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    Nous voici donc à Puno, au bord du lac Titicaca, le plus haut lac navigable du monde, situé à plus de 3800 m d'altitude. Avec le recul je ne dirais pas que c'est un incontournable du Pérou, même si l'endroit est très dépaysant ce n'est pas celui que j'ai préféré. De plus nous étions fatigués par l'altitude : nous avons tous eu plus ou moins de symptômes en fin de compte : insomnie, nausée, problèmes digestifs, etc. - à cette altitude là il faut se dire que si l'on n'est pas bien, jusqu'à preuve du contraire c'est le mal des montagne.

    Ceci étant dit, voici le récit et les photos de cette première journée au lac Titicaca :

    Nous avons rendez-vous sur le port vers 8 h, avec notre guide (autre remarque : l'agence de voyage nous avait prévu un guide privé francophone, ce n'est pas nécessaire, autant économiser et partir en groupe avec un guide parlant anglais ou espagnol, car de toute façon vous ferez exactement la même chose que les autres personnes qui seront sur votre bateau).

    Après une petite heure de navigation à travers les massifs de roseau que l'on appelle ici "totora", notre bateau fait un premier arrêt aux îles Uros. Ces îles artificielles, plusieurs dizaines au total, sont entièrement bâties en totora et flottent à la surface du lac. Pour éviter qu'elles ne dérivent, elles sont amarrées au fond du lac par des pieux. Le peuple des Uros est peut-être un des premiers peuples à s'être établi dans la région du lac Titicaca. Il semblerait qu'ils aient commencé à construire des îles en roseau dès le 13ème siècle, peut être avant, pour fuir les peuples hostiles qui ont conquis la région après eux (par exemple les Incas, mais aussi avant eux les Aymaras). D'après plusieurs sources, les véritables Uros ont disparu, et leurs traditions ont été reprises par des Aymaras venus des bords du lac, qui exploitent et entretiennent les îles flottantes pour les touristes.

    C'est sans doute pour cela que la visite laisse une impression de parc d'attraction et manque un peu d’authenticité. 

    Iles Uros

    L'arrivée aux îles Uros. 

     

    Ile Uros

     Même les maisons sont construites en totora. En arrivant vous avez le droit à une démonstration vous expliquant la construction des îles ainsi que leur entretien (le roseau pourrissant au contact de l'eau, il faut régulièrement en rajouter des couches).

     

    Iles Uros

    Après les explications, on vous propose d'acheter des souvenirs fabriqués localement (ceux en totora le sont, mais pour les autres c'est moins sûr, vous retrouverez les mêmes dans les boutiques de Cuzco) puis de faire un tour (moyennant finance) sur un bateau construit en totora.

     

    Iles Uros

    Les îles sont construites au beau milieu d'une immense étendue de totora.

     

    Iles Uros

    Un  mirador permet d'avoir une vue d'ensemble sur les îles. Chaque île en possède un, qui servait autrefois à envoyer des messages aux habitants des îles voisines (maintenant ils sont remplacés par les téléphones portables) et à surveiller les alentours.

     

    Iles Uros

     Sur cette photo, on voit les différentes épaisseurs de totora qui constitue le sol. Lorsqu'on marche pour la première fois sur ces îles l'impression est un peu bizarre. Un peu comme marcher sur un matelas géant.

     

    Les étendues de totora sont aussi un paradis pour les oiseaux, mais pas facile de prendre de belles photos en gros plan depuis un bateau à moteur. L'idéal serait de trouver un guide prêt à nous emmener à travers la totora en barque traditionnelle ... Une autre fois peut-être. Ci-dessous quelques photos d'ambiance, avec les noms des espèces identifiées. 

    Totora - Titicaca

    Au fond, un petit groupe de Sarcelle du Puna fait la sieste. C'est un canard globalement brun, à la tête caractéristique : la calotte est noire, les joues et le haut du cou sont blanc et le bec est bleu.

     

    Totora - Titicaca

    Au milieu, une Mouette des Andes fait le guet. Sur la droite, un couple d'Erismature des Andes : la femelle est brune, le mâle roux avec le bec bleu. A l’extrême gauche, une Sarcelle du Puna et une autre Erismature des Andes mâle.

     

    Nous arrivons cependant à immortaliser une Gallinule d'Amérique (Gallinula galeata), la version américaine de notre Gallinule Poule d'eau :

    Gallinule d'Amerique

     

    Et un Grèbe Microptère (Rollandia microptera), une espèce de Grèbe qui ne vit qu'au lac Titicaca et sur quelques autres lac des Andes boliviennes :

    Grèbe microptère

     

    Nous quittons bientôt la totora pour nous aventurer au milieu du lac, véritable petite mer intérieure (190 km de long et 80 km de large). 

