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    Aujourd'hui je voudrais vous présenter un oiseau un peu particulier : le Vacher à tête brune (Molothrus ater). En été, il n'est pas rare de rencontrer de jeunes passereaux que l'on a bien du mal à identifier, car leur plumage moucheté est très différent de celui de leur parents. Un exemple bien de chez nous est le Rougegorge familier. La similitude de comportement, d'attitude, et le fait de voir les juvéniles dans des groupes d'oiseaux comportant des adultes de la même espèce donne souvent des pistes, que l'on confirmera en consultant par exemple notre site ornithologique préféré Oiseaux.net.

    La première fois que nous avons croisé ce juvénile, c'était en 2010 dans le parc de Yellowstone, si mes souvenirs sont bon du côté du célèbre geyser Old Faithfull. Un oiseau peu farouche, accro aux touristes susceptibles de lui fournir sa pitance journalière ... Aucun adulte à l'horizon et un vrai casse-tête à identifier au retour en triant les photos.

    Le Vacher à tête brune

     

    Cet été, en attendant le bateau qui allait nous mener au Golden Gate, sur le port de San Francisco, qui est-ce qu'on retrouve, en train de se disputer avec les pigeons ? Sans aucun doute, c'est à nouveau un juvénile de cette espèce, le Vacher à tête brune. Toujours peu farouche, et même plutôt agressif avec les pigeons et très possessif envers les restes des touristes. Mais toujours pas d'oiseaux adultes ...

    Le Vacher à tête brune

     

    Le Vacher à tête brune

     

    Pourquoi donc ces juvéniles ne sont-ils pas près de leur parents ? La raison en est probablement le mode de reproduction de l'espèce : le Vacher à tête brune, comme notre Coucou gris, parasite les nids d'autres espèces en y pondant un ou parfois plusieurs oeufs. Les jeunes sont donc élevés par des parents adoptifs (parfois avec des frères et soeurs de l'espèce hôte si cette dernière est d'assez grande taille). Plus de 200 espèces d'oiseaux peuvent être parasitées par le Vacher à tête brune, des parulines aux grives en passant par les cardinaux. Le jeune Vacher grossit très vite, il réclame plus fort que les autres oisillons, ce qui compromet souvent la réussite du reste de la nichée.

    C'est à Central Park, dans la ville de New York, que j'ai eu l'opportunité d'observer les Vachers à tête brune adultes, lors d'un séjour début mai 2013. Cette espèce appartient à la famille des Ictéridés, que les américains appellent plus simplement "Backbirds" parce que la plupart d'entre eux sont noirs. Le mâle est effectivement noir, avec de beaux reflets verts, et comme son nom l'indique, il a la tête brune.

    Le Vacher à tête brune

     

    Le Vacher à tête brune

     

    Le Vacher à tête brune

     

    La femelle quand à elle est gris-brun clair. La forme conique et épaisse du bec permet de la différencier des femelles d'autres espèces de blackbird, qui en général ont le bec plus long et plus fin. Sur la 2ème photo, on voit que le Vacher à tête brune ne dédaigne pas les mangeoires. A tout les niveaux, cet oiseau est opportuniste.

    Le Vacher à tête brune

     

    Le Vacher à tête brune

     

    Les chercheurs ne savent pas vraiment pourquoi le Vacher à tête brune a développé cette stratégie de reproduction basée sur le parasitisme. L'espèce, avant de squatter les mangeoires et les parkings, suivait les troupeaux de bisons dans les grandes plaines, et se nourissait des insectes délogés par les sabots des bovidés (d'où son nom de vacher). Le parasitisme, libérant les adultes de leur tâche de parents, leur a-t-il permis de suivre plus facilement les troupeaux, ou est-ce l'inverse ?

    Pour conclure, je partage avec vous un article (en anglais) fort intéressant sur l'espèce : Brown-headed Cowbirds.


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    Impossible de séjourner à San Francisco sans envisager une sortie en bateau dans la baie, jusqu'au pont du Golden Gate, monument emblématique de la ville. Une mini-croisière qui permet aussi d'observer des espèces d'oiseaux difficiles à voir à terre depuis le port.

    Je dois avouer que j'ai passé une grande partie de la sortie à traquer les Guillemots de Troïl (Uria aalge) entre les vagues, mon objectif étant d'en immortaliser quelques uns de manière à peu prêt nette. Le Guillemot de Troïl fait partie de la famille des alcidés, comme les macareux et les pingouins. Tous se nourrissent de poissons qu'ils repèrent en nageant à la surface de l'eau (ce qui les rend spécialement vulnérables aux marées noires). Le Guillemot de Troïl est un des alcidés les plus communs, on le trouve dans les mers froides de tout l'hémisphère nord, tant dans l'Atlantique que dans le Pacifique. 

