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    Chinchero, le lieu de naissance de l'arc-en-ciel pour les Incas, est un des endroits que j'ai préféré dans la Vallée Sacrée. Ce village, situé à une vingtaine de kilomètres de Cuzco, est construit à 3700 m d'altitude en bordure du plateau qui surplombe la vallée de l'Urubamba. 

    Nous commençons la matinée par la visite d'un atelier de tissage, situé dans la cour d'une maison. Les villageoises de Chinchero se sont regroupées en association pour faire connaître leur artisanat aux touristes et préserver les techniques traditionnelles. Elles nous expliquent les différentes étapes de leur travail, en particulier la coloration de la laine, entièrement réalisée à partir de pigments naturels (plantes, cochenilles ...), et le tissage des différents motifs traditionnels. Pendant ce temps les enfants peuvent caresser des animaux domestiques locaux (cochons d'Inde, alpagas ...). Une visite passionnante, que l'on peut terminer en achetant des produits de l'atelier.

    Puis nous partons pour le centre du village et les ruines Incas. Le "Boleto turistico", billet donnant accès à une dizaine de sites de la vallée sacrée et de Cuzco, est nécessaire pour y accéder.

    Chinchero est un village charmant, on y découvre des bâtisses coloniales crépies de blanc ou de rose, construites sur des soubassements d'origine Inca. Ce dimanche là un mariage est célébré dans la petite église, nous apercevons les mariés et les invités alors que les cloches sonnent la fin de la cérémonie.

    Chinchero, village de l'arc-en-ciel

     

     Chinchero, village de l'arc-en-ciel

     

    En bordure du village, des terrasses datant de l'époque des Incas descendent profondément dans la vallée. Peu de visiteurs vont jusque là, c'est pourtant très beau. Nous restons un long moment assis sur les marches des escaliers qui desservent les terrasses. 
     

    16 août 2015 : Chinchero, village de l'arc-en-ciel

     

    16 août 2015 : Chinchero, village de l'arc-en-ciel

     

    Ces paysages grandioses servent aussi d'habitat à une faune variée, en particulier des rapaces. Ci-dessous un Caracara montagnard (Phalcoboenus megalopterus), la photo n'est pas extraordinaire mais c'est la seule que j'ai à vous montrer. Les caracaras font parties de la famille des faucons, cependant leur comportement est assez différent. Notre Caracara montagnard, par exemple, cherche sa nourriture essentiellement à terre, en marchant et en grattant le sol. Il se nourrit d'insectes, de petits animaux (rongeurs, oisillons), de charognes et de déchets. Il remplace en quelque sorte nos corneilles.
     

    16 août 2015 : Chinchero, village de l'arc-en-ciel

     

    Dans la falaise qui bordent les terrasses, on retrouve nos Crécerelles d'Amérique (Falco sparverius), espèce déjà observée à Raqchi (voir l'article : 13 août 2015 : La route du Soleil ) et que l'on retrouvera au Machu-Picchu. Ici il s'agit vraisemblablement d'un couple (le mâle est de dos, reconnaissable aux motifs de son plumage, en particulier la queue roux uni bordée de noir). Le mâle a attrapé un petit reptile qu'il offre à sa femelle. Peut-être sont-il posés à l'entrée de leur nid ?

    16 août 2015 : Chinchero, village de l'arc-en-ciel

     

    Crécerelle d'Amérique - Chinchero

     

    Après la visite du site archéologique, en descendant vers le marché,  nous observons une autre espèce déjà rencontrée à Chivay (voir l'article : 10 août 2015 : Alpagas, percefleur et flamants) : le Percefleur à gorge noire (Diglossa brunneiventris). Ce qui est amusant c'est qu'ils se nourrissent ici du nectar des mêmes fleurs qu'à Chivay, les fleurs de l'Inca ou Cantua buxifolia. La femelle (photo ci-dessous) a des coloris bien plus ternes que le mâle (photo suivante).
     