    Titicaca

     

    Au bout de presque 3 heures de navigation, nous atteignons le but de la journée, l'île d'Amantani. A notre arrivée au port, les femmes de l'île, en costume traditionnel, nous attendent. Le chef du village répartit les touristes entre les différentes familles, chez qui nous prendrons nos repas et passerons la nuit. Nous suivons donc Gladys jusqu'à son habitation. A l'étage sont aménagé des chambres qu'elle loue aux touristes, comme toutes les familles de l'île. Il n'y a pas de chauffage mais les différentes épaisseurs de couvertures en laine multicolore suffiront à nous réchauffer la nuit. Gladys nous a préparé un repas local, à base de soupe, riz, et pomme de terre.

    Les habitants d'Amantani vivent de l'agriculture (la totalité de l'île est recouverte de terrasses), de la pêche et du tourisme. Mais parfois cela ne suffit pas, le mari de Gladys travaille maintenant à Puno. Ici on parle Quechua, et un peu d'Espagnol.

    Au programme de l'après-midi, il y a une promenade jusqu'au sommet de l'île (à 4100 m d'altitude soit 300 m au dessus du niveau du lac), pour aller voir d'anciens temples datant de la culture Tiahuanaco (une civilisation pré-inca, née sur les rives sud du lac), et admirer le coucher du soleil. Nous avons fait cette promenade, et je crois que c'est ce qui nous a achevé. Les agences de voyage parlent d'une "courte promenade", mais oublient de rappeler que l'île est à 4000 m d'altitude. De plus arrivé au sommet le soleil se couchait et il faisait très froid. Je déconseille complètement cette balade à tous ceux qui sont fatigués (même un peu) ou qui ont déjà ressenti des symptômes même très léger du mal des montagnes depuis leur arrivée à Puno. A mon avis il vaut mieux rester passer l'après-midi dans le village et profiter du contact avec la population.

    Au cours de la balade, nous avons pu découvrir une nouvelle espèce d'oiseau, le Cinclode à ailes crème (Cinclodes albiventris) :

    Cinclode à ailes crème

     

    Du sommet de l'île on peut observer les parcelles entourées du mur de pierre. Nous sommes à la fin de la saison sèche, les récoltes ont été faites depuis longtemps. Sur le lac, d'autres îles et presqu'îles :   

    Amantani - coucher du Soleil

     

    Une des portes du temple de Pachatata, et derrière, les cultures en terrasse qui recouvrent toute l'île : 

    Amantani

     

    Le coucher du soleil sur le lac : 

    Coucher de soleil sur Amantani

     

    Puis nous redescendons sur la place du village, où vient de débuter une fête traditionnelle pour célébrer l'arrivée de la saison des pluies. Les villageois brûlent des gerbes de paille, ils ont même construit une maison en paille qui finira dans le bûcher, et nous pouvons admirer les danses locales. Ici cela semble beaucoup plus authentique qu'aux îles Uros.

    Fête à Amantani

    Un peu réchauffé par la proximité du feu, nous rentrons ensuite chez Gladys qui nous a préparé un dîner simple. Notre guide nous propose de continuer la soirée en allant à une fête organisée pour les touristes, mais nous préférons aller nous coucher.

    Je vous dis à bientôt pour la suite de nos aventures au lac Titicaca. Le lendemain nous devions visiter une autre île, mais le programme fut un peu perturbé ...


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    Au Pérou nous nous levons très tôt, probablement à cause du décalage horaire, cumulé avec les effets de l'altitude. Cela nous permet d'admirer le lever du soleil avant d'aller prendre notre petit déjeuner, en particulier ici à Yanque au bord de la vallée de la Colca, où l'on bénéficie d'une vue superbe. 

    C'est ainsi qu’apparaissent de l'autre côté de la vallée, encore plongée dans le noir, les ruines du village de Uyo-Uyo, que l'on n'avait pas remarquées les jours précédents. Ce village, probablement construit par le peuple Collagua avant la domination Inca, nous montre le génie architectural des peuples pré-hispaniques : il est construit exactement à l'endroit éclairé par le Soleil lorsqu'il se lève. Ceci doit être vrai tout au long de l'année car nous sommes près de l'équateur. Les Collaguas se partagent toujours le canyon de Colca avec une autre ethnie nommée les Cabanas (qui vivent plutôt du côté de Cabanaconde, après la Croix du Condor dont je vous ai parlé dans l'article précédent). Les 2 peuples se différencient de nos jours par leur costume, et par leur langue (les Collaguas parle l'Aymara, alors que les Cabanas parlent une forme de Quechua).

    Uyo Uyo

    Les ruines de Uyo-Uyo

     

    A l'Ouest, les montagnes sont déjà bien éclairées :

    Yanque

     

    Après le petit-déjeuner, nous profitons des alentours jusqu'en fin de matinée, ce qui nous permet de découvrir de nouvelles espèces d'oiseaux. Ci-dessous un Cardinal à tête jaune (Pheucticus chrysogaster), probablement une femelle car le jaune n'est pas très vif. C'est le seul individu de cette espèce que l'on verra de tout notre voyage, dommage que le violent contre-jour ne mette pas en valeur ses couleurs.

    10 août 2015 : Alpagas, percefleur et flamants

     

    Les Bruants chingolo sont toujours là, ils profitent des premiers rayons du Soleil : 

    Bruant chingolo

     

    Les alpagas aussi se réveillent, et attendent qu'on les laisse descendre brouter au fond de la vallée : 

    Alpaga - Yanque

     

    Alpaga - Yanque

     

    Les ruines de Uyo-Uyo  sortent de plus en plus de l'ombre. Bien avant les Incas, les premiers peuples de la vallée avaient commencé à construire les terrasses qui leur ont permis de développer l'agriculture, malgré l'aridité et le froid de la région. Les archéologues ont découvert que ce sont les terrasses les plus en altitude qui ont été construites en premier ; en effet elles étaient plus facile à irriguer car plus proche des glaciers. La transformation du paysage déjà bien avancée par les Collaguas et leurs contemporains a été achevée par les Incas, qui ont construit les terrasses les plus proches du Rio Colca.  

    Uyo Uyo

     

    Le volcan Sabancaya semble plus calme que le jour précédent : 

    Volcan Sabancaya

     

    Les Colombes de Cécile, déjà maquillées de bon matin, se laisse photographier  sans broncher :

    Colombe de Cécile - Yanque

     

    Colombe de Cécile - Yanque

     

    Non loin de là, nous pouvons admirer assez longuement un Pitajo à sourcils blancs (Ochthoeca leucophrys), espèce de la famille des gobemouches du nouveau monde, assez facile à observer malgré son plumage discret. En effet comme la plupart des gobemouches il aime se poser en évidence pour guetter les insectes dont il se nourrit, et qu'il capture généralement en vol. 

    Pitajo à sourcils blancs

     Un Pitajo sur une branche d'eucalyptus desséchée.

     

    Pitajo à sourcils blancs

    Sur un buisson épineux.

     

    Pitajo à sourcils blancs

    Sur un cactus. 

     

    Pitajo à sourcils blancs

     Au sommet d'un autre cactus.

     

    Nous ne voulons pas quitter la région sans avoir pu photographier une des stars du coin, le Colibri géant (Patagona gigas), que nous avons aperçu plusieurs fois ici à Yanque, et également à la Croix du Condor. Bien que moins rapide que les colibris de petite taille, la tâche n'est pas simple. Nous avons bien repéré les fleurs qu'il préfère autour de l’hôtel, en voici une :

    Fleur pour Colibri

    Mutisia acuminata ou Chinchircuma

     

    Et voici le Colibri géant, qui vient se nourrir du nectar d'une de ces fleurs tout en les aidant pour la pollinisation :

    Colibri géant

    Le Colibri géant est plus terne que les autres espèces de sa famille, ses battements d'ailes sont plus lents. Il mesure environ 22 cm contre moins d'une dizaine pour la plupart des colibris. 

     

    En fin de matinée, nous partons pour Chivay attendre le bus touristique qui nous mènera à Puno. Nous enregistrons nos valises et allons acheter quelques friandises à grignoter sur la place d'armes en attendant le départ. 

    La place est joliment aménagée, avec des bancs, des pelouses et des arbustes. L'un de ces arbustes arbore de magnifiques fleurs roses vifs en forme de trompette. C'est vraisemblablement un Cantua buxifolia ou "fleur de l'Inca". Et dans le buisson, un petit passereau noir au ventre roux s'affaire. C'est un Percefleur à gorge noire (Diglossa brunneiventris), oiseau qui comme son nom l'indique se nourrit de manière bien particulière. Les différentes espèces de Percefleur se reconnaissent à leur bec muni d'un crochet à son extrémité, leur servant à percer la base des fleurs pour en prélever le nectar. Contrairement aux Colibris, les Percefleurs ne participent donc pas à la pollinisation des fleurs, et sont en quelques sortes des parasites.

    Percefleur à gorge noire - Chivay

     

    Percefleur à gorge noire - Chivay

     

    Il est maintenant l'heure de rejoindre notre bus, de la compagnie "4M Express", qui va nous mener à travers l'Altiplano jusqu'aux rives du lac Titicaca. Quelques pauses sont prévues pour admirer le paysage tout au long du trajet, d'une durée de près de 6h.

