• Mon refuge LPO

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    Cette année au refuge nous avons la chance d'observer très régulièrement le Grosbec casse-noyaux (Coccothraustes coccothraustes) aux mangeoires, et ce depuis le 11 novembre. Généralement il n'y en a qu'un seul, c'était le cas la semaine dernière avec un beau mâle (photos ci-dessous). Chez le Grosbec casse-noyaux, mâle et femelle ont un plumage assez semblable, cependant les couleurs du mâle sont beaucoup plus vives, en particulier le roux de la calotte et des joues. Le Grosbec stationne pendant de longues minutes à la mangeoire, car contrairement aux petits passereaux type mésanges qui mettent du temps à décortiquer les graines de tournesol, le bec puissant du Grosbec lui permet d'accéder facilement à la partie comestible des graines, tout simplement en les mâchant.

    Grosbec casse-noyaux

     

    Grosbec casse-noyaux

     

    Grosbec casse-noyaux

     

    Ce dimanche midi (j'ai remarqué que les Grosbecs ne sont pas très matinaux, contrairement aux mésanges, merles et autres, ce qui m'arrange bien) un Grosbec mâle est arrivé, puis un peu plus tard, nous avons aperçu un oiseau assez inhabituel, presque tout blanc, qui se nourrissait de cynorhodons dans notre rosier sauvage. Un coup d'oeil dans les jumelles nous a permis de constater qu'à par la couleur il avait tout d'un Grosbec casse-noyaux !

    Grosbec casse-noyaux leucique

     

    Grosbec casse-noyaux leucique

     

    Il est ensuite descendu sur la pelouse, où se trouvait aussi une femelle. Ce Grosbec est probablement atteint de leucisme, un défaut de pigmentation assez courant chez les oiseaux et chez certains mammifères. Une observation bien sympathique et pas ordinaire (déjà que le Grosbec n'est pas courant dans les jardins en plaine ...).

    Grosbec casse-noyaux leucique

     

    Pendant ce temps, un mâle de couleur normale se rapprochait de la mangeoire en se posant dans le frêne pleureur. On voit bien la différence de taille avec le moineau.

    Grosbec casse-noyaux

     

    Je tiens à préciser que toutes les photos de cette article ont été faites à travers les fenêtres de notre cuisine, ce qui explique leur qualité assez moyenne ... Nos Grosbecs sont très farouches, on ne veut pas les faire fuir, mais ces observations peu courantes méritent tout de même d'être immortalisées et partagées.


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    Par un froid matin de novembre, la mangeoire, remise en service depuis le début du mois, connaissait une affluence exceptionnelle : en plus des habitués (Mésanges bleues, charbonnières et nonnettes, Verdiers, Pinsons des arbres, Tourterelles turques, Merles noir, Moineaux domestiques, Sittelles torchepot), voici que nous avons la visite du Pic épeiche, d'un Chardonneret élégant, d'une troupe de 8 Pies bavardes et d'un Grosbec casse-noyaux. 

    En début d'après-midi cependant ce n'est pas une bête à plume qui est passé jeter un œil aux pommes et restes de graine sous la mangeoire. Un jeune Hérisson a tranquillement traversé la pelouse, cherchant quelques friandises et profitant des derniers rayons du soleil avant sans doute d'aller se chercher un abri pour passer l'hiver.

    Le petit hérisson

     

    Le petit hérisson

     

    Le petit hérisson

     

    Le petit hérisson

     

    Le petit hérisson

     

    Une bien jolie rencontre pour un dimanche après-midi, plus coopératif que les pies qui s'envolent au moindre regard depuis la fenêtre de la cuisine.

     


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    L'automne voit arriver dans nos jardins de nombreux oiseaux que l'on ne voit pas habituellement : Grives mauvis, Mésanges noire, Grosbec casse-noyaux ... pour ne citer que quelques uns.

