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    Je vous avais promis qu'on ne quitterait pas Crater Lake sans voir d'autres oiseaux, et bien en voici quelques uns. Ci-dessous 4 espèces à tendances granivores, toutes relativement communes et faciles à observer sur les bords de la caldeira.

    Le premier d'entre eux est le Junco ardoisé (Junco hyemalis), que l'on a déjà rencontré à San Francisco. Les Juncos sont apparenté aux Bruants mais s'en distinguent par leur plumage plus uni et en général non strié (du moins chez les adultes). Chez le Junco ardoisé, la difficulté réside dans l'existence de 15 sous-espèces réparties à travers toute l'Amérique du Nord, présentant un plumage dont les couleurs varient de façon importante. Ici comme à San Francisco la tête est d'un gris anthracite presque noir mais ailleurs elle sera gris-bleu. Le dos est gris, le dessous presque blanc (à San Francisco le corps avait des nuances plus brunes). Trois caractères restent quand même constants quelque soit la région : le chant, interprété à toute heure de la journée depuis un perchoir bien en vue, le bec conique et rose pale, et les yeux très sombres.

    Junco ardoisé - Crater Lake

     

    Junco ardoisé - Crater Lake

     

    Junco ardoisé - Crater Lake

     

    Junco ardoisé - Crater Lake

     

    Les juvéniles de Junco ardoisé sont plus difficiles à identifier, ils sont gris-brun avec le dessous plus ou moins strié. Les yeux presque noir, le bec conique rose pâle et les pattes de la même couleur sont de bons indices.
     

    Junco ardoisé - Crater Lake

     

    Avec l'oiseau suivant, on reste dans la famille des Bruants. Celui-ci est un vrai Bruant américain, il s'agit du Bruant familier (Spizella passerina). Familier certes, mais très remuant et toujours dans les herbes à chercher sa nourriture. La calotte rousse qui se détache bien au dessus du large sourcil blanc, souligné par un fin trait noir au niveau de l’œil, permet d'identifier l'espèce. Le Bruant familier est un Bruant assez petit et menu, par rapport à la plupart des espèces de sa famille.

    Bruant familier - Crater Lake

     

    Juncos, Bruants, Roselins et Tarins

     

    En juillet on a la chance d'observer des juvéniles de nombreuses espèces (et aussi celle de s'arracher les cheveux à les identifier). Les jeunes Bruants familiers ont, contrairement à leurs parents, la calotte striée. Cependant le motif général de la tête reste le même que chez l'adulte, avec le sourcil clair souligné d'un léger trait foncé partant de l’œil. Le fait de les avoir observés avec un adulte aide aussi à les placer dans la bonne espèce (dernière photo, un peu fouillis mais c'est une sorte de preuve).

    Bruant familier - Crater Lake

     

    Bruant familier - Crater Lake

     

    Bruant familier - Crater Lake

     

    Dès le début de notre séjour à Crater Lake, nous avions aperçu furtivement de beaux oiseaux au plumage teinté de rouge, sans pouvoir les photographier correctement. C'est finalement lors de notre tour du lac en voiture, lors d'une pause pour photographier Wizard Island, que nous avons pu faire la connaissance du Roselin de Cassin (Haemorhous cassinii). Dans cette partie des Etats-Unis, on peut rencontrer 3 espèces de Roselins, il faut donc être prudent pour les identifications, en particulier pour les femelles et les jeunes. Pour devenir incollable sur le Roselin de Cassin et ses cousins, c'est ici : Cassin's Finch Identification, All About Birds.

    Petite note au sujet du tour de Crater Lake : nous l'avons fait dans le sens inverse des aiguilles d'une montre contrairement à ce que préconisent les guides (je n'ai toujours pas compris pourquoi, c'était très bien ainsi, on n'avait jamais le soleil de face lors des arrêts pour admirer le paysage et prendre des photos).

    Roselin de Cassin - Crater Lake

     

    Roselin de Cassin - Crater Lake

     

    Roselin de Cassin - Crater Lake

     

    Roselin de Cassin - Crater Lake

     

    Roselin de Cassin - Crater Lake

     

    L'absence de rouge chez les femelles et les juvéniles rend l'identification moins simple, évidemment, mais en comparant avec illustrations des guides ornithologiques, on y arrive. Et d'un autre côté les seuls Roselins mâles que l'on ait vus par ici étaient des Roselins de Cassin ...

    Roselin de Cassin - Crater Lake

     

    Roselin de Cassin - Crater Lake

     

    Roselin de Cassin - Crater Lake

     

    Le dernier passereau granivore de la série appartient comme les Roselins à la famille des Fringilles. Il vous rappellera peut-être un petit passereau fréquentant nos mangeoires certains hivers : le Tarin des Aulnes. Voici donc son cousin américain, au plumage plus discret, le Tarin des Pins (Spinus pinus). Contrairement à son homologue européen, mâle et femelle sont identiques. Leur signe distinctif, en plus de leur petite taille, et de leur bec conique et pointu, est le jaune présent à la base de la queue, et sur les ailes (visible surtout en vol).

