• 13 août 2014 : Perdues au milieu de rien

     

    L’objectif de la journée est de traverser la partie Est de l’île du sud au nord afin de rejoindre la petite ville d’Egilsstaðir.

    Alors que nous quittons la ferme de Nypugardar où nous avons passé la nuit, une femelle de Traquet motteux (Oenanthe oenanthe) posée au bord du chemin nous souhaite bonne route.

     

    13 août 2014 : Perdues au milieu de rien

    Les Traquets motteux se nourrissent essentiellement d’insectes et d’invertébrés. La population islandaise hiverne en Afrique équatoriale, en transitant par l’Europe de l’Ouest.

     

    Nous traversons pendant une partie de la matinée une zone de prairies marécageuses où des familles de Cygnes chanteur (Cygnus cygnus) observent les rares voitures qui se sont aventurées si loin dans l’Est.

    Petite frayeur pour traverser un pont à voie unique de belle longueur : alors que je m’engage un autre véhicule apparaît à l’extrémité … Il faut reculer pour laisser le passage.

    Rapidement nous passons près de la ville de Höfn (1600 habitants environ), dernier point de ravitaillement avant Djupivogur et les fjords de l’Est. Le paysage change alors, les montagnes se rapproche de la route qui se retrouve coincée entre celles-ci et la mer. Après la traversée du tunnel d’Almannaskarð, long d’environ 1300 m et ouvert en 2005, certaines portions de route sont même suspendues à flanc de falaise, surplombant la mer de plusieurs dizaines de mètres.

    Bientôt nous approchons de Djupivogur, porte d’entrée des fjords de l’Est. A partir de là, la route n° 1 contourne le premier de ces fjords, le Berufjörður. Tout au fond du fjörd, une portion de route non asphaltée sur quelques kilomètres nous donne un avant-goût de ce qui nous attends dans l’après-midi. Ce premier fjörd ne nous ayant pas enthousiasmées plus que ça nous décidons de faire une pause ravitaillement-déjeuner à la station service de Breiðdalsvík, petite mais bien achalandée (café, fruits, yaourts, charcuterie …) puis de continuer la route n° 1 vers l’intérieur des terres.

    Avant de reprendre notre périple, nous pique-niquons dans le petit parc aménagé en contrebas de la station service. Malgré le vent et le froid je m’y attarde pour essayer de photographier les Grives mauvis (Turdus iliacus) qui le fréquentent. Pas facile car elles sont plutôt farouches … mais ne s’éloignent guère. J’apprends à les repérer à leurs cris.

     

    13 août 2014 : Perdues au milieu de rien

    La Grive mauvis est la seule grive présente en Islande. La plupart hiverne en Europe de l’Ouest, cependant certaines restent en Islande et passent l’hiver dans les villes et villages. 

     

    Après cette partie de cache-cache avec les Grives mauvis (assez décevante, il va falloir que j’en trouve en France cet hiver pour faire de meilleures photos), nous reprenons la route n° 1. Au bout d’une vingtaine de  kilomètres, la route est de nouveau non revêtue (et cela va durer sur 40 km), ce qui a l’air de plaire particulièrement à nos amis laineux : les graviers remplacent avantageusement les pierres à lécher que nos agriculteurs mettent à disposition de leurs bêtes.

     

    13 août 2014 : Perdues au milieu de rien

     

    Nous quittons les moutons pour traverser une région très peu peuplée où la principale animation se résume aux cascades qui descendent des montagnes. Des troupeaux de rennes (introduits pour l’élevage et depuis retournés à l’état sauvage) peuvent être aperçus dans cette partie de l’Islande mais nous n’avons pas eu cette chance. Bientôt la route monte en lacets assez raides jusqu’à un col qui nous dévoile un paysage sauvage et désertique, agrémenté d’un petit lac. Endroit fortement conseillé si vous n’aimez pas la foule – mais apportez vos provisions et votre doudoune !

     

    13 août 2014 : Perdues au milieu de rien

    Le vert de la mousse éclaire le paysage par cette journée bien grise.

     

    13 août 2014 : Perdues au milieu de rien

     

    La route descend ensuite une vallée où nous retrouverons bientôt un revêtement normal et la civilisation (c’est-à-dire une ferme tous les quelques kilomètres).

    Egilsstaðir est une « ville nouvelle » d’un peu plus de 2000 habitants, créée en 1947 pour fournir un centre de services aux habitants de l’Est de l’île et aux voyageurs perdus dans cette contrée. Bâtie au bord du Lagarfljot, célèbre pour son monstre aquatique (genre de monstre du Loch Ness local), la bourgade a peu d’intérêt si ce n’est la « forêt » de bouleaux où l’on peut faire de petites balades. Et bien sûr des possibilités de ravitaillement et d’hébergement.

     

    13 août 2014 : Perdues au milieu de rien

    Des gentianes trouvées dans la forêt. Espèce non déterminée, peut-être des gentianes champêtres car elles ont 4 pétales. Pas mal de champignons également, et des cris de Grives mauvis.

     

    Ce soir-là nous avons dormi à la guest-house Eyvindara, de confort standard mais que nous avons trouvé assez impersonnelle. Du coup nous sommes allées dîner au Café Valny près de l’office de tourisme, endroit que nous avions repéré avant la ballade dans la forêt. Les plats sont copieux et pas trop cher (exemple poulet tandoori avec riz ou hamburger frites).

    Je vous dis à bientôt pour la suite du voyage : En route vers Myvatn - volcans et canards


    Tags Tags : , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :