• La vie au refuge pendant le confinement

     

    Ces deux mois de confinement ont été l'occasion d'observer de plus près notre environnement très proche et parfois d'y faire de belles découvertes. La société des humains s'est arrêtée, notre liberté a été restreinte, nos projets de voyage sont tombés à l'eau, mais pendant ce temps là, le printemps est arrivé et la nature s'est éveillée. Ci-dessous quelques photos prises dans notre terrain (classé refuge LPO) pendant cette période un peu étrange.

    J'ai beaucoup photographié les fleurs, j'ai même commencé un inventaire de toutes les fleurs sauvages ou non qui poussent dans notre terrain. Je vous épargne la série complète des photos (faites avec le téléphone), qui me servent pour l'identification des espèces au fur et à mesure des floraisons (je trouve que c'est encore plus compliqué que les oiseaux, heureusement que j'avais dans la bibliothèque le très complets Guide des fleurs sauvages).

    Chaque année, fin mars, les Muscaris renaissent dans cette jardinière en pierre, comme par magie.

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    Le 7 avril, on annonçait une "super" Lune, un phénomène astronomique en fin de compte assez courant puisqu'il s'agit d'une pleine Lune conjuguée avec une distance Terre-Lune à son minimum, ce qui rend notre satellite un plus "gros" qu'à l'accoutumée. Ce soir là, j'avais zappé l'événement, je me suis rattrapée le lendemain.

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    Une maison du voisinage que j'aime beaucoup, elle doit dater de la fin du XIXe siècle ou début XXe : mélange de pierres de taille et de briques, toiture en ardoise, lucarnes en zinc ou en pierre...

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    Début avril, les cerisiers sont déjà en fleurs, alors que les frênes n'ont pas encore commencé à verdir. Notre tracteur tondeuse était partie en révision juste avant le confinement, heureusement nous avons pu le récupérer assez rapidement.

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    Une plante que j'aime beaucoup, qui ne demande aucun entretien, et qui commence à fleurir dès la fin de l'hiver : l'Euphorbe. Ces plants proviennent de la Journée des plantes au château de Chantilly. Achetés tout petit il y a quelques années ils couvrent maintenant plusieurs mètres carrés.

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    Dans notre terrain, niche une colonie de Corbeaux freux, dont j'ai déjà parlée sur ce blog. Cette année j'ai compté 66 nids (plutôt moins que les années précédentes). Ce matin là, fin avril, un couple de Faucons crécerelles (Falco tinnunculus) tournaient en criant autour des arbres hébergeant les nids. Quelques minute plus tard, j'ai pu assister à une scène assez étrange : les 2 petits rapaces se sont intéressés avec insistance à un nid de corbeaux un peu à l'écart des autres, et m'ont semblé prélever un jeune corbeau du nid. J'ai imaginé que le but était de vider le nid pour qu'ensuite ils y élèvent leur propre couvée, mais je ne les ai pas revu les jours suivants... Les Faucons crécerelles peuvent utiliser de vieux nids de corvidés pour y nicher, de là à faire vieillir prématurément un nid en le vidant manu militari, c'est peut-être un peu fort ! Le confinement fait travailler l'imagination...

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    Un autre cerisier en fleur, cette fois de près. On devrait bientôt pouvoir se régaler, si les corbeaux ne sont pas trop gourmand !

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    Nos premières Hirondelles de fenêtre (Delichon urbicum) sont revenues au nid à la mi-avril (visiblement chez elles il n'y avait pas de restriction sur les déplacements). Avant la fin du confinement, les 4 nids existants étaient occupés. Les discussions concernant l'aménagement et les réparations nécessaires allaient bon train ! Ci-dessous les 2 nids de la fenêtre de mon bureau (photos prises à travers les carreaux). Depuis quelques jours au moins 2 nouveaux nids sont en construction, la colonie démarrée avec un nid en 2015 se porte bien ! Notre terrain arboré est une source inépuisable d'insectes volants, bien que le village soit entouré de grandes cultures (avec épandage de pesticides).

