• L'atlas des oiseaux nicheurs du grand Paris : c'est parti !

      

    En 2010 paraissait le premier atlas des oiseaux nicheurs de Paris : "Oiseaux nicheurs de Paris - Un atlas urbain", dont vous pourrez trouver la description en suivant le lien http://www.corif.net/site/atlas/. C'est d'ailleurs le premier ouvrage d'ornithologie que j'ai acheté, curieuse d'en savoir plus sur les Geais du jardin du Luxembourg et les Bergeronnettes des ruisseaux de l'Ile Saint Louis ... 

    Cet ouvrage était le résultat d'une étude menée de 2005 à 2008 par une équipe d'ornithologues bénévoles coordonnée par Frédéric Malher sous l'égide du Corif  (Centre Ornithologique d'Ile de France, site Internet : http://www.corif.net/site/).

    10 ans après le début de l'étude, donc en 2015, il a été décidé de remettre ça, et comme c'est d'actualité, d'étendre l'atlas aux communes de la métropole du Grand Paris et aux bois parisiens (Bois de Boulogne et Bois de Vincennes).

    Tout le monde peut participer, il n'est pas nécessaire d'être membre du Corif. Il faut seulement être observateur, capable de reconnaître les espèces communes d'oiseaux à la vue et si possible au chant (ne vous inquiétez pas ça s'apprend, il existe des sites très bien fait qui pourront vous aider, par exemple la sonothèque du Corif : http://www.corif.net/site/chantsidf/ ).

    Si vous souhaitez participer, il suffit d'envoyer un mail à grandparis@corif.net en précisant quelle commune de banlieue ou quel secteur de Paris vous souhaitez prospecter. Il reste en particulier de nombreux secteurs libres dans la partie nord-ouest de Paris intra-muros et dans les communes au nord ouest du Grand Paris (mais pas seulement).

    Venons en maintenant au concret : que peut-on bien découvrir de passionnant en cherchant des oiseaux nicheurs dans Paris ?

    Des pigeons bien-sûr, et des moineaux, mais aussi bien d'autres espèces plus ou moins inattendues. Je vais prendre l'exemple du carré K6 que je prospecte cette année. C'est un carré d'1 km sur 1 km compris en gros entre le Jardin des Plantes, la Bibliothèque de l'Arsenal, la rue des Bernardins et la place Monge (donc essentiellement 5ème arrondissement).

    Déjà pour les pigeons, on peut découvrir même en dehors des parcs 3 espèces nicheuses plus ou moins communes dans Paris.

    Bien sûr le Pigeon Biset domestique (ainsi appelé parce que toutes les populations de pigeons "communs" vivant dans les villes descendent d'individus autrefois élevés en captivité ), qui peut nicher dans tout ce qui ressemble de près ou de loin à une cavité à flanc de falaise (son habitat à l'état sauvage). C'est une des raisons de son adaptation à la vie en ville.

    L'Atlas des Oiseaux nicheurs du Grand-Paris : c'est parti !

    Pigeons bisets domestique, place Valhubert (près de la gare d'Austerlitz). Ils se reconnaissent facilement à leurs yeux rouges.

     

    Nous avons ensuite le Pigeon ramier (Columba palumbus), un gros pigeon campagnard, qui normalement construit un nid sommaire à la fourche d'un arbre, mais peut se contenter d'un pot de fleur sur un balcon (c'est ce que j'ai observé sur mon balcon l'été dernier, dommage je n'ai pas de photo, mais je ne voulais pas les effrayer). A la place je vous mets une photo d'un Pigeon ramier se nourrissant de fleurs dans un prunus, Jardin Tino Rossi sur les quais de la Seine.

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    Le Pigeon ramier se reconnaît à son œil clair et à la tâche blanche qui orne son cou.

     

    Le dernier et le plus discret, c'est le Pigeon colombin (Columba oenas), un petit pigeon forestier qui niche dans les cavités des vieux arbres. Mais en ville il peut aussi nicher dans les cheminées et autres cavités de bâtiment ! Un couple fréquente ma cour (quelques m² sans végétation entre des immeubles haussmanien de 7 étages), mais je n'ai pas encore réussi à déterminer où ils nichent.

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    Un Pigeon colombin dans une cavité de platane, aux Arènes de Lutèce. Il se reconnaît à son œil sombre.

