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    Hier midi, dernier jour de 2015, un Épervier d'Europe  (Accipiter nisus) est resté un bon moment dans un de nos frênes, ce qui nous a permis de faire une dernière série de jolies photos avant le réveillon :

    Epervier d'Europe

    La boule de plumes, dans les branches du frêne. Ce n'est pas un pigeon, ni un geai. Régulier chez nous à la saison des mangeoires (l'épervier se nourrit surtout de passereaux), pour une fois il ne bouge pas ...

     

    L'épervier du 31 décembre

    C'est une femelle : plus grosse que le mâle, son plumage est brun-gris et un sourcil blanc est en général bien visible au dessus de l’œil jaune (le mâle est plus coloré : son dos est bleu-gris, et son ventre rayé de roux et de blanc)

     

    L'épervier du 31 décembre

    L'épervier à l’affût regarde alternativement à droite, à gauche, en haut, en bas,
    afin de repérer le passereau imprudent dont elle fera son déjeuner. 

     

    L'épervier du 31 décembre

    L'affût cette fois ci sera un échec, notre rapace était sans doute trop visible en plein soleil dans les branches dénudées. Avant de quitter les lieux, un toilettage du plumage s'impose.

     

    L'épervier du 31 décembre

     

    L'épervier du 31 décembre

     

    L'épervier du 31 décembre

    Dernière pose avant le départ.

     

    Plus de photos d'épervier ici : 

    http://www.oiseaux.net/photos/regine.le.courtois.nivart/epervier.d.europe.html

    Je vous souhaite à tous une belle année 2016, pleine de bonheur et de découvertes passionnantes.

     


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    Deux espèces de pic assez communes fréquentent notre refuge et y nichent chaque année, même si nous n'avons pas encore repéré la localisation de leur loge. En été il n'est pas rare de les observer en famille, parents et jeunes fraîchement envolés.

    La première espèce est le Pic vert (Picus viridis), que l'on observe souvent se nourrir au sol sur les pelouses (le Pic vert raffole des fourmis).

    Pic vert

     Un jeune Pic vert, reconnaissable à son plumage moucheté, photographié en juillet 2014.

     

    Pic vert

     A droite, la femelle adulte (sa moustache est noire contrairement à celle du mâle qui est rouge), et à gauche un jeune, toujours en juillet 2014.

     

    La deuxième espèce qui fréquente le parc en toute saison est le Pic épeiche (Dendrocopos major), le plus commun des pics bigarrés (blanc, noir et rouge) observables en France. Les Pics épeiche aiment chercher leur nourriture à la cime des arbres, ils sont ainsi moins faciles à observer que les Pics verts, mais on les repère assez aisément à leur cri. Lorsqu'il fait très froid, le Pic épeiche vient volontiers se nourrir à la mangeoire.

    Pic épeiche

     Jeune Pic épeiche tout juste envolé : le ventre duveteux n'est pas encore blanc pur, et la calotte est toute rouge (la femelle adulte a une calotte entièrement noire alors que chez le mâle adulte elle est noire avec une marque rouge à l'arrière de la tête). Photo prise en juin 2012.

     

    Pic épeiche

     Une partie de la famille Pic épeiche, août 2015.

     

    Cependant, depuis une dizaine de jour, nous avons un visiteur d'une espèce de pic plus rare, que l'on rencontre généralement en forêt : un Pic noir (Dryocopus martius). Le Pic noir comme son nom l'indique est tout noir, à l'exception de la calotte, toute rouge chez le mâle, et réduite à une tâche rouge à l'arrière de la tête chez la femelle. Le Pic noir est le plus grand des pics présents en France : 55 cm contre 33 cm pour le Pic vert et 24 cm pour le Pic épeiche.