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    Un matin après la pluie, les fleurs tombées au sol formaient un tapis coloré, vert pomme ou rose pâle suivant les arbres se trouvant à proximité. 

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    Chaque année, ces champignons poussent au pied d'un Frêne. Ce sont des Polypores écailleux, des champignons qui se nourrissent de bois mort ou malade. Leur diamètre peut être impressionnant, jusqu'à 60 cm.

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    Autre belle surprise après l'orage, l'arc en ciel, auquel nous avons eu le droit plusieurs fois. Mais jamais nous n'avons trouvé le trésor lors de nos promenades à moins d'un km de la maison.

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    Au fond du parc, il y a une statue et un banc, derrière lesquels ont été planté des thuyas. Ces conifères d'Amérique du Nord, abondamment planté dans les jardins en Europe depuis les années 1970, finissent par dépérir et mourir. En attendant l'automne, où nous les remplacerons (probablement par des charmes), j'ai tenté de leur donner une forme acceptable avec le taille-haie (pas de danger de déloger des oiseaux nicheurs dans ce buisson, il est totalement transparent).
     

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    Nous laissons souvent des fleurs sauvages s'épanouir au pied des arbres ou dans les recoins du parc. Ici un beau pied de Cerfeuil sauvage, colonisé par de magnifiques insectes rayés (que je n'avais jamais rencontrés auparavant) : des Punaises arlequin ou Graphosomes d'Italie. Ces insectes apprécient particulièrement les ombellifères, dont ils sucent la sève des fruits en formation. Observés pour la première fois fin avril, ils sont encore là à l'heure où j'écris ces lignes.

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    On reste dans le rouge avec ces Coquelicots qui poussent spontanément sur notre trottoir. Les graines ont probablement été transportées par les engins agricoles qui passent dans la rue (sur le trottoir, si on laisse faire, on a aussi du blé, du colza, de la luzerne etc.)
     

    La vie au refuge pendant le confinement

     

    Un petit tour dans la salle de bain pour dire bonjour au Scutigère véloce, une sorte de mille-pattes qui aime vivre dans les lieux humides. Redoutable prédateur dont on distingue difficilement l'avant de l'arrière, il se nourrit d'araignées et d'insectes (y compris des guêpes). Il n'est pas agressif envers l'homme mais sa piqûre est douloureuse, aussi il vaut mieux éviter de le manipuler avec les mains.

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    On reste dans les bestioles avec cette araignée toute mignonne, une Thomise variable, à l’affût sur une rose. Ces derniers jours j'en ai revu une sur un iris.

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    La vie au refuge pendant le confinement

     

    Et pour finir la série, nos premiers bébés oisons incubés en couveuse, nés vers le 6 mai. Ils ont aujourd'hui à peine deux semaines, mais ils ont déjà bien grandi par rapport à la photo (il faut dire qu'ils ont de l'appétit).

    La vie au refuge pendant le confinement

     

     A suivre, des photos prises autour de chez nous, lors de balades dans le rayon d'un km qui nous était autorisé. 


  • Commentaires

    1
    Vendredi 22 Mai à 06:33

    Bonjour Régine, très belle série de photos nous faisant découvrir la vie et le milieu de ta région. Bravo pour l'identification des plantes car j'ai moi aussi un guide Delachaux (les Plantes par la couleur) mais je n'y parviens pas toujours, grâce à toi j'ai pu mettre un nom sur une photo : l'euphorbe que j'avais également photographié. Belle fin de semaine, à bientôt. Bise

    2
    Vendredi 22 Mai à 07:07

    bonjour Régine

    tu offres un hymne a la nature qui reprend ses droits ...bravo

    Bonne journée, bises, maurice

    3
    Vendredi 22 Mai à 08:48
    Coucou Régine.
    Voilà un article très plaisant sur l'intérieur du château. À mon avis tu devrais faire ça plus souvent, j'adore. Surtout que je me suis baladée avec street view devant tes murs, le confinement m'empêchait d'y rentrer hihihi !
    Ces grands arbres sont fabuleux, j'espère que les miens atteindront cette taille un jour. Certains prennent le bon chemin :)
    En voyant tes oisons je me suis demandée comment allaient tes bernaches ?
    Je te souhaite une bonne journée.
    (Je repasserai pour l'article précédent, j'ai de la peinture à faire et j'en profite aujourd'hui il ne fait pas 40 degrés....et oui maman huppe couve !)
      • Samedi 23 Mai à 22:15

