• 9 août 2015 : La Croix du Condor

     

    Au programme de cette journée dans la région du Canyon de Colca, une excursion jusqu'à la Croix du Condor, un promontoire où l'on peut observer assez facilement le roi des oiseaux de la Cordillère des Andes, j'ai nommé le Condor des Andes. Départ à 6h du matin, car il y a plus d'une heure de route et il faut être sur le site avant l'envol des condors et l'arrivée des cars de touristes.

    En attendant que les maîtres des cieux veuillent bien se montrer, nous en profitons pour observer les passereaux qui vivent également sur le site, en particulier une famille de Phrygile petit-deuil (Phrygilus fruticeti) dont voici quelques photos :

    Phrygile petit-deuil

     La femelle et un des jeunes, qui doivent s'être envolés du nid il y a peu : les plumes de leurs ailes ne sont pas encore entièrement poussées et les  parents les nourrissent encore. 

     

    Phrygile petit-deuil

    Au menu des jeunes, brochette de larves (beaucoup de granivores nourrissent leurs petits d'insectes et de larves durant leur premières semaines car les protéines sont nécessaires à leur croissance).

     

    Phrygile petit-deuil

    Le mâle se reconnaît à sa couleur gris-noir et à son bec orange, alors que la femelle et les jeunes sont plus bruns.

    Plus d'info sur cette espèce ici : http://www.oiseaux.net/oiseaux/phrygile.petit-deuil.html.

    Les Condors ne se font pas trop attendre, et rapidement plusieurs de ces oiseaux immenses passent à quelques mètres de nous. Ils doivent être perchés sur la falaise en contrebas du promontoire, si bien qu'on est facilement surpris quand on les voit arriver, et c'est assez difficile de faire de belles photos : ils sont rapides et souvent de dos ! 

    Ils sont cependant très impressionnant, je vous conseille le déplacement si vous êtes dans le coin. Prévoir d'être sur place environ 2 h après le lever du soleil, les Condors attendant que l'air se réchauffe pour s'envoler et profiter des courants ascendants. Plus tard ils auront quitté les lieux pour parcourir la région à la recherche de nourriture qu'ils repèrent grâce à leur vue perçante.

    Les Condors des Andes (Vultur gryphus) mesure jusqu'à 3,20 m d'envergure ce qui en fait le plus grand oiseau terrestre volant. Lorsqu'il est posé sur la falaise, sa hauteur est de 1,30 m. Il n'y a cependant aucun danger à les observer de près, ils se nourrissent exclusivement de charognes et d'animaux morts, comme tous les vautours.

    Condor des Andes

     Les Condors adultes possèdent une collerette de duvet blanc à la base du cou. Ici il s'agit d'un mâle car sa tête est surmontée d'une sorte de crête.

     

    Condor des Andes

    Ce mâle n'a pas encore le plumage noir et blanc de l'adulte, qu'il n'aura qu'à l'âge d'environ 8 ans. La reproduction du Condor des Andes n'est pas très bien connue. Un unique œuf est pondu tous les 2 ans, le jeune est nourri par les parents pendant environ 10 mois, mais on ne sait pas si la maturité sexuelle coïncide avec l'acquisition du plumage adulte.

     

     Condor des Andes

    Une femelle survole l'immensité des Andes.

     

    Condor des Andes

    Un mâle en plumage adulte : on remarque la couleur rougeâtre de la tête, et les plages blanches sur les ailes. Dommage que la photo soit un peu surexposée, c'est la difficulté des plumages noir et blanc au soleil.

     

    En attendant le passage des Condors, on profite du paysage grandiose des Andes : 

    La Croix des Condors

     

    9 août 2015 : La Croix des Condors

     

    Puis vient l'heure de prendre le chemin du retour ; nous nous arrêtons plusieurs fois pour admirer le panorama et prendre des photos :  

    9 août 2015 : La Croix des Condors

     

    Certaines zones sont recouvertes de cactus, je me suis amusée à les prendre en photo depuis la voiture :

    Cactus - Canyon del Colca

     

    Ci-dessous, une des plus belle vue sur le Canyon de Colca, qui serait un des plus profond du monde : 3400 m (à comparer au Grand Canyon du Colorado, qui lui ne fait que 2000 m de profondeur au maximum, mais est bien plus large). 

    Canyon del Colca

     

    Ce cactus se détache parfaitement sur le bleu du ciel. Ses fruits sont comestibles, vous pourrez en acheter un épluché devant vous à chaque arrêt photo. La couleur et le goût se rapproche de celui du kiwi, en plus acide.

    9 août 2015 : La Croix des Condors

     

    Au bord de la route et sur les places de village, des habitants de la région montrent aux touristes des  rapaces captifs. Ils sont tous de la même espèce, la Buse Aguia (Geranoaetus melanoleucus), presque aussi grande qu'un Aigle mais au bec moins puissant. Je n'ai pas trouvé d'où vient cette pratique, ni si les spécimens présentés sont élevés en captivité ou prélevés dans la nature. Tout ce que l'on peut dire c'est que l'espèce est commune en Amérique du Sud et n'est pas considérée comme menacée. On en verra aussi des sauvages survoler le village de Yanque où se trouve notre hôtel.