     

    J'ai parlé plus haut des Pigeons bisets qui apprécient les villes à cause de la ressemblance de celles-ci avec les falaises de leur milieu naturel. C'est une caractéristique qu'ils partagent avec d'autres oiseaux que l'on retrouve aussi en ville et en particulier à Paris : on peut citer par exemple le Martinet noir (Apus apus) qui ne se posent pratiquement jamais sauf pour couver et nourrir ses jeunes, le Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros) que l'on voit chanter sur les toits dès le mois d'avril (surtout le dimanche matin ou très tôt, sinon le chant est masqué par le bruit de la circulation, et vu la petitesse de l'oiseau il est difficile de le voir sans l'entendre), le Goéland argenté (Larus argentatus) qui niche sur les toitures (difficile à détecter car souvent invisible de la rue, excepté pour le pauvre étudiant qui habite au 7ème étage sous le nid, car les jeunes goélands sont très bruyants !). Il ne faut pas oublier le Faucon crécerelle (Falco tinnunculus), qui niche par exemple à Notre-Dame.

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    Un Rougequeue noir mâle dans ma cour, printemps 2014.

     

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    Faucon crécerelle, église St-Etienne du Mont, Paris 5ème, juin 2012. Une alternative aux gargouilles.

     

    Avant de quitter les bâtiments pour les endroits un peu plus végétalisé de la capitale, il ne faut pas oublier d'évoquer le Moineau domestique (Passer domesticus). Connu de tous, on le rencontre à la terrasse des cafés, dans la moindre petite haie de buis entourant un parterre au milieu d'une place, et bien sûr dans les squares et parcs. Le Moineau n'est pas très difficile quant à son site de nidification : on trouvera de petites colonies ou des couples isolés sous les tuiles d'un toit, sous les boîtes des bouquinistes, dans les lampadaires, les cavités de platanes, les nichoirs à mésanges et même en train de squatter des nids d'hirondelles. Cependant il semble se raréfier dans les quartiers ayant subit des rénovations trop importantes, peut-être parce que les parois des immeubles ne recèlent plus assez de petites cavités appréciées des moineaux.

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    Moineau domestique mâle, au jardin Tino Rossi.

     

    En arpentant les rues de Paris, on pourra également trouver plusieurs espèces d'oiseaux qui nichent dans la végétation présente. On peut les classer ces espèces en 2 catégories : ceux qui nichent dans les arbres d'alignement (platanes par exemple), et ceux qui utilisent les mini espaces vert que l'ont peut rencontrer le long des rues et dans les cours d'immeubles.

    Dans les arbres d'alignement, on trouvera tout d'abord les espèces qui nichent dans les cavités des troncs, principalement les Étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris), mais aussi les Mésanges bleues (Cyanistes caeruleus) et charbonnières (Parus major). D'autres choisissent de construire leur nid dans le feuillages, sur les branches, on citera le Pigeon ramier dont on a parlé plus haut, la Pie bavarde (Pica pica) et la Corneille noire (Corvus corone)

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    Un Étourneau sansonnet, au Jardin des Plantes.

     

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    Jeune Mésange bleue à peine volante, Jardin des Plantes.

     

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    Une Corneille noire, au jardin des Plantes.

     

    Dans les petits espaces verts, on pourra plutôt observer des oiseaux qui construisent leur nid dans des buissons ou des parois couvertes de lierre. Les plus communs sont le Merle noir (qui se perchent aussi sur les immeubles pour chanter), l'Accenteur mouchet (un passereau insectivore de la taille d'un Moineau, au plumage brun et gris comme ce dernier), le Troglodyte mignon (un de nos plus petit passereau, dont le chant puissant est inversement proportionnel à la taille).

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    Un Merle noir mâle, au Jardin des Plantes.

     

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    Un accenteur mouchet sur son poste de chant, au Jardin des Plantes. Cet oiseau très discret est difficile à observer en dehors de la périodes des chants (février-mars).

     

    Il ne faut pas négliger non plus les berges de la Seine. Dans Paris celles-ci sont complètement empierrées et bétonnées, cependant quelques espèces se sont acclimatées à cet environnement : par exemple la Bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea), qui comme son nom l'indique, fréquente en général les berges des ruisseaux. A Paris, le ruisseau, c'est la Seine, et notre Bergeronnette élèvera ses jeunes par exemple dans un trou d'une pile de pont. Sur la Seine on croise aussi des familles de Canards colverts (Anas platyrhynchos), mais il est difficile de savoir si la cane a couvé à proximité ou plus loin, en effet dès que les canetons sont éclos la mère peut parcourir une distance assez importante pour les amener à l'eau. Lors de l'Atlas 2005-2008, le Martin-pêcheur a même été découvert nicheur sur la Seine !