    Percefleur à gorge noire - Chinchero

     

    Percefleur à gorge noire - Chinchero

     

    Nous terminons la matinée à Chinchero par la visite du marché. C'est un vrai marché traditionnel où les habitantes des villages environnants viennent vendre leurs fruits et légumes, ainsi que quelques objets d'artisanat. Si vous avez un petit creux, un épis de maïs bouilli accompagné de fromage local vous aidera à marchander vos achats.  Bon à savoir : ce marché n'a lieu que le dimanche, pour le visiter il faut donc prévoir son circuit en conséquence.

    Avant de rejoindre Cuzco, une petite fleur en souvenir de Chinchero. Je n'ai pas réussie à l'identifier pour l'instant ...

    16 août 2015 : Chinchero, village de l'arc-en-ciel

     

    De retour à Cuzco, après un peu de repos à notre hôtel (on se fatigue vite en altitude) nous allons visiter l'église de la Compagnie de Jesus, qui fait concurrence à la Cathédrale sur la Place d'armes. Contrairement à la plupart des églises au Pérou, les statues sont ici plus classiques (elles ne ressemblent pas à des poupées). La riche décoration baroque de l'édifice permet de se rendre compte de la puissance des Jésuites du temps de la colonisation espagnole, d'ailleurs le roi d'Espagne les chassa de ses colonies en 1767. On ne manquera pas d'admirer les nombreux tableaux de l'école de Cuzco qui ornent les murs de l'église.

    Pour terminer cette journée, une petite pause sur une des nombreuses places de Cuzco, en compagnie des Bruants chingolo et des Tourterelles oreillardes ...

    Tourterelle oreillarde - Cuzco

     

    A bientôt pour la suite du voyage : notre dernière journée dans la vallée sacrée. 


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    Pour notre deuxième jour à Cuzco et dans la vallée sacrée, nous avons prévu une excursion vers des sites assez insolites, qui vont nous montrer des facettes méconnues de la technologie des peuples précolombiens.

    En chemin, nous nous arrêtons pour admirer les paysages grandioses de la Cordillère des Andes, dont on ne se lasse pas.

    Valle sagrado

     

    Au loin, derrière les genêts, un pic enneigé surpasse ses voisins, il dépasse certainement les 6000 m. Peut-être est-ce le Salcantay, une des montagne sacrée des Incas, plus haut sommet de la cordillère de Vilcabamba,  située plein ouest par rapport à notre trajet... On le verra de plus près depuis le site de Moray. 

    Valle sagrado

     

    Un peu plus loin, après avoir passé le village de Chinchero que nous visiterons le lendemain, nous nous arrêtons pour admirer la vallée de l'Urubumba. On distingue au fond la localité de Huaylabamba, une des nombreuses agglomérations qui jalonnent cette vallée très urbanisée, contrastant avec l'habitat clairsemé des zones plus en altitude.

    Valle sagrado

     

    Valle sagrado

     

    Après avoir parcouru un plateau herbeux où paissent divers animaux domestiques, dont un cochon avec ses petits, nous arrivons au site de Moray. Découvert en 1930 après des siècles d'oubli, il est constitué de plusieurs ensembles de terrasses concentriques. Le plus grand d'entre eux a été restauré. Les archéologues s'accordent à penser qu'il s'agit d'un centre agronomique mis au point par les Incas pour simuler les différents climats de leur Empire et sélectionner les variétés de plantes les mieux adaptées aux différentes régions. En effet la température et l'ensoleillement des différentes terrasses varient de manière importante suivant leur orientation et l'étage auquel elles sont situées.

    Moray

     

    Un deuxième labo plus petit et imparfaitement restauré : 

    Moray

     

    Des escaliers de pierre permettaient de parcourir les différentes terrasses. Certains pensent que les inspecteurs des impôts de l'époque étudiaient ici pour déterminer les rendements agricoles des différents régions de l'Empire afin d'ajuster les taxes en conséquences ...