    Notre hôte est une femelle. Nous l'observons presque tous les jours depuis le 19 décembre. Elle semble se plaire sur notre terrain ; en effet celui-ci comporte un certain nombre de marronniers morts ou malades, dont elle épluche l'écorce en la frappant de son bec, afin de déloger les insectes cachés derrière. Le Pic noir est essentiellement insectivore, et apprécie les boisements comportant des arbres morts ou affaiblis. 

    Sur certaines des photos ci-dessous, on voit bien le travail du Pic noir. Lorsqu'on l'observe dans les jumelles, on peut voir les copeaux de bois voler. Ses mets préférés sont les grosses fourmis et les coléoptères qui se nourrissent du bois mort.

    Pic noir

     

    Pic noir

     

    Pic noir

     

    Pic noir

     

    Pic noir

     

    Pic noir

     

    Pic noir

     

    Réussira-t-elle à attirer un mâle chez nous pour fonder une famille en 2016 ? Nul ne le sait, mais nous allons suivre l'affaire de près.

    A bientôt pour d'autres découvertes.  


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    Bonne nouvelle en cette fin d'année 2015, les Sittelles torchepot (Sitta europaea) sont enfin revenues dans notre refuge ! 

    La sittelle est un passereau assez commun des bois, des parcs et des jardins (à condition que ceux-ci possèdent suffisamment d'arbres). On la reconnait à son dos gris-bleu, son ventre roux clair, son sourcil noir, et surtout au fait qu'elle est capable de parcourir les troncs et les branches d'arbre la tête en bas. 

    Le retour des Sittelles

     Une Sittelle torchepot photographiée au Jardin du Luxembourg à Paris.

     

    Depuis que nous avons notre refuge à Grand-Rozoy (octobre 2011), nous avons observé régulièrement cet oiseau vaquer à ses différentes activités dans les arbres du terrain :

    En 2011, elle a été observé en octobre, novembre et décembre.

    Le retour des Sittelles

    Une sittelle joue à cache-cache avec le photographe. Grand-Rozoy, octobre 2011.

     

    En 2012, on l'observe tous les mois de l'année sauf en mai, juillet et août. En mars un individu visite une cavité dans un arbre (la Sittelle torchepot utilise des cavités existantes dans les troncs d'arbre - trou naturel ou ancienne loge de pic - pour y nicher. Si l'ouverture est trop grande, elle la rétrécit en la maçonnant avec de la boue). En juin 4 individus sont observés ensemble. Le groupe comprend des juvéniles récemment envolés. En fin d'année les visites à la mangeoire sont fréquentes : la sittelle se nourrit à la belle saison d'insectes et d'araignées qu'elle capture en parcourant en tout sens l'écorce des arbres, mais le froid venu elle complète son alimentation par des graines. C'est un oiseau au comportement irascible qui ne tolère pas les oiseaux d'autres espèces lorsqu'elle vient se servir à la mangeoire.

    L'année 2013 commence plutôt bien, on observe l'espèce les 4 premiers mois de l'année. En mars un individu visite une cavité dans un platane, en avril un autre (ou le même) maçonne une loge dans le tronc d'un marronnier. 

    Puis plus rien, aucune observation de l'espèce sur le reste de l'année 2013, rien en 2014, et toujours rien début 2015. Comme chaque hiver, fin 2013 et fin 2014 nous avons installé des mangeoires, mais aucune Sittelle n'est venue ...

    On ne connaît pas la cause de cette désertion, mais j'ai au moins deux hypothèses. 

    La première est très locale : en avril 2013, un couple de Sittelle avait commencé à nicher dans un marronnier au milieu de notre terrain. On ne sait pas si la ponte a eu lieu ni si les jeunes se sont envolés, mais le marronnier en question a été victime d'un événement météorologique violent un peu plus tard dans la saison, plus exactement le 23 juillet 2013. Ce jour là, un très gros orage, accompagné d'un fort vent du nord et de grêle, a eu raison de la solidité de ce pauvre marronnier, qui s'est retrouvé raccourci des deux tiers de sa hauteur. C'est peut-être la raison qui a contraint notre couple de Sittelles à s'exiler ailleurs ...

