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    Depuis jeudi 2 octobre (date à laquelle il a été découvert par une ornithologue parisienne) un Torcol fourmilier (Jynx torquilla ) séjourne au jardin des Grands Moulins dans le 13ème arrondissement de Paris.

    Evénement assez exceptionnel, en effet jusqu'à 2006 (d'après l'Atlas des Oiseaux nicheurs de Paris) les observations de cette espèce dans Paris intra-muros étaient très rare. Depuis la parution de cet ouvrage indispensable, les observations ponctuelles sont plus fréquentes, mais un séjour de plus de 6 jours surtout en octobre est inédit.

    Quelques explications :

    - Tout d'abord c'est quoi un Torcol fourmilier ? Vu de loin ça ressemble en taille et en couleur à un passereau genre moineau ou grive (taille moyenne et couleur grisâtre), qui passe beaucoup de temps au sol à se nourrir et se tient parfois dans les arbustes pour se reposer ou nettoyer son plumage. Cependant ce n'est pas un passereau mais un oiseau de la famille des pics (Pic vert, Pic épeiche ...) avec qui il partage la longue langue visqueuse lui permettant de capturer des fourmis. Comme son nom l'indique ces dernières composent la majeure partie de son menu.

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    Une des photos prises le lundi 6 octobre.

     

    - Que fait un Torcol fourmilier dans Paris en octobre ? Il faut d'abord préciser que le Torcol fourmilier est un oiseau migrateur, qui niche en Europe et hiverne en Afrique. Le départ pour l'Afrique a lieu en septembre. Notre spécimen est un peu en retard (des observateurs expérimentés pensent que c'est un jeune de l'année) ; il s'est probablement arrêté à Paris pour faire des réserves avant le grand voyage mais se trouve bloqué par les conditions météos déplorables que nous connaissons depuis samedi. Même s'il fait le bonheur des observateurs et photographes il faut espérer que la météo s'améliore et que le Torcol nous quitte rapidement, car cet oiseau ne peut survivre chez nous en hiver.

    - C'est où le jardin des Grands Moulins ? Officiellement appelé "Jardins des Grands-Moulins - Abbé-Pierre", c'est un nouvel espace vert créé en 2009 dans le 13ème arrondissement dans le cadre de l'aménagement des quartiers "Paris rive gauche", non loin de la Bibliothèque Nationale François Mitterrand, et surplombé par les Grands Moulins de Paris récemment réaménagés pour l'Université Paris VII. Bien qu'il ne soit pas très grand, il est rapidement devenu un haut lieu de l'ornithologie parisienne et un refuge pour la biodiversité, probablement grâce à son mode de gestion écologique. Pour y aller : Metro ligne 14 station "Bibliothèque" ou bus 89.

    Et maintenant les photos - prises lundi 6 octobre et mardi 7 octobre, dans des conditions de lumière déplorables mais le résultat n'est pas trop mal :

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    Lundi 6 octobre vers 14h, j'explore le parc à la recherche de la bête. Au début je ne trouve que des moineaux, aucun ornithologue avec longue-vue ou appareil photo, mais à force de chercher voilà le Torcol, au pied d'un arbre et d'une haie d'arbustes ...

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    En plus il est peu farouche et s'approche tout en se nourrissant de fourmis.

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    On prend la pose pour le photographe.

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    Ici on aperçoit le bout de la langue de notre mini dinosaure.

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    Une langue d'une longueur incroyable, lui permettant d'attraper des fourmis ...

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    Plus de doute, les dinosaures sont toujours parmi nous.

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    Nouvelle série de photos prises le mardi 7 octobre. Cette fois-ci des ornithos étaient présents sur place, cela m'a permis de localiser plus rapidement la bestiole (qui semble s'entendre avec les moineaux).

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    Le Torcol passe un long moment à creuser le sol avec son bec pour déterrer le contenu d'une fourmilière. Peut farouche il se réfugie quelques instant dans les buissons lorsqu'un passant s'approche mais revient aussitôt à sa fourmilière.

     

    Un Torcol fourmilier au jardin des Grands Moulins

    Pour changer, perché dans un pin un court moment, avant de retourner au sol se nourrir.

     

    En conclusion, une occasion extraordinaire d'observer et de photographier cet oiseau pas si commun et surtout d'ordinaire très discret. Je tiens à remercier la personne qui a partagé sa découverte et les autres observateurs qui ont donné de précieuses informations sur l'oiseau et son comportement.


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    Le 1er septembre 1914, il y a de cela exactement un siècle, Martha, le dernier Pigeon migrateur, mourrait au zoo de Cincinnati (USA), alors qu'au début du XIXème siècle cette espèce d'oiseaux était l'une des plus abondantes au monde.

    Les Pigeons migrateurs, endémiques d'Amérique du Nord (Canada/Etats-Unis) vivaient en immenses colonies et leurs vols de millions d'individus obscurcissaient le ciel, comme l'ont rapporté des observateurs de l'époque, tel John James Audubon qui écrivit en 1830 dans Les Oiseaux d'Amérique :

    « Le ciel était littéralement rempli de pigeons, la lumière de midi était obscurcie comme par une éclipse ; les fientes pleuvaient comme des flocons de neige fondante. Les pigeons continuèrent à passer en nombres toujours aussi importants durant trois jours consécutifs. »

    Cependant la déforestation et la chasse intensive ont eu raison de l'espèce en moins d'une génération d'humains. Accusé de détruire les cultures, des concours d'abattage de Pigeons migrateurs ont été régulièrement organisés. Jusqu'à 30000 oiseaux furent détruit par un participant lors d'un de ces concours. Les colonies furent également incendiées (le Pigeon migrateur nichaient dans les arbres comme notre pigeon ramier).

    L'extinction du pigeon migrateur est l'une des plus spectaculaire de l'histoire de l'humanité. Trop tard, des tentatives de sauvegarde de l'espèce ont eu lieu, mais le Pigeon migrateur supportait mal la captivité et son mode de vie nécessitait l'existence d'immenses colonies, condition difficile à respecter avec la baisse des effectifs. En effet les pigeons repéraient les zones propices à leur alimentation (à base de glands et de faines) lors de leurs vols erratiques en groupe de plusieurs milliers d'individus, utilisant toutes les paires d'yeux du groupe pour trouver la nourriture.

    Pour en savoir plus, quelques liens :

    Un article du Guardian ce 1er septembre 2014 :

    http://www.theguardian.com/environment/2014/sep/01/clock-stops-to-mark-last-passenger-pigeons-death-100-years-ago

    Une description de l'espèce sur Wikipédia :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Tourte_voyageuse

    Un livre pour petits et grands, où vous découvrirez l'histoire du Pigeon migrateur mais aussi celles du Grand pingouin, du Dodo et de bien d'autres animaux disparus, avec des cartes, de grandes illustrations, des BD pleines de découvertes passionnantes :

    http://www.babelio.com/livres/Laverdunt-Petites-et-grandes-histoires-des-animaux-disparus/208098


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