• 18 août 2015 : L'énigme du Machu Picchu

     

    Aguas Calientes, 4h du matin. Nous voici à l'aube de cette journée tant attendue au Machu Picchu. Avec la peur d'être déçu tant on a vu de photos de ce site, mais ce ne sera pas le cas. Pour moi cela reste un incontournable. Si vous n'allez qu'une fois au Pérou, allez au Machu Picchu (enfin ce n'est que mon avis).

    Il fait encore nuit lorsque nous rejoignons la file d'attente pour la navette qui monte jusqu'au site, vers 5h (celle-ci se trouve au bas de la rue principale, pas très loin de la voie ferrée). C'est donc dans le noir que nous parcourons les lacets de la carretera Hiram Bingham, du nom de celui qui redécouvrit la cité perdue, en 1911.

    A l'entrée du Machu Picchu, nouvelle file d'attente : afin de protéger le site, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, un contrôle strict des accès et des quotas de visiteurs par jour ont été mis en place. Surtout n'oubliez pas votre passeport et vos billets (ces derniers doivent être achetés à l'avance soit depuis la France soit à Cuzco).

    Une fois ces formalités faites, nous grimpons sur les hauteurs des terrasses agricoles pour admirer le lever du Soleil. Au fur et à mesure que l'astre du jour s’élève dans le ciel, les montagnes et les différentes constructions s'illuminent. C'est juste magnifique, à la hauteur de nos espérances.

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Nous avons la matinée devant nous pour explorer à notre guise la citadelle (en arrivant à 6h les touristes sont encore peu nombreux, et les gardiens assez cool. En fin de matinée, avec l'affluence, ils deviennent très stricts et nerveux).

    Comme nous l'avons déjà vu à Raqchi et à Chinchero, les ruines Inca offre un habitat idéal au petit faucon local, la Crécerelle d'Amérique (Falco sparverius), que nous observons au détour des différentes constructions :

    Crécerelle d'Amérique - Machu Picchu

     

    Crécerelle d'Amérique - Machu Picchu

     

    Crécerelle d'Amérique - Machu Picchu

     

    Le dieu Soleil des Incas nous fait l'honneur de sa présence durant toute la journée. Le ciel bleu qui va avec cette météo radieuse met bien en valeur la pierre de granit qui a servi à construire les différents bâtiments. Le Machu Picchu ne se trouve qu'à 2834 m d'altitude, la végétation a bien changé par rapport aux étendues d'herbes sèches de la puna. On sent déjà les influences de la forêt amazonienne. Les montagnes recouvertes de végétations tropicales forment un écrin de verdure pour les ruines, ce qui rajoute à la magie du site. Nous avons de la chance, la cité perdue est parfois plongée dans le brouillard une bonne partie de la journée (pas mal aussi pour le mystère et la magie, mais moins bien pour la vue). 

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    18 août 2015 : L'énigme du Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Les archéologues et les historiens se posent encore la question du rôle de la cité de Machu Picchu dans l'empire Inca. Ce qui est à peu près sûr, c'est qu'elle a été occupée seulement pendant une période de temps assez courte, pendant le siècle qui précède l'arrivée des Espagnols. Ceux-ci n'auront pas connaissance de l’existence du Machu Picchu, qui dût être abandonné suite à la chute de l'empire Inca. A quoi pouvait servir une cité si prestigieuse au milieu de la jungle, dans un lieu mal desservi même du temps des Incas ? Résidence de l'Inca et de sa famille (le Machu Picchu aurait été construit du temps de l'empereur Pachacutec) ? Sanctuaire religieux ? Les deux à la fois ? Les hypothèses les plus farfelues ont aussi circulé : le climat de la région est idéal pour la culture de la coca, la cité du Machu Picchu, difficile d'accès, était-elle un repère de narcotrafiquants ?

    Au cours de notre visite, nous avons émis une autre hypothèse : le Machu Picchu serait un nichoir à hirondelles géant ! En effet nous observons quantité de ces sympathiques oiseaux, occupés à nourrir leur jeunes cachés dans les anfractuosités des ruines. Il s'agit de l'Hirondelle bleu et blanc (Notiochelidon cyanoleuca), une espèce répandue dans une grande partie de l'Amérique du Sud.
     

    Hirondelle bleue et blanche - Machu Picchu

     

    Hirondelle bleue et blanche - Machu Picchu

     

    Hirondelle bleue et blanche - Machu Picchu

     

    Dans la partie centrale du site se trouvent des constructions plus sophistiquées, qui se servent des rochers de la montagne comme soubassement sur lesquels sont posés des mur de pierres parfaitement agencées. On y admire en particulier des fontaines encore en fonctionnement, et le magnifique temple du Soleil. Ici l'oeuvre de la nature et celle de l'homme fusionnent pour former un tout.

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Imperturbable, quelques lamas se promènent en liberté dans les ruines (c'est possible qu'ils servent aussi de tondeuses à gazon).

    Lama - Machu Picchu

     

    Les arbres présents sur le site nous donnent un aperçu de la végétation de la région, nous remarquons en particulier les plantes épiphytes qui poussent sur les arbres, ici des broméliacées. 

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Les touristes devenant de plus en plus nombreux, en fin de matinée nous décidons de rentrer à Aguas Calientes, non pas en bus comme à l'aller, mais à pied en empruntant le chemin piéton. Celui-ci est plus direct que la route empruntées par les navettes, qu'il croise à maintes reprises. Le terrain étant très pentu, il comporte de nombreuses portions d'escalier.