    Le retour des Sittelles

    Au centre de  la photo, le marronnier, quelques heures après l'orage. Sa hauteur vient d'être divisée par trois. Heureusement que la voiture n'était pas garée de l'autre côté !

     

    Le retour des Sittelles

     Beaucoup de bois pour l'hiver ...

     

    La deuxième hypothèse est plus générale, et serait à rechercher du côté du printemps 2013 particulièrement frais et humide, qui fut de plus précédé en mars d'un épisode neigeux très tardif. Ces conditions météo défavorables auraient réduit les pontes et les envols de jeunes, en particulier chez la Sittelle torchepot mais aussi chez d'autres espèces de passereaux. Le phénomène a été étudié en Île de France (région dont la météo est très semblable à celle du sud de l'Aisne). On peut trouver le rapport de cette étude ici : http://www.faune-iledefrance.org/index.php?m_id=20018. On y lit en particulier qu'une année sans reproduction peut faire chuter la population d'une espèce de passereau de moitié.

    Nous sommes donc très heureux de revoir des Sittelles chez nous depuis début août 2015, après plus de 2 ans sans en voir aucune. Elles sont revenues en familles, 3 individus ensemble sont observés cet été, dans les marronniers, les platanes et même sur le jeune ginkgo biloba :

    Le retour des Sittelles

     

    Le retour des Sittelles

     

    Le retour des Sittelles

     

    Et depuis que nous avons ré-installé les mangeoires début novembre, pas un jour ne passe sans que les sittelles ne viennent les visiter. 

    Le retour des Sittelles

    Une de nos mangeoires, fabrication maison, quand elle était neuve. Depuis nous l'avons déménagée dans notre refuge, elle a un peu vieillie mais cela ne gêne pas la clientèle. Remarquez la mésange charbonnière qui ne semble pas très rassurée par la sittelle.

     

    Il n'y a plus qu'à attendre le printemps pour savoir dans quel arbre les sittelles feront leur prochain nid.

    Vous trouverez plus d'informations sur l'espèce en suivant le lien : http://www.oiseaux.net/oiseaux/sittelle.torchepot.html.

    A bientôt pour d'autres découvertes. 


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    A quelques kilomètres de mon refuge LPO dans l'Aisne, hier matin 13 novembre 2015, une de mes amies habitant le village de Serches a fait une étrange rencontre. Alertée par ses poules qui semblaient totalement effrayées, elle a constaté la présence d'un oiseau inconnu et assez impressionnant, perché au dessus de son poulailler, à environ 4 mètres du sol.

    60 cm de haut, 89 cm de longueur en comptant le bec, de couleur blanche, avec la queue, la tête, le bec et les pattes noires, il s'agit d'un Ibis sacré (Threskiornis aethiopicus) - plus d'infos sur http://www.oiseaux.net/oiseaux/ibis.sacre.html.

    Voici les photos prises par l'observatrice et publiées ici avec son aimable autorisation :

    Ibis sacré Serches

     

    Ibis sacré Serches

     

     

    Observation très étonnante dans l'Aisne : une population échappée d'un zoo dans le Morbihan s'est établie depuis quelques dizaines d'années dans ce département et en Loire-Atlantique (en particulier au lac de Grand-Lieu). Quelques centaines de couples se reproduisent dans cette région, mais l'espèce ne s'est pour l'instant pas installée en Picardie. L'ouvrage "Les Oiseaux de Picardie", éditée par l'association Picardie Nature, mentionne quelques observations sur le littoral picard à l'automne et au printemps - Baie de Somme et alentours - mais une seule observation en Picardie intérieure le 30 août 1993 à Pontpoint dans l'Oise.