    Après avoir repassé le col de Patapampa, à 4900 m, nous faisons un premier arrêt à Patawasi, près de l'embranchement des routes menant à Arequipa et à Puno.

    Du parking, nous avons une vue dégagée sur le volcan Misti :

    Volcan Misti

     

    L'érosion a sculpté le flanc de la montagne, la nature ici est essentiellement minérale, l'altitude et le froid empêche le développement de la végétation hormis quelques touffes de graminées : 

    De Yanque à Puno

     

    Cependant  la vie se manifeste quand même dans ces lieux inhospitaliers : nous apercevons près du café où l'on nous offre une boisson chaude, une Géositte mineuse (Geositta cunicularia), petit passereau dont la couleur terne se confond bien avec le milieu ambiant (c'est sans doute préférable, ici il n'y a pas de buisson pour se cacher). Son régime alimentaire est constitué d'araignées, de mouches et autres invertébrés, mais aussi de graines, qu'elle trouve en parcourant inlassablement le sol. Elle vit généralement dans les zones où le sol est assez meuble, ce qui lui permet de creuser un terrier mesurant jusqu'à 3 m de long, à l'extrémité duquel elle construit son nid.

    Géositte Mineuse

     

    Géositte Mineuse

     

    Plus loin sur la route, d'autres formations géologiques nous interpellent (photo prise depuis le bus) : 

    De Yanque à Puno

     

    L'arrêt suivant a lieu à la lagune de "Lagunillas", paradis des Flamants. Nous observons des Flamants du Chili (Phoenicopterus chilensis), les plus communs au Pérou. En zoomant sur les originaux des photos, on peut remarquer les articulations rouge vif de leurs pattes, qui est le critère permettant de les différencier des autres espèces de flamants. L'exercice m'a également permis d'identifier 2 espèces de canard, la Sarcelle tachetée (Anas flavirostris) et la Sarcelle du puna (Anas puna). Il y avait aussi des foulques et des limicoles indéterminés ...

    Flamants du Chili

     

    10 août 2015 : De Yanque à Puno

     

    Après ce rapide arrêt nous faisons une autre pause photo qui nous offre un point de vue panoramique sur Lagunillas :

    De Yanque à Puno

     

    Il reste encore quelques heures de trajet jusqu'à Puno, qu'on atteindra bien après le coucher du soleil ...

    Je vous dis à bientôt pour le prochain épisode : la découverte du lac Titicaca.


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    Au programme de cette journée dans la région du Canyon de Colca, une excursion jusqu'à la Croix du Condor, un promontoire où l'on peut observer assez facilement le roi des oiseaux de la Cordillère des Andes, j'ai nommé le Condor des Andes. Départ à 6h du matin, car il y a plus d'une heure de route et il faut être sur le site avant l'envol des condors et l'arrivée des cars de touristes.

    En attendant que les maîtres des cieux veuillent bien se montrer, nous en profitons pour observer les passereaux qui vivent également sur le site, en particulier une famille de Phrygile petit-deuil (Phrygilus fruticeti) dont voici quelques photos :

    Phrygile petit-deuil

     La femelle et un des jeunes, qui doivent s'être envolés du nid il y a peu : les plumes de leurs ailes ne sont pas encore entièrement poussées et les  parents les nourrissent encore. 

     

    Phrygile petit-deuil

    Au menu des jeunes, brochette de larves (beaucoup de granivores nourrissent leurs petits d'insectes et de larves durant leur premières semaines car les protéines sont nécessaires à leur croissance).

     

    Phrygile petit-deuil

    Le mâle se reconnaît à sa couleur gris-noir et à son bec orange, alors que la femelle et les jeunes sont plus bruns.

    Plus d'info sur cette espèce ici : http://www.oiseaux.net/oiseaux/phrygile.petit-deuil.html.

    Les Condors ne se font pas trop attendre, et rapidement plusieurs de ces oiseaux immenses passent à quelques mètres de nous. Ils doivent être perchés sur la falaise en contrebas du promontoire, si bien qu'on est facilement surpris quand on les voit arriver, et c'est assez difficile de faire de belles photos : ils sont rapides et souvent de dos ! 

    Ils sont cependant très impressionnant, je vous conseille le déplacement si vous êtes dans le coin. Prévoir d'être sur place environ 2 h après le lever du soleil, les Condors attendant que l'air se réchauffe pour s'envoler et profiter des courants ascendants. Plus tard ils auront quitté les lieux pour parcourir la région à la recherche de nourriture qu'ils repèrent grâce à leur vue perçante.