    Le Roitelet triple-bandeau (Regulus ignicapilla) en fait partie. En Picardie, il est est nicheur surtout dans les forêts de l'Oise et de l'Aisne (Compiègne, Retz, Saint-Gobain et Saint-Michel), contrairement à son cousin le Roitelet huppé que l'on trouve aussi nicheur dans les parcs et jardin, de préférence lorsqu'ils sont plantés de résineux.  

    Les observations de Roitelet triple-bandeau en dehors des forêts concernent essentiellement des individus en migration. Dans notre refuge (grand parc arboré) on l'observe surtout à l'automne et au printemps, pratiquement chaque année.

    Les 3 premières photos ci-dessous ont été prises dans notre vénérable pommier, un après-midi d'octobre 2013. J'ai noté seulement 2 observations automnales de l'espèce chez nous : le 6 octobre 2013 et le 15 septembre 2017. Sur ces photos, on voit bien le sourcil blanc qui différencie le Roitelet triple-bandeau du Roitelet huppé.

    Roitelet triple-bandeau

     

    Roitelet triple-bandeau

     

    Roitelet triple-bandeau

     

    Les observations au printemps sont plus fréquentes : mars-avril 2014, mars 2015, 2016 et 2017. Les photos ci-dessous ont été prises le 26 mars dernier dans notre bouleau pleureur, qui heureusement n'avait pas encore de feuille. Beaucoup de photos sont parties à la poubelle, car les roitelets ont la bougeotte et les conditions de lumière en fin d'après-midi étaient difficiles. La huppe dressée aux nuances orangées font penser qu'il s'agit d'un mâle.

    Roitelet triple-bandeau

     

    Roitelet triple-bandeau

     

    Roitelet triple-bandeau

     

    Roitelet triple-bandeau

     

    Je vous souhaite un bon dimanche malgré la météo, plein de belles observations. N'oubliez pas de remplir vos mangeoires (conseils ici : Il fait froid, remplissez les mangeoires !), en plus d'aider les oiseaux à passer la mauvaise saison vous aurez peut-être l'occasion d'y voir des espèces inhabituelles (chez nous ce matin un Grosbec casse-noyaux, et à l'instant un Épervier - bon lui ne mange pas les graines mais plutôt les convives).


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    La première fois que j'ai observé des Cigognes blanches (Ciconia ciconia) dans l'Aisne, c'était le 15 août 2011 à Limé dans la vallée de la Vesle. Au début je n'en ai pas cru mes yeux, le premier oiseau étant passé rapidement en vol. Puis en reprenant ma voiture, au premier carrefour, là il m'a fallu me rendre à l'évidence, c'était bien des cigognes, 2 juvéniles posées sur des poteaux électriques. Après quelques recherches, j'ai appris que les observations de cigognes dans l'Aisne ne sont pas si rare et que notre département se trouve sur une route migratoire très fréquentée entre le nord de l'Europe et l'Afrique. 

    Cigognes en migration dans l'Aisne

     

    Cigognes en migration dans l'Aisne

     

    Cette année 2017 semble être une année exceptionnelle dans la région pour la migration post-nuptiale des cigognes. Le ballet des cigognes a commencé dès dès le 14 août à Viffort dans le sud du département de l'Aisne : dans son édition du 17 août, le journal l'Axonais relate la halte d'environ 25 cigognes dans un champ de cette commune. L'une d'elle, très fatiguée, a été secourue par les habitants et amenée au centre de sauvegarde d'Hirson (édition du 24 août du même journal).

    Plusieurs passages impressionnant sont relatés les jours suivants dans la presse régionale, en particulier le 16 août, avec une cinquantaine de cigognes au Hérie-la-Viéville, dans les champs et sur l'église, et probablement plus d'une centaine à Travecy. Puis le 23 août un ami me signale un groupe de plus de 100 cigognes qui s'est installé pour passer la nuit dans les arbres autour de l'église de Mont-Notre-Dame.

    De notre côté, nous n'avons pas eu la chance d'en voir autant. C'est en revenant de notre petite escapade en Wallonie le 19 août, que nous avons aperçu 7 cigognes posées près d'un troupeau de bovins (qui les regardaient avec un air étonné), à la sortie sud de Laon en allant vers Soissons. Les photos ne sont pas géniales faute d'avoir le bon appareil, situation aggravée par le manque de soleil ... mais cela reste un très beau souvenir.