    Moray

     

    Peu d'oiseaux lors de cette visite, à part quelques Bruants chingolo dans les buissons. Par contre on retrouve notre 6000 m enneigé qui veillait déjà sur les expériences agronomiques des Incas il y a plus de 500 ans : 

    Nevado Salcantay

     

    Le deuxième site de la matinée est situé à quelques kilomètres de Moray, il s'agit des Salines de Maras. Les habitants de la région, bien avant les Incas, avaient repéré une source d'eau salée au flanc de la montagne. C'est là qu'ils ont construit petit à petit des bassins en terrasses leur permettant de récolter le sel grâce à l'évaporation. Le flanc de la montagne est recouvert d'une mosaïque de bassins colorés dans les tons ocres. Encore exploitées de nos jours, ces salines étaient une aubaine au temps pré-colombien car la région est éloignée de la mer tant par la distance que par le relief.  

    Salinas de Maras

     

    Salinas de Maras

     

    Salinas de Maras

     

    Salinas de Maras

     

    De retour à Cuzco, nous profitons de l'après-midi pour visiter la cathédrale, consacrée à Notre-Dame-de-l'Assomption, ce qui tombe bien puisque nous sommes le 15 août. L'édifice, construit à l'emplacement du palais de l'Inca Viracocha, est situé sur la Place d'Armes. Une partie des pierres utilisées provient du site de  Sacsayhuamán dont je vous ai parlé dans un précédent article : Cuzco, capitale des Incas. La cathédrale mérite que l'on s'attarde devant chaque chapelle, tableau (de l'école de Cuzco bien sûr), et autres œuvres d'art, dont le maître-autel recouvert d'argent massif et la statue du Christ noir sensé protéger la ville des tremblements de terre. Les 2 églises plus petites qui flanquent la cathédrale valent également le détour (et leur visite est incluse dans le billet).

    Catedral de Cuzco

     

    En sortant de la cathédrale, nous remarquons que l'animation de la Place d'Armes est bien plus importante que le jour précédent. Nous allons avoir la chance d'assister aux festivités du 15 août, fête majeure dans un pays catholique comme le Pérou : les danses folkloriques succèdent aux processions tout autour de la place. La statue de la Vierge Marie est portée jusqu'à la cathédrale sur un baldaquin de bois sculpté et décoré d'offrandes diverses : fleurs, légumes, fruits ... Certainement une tradition remontant aux cultes des divinités pré-hispaniques, peut-être au culte de la Pachamama.  La statue, comme la plupart de celles présentes dans les églises péruviennes, ressemble à une poupée revêtue de somptueux vêtements brodées. 
     

    La pachamama

     

    Ainsi se termine cette deuxième journée à Cuzco. Je vous dis à bientôt pour la suite du voyage, avec à nouveau des oiseaux pour les amateurs d'ornithologie ... 

     


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    Pour notre première journée à Cuzco, nous n'avons pas d'excursion de prévue ; nous avons donc le temps d'aller explorer la forteresse de Sacsayhuamán qui surplombe la ville. Nous ne sommes plus qu'à 3400 m d'altitude et les effets du "soroche" (c'est ainsi que les péruviens nomment le mal des montagnes) commencent à s'atténuer, aussi nous décidons de grimper jusqu'au site à pied. C'est tout à fait faisable en prenant son temps, si on est déjà habitué à l'altitude, et plus sûr que le taxi.

    Dès l'arrivée sur le site nous sommes impressionné par les murs constitués d'énormes blocs de pierre parfaitement ajustés, dont certains font plusieurs mètres de haut.
     

    Sacsayhuaman

     

    Nous commençons la visite par le sentier qui fait le tour du site en surplombant la ville. On peut y observer tranquillement la végétation locale. Ci-dessous un lupin de l'espèce Lupinus mutabilis, très commun dans les Andes où il fut domestiqué il y a plus de 1500 ans. Ses graines sont appréciées pour leur haute teneur en protéine, mais sa forte concentration en spartéine, un alcaloïde lui donnant un goût amer, a freiné le développement de sa culture. Le lupin serait pourtant une bonne alternative au soja en particulier pour l'alimentation animale, tant en Amérique latine qu'en Europe. Grâce à cette alcaloïde au goût peu agréable, la plante résiste à de nombreux parasites. De plus comme toutes les légumineuses ses racines vivent en symbiose avec des bactéries qui fixent l'azote de l'air et enrichissent le sol. Cette caractéristique lui permet de pousser facilement sur des sols pauvres. Des procédés peu coûteux d'extraction des substances amères ont été mis au point. Sans aucun doute une plante qui devrait être plus présente dans l'agriculture actuelle.
      