    Les Condors des Andes (Vultur gryphus) mesure jusqu'à 3,20 m d'envergure ce qui en fait le plus grand oiseau terrestre volant. Lorsqu'il est posé sur la falaise, sa hauteur est de 1,30 m. Il n'y a cependant aucun danger à les observer de près, ils se nourrissent exclusivement de charognes et d'animaux morts, comme tous les vautours.

    Condor des Andes

     Les Condors adultes possèdent une collerette de duvet blanc à la base du cou. Ici il s'agit d'un mâle car sa tête est surmontée d'une sorte de crête.

     

    Condor des Andes

    Ce mâle n'a pas encore le plumage noir et blanc de l'adulte, qu'il n'aura qu'à l'âge d'environ 8 ans. La reproduction du Condor des Andes n'est pas très bien connue. Un unique œuf est pondu tous les 2 ans, le jeune est nourri par les parents pendant environ 10 mois, mais on ne sait pas si la maturité sexuelle coïncide avec l'acquisition du plumage adulte.

     

     Condor des Andes

    Une femelle survole l'immensité des Andes.

     

    Condor des Andes

    Un mâle en plumage adulte : on remarque la couleur rougeâtre de la tête, et les plages blanches sur les ailes. Dommage que la photo soit un peu surexposée, c'est la difficulté des plumages noir et blanc au soleil.

     

    En attendant le passage des Condors, on profite du paysage grandiose des Andes : 

    La Croix des Condors

     

    9 août 2015 : La Croix des Condors

     

    Puis vient l'heure de prendre le chemin du retour ; nous nous arrêtons plusieurs fois pour admirer le panorama et prendre des photos :  

    9 août 2015 : La Croix des Condors

     

    Certaines zones sont recouvertes de cactus, je me suis amusée à les prendre en photo depuis la voiture :

    Cactus - Canyon del Colca

     

    Ci-dessous, une des plus belle vue sur le Canyon de Colca, qui serait un des plus profond du monde : 3400 m (à comparer au Grand Canyon du Colorado, qui lui ne fait que 2000 m de profondeur au maximum, mais est bien plus large). 

    Canyon del Colca

     

    Ce cactus se détache parfaitement sur le bleu du ciel. Ses fruits sont comestibles, vous pourrez en acheter un épluché devant vous à chaque arrêt photo. La couleur et le goût se rapproche de celui du kiwi, en plus acide.

    9 août 2015 : La Croix des Condors

     

    Au bord de la route et sur les places de village, des habitants de la région montrent aux touristes des  rapaces captifs. Ils sont tous de la même espèce, la Buse Aguia (Geranoaetus melanoleucus), presque aussi grande qu'un Aigle mais au bec moins puissant. Je n'ai pas trouvé d'où vient cette pratique, ni si les spécimens présentés sont élevés en captivité ou prélevés dans la nature. Tout ce que l'on peut dire c'est que l'espèce est commune en Amérique du Sud et n'est pas considérée comme menacée. On en verra aussi des sauvages survoler le village de Yanque où se trouve notre hôtel.

    Buse aguia

     

    Nous faisons une petite pause au village de Maca, et sa petite église typique de la région. Devant, les habitants en costume local montrent leurs lamas décorés pour l'occasion et se font prendre en photo en échange d'une pièce ... Pendant ce temps notre chauffeur en profite pour nettoyer sa voiture recouverte de poussière. Je n'ai pas parlé de la qualité de la route jusqu'à la Croix des Condors, mais encore une fois on était bien heureux de ne pas avoir à conduire : on roule au bord du ravin, certaines portions de route ressemblent plus à des pistes qu'à une vrai route, et on traverse des lits de torrents heureusement à sec à cette saison (et oui l'hiver au Pérou correspond à la saison sèche, enfin en théorie, on en reparlera dans un prochain article).

    Iglesia - Maca

     

    De retour à l’hôtel, petite pause pour admirer le paysage avant de chercher un endroit où manger. En principe l'hôtel servait des repas le midi, mais pas ce jour là - parfois on ne comprend pas tout, l'Espagnol du lycée est bien loin ... 

    Rio Colca - Yanque

     

    Nous allons donc vers la place du village, où l'on nous a indiqué la présence de restaurants. Comme dans la plupart des village, l'église occupe un des côtés de la place. Nous optons pour un petit restaurant situé au bord de la place, du côté opposé à l'église. C'est très bon, sympathique et pas très cher. 

    Iglesia - Yanque

     

    Après le déjeuner, nous descendons jusqu'à la rivière Colca, pour voir de plus près les lamas, alpagas et moutons qui broutent la végétation desséchée. Les lamas et alpagas ne sont pas aussi désagréable que ceux qui crachaient sur le capitaine Haddock dans "Tintin et le Temple du Soleil", on peut les caresser sans se faire cracher dessus.