    Roselin de Cassin - Crater Lake

     

    Tarin des pins

     

    Tarin des pins

     

    J'ai gardé pour la fin les oiseaux les plus difficiles à identifier et les plus discrets parmi ce que l'on a observés lors de nos 3 jours à Crater Lake. Ceux qui connaissent un peu l'avifaune américaine auront peut être deviné. Un indice : cette famille de passereaux du Nouveau Monde comprend plus d'une centaine d'espèces. A découvrir dans un prochain article.


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    Aujourd'hui je vous emmène visiter deux sites très différents, à quelques kilomètres de Crater Lake, toujours dans le Parc National du même nom. Les 2 visites sont accessibles à tous les publics, sans difficultés particulières. Pour s'y rendre, il faut partir en voiture de Rim Village, sur la route qui fait le tour du lac, en direction du sud-est (East Rim Drive, fermée en hiver). Au bout de quelques kilomètres, on arrive à une intersection, où l'on tournera à droite, sur Pinnacles Road. On continue en voiture jusqu'à un petit parking au bout de la route, d'où l'on visitera le site des Pinnacles.

    Les Pinnacles sont des structures géologiques assez étonnantes, probablement des fumerolles fossilisées mises au jour par l'érosion. Nous y sommes allés en fin d'après-midi, le vent s'était levé, d'où le manque de visibilité dû au sable en suspension dans l'air. D'un autre côté cela donnait une ambiance assez mystérieuse au site. Depuis le parking, un sentier d'environ 1 km aller-retour permet de voir de près les différentes formations géologiques, dont certaines mesurent plusieurs dizaines de mètres de haut.

    Des Pinnacles à la cascade de Plaikni

     

    Des Pinnacles à la cascade de Plaikni

     

    Des Pinnacles à la cascade de Plaikni

     

    Des Pinnacles à la cascade de Plaikni

     

    Des Pinnacles à la cascade de Plaikni

     

    Des Pinnacles à la cascade de Plaikni

     

    Des Pinnacles à la cascade de Plaikni

     

    Des Pinnacles à la cascade de Plaikni

     

    Des Pinnacles à la cascade de Plaikni

     

    Des Pinnacles à la cascade de Plaikni

     

    Du parking, on reprend ensuite la route en sens inverse, jusqu'au sentier menant à la cascade de Plaikni. Ici on change complètement de décors, on chemine dans la forêt à l'abri du soleil, jusqu'à une jolie petite cascade environnée à la belle saison de fleurs sauvages multicolores. Un parcours facile et rafraîchissant d'environ 3 km aller-retour.

    Des Pinnacles à la cascade de Plaikni

     

    Des Pinnacles à la cascade de Plaikni

     

    Des Pinnacles à la cascade de Plaikni

     

    Deux promenades fort agréables, mais la journée n'était pas finie ! En revenant vers notre véhicule, alors que mon appareil photo était déjà rangé dans le sac à dos, j'aperçois devant moi un magnifique oiseau jaune vif perché sur un morceau de bois mort. Pas d’hésitation, je prends le risque de ressortir l'appareil photo, juste le temps de déclencher et le voilà qui s'envole. Vu les conditions, la photo quoique un peu floue n'est pas si mal. L'oiseau en question se nomme en français le Tangara à tête rouge (Piranga ludoviciana), un passereau emblématique de l'Ouest de l'Amérique du Nord, que je connaissais déjà en image puisqu'il figure en bonne place sur la couverture de mon guide ornithologique, le Field Guide to the Birds of Western North America.

    Des Pinnacles à la cascade de Plaikni

     

    Ce petit Tangara me permet une transition facile vers le prochain article, où nous découvrirons d'autres oiseaux habitués des pentes de Crater Lake.


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    Bleu comme le ciel de juillet, bleu comme l'eau de Crater Lake, voici le Merlebleu azuré (Sialia currucoides), omniprésent autour du Crater Lake Lodge mais plus difficile à photographier que le Cassenoix d'Amérique car plus farouche. Les Merlebleus sont ici tranquilles, à l'abri des espèces invasives qui leur pourrissent la vie dans d'autres régions des Etats-Unis : en effet, à Crater Lake, nulle trace de Moineau domestique ni d'Etourneau sansonnet.