    Lupin, Cuzco

     

    Voici maintenant un cousin du lupin, probablement un genêt à balais, espèce européenne considérée comme invasive en Amérique du Nord, Australie etc. mais malgré mes recherches je n'ai pas trouvé d'information sur sa présence en Amérique du Sud ...

    Genêt, Cuzco

     

    Un peu plus loin, nous tombons sur un boisement de Polylepis, de petits arbres typiques de la cordillère des Andes. Les polylepis poussent en altitude au dessus de la limite des arbres, ce qui en fait des plantes très particulières. Actuellement les boisements de polylepis sont de faibles surfaces, souvent séparés par les étendues semi-désertiques et herbacées de la Puna. On ne sait pas vraiment quelle était l'étendue et la répartition de la forêt de polylepis avant l'occupation humaine, mais la plupart des auteurs pensent qu'elle s'est fortement réduite et morcelée suite à son exploitation par les premières colonisations humaines dans la région. Ces petits arbres servent toujours de bois de chauffage, ainsi que de matériaux pour fabriquer des outils et des ustensiles divers.

    Des associations travaillent avec les populations locales pour préserver ce qui reste de la forêt de Polylepis, voir par exemple cette vidéo très instructive : http://www.notre-planete.info/actualites/4412-polylepis-Perou-Awely-Ecoan.

    Polylepis, Cuzco

     

    Ce sentier nous offre également de belles vues sur la ville de Cuzco, on en profite pour se reposer de l'ascension depuis le centre ville. Cuzco comporte de nombreuses églises, ici on peut remarquer l'église San Francisco et le couvent du même nom, et derrière l'église Santa Clara. 

    Cuzco

     

    Comme toutes les villes du Pérou, Cuzco possède sa "Plaza de Armas" ou Place d'Armes en français, bordée par des bâtiments religieux ou administratifs. Ici c'est la Cathédrale (à gauche de la photo) qui fait concurrence à l'église de la Compagnie de Jésus, au centre de la photo. La Place d'Armes des Espagnols a remplacé une esplanade plus grande qui constituait le cœur de l'empire Inca. Elle était bordée de palais, de temples et de bâtiments administratifs. 4 routes principales en partaient pour relier la capitale aux provinces de l'empire. 

    Cuzco, Plaza de Armas

     

    Revenons maintenant au site de  Sacsayhuamán. Comme pour beaucoup de constructions Inca, les historiens et les archéologues ne peuvent tout expliquer : les Incas ne possédaient pas d'écriture, et les premiers conquistadors étaient plutôt du genre "brutes épaisses", plus intéressés par le pillage que par la culture des peuples conquis. La forteresse avait probablement une vocation militaire, mais l'hypothèse du sanctuaire religieux n'est pas totalement exclue.

    La forteresse, mesurant plus de 500 m de long, est encore bordées sur un de ses côtés de 3 rangées de remparts dont le tracé en zigzag étonne le visiteur. Les historiens pensent qu'ainsi un assaillant qui tentait d'escalader les remparts présentait toujours une vulnérabilité d'un côté ou de l'autre.

    Devant les remparts, s'étant une vaste esplanade où est célébrée chaque année la fête de l'Inti Raymi ou fête du Soleil, lors du solstice d'hiver, le 24 juin. Du temps des Incas, cette fête était la plus importante de l'année, elle marquait le début de la nouvelle année et la renaissance du soleil. Longtemps interdite par l'Eglise, l'Inti Raymi a été réhabilité il y a quelques dizaines d'années et attire autant les habitants de Cuzco que les touristes.