     Cigognes en migration dans l'Aisne

     

    Cigognes en migration dans l'Aisne

     

    L'impression d'un passage exceptionnel de cigognes cette année a été confirmée par le groupe de suivi de la migration du hameau de Brassoir (commune de Morienval dans l'Oise, à quelques km de l'Aisne) : entre le 14 août et le 12 septembre, 1111 cigognes ont été comptabilisées sur ce site, le record saisonnier a été pulvérisé. Pour en savoir plus sur ces comptages d’oiseaux migrateurs à Brassoir et ailleurs en France, vous pouvez consulter le site www.migraction.net.

    Ci-dessous quelques autres images pour illustrer ces moments exceptionnels dans la vie d'un village, qui pour quelques heures se retrouve transposé en Alsace. Ces 3 photos ont été prises le dimanche 27 août par un habitant de Saint-Rémy-Blanzy qui m'a aimablement autorisé à les publier ici. Les cigognes, environ une vingtaine, sont arrivées vers 19h et ont passé la nuit sur cette magnifique église à l'architecture si particulière, à quelques km de chez nous. 
     

    Cigognes en migration dans l'Aisne

     

    Cigognes en migration dans l'Aisne

     

    Cigognes en migration dans l'Aisne

     

    Puisque l'on parle de Saint-Rémy Blanzy et de son église voici pour compléter quelques photos de l'église et du village - mais ce jour là il n'y avait pas de cigognes :

    Eglise Saint Remy Blanzy

     

    Eglise Saint Remy Blanzy

     

    Le 15 septembre alors que j'écris ces lignes, d'autres cigognes sont signalées. Sur la page Facebook de N'Radio on peut voir une vingtaine de cigognes photographiées par une auditrice ce vendredi après-midi à Clamecy, commune située au nord de Soissons ...

    Cet article est un peu particulier, puisqu'il s'agit du centième publié dans cet espace. Je tiens ici à remercier tous les visiteurs de ce blog, les fidèles lecteurs bien sûr mais aussi les visiteurs de passage.

    Bon week-end automnal à tous (elles ont bien raison les cigognes de repartir en Afrique, on a dû rallumer le chauffage).


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    Que seraient nos soirées d'été à la campagne sans la ronde des hirondelles au dessus de nos villages ? 

    Déjà deux à trois mois qu'elles sont revenues d'Afrique où elles passent l'hiver. Les oisillons de la première couvée sont envolés, il reste du temps pour en élever une deuxième avant le départ courant septembre.

    Deux espèces d'hirondelles se partagent l'espace dans nos villes et villages du nord de la France : l'Hirondelle rustique et l'Hirondelle de fenêtre. 

    L’Hirondelle rustique (Hirundo rustica) se distingue de l’Hirondelle de fenêtre par sa gorge rousse et sa queue prolongée par de longs filets. Elle niche en général dans les bâtiments (grange, garage, écurie etc.). Le nid est souvent construit contre une poutre et est plus ouvert que celui de l’hirondelle de fenêtre. Chez nous au refuge LPO de Grand-Rozoy, suivant les années un ou deux couples nichent dans le garage. 

    L’Hirondelle rustique, comme sa cousine l’Hirondelle de fenêtre, se nourrit exclusivement d’insectes volants (mouches, fourmis ailées, moustiques, libellules etc.). En échange de quelques salissures, les hirondelles vous assurent des soirées d’été paisibles et agissent comme un véritable insecticide gratuit et naturel.

    Les photos d'hirondelles rustique ci-dessous ont été prises dans la grange de notre précédente maison à Couvrelles (02). L'agencement de la maison  faisait que l'on passait dans cette grange plusieurs fois par jour. Les hirondelles avaient l'habitude de nous voir et n'étaient pas dérangées par nos allées et venues.
     

    Hirondelles rustiques

    De tous jeunes bébés hirondelles très affamés.

      

    Hirondelles rustiques 

    Nourrissage par un des parents.