    Merlebleu azuré - Crater Lake

     

    Merlebleu azuré - Crater Lake

     

    Le Merlebleu azuré vit dans toutes les régions montagneuses de l'ouest des Etats-Unis. De la taille d'une petite grive, on le distingue des autres Merlebleu par l'absence de roux sur la poitrine. Le mâle arbore une belle couleur turquoise sur le dos, les ailes et la tête, tandis que le ventre est gris clair. Chez la femelle, la couleur bleue se limite à certaines plumes de la queue et des ailes, le reste du corps étant gris brun, plus clair sur le dessous.

    Merlebleu azuré - Crater Lake

     

    Merlebleu azuré - Crater Lake 

     

    Merlebleu azuré - Crater Lake

     

    Merlebleu azuré - Crater Lake

     

    Merlebleu azuré - Crater Lake

     

    Merlebleu azuré - Crater Lake

     

    Merlebleu azuré - Crater Lake

     

    Il est amusant de constater les similitudes de comportement entre les espèces bien de chez nous et celles rencontrées outre-atlantique : ici un Merlebleu prenant son bain de soleil, dans la même position que nos Merles noirs.

    Merlebleu azuré - Crater Lake

     

    Les fourmis semblent constituer une grande partie du régime alimentaire des Merlebleus à cette saison. Il faut chasser sans relâche car les petits becs affamés des jeunes fraîchement sortis du nid attendent avec impatience.

    Merlebleu azuré - Crater Lake

     

     Merlebleu azuré - Crater Lake

     

    Les juvéniles, comme chez beaucoup d'espèces de Merle, se reconnaissent à leur dessous tacheté. Au niveau couleur, ils ressemblent à la femelle : gris avec un peu de bleu à la queue.

    Merlebleu azuré - Crater Lake

     

    Merlebleu azuré - Crater Lake

     

    Merlebleu azuré - Crater Lake

     

    Nous avons fait de belles observations de scènes familiales, même si les oiseaux étaient souvent un peu loin, bien à l'abri sur les pentes du cratère, dans les zones interdites aux humains. Sur la photo ci-dessous, un petit squatteur, identifié comme un juvénile de Junco ardoisé (Junco hyemalis), s'est joint au jeune Merlebleu. A-t-il réussi à convaincre les parents Merlebleu de le nourrir ? Nous n'aurons pas la réponse.

    Merlebleu azuré - Crater Lake

     

    Merlebleu azuré - Crater Lake

     

    Merlebleu azuré - Crater Lake

     

    L'hiver venu, et les jeunes élevés, les Merlebleus azurés se regrouperont en bande et descendront à une altitude moins élevée, souvent jusqu'aux déserts du sud de la Californie et de l'Arizona. L'espèce n'est pas très fixée sur ses lieux d'hivernage, cela dépend beaucoup de la météo et des ressources en fruits et baies diverses dont elle se nourrit à la mauvaise saison.  


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    Le Cassenoix d'Amérique (Nucifraga columbiana) est un des oiseaux les plus faciles à observer à Crater Lake. Bruyant et peu farouche, il n'est pas très grand pour un corvidé (environ 30 cm). Il fréquente les forêts d'altitude de l'ouest des Etats-Unis et du sud-ouest du Canada. On l'observe en général en couple ou en petit groupe familial, surtout l'été lorsque les oisillons ne sont pas encore émancipés.

    Les Cassenoix d'Amérique - Crater Lake

     

    Les Cassenoix d'Amérique - Crater Lake

     

    Le bec pointu et légèrement recourbé du Cassenoix d'Amérique lui permet d'extraire avec adresse les graines des cônes de pins et autres conifères. Comme le Geai des chênes qui chez nous participe à la régénération de la forêt en cachant des glands pour faire des réserves, l'automne venu le Cassenoix d'Amérique fait des stocks de pignons de pins dépassant largement ses besoins et permet ainsi la pousse de nouveaux arbres. Les spécialistes pensent même que son rôle a été fondamental lors de la reconquête des pentes de Crater Lake par la végétation après l'éruption du Mont Mazama. Nous avons pu admirer la dextérité de quelques uns d'entre eux lors de notre montée à Garfield Peak.

    Les Cassenoix d'Amérique - Crater Lake

     

    Les Cassenoix d'Amérique - Crater Lake

     

    Les Cassenoix d'Amérique - Crater Lake

     

    Les Cassenoix d'Amérique - Crater Lake

     

    Les Cassenoix d'Amérique - Crater Lake

     

    Le Cassenoix d'Amérique bénéficie depuis plusieurs décennies d'un programme de suivi ici à Crater Lake : il n'est pas rare d'observer un individu portant jusqu'à 4 bagues de différents coloris. Cette espèce commune a en effet été identifiée comme une espèce clé dans le maintien des écosystèmes montagnards, en particulier pour la dispersion des graines du Pin à écorce blanche (Whitebark pine), un conifère dont les cônes ne s'ouvrent pas à maturité sans l'aide du Cassenoix d'Amérique ! Le rôle des espèces permettant la régénération des forêts est accentué de nos jours par l'apparition d'espèces invasives (champignons et insectes) et par le changement climatique. Les conifères montagnards sont de leur côté une source de nourriture indispensable lorsque vient l'automne, que ce soit pour les rongeurs, les oiseaux et même les ours qui s'en délectent avant d'entrer en hibernation.