    Sacsayhuaman

     

    Sacsayhuaman

     

    Sacsayhuaman

     

    Les détails des constructions sont très intéressants, ici on remarque une rangée de niche dont on ne connait pas l'usage :

    Sacsayhuaman

     

    Sacsayhuaman

     

    Lors de la visite, on peut s'amuser à compter le nombre d'angle que comporte chaque pierre, qui était taillée sur place de façon à s'ajuster parfaitement avec ses voisines : 

    Sacsayhuaman

     

    Des arches de pierres et des escaliers permettent de passer d'une rangée de remparts à l'autre : 

    Sacsayhuaman

     

    Après la visite, nous nous attardons sur l'esplanade pour observer les lamas. Nos yeux et nos oreilles sont bientôt attirés par quelques oiseaux bien bruyants qui cherchent leur nourriture dans l'herbe desséchée. Ce sont des Vanneaux des Andes (Vanellus resplendens), espèce que nous avons déjà observée à Amantani sur le lac Titicaca, mais cette fois-ci nous avons plus de chance, le dieu Soleil des Incas est avec nous, et les Vanneaux viendront même se poser à quelques mètres de nos objectifs. Pour en savoir plus sur cette espèce, vous pouvez aller lire sa fiche sur oiseaux.net : http://www.oiseaux.net/oiseaux/vanneau.des.andes.html.
     

    Vanneaux des Andes, Cuzco

     

    Vanneaux des Andes, Cuzco

     

    Vanneaux des Andes, Cuzco

     

    Vanneaux des Andes, Cuzco

     

    14 août 2015 : Cuzco, capitale des Incas

     

    Après cette pause ornithologique, nous redescendons passer l'après-midi à Cuzco. Nous y visiterons Coricancha, le temple du Soleil, ou plutôt ce qu'il en reste : détruit et pillé par les conquistadors, un couvent fut bâti au dessus, le couvent de Santo Domingo, et ce n'est qu'en 1950 à la suite d'un séisme que l'on redécouvrit les vestiges du temple. L'histoire de ce lieu et l'évocation des richesses qu'il contenait du temps des Incas est passionnante, mais les vestiges présentés ne sont pas très parlants, sans compter que c'est un lieu très fréquenté par les touristes. 

    Ici se termine notre première journée à Cuzco. A très bientôt pour la suite du voyage, qui nous amènera dans la vallée sacrée des Incas.


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    J'ai intitulé cet article "La route du Soleil", et pourtant on ne le verra pas de la journée. En effet c'est ainsi que l'on nomme dans la région la route de Puno à Cusco. 

    De bon matin, nous prenons place dans un bus de la compagnie Turismo Mer (que je vous recommande, voir ici : http://www.turismomer.com/the-sun-s-route.html). Nous sommes accueillis par notre guide Marita, qui nous donnera de nombreuses explications fort intéressantes sur le peuple de ses ancêtres, les Incas, tant pendant le trajet que lors des haltes prévues au programme. Qui plus est c'est un cours de langues vivantes intensifs, Marita répétant les mêmes explications en Anglais puis en Espagnol.

    Il ne neige plus, mais le temps reste très gris et humide.

    Au bout d'une centaine de kilomètres, nous nous arrêtons à Pukara, un petit village des Andes, où l'on visite le musée archéologique local.

    Au centre du village se dresse une charmante église :

    Pukara

     

    Pukara

     

    On ne tarde pas à remarquer plusieurs taureaux en terre cuite qui décorent les piliers devant l'église mais aussi de nombreuses toitures. Ces taureaux sont la spécialité de Pukara, et sont commercialisés dans toute la région, jusqu'à Cusco.  En poser une paire sur sa toiture apporte protection à la famille.