    C'est un moyen d'explorer un peu la jungle qui entoure le Machu Picchu, pour ceux qui ne restent qu'une journée (c'était notre cas). Nous y avons observé quelques nouvelles espèces d'oiseaux et une végétation tropicale très riche.

    Ci-dessous, on peut voir un Tangara à ventre jaune (Thlypopsis ruficeps), un joli passereau qui se déplace avec agilité dans les arbustes bordant le sentier. Bien que ses couleurs soient vives, elles lui offrent un bon camouflage. Avec un peu de patience on aurait eu une meilleure photo, mais nous n'avions pas trop le temps de traîner, notre train de retour pour Cuzco étant prévu dans l'après-midi.

    Tangara à ventre jaune - Machu Picchu

     

    Nous avons eu plus de chance avec les Parulines ardoisées (Myioborus miniatus), occupées à ramasser des matériaux pour leur nid sur le talus au bord de la route.

    Paruline ardoisée - Machu Picchu

     

    Paruline ardoisée - Machu Picchu

     

    Paruline ardoisée - Machu Picchu

     

    Nous apercevons aussi différents colibris, mais trop furtivement pour pouvoir les identifier. Les plantes par contre se laissent facilement photographier.

    Machu Picchu

     

    Machu Picchu

     

    Une fois arrivé au village d'Aguas Calientes (renommé Machu Picchu Pueblo pour des questions marketing), nous longeons la rivière Urubamba et repérons quelques autres oiseaux, dont ce Colibri grivelé (Taphrospilus hypostictus) qui prélève du nectar dans cet arbuste aux fleurs mauve et blanche que je n'ai pas encore identifié.
     

    Colibri grivelé - Machu Picchu

     

    Colibri grivelé - Machu Picchu

     

    Colibri grivelé - Machu Picchu

     

    Les  Tangara des palmiers (Thraupis palmarum) quant à eux préfèrent se reposer sur les antennes de télévision et les poteaux électriques. Très bruyants, nous les repérons à leur cris.

    Tangara des palmiers - Machu Picchu

     

    Tangara des palmiers - Machu Picchu

     

    Près de la rivière, un  Tangara évêque (Thraupis episcopus) tout bleu consomme des baies dans un arbuste. Comme vous avez pu le remarquer, de nombreuses espèces présentées ici sont des tangaras. Le Congrès ornithologique international reconnaît 110 espèces portant le nom de Tangara en français, toutes appartenant à la vaste famille des Thraupidae, qui regroupe exclusivement des passereaux du Nouveau Monde.

    Tangara évèque - Machu Picchu

     

    Avant de reprendre notre train, nous choisissons pour déjeuner un petit restaurant dans la rue principale. J'ai réussi à retrouver son nom sur Google Earth, il s'agit de l'Ollantay. Le service est un peu lent mais le personnel est très serviable et nous y avons mangé les meilleurs rocoto relleno (sorte de piment farci) de notre séjour.

    A regret nous quittons déjà ce village que j'ai trouvé charmant, avec ses petits airs de Far West, pour reprendre le train qui nous amènera à Poroy à une vingtaine de kilomètres de Cuzco.

    Je finirai cet article par une citation du poète chilien Pablo Neruda :

    « Machu Picchu es un viaje a la serenidad del alma, a la eterna fusión con el cosmos, allí sentimos nuestra fragilidad. Es una de las maravillas más grandes de Suramérica. Un reposar de mariposas en el epicentro del gran círculo de la vida. Otro milagro más. » 

    A bientôt pour la suite du voyage.

     


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  • Commentaires

    1
    Mercredi 13 Juillet 2016 à 23:25

    Civilisation et pause avienne, superbe ! Mais je vais laisser un peu la civilisation qui me renvoie trop à mes cours de fac. Les tangaras sont plus intéressants lol Mais les parulines, je craque. Elles sont si nombreuses et si jolies. Du Nord au Sud du continent Américain il y a de quoi faire.  C'est la première fois que je vois la paruline ardoisée, j'ai plus l'habitude de voir celles du Canada par un ami.

    Un régal rempli de couleur.

    Je t'embrasse Régine, à bientôt.

      • Jeudi 14 Juillet 2016 à 23:31

        C'est vrai qu'il y a de quoi faire avec les tangaras et les parulines. J'ai comme projet de rédiger les fiches sur oiseaux.net pour les espèces que j'ai rencontrées au Pérou et qui n'en ont pas encore mais je n'avance pas très vite ;-). La Paruline ardoisée en particulier est intéressante, dans certaines régions son ventre n'est pas jaune vif mais rouge !

        Promis dans les prochains articles sur le Pérou il n'y aura pas de ruines Inca, et pour cause nous serons en Amazonie.

    2
    Mercredi 20 Juillet 2016 à 15:45

    Des photos qui me font rêver de m'y rendre un jour.
    Je me régale au travers tes clichés, tant dans les paysages et les ruines qu'avec la faune locale que tu nous présentes.
    Merci Régine.
    Bises

    3
    Dimanche 21 Août 2016 à 17:36

    Wouah je suis émerveillée par tant de splendeur ! J'imagine que là-haut l'émotion ressentie doit être forte.
    Merci Régine pour ce magnifique partage.

    4
    Mardi 19 Septembre à 18:00

    Bonjour Régine. C'est vrai que nous n'avons même pas pensé à redescendre par le chemin. Je vois que tu y a fait de belles rencontres. Mais nous étions avec notre guide qui suivait son programme... Tu as eu aussi la chance d'y arriver tôt le matin, sans trop de touristes. J'ai du ruser en permanence pour avoir des photos correctes !

    N'empêche, j'ai trouvé ce lieu absolument magique !

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