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    Une Bergeronnette des ruisseaux sur les quais de l'île St Louis.

     

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    Famille de Canards colvert, sur la Seine, île St Louis.

     

    Pour terminer, je vais vous parler des parcs et jardins, qui sont les lieux où l'on trouvera la plus grande variété d'espèces nicheuses, que ce soit dans les cavités des troncs d'arbres, dans le feuillages, dans les buissons, les pièces d'eau etc.

    Je ne citerai que quelques espèces assez communes ou emblématiques, à vous de chercher les autres ! Bien sûr la plupart des espèces citées plus haut peuvent aussi se rencontrer dans les parcs.

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    Le Pic vert est un nicheur assez rare dans Paris. Il creuse une loge dans les troncs d'arbres

     

    L'atlas des oiseaux nicheurs du grand Paris : c'est parti !

    La Perruche à collier, espèce exotique originaire d'Inde, est de plus en plus répandue en Ile de France. A Paris, elle niche déjà au Parc Montsouris, au Jardin du Luxembourg et au Jardin des Plantes, et peut-être dans d'autres lieux à découvrir.
    Les cavités de platane sont appréciées par l'espèce.

     

    L'atlas des oiseaux nicheurs du grand Paris : c'est parti !

    L’Épervier d'Europe est un petit rapace qui niche depuis quelques années dans Paris. Le nombre de couples semble augmenter (probablement une dizaine actuellement) mais est certainement sous-évalué car l'espèce, qui construit son nid dans un arbre, peut se contenter d'espace vert très petit.

     

    L'atlas des oiseaux nicheurs du grand Paris : c'est parti !

    Le Rougegorge familier est en général très discret au moment de la nidification, par contre il peut chanter même en hiver et en dehors de son territoire de reproduction. J'ai eu la chance d'observer cette famille au printemps dernier au jardin des Plantes.

     

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     En plus des Mésanges bleues et charbonnières, dans les parcs vous aurez peut-être l'occasion d'observer la Mésange huppéePhoto prise au Jardin des Plantes.

     

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    Ou plus probablement la Mésange à longue queue, qui contrairement aux autres mésanges, ne niche pas dans une cavité mais construit un nid très sophistiqué au cœur d'un buisson impénétrable. 
    Photo prise au Jardin du Luxembourg.

     

    L'atlas des oiseaux nicheurs du grand Paris : c'est parti !

    Le Grimpereau des jardins parcourt inlassablement les troncs d'arbres à la recherche d'insectes cachés dans les creux de l'écorce. C'est aussi dans les fissures de l'écorce des arbres qu'il construit son nid.

     

    L'atlas des oiseaux nicheurs du grand Paris : c'est parti !

    La Gallinule poule d'eau se contente de pièces d'eau de taille réduite pour installer son nid. Ici un poussin, au Parc Montsouris.

     

    J'espère que cet article vous aura donné envie de participer à l'Atlas, si vous habitez Paris ou la proche banlieue, et qu'il vous fera regarder avec un œil neuf l'environnement urbain où nous sommes nombreux à vivre.

    N'hésitez pas à laisser un message sur ce blog pour partager vos découvertes d'oiseaux urbains nicheurs.

     


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  • Commentaires

    1
    Vendredi 24 Avril 2015 à 08:42

    C'est tout pleins mignon ces petits oiseaux
    il faut être là au bon moment pour les prendre en photos lol biggrin

    Bonne journée
    Daniel

    2
    Solandes
    Vendredi 24 Avril 2015 à 19:02

    Pour que les oiseaux parisiens puissent nidifier (pies, geais, ramiers), encore faudrait-il que les élagueurs ne laissent pas que les grosses branches verticales après leur passage. On voit les oiseaux commercer à vouloir nidifier, stoppés, désorientés, et.... partir. Quel nid pourrait tenir dans un arbre sans branches horizontales, fourches ? Il y a un problème là ! Couper oui, mais intelligemment en pensant à la faune !

    3
    Dimanche 26 Avril 2015 à 17:29

    En effet il y a encore des progrès à faire au niveau de la gestion des arbres d'alignement dans Paris. Il y a quelques semaines (fin mars) j'ai assisté à l'abattage d'un platane Boulevard Saint Germain ... Il ne semble pas y avoir de planification en fonction des saisons pour ce type de travaux à la mairie de Paris ;-).

    Dans certains endroits on note cependant des efforts : au Jardin des Plantes, où de nombreux vieux platanes sont abattus car malades et probablement dangereux pour le public, des nichoirs à pigeons colombins ont été installés cet hiver, et ils rencontrent un certain succès ...

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