    Guillemot de Troïl

     

    Guillemot de Troïl

     

    Guillemot de Troïl

     

    Guillemot de Troïl

     

    Arrivé sous le Pont du Golden Gate, il faut quand même lever les yeux (après tout c'était le but de ce tour en bateau). On dit qu'il y a toujours du brouillard à San Francisco, et bien je dois dire que ce n'est pas tout à fait vrai, nous avons eu du soleil durant les 4 jours où nous étions là bas. Cependant la légende est tenace, c'est donc couronné de brouillard que le Golden Gate nous est apparu. Le pont, que nous emprunterons quelques jours plus tard pour aller vers le nord, ferme la baie et relie San Francisco à la ville de Sausalito et au comté de Marin.

    Golden Gate

     

    L'île d'Alcatraz est l'autre destination mythique de la Baie. La célèbre prison, qui ferma définitivement ses portes en 1963, est maintenant ouverte aux visiteurs et gérée par le service des Parcs Nationaux des Etats-Unis. L'île fut nommée par les espagnols, à l'époque où la Californie leur appartenait, d'après le mot "alcatraces" qui signifie en espagnol ancien "pélicans".

    Alcatraz

     

    Lorsqu'on approche de l'île, on se rend compte que cette dernière est véritablement un paradis pour les oiseaux (ce l'était peut-être moins à l'époque où elle était peuplée par des repris de justice). Sur la photo ci-dessous, on distingue au dessus de la ligne de rocher une multitude de points noirs, pour la plupart des Cormorans de Brandt, que je vous montrerai en gros plan plus bas. Ce sont eux qui repeignent tous les ans les rochers en blancs.

    Alcatraz

     

    Les Goélands d'Audubon nichent également en nombre sur l'île. Si vous regardez bien, au niveau de la passerelle on distingue un adulte accompagné de 2 poussins (cependant pour voir les poussins de Goéland plus près je vous conseille plutôt un de mes précédents article Le Goéland d'Audubon).

    Alcatraz

     

    Les Cormorans de Brandt (Phalacrocorax penicillatus) sont  à peu près de la même taille que les Cormorans à aigrettes (que l'on a vus sur le port avec les Pélicans bruns), mais contrairement à leurs cousins, leur face est totalement dépourvue de jaune. La seule touche de couleur de l'oiseau est le bleu foncé des yeux, que l'on retrouve sous le bec chez l'adulte nuptial, en avant de la tâche pâle des joues. Le Cormoran de Brandt ne vit qu'en bord de mer.

    Cormoran de Brandt

     

    Cormoran de Brandt

     

    Cormoran de Brandt

     

    Avant de quitter Alcatraz et de retourner en ville, voici d'autres vues du site, en particulier le phare, encore en activité de nos jours. Pour en savoir plus sur l'histoire d'Alcatraz c'est ici : Île d'Alcatraz et pour tout savoir sur les oiseaux qui y nichent vous pouvez consulter le lien suivant : Seabirds of Alcatraz.

    Alcatraz

     

    Alcatraz


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    Revoici donc les Pélicans bruns (Pelecanus occidentalis), colocataires des Cormorans à aigrettes et des Lions de mer sur le port de San Francisco. Nous avions déjà observé cette espèce en Guadeloupe, où la population les appelle les Grands Gosiers. En Californie, le Pélican brun est relativement commun sur toute la côte et dans la baie de San Francisco. Ils se reproduisent dans le sud de l'état (en particulier aux Channel Islands) et au Mexique. A partir de mai-juin ils se dispersent vers le nord, où leur présence est variable suivant les années : elle dépend fortement de l'abondance des anchois et sardines dont ils se nourrissent. La technique de pêche des pélicans bruns reste toujours un grand moment, je laisse donc la place aux photos qui parlent d'elles-même.

    Pélican brun - San Francisco

     

    Pélican brun - San Francisco

     

    Pélican brun - San Francisco

     

    Pélican brun - San Francisco

     

    Pélicans bruns

     

    Pélican brun - San Francisco

     

    Pélican brun - San Francisco

     

    Pélican brun - San Francisco

     

    Pélican brun - San Francisco

     

    Pélican brun - San Francisco

     

    Pélican brun - San Francisco

     

    En ce début de septembre, je souhaite une bonne rentrée à tous ceux qui reprennent le chemin de l'école ou du bureau, et vous retrouve bientôt pour la suite de nos découvertes en Californie.