    Vous vous demandez peut-être comment fait-on la différence entre un lama et un alpaga ? En théorie c'est assez simple. Le lama est plus grand, sont cou est plus allongé, ses oreilles sont plus longues et légèrement recourbées vers l'avant, il a l'air un peu hautain. Domestiqué surtout comme bête de somme (il peut porter 40 kg de bagage) c'était le seul moyen de transport des Incas, qui ne connaissait ni la roue ni le cheval. En voici un spécimen :

    Lama - Yanque

     

    L'alpaga quant à lui ressemble à une grosse peluche (surtout les bébés comme celui ci-dessous). Il est élevé pour sa laine (très douce, et qui ne gratte pas comme celle du mouton), et aussi pour sa viande. Nous en avons goûté à plusieurs reprises, cela rappelle un peu le veau. Longtemps réservée au peuple de la montagne, cette viande a récemment fait son apparition aux tables des plus grands restaurants, appréciée entre autre pour sa faible teneur en graisse.

    Alpaga - Yanque

     

    Au bord de la rivière nous pouvons également observer quelques oiseaux mais assez furtivement, si bien que je n'ai pas de photo intéressante à vous montrer.

    Sur la rivière elle-même, il y a une petite troupe de canard, des Sarcelles tachetées (Anas flavirostris), reconnaissables à leur bec jaune qui contraste avec la couleur brun clair du plumage. On en reverra les jours suivants dans de meilleures conditions.

    Un Merle chiguanco  (Turdus chiguanco) cherche sa nourriture sur la berge. Nous avons déjà observé cette espèce à Arequipa (voir l'article 7 août 2015 : Les couleurs d'Arequipa ).

    Deux Buses aguia (Geranoaetus melanoleucus) survolent le site.

    De retour près de l'hôtel, nous prenons encore quelques photos des habitués du secteur, j'ai nommé le Bruant chingolo (Zonotrichia capensis) et la Colombe de Cécile (Metriopelia ceciliae) :

    Bruant chingolo

     

    Colombe de Cécile

     

    Colombe de Cécile

     

    Ici s'arrête le récit de cette journée. Je vous dis à bientôt pour la suite du voyage, qui nous mènera à Puno au bord du lac Titicaca.


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    Ce matin du 8 août nous profitons encore un peu d'Arequipa, depuis la terrasse de l’hôtel (celle-ci est en travaux mais on peut quand même y accéder pour admirer la vue et prendre quelques photos). Le trajet jusqu'à la gare routière nous montre que l'on aurait pu rester un jour ou deux de plus à Arequipa, la ville regorge de monuments plus beaux les uns que les autres ...

    Arequipa

     

    Mais ce n'est pas ce qui est prévu. Nous nous installons donc pour 3h30 de voyage dans un bus pour Chivay à l'entrée du Canyon de Colca. Le voyage en bus permet d'admirer le paysage mais on ne s'arrête pas quand on veut, cela peut être un peu frustrant si l'on veut prendre des photos ou observer la faune. D'un autre côté les chauffeurs sont expérimentés et connaissent bien les dangers des routes péruviennes (la location de voitures dans ce pays est fortement déconseillée, on comprend assez vite pourquoi).

    Certaines des photos ci-dessous sont prises à travers les vitres du bus, mais j'ai quand même voulu les montrer car elle reflète bien l'atmosphère du voyage.

    Rapidement nous prenons de l'altitude et c'est notre premier contact avec les étendues quasi désertique de l'Altiplano. Ci-dessous un de nos premiers troupeaux de lamas : 

    Lama

     

    Plus loin, quelques vigognes broutent (les vigognes sont des camélidés sauvages de la familles du lama) : 

    Vigogne

     

    L'Altiplano s'étend à perte de vue, de temps en temps un troupeau, parfois aussi des habitants de la région qui arrêtent notre bus pour faire un petit bout de chemin ...

    Altiplano

     

    Au cours d'un arrêt pour faire monter ou descendre quelques un de ces passagers, nous avons la chance de pouvoir observer des oiseaux sur des mares qui bordent la route. Ci-dessous une famille de Canard huppé (Lophonetta specularioides) :

    Canard huppé

     

    Et une Foulque géante  (Fulica gigantea), oiseau de la famille de nos Poules d'eau et Foulques macroule, mais en grand format (près de 60 cm de l'extrémité de la queue au bout du bec, contre 40 cm pour la Foulque macroule) :

    Foulque geante

     

    A cet endroit on verra aussi des Mouettes des Andes et des Ibis de Ridgway, qu'on aura la chance d'observer dans de meilleures conditions quelques jours plus tard.

