• Le retour des Sittelles

     

    Bonne nouvelle en cette fin d'année 2015, les Sittelles torchepot (Sitta europaea) sont enfin revenues dans notre refuge ! 

    La sittelle est un passereau assez commun des bois, des parcs et des jardins (à condition que ceux-ci possèdent suffisamment d'arbres). On la reconnait à son dos gris-bleu, son ventre roux clair, son sourcil noir, et surtout au fait qu'elle est capable de parcourir les troncs et les branches d'arbre la tête en bas. 

    Le retour des Sittelles

     Une Sittelle torchepot photographiée au Jardin du Luxembourg à Paris.

     

    Depuis que nous avons notre refuge à Grand-Rozoy (octobre 2011), nous avons observé régulièrement cet oiseau vaquer à ses différentes activités dans les arbres du terrain :

    En 2011, elle a été observé en octobre, novembre et décembre.

    Le retour des Sittelles

    Une sittelle joue à cache-cache avec le photographe. Grand-Rozoy, octobre 2011.

     

    En 2012, on l'observe tous les mois de l'année sauf en mai, juillet et août. En mars un individu visite une cavité dans un arbre (la Sittelle torchepot utilise des cavités existantes dans les troncs d'arbre - trou naturel ou ancienne loge de pic - pour y nicher. Si l'ouverture est trop grande, elle la rétrécit en la maçonnant avec de la boue). En juin 4 individus sont observés ensemble. Le groupe comprend des juvéniles récemment envolés. En fin d'année les visites à la mangeoire sont fréquentes : la sittelle se nourrit à la belle saison d'insectes et d'araignées qu'elle capture en parcourant en tout sens l'écorce des arbres, mais le froid venu elle complète son alimentation par des graines. C'est un oiseau au comportement irascible qui ne tolère pas les oiseaux d'autres espèces lorsqu'elle vient se servir à la mangeoire.

    L'année 2013 commence plutôt bien, on observe l'espèce les 4 premiers mois de l'année. En mars un individu visite une cavité dans un platane, en avril un autre (ou le même) maçonne une loge dans le tronc d'un marronnier. 

    Puis plus rien, aucune observation de l'espèce sur le reste de l'année 2013, rien en 2014, et toujours rien début 2015. Comme chaque hiver, fin 2013 et fin 2014 nous avons installé des mangeoires, mais aucune Sittelle n'est venue ...

    On ne connaît pas la cause de cette désertion, mais j'ai au moins deux hypothèses. 

    La première est très locale : en avril 2013, un couple de Sittelle avait commencé à nicher dans un marronnier au milieu de notre terrain. On ne sait pas si la ponte a eu lieu ni si les jeunes se sont envolés, mais le marronnier en question a été victime d'un événement météorologique violent un peu plus tard dans la saison, plus exactement le 23 juillet 2013. Ce jour là, un très gros orage, accompagné d'un fort vent du nord et de grêle, a eu raison de la solidité de ce pauvre marronnier, qui s'est retrouvé raccourci des deux tiers de sa hauteur. C'est peut-être la raison qui a contraint notre couple de Sittelles à s'exiler ailleurs ...

    Le retour des Sittelles

    Au centre de  la photo, le marronnier, quelques heures après l'orage. Sa hauteur vient d'être divisée par trois. Heureusement que la voiture n'était pas garée de l'autre côté !

     

    Le retour des Sittelles

     Beaucoup de bois pour l'hiver ...

     

    La deuxième hypothèse est plus générale, et serait à rechercher du côté du printemps 2013 particulièrement frais et humide, qui fut de plus précédé en mars d'un épisode neigeux très tardif. Ces conditions météo défavorables auraient réduit les pontes et les envols de jeunes, en particulier chez la Sittelle torchepot mais aussi chez d'autres espèces de passereaux. Le phénomène a été étudié en Île de France (région dont la météo est très semblable à celle du sud de l'Aisne). On peut trouver le rapport de cette étude ici : http://www.faune-iledefrance.org/index.php?m_id=20018. On y lit en particulier qu'une année sans reproduction peut faire chuter la population d'une espèce de passereau de moitié.

    Nous sommes donc très heureux de revoir des Sittelles chez nous depuis début août 2015, après plus de 2 ans sans en voir aucune. Elles sont revenues en familles, 3 individus ensemble sont observés cet été, dans les marronniers, les platanes et même sur le jeune ginkgo biloba :

    Le retour des Sittelles

     

    Le retour des Sittelles

     

    Le retour des Sittelles

     

    Et depuis que nous avons ré-installé les mangeoires début novembre, pas un jour ne passe sans que les sittelles ne viennent les visiter. 

    Le retour des Sittelles

    Une de nos mangeoires, fabrication maison, quand elle était neuve. Depuis nous l'avons déménagée dans notre refuge, elle a un peu vieillie mais cela ne gêne pas la clientèle. Remarquez la mésange charbonnière qui ne semble pas très rassurée par la sittelle.

     

    Il n'y a plus qu'à attendre le printemps pour savoir dans quel arbre les sittelles feront leur prochain nid.

    Vous trouverez plus d'informations sur l'espèce en suivant le lien : http://www.oiseaux.net/oiseaux/sittelle.torchepot.html.

    A bientôt pour d'autres découvertes. 


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  • Commentaires

    1
    Lundi 30 Novembre 2015 à 14:12

    Bonjour Régine,

    C'est très sympa ce récap du refuge des années passées. Nous faisons pareil en faisant une extraction de nos données enregistrées sur faune charente maritime. C'est plutôt sympa d'avoir une vision en arrière. Cela permet de réfléchir au mieux pour nos ailés.

    Les mangeoires sont bien pleines aussi ici. Quelle tristesse pour votre marronnier..... 

    J'aime bcp la sittelle sur le petit tronc nu de l'avant dernière photo. Je ne me souviens plus du nom de cet arbre d'ailleurs avec ses feuilles si typiques. 

    Bises et bonne journée.

      • Lundi 30 Novembre 2015 à 15:37

        Boujour Nathalie,

        Le petit arbre est un gingko biloba. On essaie de diversifier les arbres car on a beaucoup de marronniers (qui ont été taillés trop sévèrement suite à une tempête, et qui sont fragilisés par des champignons et sans doute par la mineuse du marronnier, quoique cette année l'attaque des mineuses n'a pas été trop sévère), et des frênes qui commencent à être atteint pas la chalarose une maladie qui peut être mortelle ... 

        Parmi les nouveaux de ces dernières années : des châtaigniers, un cèdre, un hêtre, des robiniers faux-accacias, des chênes, des liquidambars et le petit dernier offert par des amis américains : un séquoïa ...

        Bises et bonne journée également.

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