    Buse aguia

     

    Nous faisons une petite pause au village de Maca, et sa petite église typique de la région. Devant, les habitants en costume local montrent leurs lamas décorés pour l'occasion et se font prendre en photo en échange d'une pièce ... Pendant ce temps notre chauffeur en profite pour nettoyer sa voiture recouverte de poussière. Je n'ai pas parlé de la qualité de la route jusqu'à la Croix des Condors, mais encore une fois on était bien heureux de ne pas avoir à conduire : on roule au bord du ravin, certaines portions de route ressemblent plus à des pistes qu'à une vrai route, et on traverse des lits de torrents heureusement à sec à cette saison (et oui l'hiver au Pérou correspond à la saison sèche, enfin en théorie, on en reparlera dans un prochain article).

    Iglesia - Maca

     

    De retour à l’hôtel, petite pause pour admirer le paysage avant de chercher un endroit où manger. En principe l'hôtel servait des repas le midi, mais pas ce jour là - parfois on ne comprend pas tout, l'Espagnol du lycée est bien loin ... 

    Rio Colca - Yanque

     

    Nous allons donc vers la place du village, où l'on nous a indiqué la présence de restaurants. Comme dans la plupart des village, l'église occupe un des côtés de la place. Nous optons pour un petit restaurant situé au bord de la place, du côté opposé à l'église. C'est très bon, sympathique et pas très cher. 

    Iglesia - Yanque

     

    Après le déjeuner, nous descendons jusqu'à la rivière Colca, pour voir de plus près les lamas, alpagas et moutons qui broutent la végétation desséchée. Les lamas et alpagas ne sont pas aussi désagréable que ceux qui crachaient sur le capitaine Haddock dans "Tintin et le Temple du Soleil", on peut les caresser sans se faire cracher dessus.

    Vous vous demandez peut-être comment fait-on la différence entre un lama et un alpaga ? En théorie c'est assez simple. Le lama est plus grand, sont cou est plus allongé, ses oreilles sont plus longues et légèrement recourbées vers l'avant, il a l'air un peu hautain. Domestiqué surtout comme bête de somme (il peut porter 40 kg de bagage) c'était le seul moyen de transport des Incas, qui ne connaissait ni la roue ni le cheval. En voici un spécimen :

    Lama - Yanque

     

    L'alpaga quant à lui ressemble à une grosse peluche (surtout les bébés comme celui ci-dessous). Il est élevé pour sa laine (très douce, et qui ne gratte pas comme celle du mouton), et aussi pour sa viande. Nous en avons goûté à plusieurs reprises, cela rappelle un peu le veau. Longtemps réservée au peuple de la montagne, cette viande a récemment fait son apparition aux tables des plus grands restaurants, appréciée entre autre pour sa faible teneur en graisse.

    Alpaga - Yanque

     

    Au bord de la rivière nous pouvons également observer quelques oiseaux mais assez furtivement, si bien que je n'ai pas de photo intéressante à vous montrer.

    Sur la rivière elle-même, il y a une petite troupe de canard, des Sarcelles tachetées (Anas flavirostris), reconnaissables à leur bec jaune qui contraste avec la couleur brun clair du plumage. On en reverra les jours suivants dans de meilleures conditions.

    Un Merle chiguanco  (Turdus chiguanco) cherche sa nourriture sur la berge. Nous avons déjà observé cette espèce à Arequipa (voir l'article 7 août 2015 : Les couleurs d'Arequipa ).

    Deux Buses aguia (Geranoaetus melanoleucus) survolent le site.

    De retour près de l'hôtel, nous prenons encore quelques photos des habitués du secteur, j'ai nommé le Bruant chingolo (Zonotrichia capensis) et la Colombe de Cécile (Metriopelia ceciliae) :

    Bruant chingolo

     

    Colombe de Cécile

     

    Colombe de Cécile

     

    Ici s'arrête le récit de cette journée. Je vous dis à bientôt pour la suite du voyage, qui nous mènera à Puno au bord du lac Titicaca.


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  • Commentaires

    1
    Lundi 9 Novembre 2015 à 19:47

    Bonsoir Régine,

    Merci pour ce superbe article très complet. Je découvre encore de belles espèces tout en te suivant dans ton périple. le Phrygile petit-deuil  est vraiment très beau, mais je suis contente de retrouver mon Bruant chingolo ;-)

    À bientôt Régine

    2
    Mardi 16 Mai à 17:33

    Bonjour Régine. Tu n'as pas vu que des condors dans cette belle journée de voyage ! Ton orientation oiseaux m'intéresse beaucoup, alors que mes faibles compétences en la matière (à l'époque, actuellement, je m'améliore... un peu !) m'ont fait passer à côté !

    Pour la buse aguia, nous l'avons vue à Maca, présentée aux touristes en échange d'une pièce. Notre guide Johsept était furieux qu'un animal soit capturé pour gagner un peu d'argent. Pour lui, donner une pièce à une paysanne en costume, accompagnée de son alpaga, ne pose pas de problème. Mais capturer un rapace pour le montrer aux touristes est une honte. Sa position est défendable, je n'ai pas osé le choquer... et me suis abstenu... Avec un peu de regrets, je reconnais !

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