    Pukara

     

    Les taureaux ne sont pas les seuls animaux à Pukara, des Pigeons tigrés (Patagioenas maculosa) cherchent leur nourriture sur les pelouses de la place :

    Pigeon tigré - Pukara

     

    Pigeon tigré - Pukara

     

    Ils ont trouvé un autre usage aux taureaux de terre cuite, en se perchant dessus, ce qui me permet de faire quelques images amusantes : 

    Pigeon tigré - Pukara

     

    Pigeon tigré - Pukara

     

    Nous reprenons la route, et une autre centaine de kilomètre plus loin, nous nous arrêtons au point culminant du trajet, le col de la Raya, à 4 360 m d'altitude. Les paysages sont grandioses mais nous avons hâte de redescendre un peu plus près du plancher des vaches : 

    La Raya

     

    La Raya

     

    La Raya

     

    Vient ensuite le moment de la pause déjeuner, dans un "Restaurant touristique" appartenant à la compagnie de bus, à Sicuani, une trentaine de kilomètre après le col. Ce type de restaurant spécialement destiné aux touristes sert un buffet varié de spécialités locales, plutôt bon par rapport à ce que l'on trouve de similaire dans certains pays.

    Près du restaurant, il y a une prairie traversée par un cours d'eau, où l'on peut observer quelques spécimens de l'avifaune locale. Ci-dessous des Ibis de Ridgway (Plegadis ridgwayi), un Ibis commun dans la région des Andes, que l'on voit parfois en groupe de plusieurs dizaines, occupés à chercher leur nourriture dans les champs et les zones humides. Plus d'infos sur l'espèce ici : http://www.oiseaux.net/oiseaux/ibis.de.ridgway.html

    Ibis de Ridgway - Sicuani

     

    Ibis de Ridgway - Sicuani

     

    Parmi la troupe d'Ibis, on remarque un petit héron blanc, et oui c'est bien un Héron garde-boeufs (Bubulcus ibis), le même que chez nous en France. Il faut dire que l'on trouve ce héron partout dans le monde.

    Héron garde-boeufs - Sicuani

     

    Après le repas nous remontons dans le bus pour une vingtaine de kilomètres, jusqu'au petit village de Raqchi. Sur la place, une église en pierre volcanique et quelques étals de souvenirs et d'artisanat local, mais nous ne sommes pas là pour passer l'après-midi à marchander.

    Raqchi

     

    Rapidement, Marita nous conduit vers le site du temple Inca de Wiracocha. En chemin, nous passons près d'un plan d'eau où pour une fois on peut observer de près une Sarcelle tachetée (Anas flavirostris), une espèce de canard déjà observée à Yanque et à Lagunillas :

    Sarcelle tachetée - Raqchi

     

    Arrivés près des ruines du temple, alors que Marita commence à nous expliquer son architecture et son histoire, notre œil est attiré par un petit faucon qui chasse dans le secteur. Il s'agit d'une Crécerelle d'Amérique (Falco sparverius), le cousin de notre Faucon crécerelle. Plus petit que son parent européen, on le reconnaît au 3 marques verticales noires qui ornent sa tête.
     

    Crécerelle d'Amérique - Raqchi

     

    Celui-ci doit être une femelle ou un immature, car son dos brun-roux est fortement strié de noir. Nous en observerons d'autres à Chinchero dans la vallée sacrée, et au Machu-Pichu.

    Crécerelle d'Amérique - Raqchi

     

    Crécerelle d'Amérique - Raqchi

     

    Crécerelle d'Amérique - Raqchi

     

    Revenons maintenant au temple de Wiracocha, le Dieu créateur des Incas. Raqchi est un temple bien conservé, le seul qui à l'époque de sa construction reposait sur des colonnes. Il n'en reste cependant que le mur central et les fondations de certaines colonnes. Un des plus beaux site Incas parmi ceux que nous avons visités :

    Raqchi - Ruines

     

    Raqchi - Ruines

     Au premier plan, les restes d'une colonne. Derrière, le bas des murs est constitué de pierres parfaitement ajustées.

     

    Raqchi - Ruines

     Les chapeaux de tuiles ont été rajoutés à la demande de l'UNESCO pour protéger les murs en adobe des infiltrations. A l'époque des Incas, les toits étaient majoritairement en chaumes.

     

    Raqchi - Ruines

    Après le temple, on visite le quartier d'habitation, où vivaient probablement les prêtres au service de Wiracocha. 

     

    Raqchi - Ruines

     Raqchi, c'était aussi un site de stockage de nourriture : on peut y observer une multitude de silo de pierre circulaire, qui malheureusement on perdu leur toiture.