        Coucou Nath,

        Pour les bernaches, malheureusement elles ont fini dans l'estomac du renard. Ces rusés mammifères arrivent toujours à entrer dans le terrain et à s'y cacher, nous n'arrivons à garder que les oies domestiques et les cygnes (et encore pour les oies il y a des pertes, d'où l'achat de la couveuse, car entre les voleurs d’œufs (fouines, hérissons, renards...), les mauvaises couveuses, celles qui se font dévorer au nid et les oisons victimes des prédateurs on a du mal à garder une troupe d'une dizaine d'oies...). Cette année on a enlevé une haie de thuya moribonde où le goupil se cachait et réparé un bout de mur, avec un peu de chance ses visites seront moins nombreuses. D'un autre côté les renards nous débarrassent des rats, c'est pas plus mal...

         

    4
    Vendredi 22 Mai à 11:26

    Coucou Régine,
    Merci pour la balade très agréable dans ce bel endroit de verdure.
    Le confinement nous aura au moins permis de découvrir d'autres choses dans notre proximité.
    Comme tu dis, beaucoup de projets sont tombés à l'eau, mais ce n'est que partie remise. Enfin, souhaitons le ;-)
    Jolie série diversifiée, entre faune, flore et même bâtisses.
    Bises et bonne journée

    5
    Vendredi 22 Mai à 11:45

    BONJOUR

    Voila un tour bien complet ,mais quelle boulot pour l'entretient de tout ça

    maintenant ça me fait peur ,je pense que tu n'ai pas toute seul pour l'entretien?d'un si grand parc

    passe une bonne fin de semaine bises

      • Samedi 23 Mai à 19:15

        Bonjour Zette,

        Notre tracteur tondeuse nous aide bien, et la débroussailleuse aussi ! Et puis on a surtout des plantes qui poussent toutes seules ou se plaisent bien sur notre terrain : euphorbe, rose, jonquille... Sinon pour tout ce qui est abattage d'arbres nous faisons appel à une entreprise, c'est un métier de faire tomber au bon endroit un arbre de 30 m de haut. Et malheureusement avec les maladies qu'il y a sur certaines espèces d'arbres, nous devons en faire couper, quand ils meurent ou deviennent dangereux.

        A bientôt.

    6
    Samedi 23 Mai à 11:56
    Daniel

    Bonjour Régine,
    Cette pandémie permet de nous remettre en question ,
    La magie de redécouvrir son chez soi...une manière de voir les choses d'un autre oeil
    Bref...ce virus fait peur, nous devons redoubler d'attention
    Cette année, on restera sage, on se baladera dans la région autour de notre domicile
    C'est aussi beau qu'ailleurs, et il y aura sans doute de belles découvertes à faire
    Bon weekend, prends bien soin de toi !
    Daniel

      • Samedi 23 Mai à 19:10

        Bonjour Daniel,

        Merci pour ton passage par ici. Je suis allée visiter ton blog mais je n'arrive pas à mettre un commentaire, je ne comprends pas... voilà ce que j'avais écrit sur ta promenade à Méréville : 

        Et oui les restrictions actuelles nous invitent à rechercher des coins intéressants autour de chez nous, et c'est sûr qu'il y en a quelque soit la région où l'on se trouve confiné ! Belle découverte que cette halle et ces cultures de cresson, j'ignorais que l'Essonne était un grand producteur de cette plante. Et oui c'est la saison des asperges, ici on a celles du Soissonnais, elles sont blanches mais aussi très bonnes. On a les mêmes fleurs sauvages dans le sud de l'Aisne, c'est vrai ce n'est pas si loin (mas plus de 100 km quand même).

        A bientôt pour d'autres visites dans nos beaux coins de France !

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