    Les Cassenoix d'Amérique - Crater Lake

     

    Les Cassenoix d'Amérique - Crater Lake

     

    Les Cassenoix d'Amérique - Crater Lake

     

    Les Cassenoix d'Amérique - Crater Lake

     

    Les Cassenoix d'Amérique - Crater Lake

     

    Les Cassenoix d'Amérique nous montrent encore une fois que les corvidés souvent mal aimés sont pourtant un des maillons indispensables des écosystèmes. Et ils sont toujours là pour nous émerveiller par leur ingéniosité et leur intelligence.


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    Le Parc National de Crater Lake, ce n'est pas qu'un cratère volcanique rempli d'une eau d'un bleu profond (quoique si ce n'était que cela, ça vaudrait déjà le détour). Cette fois-ci je vous propose de faire le tour du lac en regardant aussi à côté.

    En montant à Garfield Peak depuis Crater Lake lodge, on marche d'abord dans une forêt de conifères. Entre les arbres on aperçoit les montagnes environnantes.

    Pour ceux qui se posent la question, Garfield ce n'est pas qu'un chat, c'est aussi le nom d'un président des Etats-Unis, James A. Garfield, et de son fils James Rudolph Garfield, Secrétaire à l'Intérieur du Président Teddy Roosevelt et créateur du Parc National de Crater Lake. Aux Etats-Unis, le Secrétariat à l'Intérieur s'occupe de l'exploitation des ressources naturelles et de la gestion des terres publiques en particulier les parcs nationaux. Son emblème est le Bison.

    En montant à Garfield Peak

     

    Arrivé au sommet de Garfield Peak, un panorama à 360° s'offre à nos yeux, on peut au choix explorer la chaîne des Cascades jusqu'à l'horizon ou plonger le regard dans le bleu du lac ...

    Depuis Garfield Peak

     

    Depuis Garfield Peak

     

    La lumière matinale enveloppe la caldeira d'une ambiance mystérieuse, on distingue à peine un petit îlot à la forme étrange qui semble flotter non loin du rivage. On le verra de plus près le lendemain.

    Depuis Garfield Peak

     

    La suite de l'exploration se fait en voiture (le tour du lac fait quand même 53 km), ponctuée de pauses plus ou moins longues pour admirer les points de vue. C'est l'été, les papillons sont de sortie (je ne me suis pas encore lancée dans l'identification des insectes et fleurs du Nouveau Monde, pour l'instant je me limite aux oiseaux et mammifères).

    Papillon - Crater Lake

     

    Pumice castle est une des formations géologiques les plus intéressantes de Crater Lake, de par sa forme et sa coloration orange qui contraste avec les roches environnantes. Il est situé sur la rive sud-est de la caldeira.

    Pumice Castle

     

    Pumice Castle

     

    Plusieurs points de vue permettent d'admirer l'îlot de Phantom Ship (déjà aperçu lors de notre rando à Garfield Peak), ainsi nommé à cause de sa forme étrange rappelant (surtout par temps de brouillard) un vaisseau fantôme voguant à la surface du lac.
     

    Autour de Crater Lake

     

    Phantom Ship

     

    Au loin, on aperçoit la dent du Mont Thielsen, un volcan éteint situé plus au nord, au delà des limites du Parc National, mais toujours dans la chaîne des Cascades.

    Autour de Crater Lake

     

    La descente du sentier de Cleetwood cove est une autre randonnée à ne pas manquer, même si vous n'avez pas l'intention de faire un tour de bateau sur le lac. En effet c'est le seul endroit où l'on peut atteindre le bord de l'eau (et même s'y baigner pour les courageux). Attention le sentier est un peu raide (plus de 200 m de dénivelé) et certaines parties sont en plein soleil, il prudent de prévoir de l'eau surtout pour remonter. La descente se fait en 45 minutes environ, la montée en un peu moins d'une heure.

    Cleetwood cove

     

    Cleetwood cove

     

    Cleetwood cove

     

    Explorer les abords du Crater Lake Lodge avant le petit déjeuner permet de faire de jolies rencontres, ici une biche, aperçue le matin de notre départ.

    Biche - Crater Lake

     

    Nous avons aussi fait de connaissance avec de nombreuses bêtes à plumes, que je vous présenterai dans les prochains articles. A bientôt pour la suite.


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