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    La faune sauvage sur le port de San Francisco ne se résume pas aux Lions de mer, même si la plupart des visiteurs n'ont d'yeux que pour eux. Les oiseaux sont nombreux et plutôt faciles à observer. Je vous ai déjà présenté le Goéland d'Audubon dans un précédent article.

    Presque aussi grande mais plus élégante que le Goéland d'Audubon, la Sterne caspienne (Hydroprogne caspia) s'observe en Californie de mars à octobre. C'est la plus grande de toutes les espèces de sternes. On la rencontre dans de nombreuses régions du monde (Asie centrale, mer Baltique, Afrique, Australie, Amérique du Nord... ) mais elle n'est nulle part très abondante. Celles qui se reproduisent en Californie passent l'hiver au Mexique. Se nourrissant essentiellement de poisson, la Sterne caspienne ne fréquente cependant pas la pleine mer : elle préfère les zones côtières, les marécages et les lacs.
     

    Sterne caspienne - San Francisco

     

    Sterne caspienne - San Francisco

     

    Face au Pier 39, derrière les pontons réservés aux Lions de mer, une jetée inaccessible aux humains sert de reposoirs à plusieurs espèces d'oiseaux qui pêchent dans la baie. Ici cohabitent pacifiquement Pélicans bruns (Pelecanus occidentalis), Cormorans à aigrettes (Phalacrocorax auritus) et Goélands d'Audubon.
     

    Pelican et Cormoran - San Francisco

     

    Pelican et Cormoran - San Francisco

     

    Pelican et Cormoran - San Francisco

     

    Pelican et Cormoran - San Francisco

     

    Le Cormoran à aigrettes est une des 3 espèces de cormoran que l'on trouve en Californie. C'est le plus répandu des cormorans d’Amérique du Nord, et c'est aussi celui qui ressemble le plus à notre Grand Cormoran, avec ses yeux bleu turquoise et sa face jaune vif. Comme son cousin européen, on le trouve aussi bien sur le littoral qu'à l'intérieur des terres. Nous avons déjà eu l'occasion de l'observer en colonies mixtes au City Park de Denver dans le Colorado, où il niche en compagnie d'Aigrettes neigeuses et de Bihoreaux gris.

    Cormoran à aigrettes - San Francisco

     

    Cormoran à aigrettes - San Francisco

     

    Cormoran à aigrettes - San Francisco

     

    A suivre prochainement, d'autres photos des Pélicans bruns ... 


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    C'est une des attractions à ne pas manquer à San Francisco : sur le port, la jetée n°39 (Pier 39 en anglais), aménagée depuis bien longtemps en centre commercial avec ses restaurants de poissons et fruits de mer, est devenue depuis le début des années 1990 un refuge pour les Lions de mer (une des plus grosse otarie au monde).

    Les Lions de mer du Pier 39

     

    Le mois de juillet n'est pas la meilleure saison pour les observer, car la plupart d'entre eux partent se reproduire plus au sud, en particulier dans les Channel Islands (au large de Los Angeles), mais nous avons quand même pu assister à la sieste de quelques spécimens. Sur les photos on aperçoit les petites oreilles qui permettent de différencier les otaries des phoques (ces derniers en sont dépourvus). L'espèce présente à San Francisco est l'Otarie de Californie (Zalophus californianus) ou Lion de mer de Californie. C'est certainement le plus gros mammifère que l'on croise ici : le mâle peut mesurer jusqu'à 2,40 m et peser 390 kg, tandis que les femelles atteignent 1,80 m pour une centaine de kg.

    Pour en savoir plus sur l'espèce c'est ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Otarie_de_Californie

    Les Lions de mer du Pier 39

     

    Les Lions de mer du Pier 39

     

    Les lions de mer ont élus domicile dans la marina du Pier 39 après le tremblement de terre de Loma Prieta en octobre 1989. Au début ces encombrants visiteurs n'étaient pas très appréciés des pêcheurs et des plaisanciers, mais après avis du centre des mammifères marins de San Francisco, la ville a décidé de leur construire des pontons de bois pour qu'ils puissent se reposer sans gêner les autres activités du port ... Un bel exemple de cohabitation pacifique entre la vie sauvage et l'homme (et une belle opportunité pour le tourisme et l'économie, on est quand même aux Etats-Unis).

    Les Lions de mer du Pier 39

     

    Les Lions de mer du Pier 39

     

    Les Lions de mer du Pier 39

     

    Pour conclure, je donne la parole à un des membres du groupe de lions de mer dans une interview en anglais ici : How I see San Francisco: The Pier 39 Sea Lions


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