     

    En fin d'après midi, nous atteignons la dernière étape du voyage avant Cuzco : le village d'Andahuaylillas et son église Saint-Pierre-Apôtre. Vue de l'extérieur, l'église a une apparence toute simple, mais à l'intérieur, la décoration baroque mêlée d'influences andines est tellement riche que cette église est surnommée la chapelle Sixtine des Andes. Construite par les Jésuites à la fin du XVIe siècle, la décoration était destinée à enseigner la foi catholique aux habitants de la région nouvellement convertis, mais aussi à faciliter leur adhésion en les émerveillant. Les photographies à l'intérieur étant interdites, le billet d'entrée inclut un CD souvenir. Ci-dessous quelques photos de détail du porche (très sobre par rapport à l'intérieur de l'église) :

    Andahuaylillas

     

    Andahuaylillas

     

    Andahuaylillas

     

    A Andahuaylillas, tout est baroque, même les arbres : ne manquez pas d'admirer les magnifiques lichens et les fleurs rouges vifs des Pisonay (arbre de la famille des haricots) qui ornent la place :

    Andahuaylillas

     

    Andahuaylillas

      

    A la fin de cette longue et riche journée, nous arrivons à Cuzco où nous allons nous poser quelques jours avant de partir à l'assaut du Machu-Pichu.

    A bientôt pour la suite du voyage.


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    Après une bonne nuit de sommeil sous de multiples épaisseurs de couvertures de laine qui remplacent avantageusement le chauffage, nous nous réveillons à l'aube et avons le temps d'observer les oiseaux qui vaquent à leurs occupations matinales autour de la maison. 

    Il a plu toute la nuit et il fait encore gris, aussi la lumière n'est pas très bonne et seul un Troglodyte familier (Troglodytes aedon) aura le droit à un joli portrait :

    Troglodyte familier - Amantani

     Répandu sur tout le continent américain,
    le Troglodyte familier ressemble à notre Troglodyte mignon mais est un peu plus grand. 

     

    Les autres espèces observées ce matin là sont les suivantes :

    • Le Bruant chingolo (déjà vu à Arequipa et Yanque).
    • La Tourterelle oreillarde, que l'on retrouvera à Puno en fin d'après-midi.
    • Le Pigeon tigré, une sorte de gros pigeon assez proche de notre Pigeon ramier, que je réussirai à prendre en photo le jour suivant.

     

    Nous rejoignons ensuite notre guide dans la cuisine où Gladys nous attends pour le petit déjeuner. Comme il fait bien froid nous lui achetons quelques bonnets fait maison, avant de descendre jusqu'au port pour prendre le bateau qui doit nous amener jusqu'à l’île de Taquile. En chemin nous apercevons quelques Vanneaux des Andes (Vanellus resplendens) bien bruyants (on en reverra à Cusco).

    Nous avons à peine quitté le port que la météo se gâte sérieusement : il a déjà plus toute la nuit, mais là c'est de la neige qui commence à tomber. D'après les guides, c'est plutôt inhabituel à cette saison. On apprendra plus tard qu'un épisode particulièrement intense du phénomène "El Niño" a débuté en 2015. Il y a peut-être un lien.

    Toujours est-il que le lac est démonté et la visibilité quasi-nulle à cause de la neige et du brouillard. Le bateau n'a pas d'essuie-glace, c'est un des guides qui se dévoue pour aller essuyer les vitres à l'extérieur, en équilibre au dessus des vagues glaciales. Notre embarcation est également dépourvue de système de navigation, seules les communications par téléphone portable entre bateaux semblent leur permettre de savoir où nous sommes. Rapidement, les guides et l'équipage du bateau nous annoncent que l'escale à Taquile est annulée et que nous allons rentrer à Puno, le risque de rester coincé sur Taquile pour passer la nuit étant trop important. Puis on les entends envisager la possibilité de faire demi-tour pour retourner à Amantani (ce qui compromettrait notre départ pour Cusco le lendemain matin, mais il vaut mieux être en sécurité sur la terre ferme et éviter le naufrage de notre frêle esquif sur des rochers...). En fin de compte nous ne changeons pas de cap, et c'est avec soulagement qu'au bout de 3h de navigation chaotique nous apercevons la presqu’île qui ferme la baie de Puno, puis les étendues de totora et les îles Uros.