    C'est donc une première pour le département de l'Aisne. En faisant une rapide recherche hier soir, j'ai constaté qu'un Ibis sacré a également été observé le 8 novembre dernier à Morienval dans l'Oise, à seulement 38 km de Serches à vol d'ibis (Source outil "clicnat" de saisie des observations ornithologiques de Picardie Nature http://obs.picardie-nature.org/). Peut-être est-ce le même individu qu'à Serches ? Difficile de le savoir d'autant que le volatile n'est pas bagué.

    Une autre question se pose : vient-il de Bretagne, ou s'est il échappé de captivité ? Il s'est en effet laissé approcher à moins de 10 mètres.

    Sa présence au dessus d'un poulailler semble être un peu moins étrange : l'Ibis sacré a en effet un régime alimentaire très éclectique. En zone humide il se nourrit de mollusques et autres invertébrés, mais également d’œufs trouvés dans les nids d'autres espèces (pélican, crocodile ... et poule domestique !). Il fréquente également les décharges, et ne dédaigne pas les charognes. De ce fait il n'a pas trop de mal à s'acclimater dans les milieux occupés par l'homme.

    N'hésitez pas à me le signaler si vous êtes dans la région et que vous observez un oiseau similaire ! Et surveillez vos poules si vous en avez ;-).

    Quelques précisions reçues depuis la publication de cet article :

    L'observation de Morienval a été faite par Pascal et Rémi Malignat. D'après les observateurs, l'oiseau est passé en vol au dessus de ce village. Il venait du Nord et s'est dirigé vers l'Ouest en direction de la vallée de l'Automne (à l’opposé de Serches qui se situe à l'Est de Morienval). Soit cet ibis est un grand voyageur, soit il y en a plusieurs qui errent dans la région !

    Par ailleurs un ornithologue nous signale qu'un ibis aurait séjourné pendant quelques jours la semaine dernière sur le domaine d'une ferme avicole à Villemoyenne, un hameau de Fère-en-Tardenois. Il a a plus précisément été observé et photographié le 6 novembre au milieu d'un troupeau d'oie domestique. L'auteur des photos m'a également autorisée à les publier ici :

    Drôle de rencontre à Serches (02)

     

    Drôle de rencontre à Serches (02)

     

    Drôle de rencontre à Serches (02)
     

    A bientôt pour d'autres découvertes.


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    Ce matin en prenant mon café comme à mon habitude je regarde les oiseaux du jardin par la fenêtre de la cuisine.

    Il fait déjà chaud, les merles et les pinsons recherchent de la nourriture dans la pelouse desséchée par la canicule des jours derniers (un avantage, pas besoin de tondre), quand tout à coup j’aperçois un oiseau aux couleurs inhabituelles pour la région : beaucoup de rouge, trop pour un bouvreuil ou une linotte. Surprise dans les jumelles, après m'être demandée si mon cerveau n'avait pas fondu avec la chaleur : c'est une perruche, d'une espèce que je ne connais pas.

    Elle doit s'être échappée de chez un particulier du village, car elle n'est pas très farouche, je peux l'approcher à quelques mètres et la prendre en photo :

    Perruche omnicolore

     

    Elle s'envole ensuite vers le tas de bois, quelques photos de plus et je la laisse tranquille :

    Perruche omnicolore

     

    Je ne l'ai pas revue depuis, elle a dû partir chez un voisin ou retourner chez son propriétaire.

    J'ai fait quelques recherches sur Internet pour trouver de quelle espèce il s'agit (le plus simple, faire une recherche d'image avec le mot clé "Perruche", et cliquer sur celles qui ressemblent).

    J'ai donc appris qu'il s'agit d'une Perruche omnicolore (Platycercus eximius), espèce originaire d'Australie, facile à élever, assez commune dans sa région d'origine. Elle se plaît dans les forêts peu dense et les zones de pâturage, se nourrissant souvent au sol, et n'a pas souffert de la déforestation en Australie contrairement à d'autres espèces.

    A bientôt pour d'autres découvertes.

     


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