     

    Hirondelles rustiques

    La nichée au complet quelques jours après la sortie du nid.

     

    L’Hirondelle de fenêtre (Delichon urbicum) est la deuxième espèces d’hirondelle qui utilise les bâtiments de nos villages comme support pour construire son nid. Ce sont les angles de fenêtre et de porte qui ont sa préférence. Elle se différencie de l'hirondelle rustique par l'absence de roux dans son plumage, qui est bleu-noir sur le dessus et blanc sur le dessous. En vol on peut distinguer son croupion blanc pur et l'absence de filet à la queue. Le nid est beaucoup plus fermé que celui de l'hirondelle rustique : il possède uniquement une petite ouverture qui ne laisse passer qu'une hirondelle à la fois (du coup c'est beaucoup plus difficile de compter les jeunes se trouvant dans le nid).

    L’hirondelle de fenêtre niche dans notre refuge depuis 2015. Pour l’instant il y a un seul nid, mais nous espérons que la colonie va s’agrandir. Une autre petite colonie est installée sur la mairie de Grand-Rozoy. 

    L’Hirondelle de fenêtre est la championne de la vie en collectivité et de l’entraide : les colonies peuvent compter plusieurs dizaines de nids (exemple 46 nids observés sous un toit à Limé toujours dans l'Aisne), les couples s’entraident pour construire les nids, quitte à ce que certains ne se reproduisent pas. Une fois que les jeunes savent voler, tous les soirs la famille au complet s’entasse dans le nid pour passer la nuit au chaud.

    Hirondelles de fenêtre

     Au sol, à la recherche de matériaux pour leur nid. Photo prise à Couvrelles.

     

    Hirondelle de fenêtre

    Au sein de la colonie de Limé.

     

    Hirondelle de fenêtre

    Toujours à Limé. On distingue bien le croupion blanc de l'hirondelle.

     

    Hirondelle de fenêtre

    L'unique nid de notre nouvelle colonie à Grand-Rozoy en 2015.

     

    Les hirondelles, protégées en Europe comme le plupart des passereaux, doivent malheureusement faire face à de nombreuses menaces :

    • L'agriculture intensive et l'utilisation des pesticides chimiques a fortement réduit la nourriture disponible pour les hirondelles. 

    • Les destructions de nids sous prétexte de salissures ou lors de travaux de ravalement, et la fermeture des granges et garages où les hirondelles rustiques aiment nicher rend leur reproduction plus difficile.

    • Tout cela se rajoute aux dangers de la migration et à la détérioration de certains de leurs habitats sur leur lieu d'hivernage.

     

    Pour les aider, ne détruisez pas leur nid même après leur départ pour l’Afrique, bannissez les insecticides chimiques de votre jardin, s'il fait sec aménagez une petite flaque d'eau entourée de terre pour que les hirondelles puissent trouver des matériaux de construction, ou posez des nichoirs adaptés.

    Vous vous direz peut-être que ce n'est pas grave d'enlever les nids à l'automne. C'est pourtant interdit et fort pénalisant pour les hirondelles : en effet, reconstruire un nid à partir de zéro chaque printemps demande beaucoup d'énergie et de temps aux hirondelles déjà épuisées par leur migration. Détruire les nids l'hiver revient à enlever aux hirondelles la possibilité de mener à bien plusieurs couvées durant la belle saison.

    Vous trouverez plein d'autres conseils pour cohabiter avec les hirondelles sur le site de l'association Picardie Nature :  http://www.picardie-nature.org/protection-de-la-faune-sauvage/protection-des-hirondelles/.

    En particulier ne manquez pas les 3 fiches techniques très complètes que vous pouvez imprimer et utiliser pour sensibiliser vos voisins et vos amis :

    Fiche technique n°1 : Installer des nids artificiels (et une planchette)

    Fiche technique n°2 : Fabriquer un nid "fait maison"

    Fiche technique n°3 : Astuces pour un nid contre un volet ou une fenêtre

     

    Je vous souhaite de passer un bel été avec les hirondelles.


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