    Je ne me lasse pas de ces paysages désolés, c'est juste magnifique :

    Altiplano

     

    Au loin on aperçoit les volcans Ampato (au centre, 6 288 m d'altitude, actuellement endormi) et Sabancaya (à droite, 5967 m, toujours en activité) :

    Ampato et Sabancaya

     

    Après avoir passé le col de Patapampa, à 4900 m d'altitude (plus haut que le Mont Blanc), nous arrivons en vue de Chivay, grosse bourgade porte d'entrée du Canyon de Colca : 

    Chivay

     

    Nous logeons à quelques kilomètres de là, dans le village de Yanque, à l'hôtel Eco Inn, composé de bungalows jaunes au toit de chaume, face à la rivière Colca qui coule en contrebas. Très calme et idéal pour s'adapter à l'altitude. Ici nous ne sommes qu'à 3400 m, on n'en ressentira pas trop les effets.

    Nous passons l'après-midi à observer les paysages et la faune locale, aux alentours de l'hôtel. 

    Un nouvelle espèce de minuscule colombe attire notre attention grâce au vrombissement de ses ailes lorsqu'elle décolle. Elle est beaucoup plus difficile à voir qu'à attendre, car elle se confond avec les rochers et le sol sur lequel elle passe la majeure partie de son temps. Il s'agit en fait de la Colombe de Cécile (Metriopelia ceciliae), reconnaissable à la zone de peau nue orange vif qui entoure son œil :

    Colombe de Cécile

     

    On retrouve bien sûr les Bruants chingolos qui sont très nombreux ici : 

    Bruant chingolo

     

    Le village de Yanque et la vallée de la Colca sont entourés de montagnes. Sur la photo ci-dessous, on distingue au premier plan des terrasses, datant de l'époque Inca. Les arbres sont des Eucalyptus, introduits par les Espagnols. L'eucalyptus est rapidement devenu l'arbre le plus commun dans les vallées Andines. Apprécié pour sa croissance rapide et son tronc rectiligne, il sert en particulier de poutres dans les constructions traditionnelles.

    Canyon de Colca

     

    Plusieurs espèces de rapaces survolent la vallée, certaines espèces typiques de la région des Andes, d'autres que l'on retrouve dans toutes les régions du monde, comme ce Faucon pélerin (Falco peregrinus) :

    Faucon pelerin

     

    La végétation de la vallée de la Colca comprend aussi plusieurs espèces de cactus, dont voici un spécimen : 

    Cactus - Yanque

     

    Sur les toits de chaume des bungalows, de petits passereaux jaunes rappelant les Serins profitent des derniers rayons du soleil en chantant. Ils ont bien raison car les nuits sont très froides ici (n'oubliez pas de mettre votre doudoune dans la valise avant le départ). Ces petits oiseaux se nomment les Sicales olivâtres (Sicalis olivascens). Je n'ai déterminé l'espèce qu'après notre retour, le guide "Birds of Peru" présentant sur une même page 6 espèces ressemblantes, il a fallu comparer les critères d'identification avec nos photos ...

    Plus d'information sur cette espèce et les critères d'identification en suivant le lien : http://www.oiseaux.net/oiseaux/sicale.olivatre.html

    Sicale olivatre

     

    Sicale olivatre

     

    Le téléobjectif permet aussi de voir le volcan Sabancaya de plus près sans prendre de risque :

    Volcan Sabancaya

     

    Pas encore en éruption, le volcan est le siège de dégazages importants en ce moment, d'après ce que j'ai pu lire sur des sites spécialisés en vulcanologie.

    La nuit tombée, vers 18h, il est temps d'aller dîner et de se mettre au chaud. Le lendemain nous partons pour la matinée à la Croix des Condors au bord du Canyon de Colca. Ceci sera l'objet d'un prochain article.

    A bientôt pour d'autre découvertes. 

     


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    Après une matinée à faire la queue à l'aéroport de Lima et un vol d'un peu plus d'une heure nous voici à Arequipa, la capitale du Sud du Pérou et la 2ème ville du pays. Nous n'avons qu'une journée à passer ici, aussi après le déjeuner nous décidons d'aller visiter directement le célèbre couvent de Santa Catalina, l'endroit qu'il faut avoir vu à Arequipa.

    La ville est surnommée "Arequipa la blanche" car la plupart des bâtiments du centre historique sont construit en pierre volcanique de couleur claire, appelée "sillar". Mais ce qui frappe surtout en arrivant de "Lima la grise" c'est le ciel bleu et la lumière exceptionnelle. Ici nous ne sommes plus au niveau de la mer mais à 2300 m d'altitude, ce qui peut expliquer la pureté du ciel. Et dès l'entrée dans le couvent de Santa Catalina, nous sommes enchantés par les couleurs des murs et des fleurs qui ornent les différentes ruelles.

