, sans oublier Jo et Bernard que je vous présenterai une prochaine fois.


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    Que seraient nos soirées d'été à la campagne sans la ronde des hirondelles au dessus de nos villages ? 

    Déjà deux à trois mois qu'elles sont revenues d'Afrique où elles passent l'hiver. Les oisillons de la première couvée sont envolés, il reste du temps pour en élever une deuxième avant le départ courant septembre.

    Deux espèces d'hirondelles se partagent l'espace dans nos villes et villages du nord de la France : l'Hirondelle rustique et l'Hirondelle de fenêtre. 

    L’Hirondelle rustique (Hirundo rustica) se distingue de l’Hirondelle de fenêtre par sa gorge rousse et sa queue prolongée par de longs filets. Elle niche en général dans les bâtiments (grange, garage, écurie etc.). Le nid est souvent construit contre une poutre et est plus ouvert que celui de l’hirondelle de fenêtre. Chez nous au refuge LPO de Grand-Rozoy, suivant les années un ou deux couples nichent dans le garage. 

    L’Hirondelle rustique, comme sa cousine l’Hirondelle de fenêtre, se nourrit exclusivement d’insectes volants (mouches, fourmis ailées, moustiques, libellules etc.). En échange de quelques salissures, les hirondelles vous assurent des soirées d’été paisibles et agissent comme un véritable insecticide gratuit et naturel.

    Les photos d'hirondelles rustique ci-dessous ont été prises dans la grange de notre précédente maison à Couvrelles (02). L'agencement de la maison  faisait que l'on passait dans cette grange plusieurs fois par jour. Les hirondelles avaient l'habitude de nous voir et n'étaient pas dérangées par nos allées et venues.
     

    Hirondelles rustiques

    De tous jeunes bébés hirondelles très affamés.

      

    Hirondelles rustiques 

    Nourrissage par un des parents.

     

    Hirondelles rustiques

    La nichée au complet quelques jours après la sortie du nid.

     

    L’Hirondelle de fenêtre (Delichon urbicum) est la deuxième espèces d’hirondelle qui utilise les bâtiments de nos villages comme support pour construire son nid. Ce sont les angles de fenêtre et de porte qui ont sa préférence. Elle se différencie de l'hirondelle rustique par l'absence de roux dans son plumage, qui est bleu-noir sur le dessus et blanc sur le dessous. En vol on peut distinguer son croupion blanc pur et l'absence de filet à la queue. Le nid est beaucoup plus fermé que celui de l'hirondelle rustique : il possède uniquement une petite ouverture qui ne laisse passer qu'une hirondelle à la fois (du coup c'est beaucoup plus difficile de compter les jeunes se trouvant dans le nid).

    L’hirondelle de fenêtre niche dans notre refuge depuis 2015. Pour l’instant il y a un seul nid, mais nous espérons que la colonie va s’agrandir. Une autre petite colonie est installée sur la mairie de Grand-Rozoy. 

    L’Hirondelle de fenêtre est la championne de la vie en collectivité et de l’entraide : les colonies peuvent compter plusieurs dizaines de nids (exemple 46 nids observés sous un toit à Limé toujours dans l'Aisne), les couples s’entraident pour construire les nids, quitte à ce que certains ne se reproduisent pas. Une fois que les jeunes savent voler, tous les soirs la famille au complet s’entasse dans le nid pour passer la nuit au chaud.

    Hirondelles de fenêtre

     Au sol, à la recherche de matériaux pour leur nid. Photo prise à Couvrelles.

     

    Hirondelle de fenêtre

    Au sein de la colonie de Limé.

     

    Hirondelle de fenêtre

    Toujours à Limé. On distingue bien le croupion blanc de l'hirondelle.

     

    Hirondelle de fenêtre

    L'unique nid de notre nouvelle colonie à Grand-Rozoy en 2015.

     

    Les hirondelles, protégées en Europe comme le plupart des passereaux, doivent malheureusement faire face à de nombreuses menaces :

    • L'agriculture intensive et l'utilisation des pesticides chimiques a fortement réduit la nourriture disponible pour les hirondelles. 

    • Les destructions de nids sous prétexte de salissures ou lors de travaux de ravalement, et la fermeture des granges et garages où les hirondelles rustiques aiment nicher rend leur reproduction plus difficile.

    • Tout cela se rajoute aux dangers de la migration et à la détérioration de certains de leurs habitats sur leur lieu d'hivernage.

     

    Pour les aider, ne détruisez pas leur nid même après leur départ pour l’Afrique, bannissez les insecticides chimiques de votre jardin, s'il fait sec aménagez une petite flaque d'eau entourée de terre pour que les hirondelles puissent trouver des matériaux de construction, ou posez des nichoirs adaptés.

    Vous vous direz peut-être que ce n'est pas grave d'enlever les nids à l'automne. C'est pourtant interdit et fort pénalisant pour les hirondelles : en effet, reconstruire un nid à partir de zéro chaque printemps demande beaucoup d'énergie et de temps aux hirondelles déjà épuisées par leur migration. Détruire les nids l'hiver revient à enlever aux hirondelles la possibilité de mener à bien plusieurs couvées durant la belle saison.

    Vous trouverez plein d'autres conseils pour cohabiter avec les hirondelles sur le site de l'association Picardie Nature :  http://www.picardie-nature.org/protection-de-la-faune-sauvage/protection-des-hirondelles/.

    En particulier ne manquez pas les 3 fiches techniques très complètes que vous pouvez imprimer et utiliser pour sensibiliser vos voisins et vos amis :

    Fiche technique n°1 : Installer des nids artificiels (et une planchette)

    Fiche technique n°2 : Fabriquer un nid "fait maison"

    Fiche technique n°3 : Astuces pour un nid contre un volet ou une fenêtre

     

    Je vous souhaite de passer un bel été avec les hirondelles.


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