    Après une pause café bien méritée sur une des îles Uros, nous repartons vers Puno. La tempête s'est calmée, ce qui nous permet de sortir un peu à l'extérieur de la cabine pour photographier les hôtes de la totora.   

    Nous croisons d'abord des Foulques ardoisées (Fulica ardesiaca), espèce que l'on ne rencontre que sur les lacs d'altitude de la Cordillère des Andes. Chez cette espèce, le bec et le caroncule peuvent être de couleur variée (bec blanc avec caroncule blanc ou jaune, bec jaune avec caroncule rouge) :

    Foulque ardoisée - Titicaca

    Une Foulque ardoisée à bec jaune et caroncule rouge (coloris le plus courant sur les lacs comportant une végétation dense)

     

    Foulque ardoisée - Titicaca

    Une Foulque ardoisée adulte et ses 2 poussins.

     

    Puis c'est le tour des Grèbes de Rolland (Rollandia rolland), un petit grèbe ressemblant à notre Grèbe à cou noir :

    Grèbe de Rolland - Titicaca

     

    Grèbe de Rolland - Titicaca

     

    Grèbe de Rolland - Titicaca

     

    Dans la totora, de petits passereaux multicolores s'agitent, ce sont des Tyranneaux omnicolores (Tachuris rubrigastra) :

    Tyranneau omnicolore

     

    Dernière photo avant de quitter les îles Uros : 

    Ile Uros - Titicaca

     

    En vue du port de Puno, nous apercevons des Erismatures des Andes (Oxyura ferruginea) :
     

    Erismature des Andes - Titicaca

    Une femelle d'Erismature des Andes.

     

    Erismature des Andes - Titicaca

     Un mâle d'Erismature des Andes, reconnaissable à son bec bleu vif.

     

    Sur le port, nous sommes accueillis par des Mouettes des Andes (Chroicocephalus serranus) :

    Mouette des Andes - Puno

     Une mouette adulte, en plumage de transition vers ou depuis le plumage nuptial (comme notre Mouette rieuse, la Mouette des Andes a la tête sombre en période de reproduction).

     

    Mouette des Andes - Puno

     Au premier plan, une mouette immature.

     

    Mouette des Andes - Puno

    Plus d'infos sur l'espèce ici : http://www.oiseaux.net/oiseaux/mouette.des.andes.html

     

    Après avoir déposé nos affaires à l'hôtel et pris possession de nos chambres, nous allons déjeuner au restaurant "La Casona" sur la rue principale. On nous sert une bonne cuisine péruvienne, dans une salle décorée de tableaux du style de l'école de Cusco. Puis pendant que le reste de la famille se repose  à l'hôtel, je retourne explorer le centre ville à la recherche d'une pharmacie, accompagnée d'une de mes filles.

    Sur la place d'Armes, face à la cathédrale, une Tourterelle oreillarde profite du soleil qui est revenu après la tempête :

    Tourterelle oreillarde - Puno

     

    La cathédrale de Puno, qui date du 18ème siècle, est de style baroque métis, un mélange d'influences catholiques et de symboles empruntés aux Incas. Les détails sont très intéressants et représentatifs de ce style :

    Catedral - Puno

     

    Catedral - Puno

     

    Catedral - Puno

     

    Catedral - Puno

     

    Catedral - Puno

     

    Catedral - Puno

     

    A l'autre extrémité de la rue piétonne, le Parque Pino est bordé de bâtiments aux couleurs lumineuses, d'un côté le Collège National de Puno, et de l'autre la petite église San Juan, autrefois réservée aux Indiens :

    Colegio Nacional - Puno

     

    Iglesia San Juan - Puno

     

    Ici s'achève le récit de cette journée mouvementée au lac Titicaca. L'épisode suivant nous mènera à Cusco avec en route quelques étapes sympathiques.

    A bientôt pour d'autres découvertes.


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