    Santa Catalina est un véritable village dans la ville. Je conseille la visite guidée (possible en français), c'est très instructif. Et l'on peut rester ensuite se promener librement dans le couvent.

     Il y a plusieurs cloîtres dans le couvent, ici celui en version "bleue" : 

    Santa Catalina - Arequipa

     

    En marchant autour du cloître on peut admirer les décors fleuris peints au dessus des colonnes :

    7 août 2015 : Arequipa

     

    Fondé en 1540, le couvent abritait à son apogée 400 carmélites, généralement les filles cadettes des familles aisées de la région. Elles ne sortaient jamais du couvent mais leur proches finançaient en général la construction d'un logement individuel pour chacune d'entre elle. Certains de ces logements étaient très confortables. 

    C'est ainsi que les différentes ruelles du couvent ont vu le jour, au fur et à mesure des constructions. Ci-dessous une vue de la rue de Tolède :

    Santa Catalina - Arequipa

     

    Ces logements ne sont plus habités de nos jours, les 40 religieuses encore au couvent vivent dans un bâtiment moderne construit à côté.

    7 août 2015 : Arequipa

     

    L'église du couvent domine les places et les rues. Elle possède une terrasse d'où l'on peut observer toute la ville. Les sœurs se rendent à l'église chaque matin pour assister à la messe avant l'ouverture du couvent aux touristes.

    7 août 2015 : Arequipa

     

    Les acanthes se marient bien avec le bleu des murs ; dans les ruelles aux couleurs rouges, on trouve plutôt des géraniums.

    7 août 2015 : Arequipa

     

    Depuis la terrasse de l'église, vue sur le volcan Misti, situé à une quinzaine de kilomètres de la ville :

    Volcan Misti - Arequipa

     

    Arequipa est entourée de montagnes, quelque soit la direction où le regard se porte :

    7 août 2015 : Arequipa

     

    Après la visite guidée, nous nous attardons à l'extrémité du couvent, où quelques oiseaux profitent de la tranquillité des lieux. On observe facilement les Bruants chingolos (Zonotrichia capensis), des passereaux peu farouches et communs (on en verra à plusieurs endroits pendant notre périple, c'est en quelque sorte le "moineau" local, répandu dans toute l'Amérique Latine ). 

    7 août 2015 : Arequipa

     

    7 août 2015 : Arequipa

     

    Les minuscules Colombes à bec jaunes (Columbina cruziana) sont beaucoup plus difficiles à détecter. Elles sont aussi petites qu'un moineau, et ont un cri ressemblant à celui d'un crapaud, ce que nous ignorions lors de notre visite. C'est ainsi qu'on a passé un peu de temps à rechercher des batraciens dans les parterres de fleurs, en vain. 

    7 août 2015 : Arequipa

     

    Mais la star de l'endroit est incontestablement le Colibri Cora (Thaumastura cora). Très difficile à prendre en photo, il ne tient pas en place. Ci-dessous nos meilleures prises de vue de l'oiseau, un mâle reconnaissable à la longue traîne qui prolonge sa queue.

    7 août 2015 : Arequipa

    A contre-jour il n'est pas mal non plus :

    7 août 2015 : Arequipa

     

    Bien plus tranquille, voici deux portraits de Tourterelle oreillarde (Zenaida auriculata), espèce très commune que l'on verra un peu partout :

    7 août 2015 : Arequipa

     

    7 août 2015 : Arequipa

     

    Et pour terminer le merle local , appelé Merle chiguanco (Turdus chiguanco), aussi facile à observer que le Merle noir de nos parcs et jardin. 

    7 août 2015 : Arequipa

     

    7 août 2015 : Arequipa

     

    7 août 2015 : Arequipa

     

    Au retour, on retraverse les ruelles colorées avant de quitter le couvent pour nous rendre à la Place d'Armes, passage obligé dans toute les villes du Pérou.

    7 août 2015 : Arequipa

     

    La place est dominée par la cathédrale, entièrement construite en pierre de "sillar" : 

    7 août 2015 : Arequipa

     

    Les détails architecturaux sont magnifiés par la lumière du soleil couchant (il fait nuit tôt, nous sommes près de l'équateur et ici c'est l'hiver) : 

    7 août 2015 : Arequipa

     

    7 août 2015 : Arequipa

     

    Sur le chemin du retour vers notre hôtel, on longe le couvent de Santa Catalina, au fond on aperçoit les montagnes.

    7 août 2015 : Arequipa

    Ici s'arrête le récit de cette journée. La prochaine étape sera le Canyon de Colca.

    Pour plus d'information sur les espèces d'oiseaux rencontrés à Santa Catalina, rendez-vous sur Oiseaux.net, en particulier :

     

    A bientôt pour la suite du voyage. 


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